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Profil vertical de la vitesse du vent dans la basse couche limite atmosphérique
Article · August 2007
Source: OAI
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3 authors:
Nachida Merzouk Kasbadji Mustapha Merzouk
UDES Unité de Développement des Equipements Solaires Saad Dahlab University
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Boumediene Benyoucef
Abou Bakr Belkaid University of Tlemcen
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13èmes Journées Internationales de Thermique
PROFIL VERTICAL DE LA VITESSE DU VENT DANS LA
BASSE COUCHE LIMITE ATMOSPHERIQUE
Nachida KASBADJI MERZOUK a, Mustapha MERZOUK b et Boumeddiene BENYOUCEF c
a
Division Energie Eolienne, CDER, BP. 62, Bouzaréah, Alger, Algérie
b
Université de Blida, Faculté des Sciences de l'Ingénieur, Blida, Algérie
c
URERM, Université Abou Bakr Belkaid, Tlemcen, Algérie
[email protected]Résumé : Partant de la théorie de similitude de Monin-Obukov [1] et les travaux de Dryer
1974 et Paulson 1970 [2 et 3], la longueur de Monin-Obukov a été estimée en utilisant les
données météorologiques relevées, sur une période de 6 mois, grâce à pylône installé dans une
région semi-aride. Les données sont relevées toutes les 10 mn à des hauteurs allant de 10 à 50
m du sol. Les classes de stabilité atmosphérique, ainsi définies, les tracés des profils
verticaux de la vitesse du vent montrent que, quand les conditions atmosphériques sont
instables, le mouvement de l’air est fortement turbulent et le profil tend vers l'uniformisation.
Par contre, dans le cas où les conditions sont stables le profil est assez proche du cas où les
données sont traitées globalement sans distinction des classes de stabilité.
Mots clés : Stabilité atmosphérique, profil vertical du vent, rugosité, Théorie de similitude.
1. INTRODUCTION
L’hypothèse de similitude de Monin-Obukov, [1] est actuellement la plus utilisée pour la
description de la variation verticale de la vitesse du vent en fonction de l’altitude dans la
basse couche limite atmosphérique. Cette théorie a été complétée par les travaux de Dryer
1974 et Paulson 1970 qui ont donné les expressions des fonctions implicites selon les
différentes classes de rugosité, [2,3]. Le but de la présente étude est de modéliser le profil du
vent dans une zone semi-aride en fonction de la stabilité thermique de l’atmosphère.
Les données vent (vitesse et direction) et éclairement (solaire et réfléchi) nécessaires sont
fournies par L'ONM. Données mesurées à des niveaux allant de 10 à 50 m du sol à l'aide d'un
pylône installé à Ksar El Chellala. Après traitement (vides et cohérence) ces données ont été
départagées selon les classes de stabilité en fonction de la longueur de Monin-Obukov; ce qui
a permis le tracé du profil vertical du vent, selon les conditions atmosphériques rencontrées.
2. MODELISATION
Appliquée pour un terrain plat et homogène, la théorie de Moni-Obukov,[1] est basée
sur l’hypothèse que le gradient moyen de la vitesse du vent, dépend d’une fonction
universelle variable selon les conditions de stabilité de la couche limite atmosphérique.
Conditions pouvant être neutres (les forces de turbulence sont en équilibre), stables ou
instables (selon la prédominance des forces agissant sur des masses d’air).
L’expression de Monin-Obukov, [1], donnant le profil de la vitesse du vent s’écrit :
u* z z z
V (z ) = ln −Ψ M +Ψ M o (1)
κ zo L L
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13èmes Journées Internationales de Thermique
L'expression de la fonction universelle ψM dépend de classe de stabilité atmosphérique définie
par la longueur Monin-Obukov, à savoir, [2,3] :
1+ x 1+ x2 π
ψ M = 2 ln + ln − 2 Arc tan(x ) + Pour L < 0 (cas instable) (2)
2 2 2
z
ψM =−5 Pour L > 0 (cas stable) (3)
L
Avec :
ρ c p u*3 To
1
z 4
x = 1 − 16 L=− (4)
L κ gH
En supposant que la densité de l’air et la chaleur spécifique soient constantes, les
paramètres à déterminer pour le calcul de la longueur de Monin- Obukov sont la chaleur
sensible, la vitesse de frottement et la rugosité du lieu de d’implantation du pylône de mesure.
2.1. Détermination de l’échange par chaleur sensible
Le flux échangé par chaleur sensible déterminé à partir d’un bilan d’énergie sur
l’interface sol-air permet d’écrire que la somme des flux échangés par chaleur sensible H,
chaleur latente E et par convection G est égale à l’échange radiatif net [4,5], tel que :
H +E +G=Q (5)
Le flux net échangé par rayonnement entre la surface du sol et l'environnement est donné par :
Q = (1 − r ) Ig − L− (6)
ou r l’albédo, L- le rayonnement infrarouge émis par le sol et Ig l’éclairement global incident.
Après décomposition de l’éclairement incident en éclairement solaire émis dans le visible et
dans l’infrarouge, il vient [6] :
I
Q = (1 − r ) visible Ig mesuré + L+ − L− (7)
Ig
mesuré
En assimilant le soleil à un corps noir, on peut estimer, [7] que le rapport de
l’éclairement visible à l'éclairement global est de 0.588.
Q = 0.588(1 − r )I g , mesurée + L+ − L− (8)
L’infrarouge incident L+ est fonction de la nébulosité N et est estimé par :
L+ = c1T 6 + c 2 N (9)
Avec N égal à zéro par ciel clair et c1, c2 et c3 des coefficients de proportionnalité qui
dépendent de la nature du sol. Enfin, en assimilant la terre à un corps noir, l’infrarouge émis
par le sol s’écrit :
L− = σ Ts4 (10)
Attendu que la température équivalente du sol Ts n’est généralement pas mesurée,
l’expression précédente est approximée à [5]:
L− = σ T o4 + cG Q (11)
Enfin, l’échange de chaleur par convection est fonction du flux radiatif net Q, tel que :
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G = cG Q (12)
Expression dans laquelle cG représente le rapport entre le flux de chaleur émis par le sol et
l’échange radiatif net, [5]. En considérant le fait que le mât de mesure se trouve sur un terrain
sec et nu, le flux de chaleur latente E est nul (pas d’évaporation d’eau). En remplaçant dans
l’équation (8), la chaleur sensible s’écrit :
0.588(1 − r )I g , mesuré + c1T 6 − σT 4 + c2 N
H = (1 − cG ) (13)
1 + c3
2.2. Détermination de la rugosité et vitesse de frottement
Dans l'hypothèse d'une atmosphère de stabilité neutre, la fonction universelle ψM
s’annule définissant ainsi un profil logarithmique de la vitesse du vent. La rugosité du sol zo et
la vitesse de frottement u* sont alors déterminées à partir du tracé logarithmique de la vitesse
en fonction de l’altitude.
3. RESULTATS ET DISCUSSION
3.1. Mât de mesure
Le pylône de mesures des
paramètres météorologiques a été
implanté par l’ONM à la station
météorologique de Ksar El Chellala.
Située dans les hauts plateaux
algériens, cette dernière est
considérée comme une zone semi-
aride avec un climat sec et rude, très
chaud en été et souvent très froid en
hiver. Chacun des 5 paliers ainsi que
les mâts de 2 et 4m, disposent d’une
station ENERCO comprenant une
unité d’acquisition et des capteurs de
mesures. Les mesures de la Figure 1 Variations de l’éclairement global et du
température, de l’éclairement global Flux échangé par chaleur sensible selon la
et de la vitesse du vent sont classe de stabilité.
prélevées toutes les 10mn.
3.2. Echange par Chaleur sensible
Vu que le site d’implantation du pylône est semi-aride, les coefficients cG et c3 sont pris
respectivement égaux à 0.1 et 0.38, [5]. La nébulosité moyenne et l’albédo (sable sec) sont
estimés, respectivement à 0.3 et 0.25, [8].
Une simulation numérique, basée sur une méthode itérative a été développée pour le
calcul de l’échange par chaleur sensible. En figure 1, sont tracés, l’éclairement global incident
Ig et la quantité de chaleur sensible H, selon les classes de stabilité atmosphérique. Cette
dernière varie entre -50 et 290 W/m2. Sachant que pour H positive les conditions
atmosphériques sont instables (les masses d’air s’échauffent et montent), pour H négative les
conditions sont stables (les masses d’air se refroidissent et descendent) et que proche de zéro
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les conditions sont neutres, les différentes
mesures ont été classifiées. Les résultats
obtenus montrent que le passage des
conditions stables aux conditions instables
se fait lorsque l’éclairement solaire atteint
14% du maximum.
3.3. Calcul de la rugosité et de la vitesse
de frottement
En figure 2 est représenté la courbe
d’ajustement linéaire de la vitesse du vent
en fonction de log(z). L’intersection avec
l’axe des ordonnées y permet la
détermination de la rugosité du sol qui est
estimée à 0.0748 m. Valeur assez proche de Figure 2 : Détermination de la rugosité et de la
celle fournie par l’Office National de vitesse de frottement.
Météorologie pour le site considéré
(0.08m). Par ailleurs, la vitesse de
frottement représentant la tangente est
égale à 0.4657.
3.4. Profil vertical de la vitesse
La détermination du flux de chaleur
sensible, de la vitesse de frottement et de
la rugosité du sol permet le calcul de la
longueur de Monin Obukov à l’aide de
l’équation 4 et de départager les données
selon la classe de stabilité. Sur les 16986
données représentant la période de
mesures, 75% représente la classe stable et
25% la classe instable.
En figure 3 sont tracés les profils Figure 3 : Profil logarithmique de la vitesse du
verticaux de la vitesse du vent selon la vent selon et indifféremment de la
classe de stabilité ainsi que globalement classe de stabilité.
sans distinction de classe. Pour des
conditions instables, le mouvement de l’air est fortement turbulent. Ces conditions se
manifestent durant la journée et spécialement pendant le lever du soleil. Les frottements sont
alors faibles par rapport à la turbulence, (u*=0.2975). Enfin, les profils de la vitesse du vent,
dans les conditions stables et indifféremment de la classe ont la même allure et tendent à se
rejoindre avec l’altitude. Ces conditions se manifestent généralement pendant la nuit ou par
ciel nuageux. Les frottements au sol sont alors plus élevés.
CONCLUSION
Une méthode permettant la caractérisation du profil vertical du vent dans la couche
limite atmosphérique à partir de la mesure de l’éclairement solaire incident, de la température
ambiante et de la vitesse du vent à plusieurs niveaux a été présentée. Ceci a permis la
caractérisation du profil de la vitesse du vent pour une zone semi-aride. En effet, les
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conditions atmosphériques sont très sensibles aux climats. Le passage de la classe de stabilité
stable à instable se fait lorsque l’éclairement solaire est à 14% de son maximum atteint.
Les résultats montrent que le profil vertical de la vitesse du vent varie selon la classe de
stabilité de atmosphérique (stable ou instable ) et que l’hypothèse de neutralité posée par
plusieurs auteurs n’est pas fondée.
Enfin, il faut signaler que les conditions neutres de stabilité sont très difficiles à cerner
(H proche de zéro), seules 10 mesures sur les 16986 ont été recensées.
Nomenclature
cp Chaleur spécifique de l’air à pression Ivisible Eclairement solaire émis dans le
constante, Jkg-1K-1 visible, Wm-2
c1 Constante empirique,[5] égale à L Longueur Monin-Obukov, m
5.31*10-12, W m-2 K-6 L +
Eclairement infrarouge incident,
c2 Constante empirique valable pour les Wm-2
altitudes égales à 60 Wm-2[5] L -
Infrarouge émis par le sol, Wm-2
c3, cG Coefficients dépendant de la nature Q Echange radiatif net sol-
-2
du sol environnement, Wm
g Accélération de la pesanteur, ms-2 To Température ambiante, mesurée à
u* Vitesse de frottement, ms-1 2m du sol, K
z Altitude du lieu, m Ts Température équivalente du sol, K
zo Rugosité du sol, m V Vitesse du vent, ms-1
E Flux échangés par chaleurs latente sol- κ Constante de Von-Karman
air, Wm-2 ρ Masse volumique de l’air, k/m-3
G Flux échangé par convection sol-air, σ Constante de Stephan-Boltzman,
Wm-2 Wm-2K-4
H Flux de chaleur sensible sol-air, Wm-2 ΨM Fonctions implicites
Igmesuré Eclairement solaire global mesuré,
Wm-2
REFERENCES
1. A.S. Monin et A.M. Obukov, Basic Regularity in Turbulent Mixing Surfaces Layer of the
Atmospheric. Akad. Nauk. S.S.S.R.. Trusd Geof. Inst., Volume 24, pp 151, 1954.
2. A.J. Dyer, A Review of Flux Profile Relationships, Int. J. Boundary Layer Meteorology,
Volume 7, pp, 363-372, 1974.
3. C.A. Paulson, The Mathematical Representation of Wind Speed and Temperature Profiles
in the Unstable Atmospheric Surface Layer, Int. J. Applied Meteorology, 1970.
4. B. Itier, Une Méthode Simplifiée pour la Mesure du Flux de Chaleur Sensible, J.
Recherche Atmosphérique Volume 14/1, pp17-44, 1980.
5. A.A.M. Holtslag et A.P. Van Ulden, A Simple Scheme for Daytime Estimates of the
Surface Fluxes from Routine Weather Data, J. Climate Ap. Meteorogy, Vol. 22/4, 1983.
6. N. Kasbadji Merzouk, Evaluation du Gisement Energétique Eolien. Contribution à la
détermination du Profil Vertical de la Vitesse du Vent en Algérie. Thèse de doctorat
d’état en physique énergétique, Université de Tlemcen, 2006.
7. M. Merzouk, Contribution à la Détermination des Performances Théoriques et
Expérimentales des Capteurs Solaires à Tubes Sous-vide en Régime Transitoire. Thèse de
doctorat d’état en physique énergétique, Université de Tlemcen, 2004.
8. M. Capderou, Atlas Solaire de l’Algérie. Modèles Théoriques et Expérimentaux. Office
des Publications Universitaire, mai 1988.
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