"Trois mois de courage politique suffiraient" : la FEB présente dix mesures pour relancer la croissance
L'organisation patronale estime que la situation économique et budgétaire de la Belgique devient de plus en plus difficile.

- Publié le 18-09-2026 à 08h27
- Mis à jour le 18-09-2026 à 08h30
La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) lance vendredi un plan de croissance contenant dix mesures "quick wins" (gains rapides) pouvant être mises en place d'ici la fin de l'année et qui pourraient générer entre 0,5% et 1% de croissance supplémentaire d'ici à 2029. Parmi celles-ci, l'organisation patronale propose l'instauration d'une norme d'emploi reposant sur un gel total des recrutements dans l'ensemble des administrations jusqu'en 2029, tout en créant au sein du secteur public un vivier de travailleurs flexible et mobilisable selon les besoins.
Alors que l'inflation a grimpé jusqu'à avoisiner les 4%, les taux d'intérêt dépassent désormais eux aussi ce seuil, constate la FEB. La Belgique perd en outre des parts de marché sur les marchés d'exportation et de nouvelles taxes sont annoncées dans le cadre des travaux budgétaires du gouvernement fédéral (qui recherche 10 milliards d'euros, NDLR) dans ce qui est "le pays le plus taxé au monde", selon la fédération.
À ses yeux, ces évolutions risquent d'entraîner une double spirale négative, "particulièrement si les propositions (fiscales) formulées ces dernières semaines viennent à être mises en œuvre". Il y aurait d'une part un ralentissement de la croissance, exerçant une pression sur les recettes fiscales, et de l'autre une progression des dépenses publiques plus rapide que celle des recettes, entraînant une augmentation de la dette.
Pour la FEB, seule la réalisation d'économies ciblées sur les dépenses, combinée à un plan de croissance efficace, permettra d'inverser la tendance. "Le problème budgétaire ne peut être résolu ni par de nouveaux impôts (la Belgique étant déjà championne en la matière), ni par un endettement accru. La réponse à cette problématique réside principalement dans une combinaison équilibrée de mesures favorisant la croissance et d'économies sur les dépenses."
C'est dans ce cadre que l'organisation patronale a élaboré son plan de croissance contenant dix mesures "quick wins", qui doivent faire l'objet de décisions "immédiates". Parmi les priorités avancées, on retrouve l'habituel débat sur la réforme de la loi sur les salaires et la question du mécanisme d'indexation. Elle demande aussi qu'aucune nouvelle taxe sur l'entrepreneuriat ne soit introduite.
La FEB souhaite également que soit jugulée "la cannibalisation du marché du travail par les pouvoirs publics". Ces 25 dernières années, l'emploi dans le secteur public a progressé de 40%, contre 20% dans le secteur privé. La fédération plaide dès lors pour l'instauration d'une norme d'emploi reposant sur un gel total des recrutements dans l'ensemble des administrations jusqu'en 2029, tout en créant au sein du secteur public un vivier de travailleurs flexible et mobilisable selon les besoins. Elle appelle également à saisir les possibilités offertes par l'intelligence artificielle (IA) pour accélérer et optimiser de nombreux processus au sein des pouvoirs publics.
"Trois mois de courage politique suffiraient pour concrétiser ce plan" car l'ensemble des dix mesures pourraient être mises en œuvre d'ici à la fin de 2026, selon l'organisation.