"Il a déjà passé 3 ans en détention": voici pourquoi la Justice belge a libéré Nicolas Ullens avant son procès pour l'assassinat de sa belle-mère
Inculpé du meurtre avec préméditation de sa belle-mère, Myriam "Mimi" Lechien, à Lasne, Nicolas Ullens a été libéré le 5 mars 2026, six mois avant de comparaître devant la cour d'assises du Brabant wallon, à Nivelles, le 3 septembre 2026. Selon l'avocat pénaliste Michel Degrève, l'enquête a avancé durant les trois ans de détention de l'inculpé, "donc le risque de collusion ou de disparition de preuves est moindre". On vous explique ci-dessous.
- Publié le 08-05-2026 à 09h00
- Mis à jour le 08-05-2026 à 09h06

Nicolas Ullens a été remis en liberté le 5 mars dernier, à la suite d'une décision de la chambre des mises en accusation, comme le dévoilait La Dernière Heure ce mercredi 6 mai 2026. D'abord placé en détention préventive, puis sous surveillance électronique à partir d'octobre 2023, et à présent remis en liberté, l'homme comparaîtra libre à son procès aux assises. Il est inculpé de l'assassinat de sa belle-mère, Myriam "Mimi" Lechien, épouse du baron Guy Ullens, le 29 mars 2023, à Ohain (Lasne).
Les enfants de la victime "choqués de ne pas avoir été avertis de la décision"
Par la voix de leur avocat, Me Laurent Kennes, les parties civiles (les deux enfants de "Mimi") se disent "choquées de ne pas avoir été averties de la décision", qu'elles ont apprise par hasard, selon la Dernière Heure. Dans les faits, il n'est pourtant pas prévu que la chambre des mises en accusation, qui a ordonné sa libération, informe les parties civiles de sa décision. "Dans certains cas, cela peut créer des situations quelque peu baroques, reconnaît Michel Degrève, avocat pénaliste. La spécificité de ce dossier est qu'il est très médiatisé. Généralement, les parties civiles se rendent moins vite compte de la libération d'un accusé. Ici, il s'agit d'un concours de circonstances délicat pour ces dernières, ce que l'on peut entendre".
Voici pourquoi maintenir quelqu'un en détention préventive
Il existe plusieurs critères pour décider du maintien, ou non, de la détention préventive. "S'il y a un risque de récidive, de soustraction, de collusion, à savoir le fait d'aller discuter avec d'autres personnes impliquées, ou s'il y a un risque de disparition des preuves, alors on peut maintenir quelqu'un en détention préventive", explique Michel Degrève.
Ce qui n'est sans doute plus le cas de Nicolas Ullens, ce qui expliquerait sa remise en liberté. "Il a déjà passé trois années en détention. Une en prison et deux sous bracelet électronique – ce qui compte tout de même comme de la détention. Durant ces trois années, l'enquête a avancé donc le risque de collusion ou de disparition de preuves est moindre".
"Si la personne se rend compte que ce qu'elle a fait est grave, il y a moins de chance de récidive"
Le profil du détenu entre également en ligne de compte dans de telles décisions, comme les éventuels antécédents judiciaires. "Nicolas Ullens bénéficie d'un certain statut. Cela joue au moment d'apprécier une telle décision. Mais surtout, après les faits, il s'est rendu spontanément à la police pour avouer et demander à être arrêté. Si la personne se rend compte que ce qu'elle a fait est grave, il y a moins de chance de récidive". La dangerosité que représente Nicolas Ullens pour la société a également été prise en compte, précise Michel Degrève.
"Les risques ont dû être analysés rigoureusement"
Nicolas Ullens a été libéré sous conditions. "Nous savons par la presse qu'il a l'interdiction de quitter le territoire et une interdiction d'entrer en contact avec les parties civiles. Il est très probable qu'il soit soumis à d'autres conditions. Les risques ont dû être analysés rigoureusement."
Avant un procès devant les assises, la chambre des mises en accusation peut prendre une ordonnance de prise de corps, c'est-à-dire décider de faire incarcérer l'accusé.
La composition du jury aura lieu le 21 septembre
Le procès de Nicolas Ullens devant la cour d'assises du Brabant wallon, à Nivelles, démarrera le 3 septembre par l'audience préliminaire. La composition du jury aura lieu le 21 septembre à 14 heures. Le 24 septembre, ce sera le début du procès proprement dit. On entrera alors dans le vif du sujet.
