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Cultures Des Legumineuses Cours I

Les légumineuses sont des plantes importantes qui fournissent de la nourriture et enrichissent les sols. Elles incluent des haricots, pois chiches et soja. Beaucoup sont d'excellentes sources de protéines, fibres, minéraux et vitamines. Grâce à une relation symbiotique avec des bactéries, les légumineuses peuvent fixer l'azote de l'air et enrichir les sols.

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Cultures Des Legumineuses Cours I

Les légumineuses sont des plantes importantes qui fournissent de la nourriture et enrichissent les sols. Elles incluent des haricots, pois chiches et soja. Beaucoup sont d'excellentes sources de protéines, fibres, minéraux et vitamines. Grâce à une relation symbiotique avec des bactéries, les légumineuses peuvent fixer l'azote de l'air et enrichir les sols.

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LES LEGUMINEUSES (FABACEES)

Les légumineuses sont, par définition, des plantes reconnaissables à leurs feuilles généralement
composées de 3 folioles, à leurs fleurs fréquemment sous forme d’un papillon et à leurs gousses
qui sont toujours des gousses plus ou moins allongées qui se fendent en longueur en 2 parties
pour laisser tomber les graines.

Importance et Classification

La famille des Légumineuses est une des plus importantes parmi les dicotylédones... C'est la
famille végétale qui fournit le plus grand nombre d'espèces utiles à l'homme, qu'elles soient
alimentaires, industrielles ou médicinales.

Les légumineuses jouent un rôle considérable dans la nutrition de l’homme et des animaux.
Elles fournissent la majeure partie des protéines alimentaires aux populations des pays où la
consommation des produits d’élevage, viande et lait, est faibles

Les légumineuses sont une vraie mine d’or au point de vue nutritionnel ! Saviez-vous que 250 ml
(1 tasse) de haricots rouges, de pois chiches cuits, contiennent en moyenne 16 g de protéines, soit
deux fois plus qu’un gros œuf cuit à la coque ? Et, qu’ils renferment environ 6 mg soit 3 fois plus
que 250 ml (1 tasse) d’épinards crus ?

Et oui, la plupart des légumineuses sont d'excellentes sources d’acide folique et de potassium, de
bonnes sources de magnesium en plus de contenir des vitamines du complexe B, du zinc et du
cuivre d'origine végétale, les légumineuses sont dépourvues de cholestérol et constituent
habituellement une source très élevée de fibres.

Beaucoup de légumineuses sont capables de convertir l`azote atmosphérique en composés azotés


utiles aux plantes. Ceci est rendu possible par l’existence de nodules sur les racines (visibles à
l’œil nu) qui contiennent une bactérie du genre Rhizobium. Cette bactérie, fixant l'azote
atmosphérique pour les plantes, a des relations symbiotiques avec les légumineuses. En échange,
les légumineuses apportent aux bactéries du carbone provenant de la photosynthèse.

Les fabacées (légumineuses), à l'aide de la bactérie rhizobium, peuvent capter l'azote


atmosphérique présent à 80% dans l'atmosphère. La bactérie et la plante forment un assemblage
bénéfique pour les deux. La bactérie transforme l'azote atmosphérique en azote minéral, la plante
prend cet azote minéral afin de subvenir à ses besoins. En échange la plante fournit des éléments
organiques provenant de la photosynthèse. Les légumineuses peuvent aider à maintenir ou à
améliorer la fertilité des sols cultivables.

A partir du début du 19ème siècle, on distingue dans la famille des légumineuses, 3 sous-familles :
Papilionacées (fleurs régulières, exemple : Haricot), Césalpiniées (exemple : Arbre de Judée) et
Mimosées.
Avec 18.000 espèces classées en environ 650 genres, les légumineuses forment une des plus
grandes familles de plantes à fleurs. Elles représentent environ un douzième de toutes les plantes
à fleurs connues.

A cause de la diversité de leurs formes et de leurs propriétés, les légumineuses sont classées en :

* LEGUMINEUSES ALIMENTAIRES

* LEGUMINEUSES FOURRAGERES

* LEGUMINEUSES ARBORESCENTES

* LEGUMINEUSES ORNEMENTALES

* LEGUMINEUSES MEDICINALES

Les trèfles, qui croissent spontanément sont des exemples de légumineuses fourragères et sont
très précieuses dans l’alimentation du bétail. De plus, elles sont très utiles en apiculture :
fortement mellifères, elles attirent les abeilles en grand nombre.

La luzerne séchée constitue aussi un fourrage excellent et très nutritif. La racine de la luzerne e
st vivace, sa tige, plutôt courte, porte des fleurs aux couleurs violacées.

Le robinier, plus connu sous le nom d’acacia, est un exemple de légumineuse arborescente.
Originaire d’Europe, le robinier se comporte souvent à la manière d’un arbre indigène. Il peut
atteindre une quarantaine de pieds de hauteur. L’écorce et les racines sont vénéneuses.

L’horticulture a tiré de la flore indigène mondiale un très grand nombre de plantes qui sont
cultivées dans les parterres comme plantes ornementales. La gesse odorante ou pois senteur est
une plante annuelle très répandue, elle grimpe avec facilité sur les tuteurs dont on doit la
pourvoir. Elle est très utilisée comme fleur coupée et sert à confectionner les bouquets de
mariée.

La saveur et les propriétés adoucissantes des longues racines de la réglisse lui permettent de
servir à la préparation des tisanes. Elle apporte aussi un puissant secours dans le cas de rhumes
et de maladies des voies respiratoires. On s’en sert dans la fabrication de remèdes pour atténuer
ou masquer les saveurs acres ou désagréables de certaines potions.
ARACHIDE
L'arachide est originaire du bassin amazonien où sont localisées toutes les espèces du genre
Arachis, parmi lesquelles seule A. hypogaea a été durablement domestiquée. Sa dissémination, à
partir du XVIe siècle, s'est faite en direction de l'Extrême-Orient sur l'axe espagnol Pérou-
Philippines et, en direction de l'Afrique, sur l'axe portugais Brésil-côte ouest africaine.
L'introduction au nord du Mexique aurait eu lieu postérieurement en provenance de l'Afrique.

La plante a ensuite progressivement couvert la totalité des zones tropicales à partir de deux
centres de diversification secondaires : l'un en Afrique de l'Ouest et l'autre dans le Sud-Est
asiatique. Les types variétaux exploités par la sélection arachidière sont issus de ces deux zones
géographiques. Aujourd'hui, on compte une collection de plus de 15 000 variétés. La culture
déborde très largement son aire d'origine, puisqu'on la retrouve jusqu'aux 40e parallèles Nord et
Sud et sur tous les continents lorsque les étés chauds permettent à la plante de boucler son cycle
malgré la latitude élevée.

L'arachide est plante pérenne cultivée comme une légumineuse annuelle de 30 à 70 cm de haut,
érigée ou rampante. La partie aérienne est portée par une tige principale, toujours érigée et deux
ramifications latérales primaires issues du collet de la plante. Les feuilles sont composées de
deux paires de folioles elliptiques opposées au bout d'un pétiole inséré sur des ramifications
alternes ou séquentielles.

Les fleurs jaunes ou orangées, papilionacées, prennent naissance à l'aisselle des feuilles. Elles
flétrissent rapidement , ne vivent qu’une journée, et l’autofécondation est de rigueur. La base de
l'ovaire fécondé s'allonge pour former un pédoncule appelé gynophore qui s'enfonce dans le sol
où se forme le fruit (gousse) composé d'une coque indéhiscente contenant une à quatre graines.

Le système racinaire pivotant permet d'explorer un volume de sol important. Il porte des
nodosités fixatrices d'azote atmosphérique, caractéristiques des légumineuses, qui permettent à la
plante d'enrichir le sol en azote lorsque les conditions sont satisfaisantes : les apports sont alors
importants et ont un effet positif sur la céréale qui suit l'arachide dans la succession. Le bon
fonctionnement de ces nodosités est commandé par divers facteurs, dont la présence active de
bactéries fixatrices dans le sol.

La graine est non-dormante dans le groupe Virginia, dormante dans les groupes Spanish et
Valencia (voir tableau 1). Elle lève au bout de trois à quatre jours. La plante a un développement
végétatif limité jusqu'au début de la floraison, qui commence de vingt cinq à trente jours après
semis et se poursuit tout au long du cycle, avec un maximum entre quarante et soixante jours. 10
à 20 % des fleurs seulement donnent des gousses qui parviennent à maturité. Les gynophores
émis dans la partie haute de la plante ne parviennent pas au sol et les dernières gousses formées
ne sont pas mûres à la récolte. Diverses techniques culturales, comme le semis en poquets
surbaissés et le buttage pratiqué au moment approprié, permettent d'améliorer dans une certaine
mesure le rapport gousses/fleurs.
Dans les conditions optimales et en culture pluviale, l'arachide achève son cycle en quatre vingt
dix jours (variétés hâtives), en cent vingt jours (semi-tardives) ou cent quarante jours (tardives).

Tableau 1 : Classification et principales caractéristiques de l'espèce Arachis hypogaea

Sous-espèces Hypogaea Fastigiata Fastigiata

Variétés Hypogaea Vulgaris Fastigiata

Types Virginia Spanish Valencia


Port Erigé/rampant Erigé Erigé

Ramification Alterne Séquentielle Séquentielle

Fleurs sur tige principale Non Oui Oui


     
Durée de floraison Jusqu’à la récolte Un mois environ Un mois environ

Couleur feuillage Vert foncé Vert clair Vert clair

Cycle 120-150 J 90 J 90 J

Dormance NON OUI OUI

Cercosporiose (maladie) Tolérant Plus ou moins sensible Sensible

Gousses (cavités) 2 cavités 2 cavités 3-4 cavités

L'écologie de l'arachide

Le sol

Le sol doit être suffisamment meuble pour permettre la pénétration des gynophores (surtout entre
40 et 70 jours) puis l'arrachage des gousses mûres. De plus, l'arachide requiert des sols bien
drainés et aérés car les échanges respiratoires des gousses en formation sont élevés. Les sols à
texture fine, meubles et perméables, en particulier les sols sableux, sont ceux qui conviennent le
mieux. La culture d'arachide sur sols lourds et argileux est conseillée seulement si le recours à la
mécanisation et l'irrigation au moment opportun est possible.

L'arachide est sensible à la salinité et à l'acidité des sols. Les sols très acides (pH inférieur à 5) ou
déficients en CaO peuvent induire des toxicités aluminiques ou ferriques. L'acidité inhibe le
développement des bactéries fixatrices d'azote, ce qui est décelable à l'aspect chlorotique du
feuillage et à l'absence de coloration rouge à l'intérieur des nodosités.

La température et l'ensoleillement

Les températures inférieures à 15°C et supérieures à 45°C ralentissent ou bloquent la croissance,


l'optimum se situant entre 25°C et 35°C degrés. Les températures trop basses ou trop élevées,
auxquelles on s'expose sous les climats tempérés et en contre-saison chaude ou froide dans les
zones tropicales, ont pour effet de prolonger le cycle, voire de bloquer la germination ou le
développement : des variétés de 90 jours, en Afrique de l'Ouest, mettent 130 à 150 jours pour
parvenir à maturité dans le midi de la France.

L'arachide est peu sensible à la photopériode, mais les jours longs ont un effet positif sur la
productivité : les semis précoces (lorsque la pluviométrie ou l'irrigation le permettent) sont donc
à privilégier. Les déséquilibres se traduisent fréquemment par un rapport défavorable
feuilles/gousses, que l'on observe également en zone équatoriale et dans les cultures sous
plantations d'arbustes, lorsque l'ensoleillement devient limitant.

Le régime hydrique

L'arachide présente une sensibilité variable à la sécheresse : les besoins en eau sont élevés au
moment de l'imbibition de la graine qui, une fois la germination amorcée, craint l'excès d'eau. La
période de floraison-formation des gousses (30-70 jours) correspond à une phase de sensibilité à
la sécheresse, alors que la phase finale de maturation est favorisée par une sécheresse relative,
des pluies à ce stade pouvant en outre provoquer des germinations sur pied chez les variétés non
dormantes.

Une pluviométrie comprise entre 500 et 1000 mm pendant la saison de culture permet
généralement d'obtenir une bonne récolte, mais la bonne répartition des pluies, en fonction du
cycle de la variété, est plus importante que le total pluviométrique : des rendements supérieurs à
une t/ha en grande culture ont été obtenus au nord du Sénégal, sous 350 mm de pluies
concentrées sur trois mois avec la variété hâtive tolérante à la sécheresse 55-437. L'irrigation
d'appoint, en période de stress hydrique ou de sensibilité maximale, conduit souvent à une
amélioration substantielle (y compris qualitative) de la production. L'utilisation de variétés
tardives, à forte productivité, est alors préférable.

La rusticité de la plante et sa plasticité lui valent d'être souvent reléguée sur des sols peu fertiles
et dans des régions à pluviométrie limitante : les rendements sont alors inférieurs à une tonne par
hectare en culture extensive.

Les points sensibles de la filière sont :


– la disponibilité en semences, limitée par la fragilité et le faible taux de multiplication de la
graine d'arachide ;
– les aléas d'une commercialisation locale hasardeuse qui n'incite pas le producteur à intensifier
sa production ni à consentir des efforts sur le plan de la qualité ;
– les contraintes d'un marché international de plus en plus exigeant au plan des caractéristiques
technologiques et sanitaires des produits.

L'arachide n'en présente pas moins de nombreux avantages et des perspectives intéressantes pour
les petits producteurs et les économies des pays du Sud, sur différents plans :
– agronomique, lié à l'introduction d'une légumineuse dans des rotations à forte dominante
céréalière ;
– nutritionnel, lié à un apport lipidique et protéinique substantiel dans des régimes alimentaires à
très forte dominante glucidique ;
– économique, lié à la diversité des produits arachidiers susceptibles d'être auto-consommés ou
vendus.

Les itinéraires techniques

La mise en place de la culture

On distingue trois opérations : la préparation des semences, la préparation du sol et le semis.

La préparation des semences

En milieu rural, les semences sont conservées ou achetées en coque, afin de conserver leur
protection naturelle le plus longtemps possible. Le décorticage manuel est en général préférable
au décorticage mécanique. Il faut prévoir dix à quinze kg de graines triées par jour et par
personne. Il est recommandé de traiter ces semences avant le semis. La vérification de la qualité
semencière peut être effectuée au moyen d'un test simple : germination sur sable humidifié et
comptage des graines germées au bout de quatre jours. Un lot destiné à être utilisé comme
semences doit présenter un taux de germination d'au moins 85 %.

La préparation du sol

Il faut choisir un terrain n'ayant pas porté d'arachide la saison précédente, évacuer les débris
végétaux et effectuer une façon culturale légère (passage croisé de houe) dès que le sol a été
humecté par une pluie. Le sol est alors prêt à recevoir la semence. Le labour, pratiqué dans
certaines situations (sol lourd, enherbement particulièrement vivace), est une opération rarement
justifiée sur sol sableux : l'arachide y répond peu ou mal. Le billonnage est justifié sur les sols
gravillonnaires, peu profonds, peu perméables et exposés au ruissellement.

La date et le mode de semis

La date de semis doit caler le cycle de la plante en fonction de la répartition prévisible des pluies
et des autres paramètres climatiques, avec un impératif : semer le plus tôt possible en sol bien
humide.

Lorsque la température est limitant, le semis peut avoir lieu si la température du sol atteint 20°C
à quatre cm de profondeur pendant trois jours consécutifs (indicateur utilisé en Australie). En
zone de savanes sèches ouest-africaines, où l'eau est le facteur limitant, le semis est effectué
traditionnellement sur la première pluie de 20 mm postérieure au 30 juin. Les paysans ne sèment
qu'une seule journée pour une pluie de 20 mm et prolongent le semis de 24 heures par tranche
supplémentaire de 10 mm. En régime unimodal, une pluviométrie utile de 400 mm/an répartis
sur quatre mois permet de cultiver les variétés hâtives (quatre vingt dix jours) ; les semi-tardives
(cent vingt jours) sont cultivées sous 600 à 900 mm en cinq mois, tandis que les tardives sont
réservées aux zones à plus de 900 mm.

Le semis doit conduire à des écartements moyens de 60 x 15 cm (110 000 pieds/ha, 50-60 kg de
graines/ha) pour les grosses graines de type Virginia et de 40 × 15 cm (170 000 pieds/ha, 50-60
kg de graines/ha) pour les petites graines de type Spanish ou Valencia. Le poids de coques
nécessaire pour ensemencer un hectare ou valeur culturale, se situe entre 120 et 150 kg/ha, selon
la variété et la qualité des semences.

L'entretien

Un ou deux sarclages ou un rebillonnage, sont suffisants lorsque le sol a été préalablement


labouré ou billonné. Lorsque l'arachide a été cultivée à plat sans labour (cas le plus fréquent),
plusieurs interventions sont nécessaires.

Le premier sarclage est important car la jeune plante est très sensible à la concurrence des
adventices ; il doit être effectué à la main sur la ligne, les autres sarclages étant limités à
l'interligne. On prend bien garde, à partir du quarantième jour, à ne pas déterrer les gynophores.
L'utilisation raisonnée d'herbicides de pré-levée, en combinaison avec le travail du sol, permet de
retarder le premier sarclage, mais il demeure nécessaire d'ameublir le sol au moins une fois au
cours du cycle.

Divers herbicides ont été testés et l'arachide présente une bonne tolérance aux herbicides de pré-
levée (à base de métolachlor, de prométryne, de trifluraline), grâce à sa plantule vigoureuse et à
son enracinement rapide et profond.

L'irrigation

Ce mode de production coûteux est réservé à l'arachide de bouche d'exportation et à la


production semencière. L'irrigation permet de cultiver l'arachide en saison sèche chaude. Elle
débouche toujours sur une augmentation sensible de la production de gousses et une
augmentation considérable de la production de feuilles Dans les zones où l'irrigation est
traditionnelle, la priorité absolue est accordée à la céréale (riz généralement) ou à la culture
dominante (tabac, maïs), l'arachide étant alors conduite en culture dérobée ou intercalaire avec
des rendements moyens ou faibles.

Il est recommandé d'assurer un apport d'eau important aux phases critiques du développement :
saturer le profil avant le semis, puis en période de forte floraison et de formation des gousses.
Ménager un léger déficit hydrique avant floraison, puis en fin de cycle afin d'assurer une
maturation plus uniforme. La norme moyenne, en contre-saison et en zone sub-sahélienne, est de
4000 à 6000 m3/ha par aspersion et de 6000 à 10000 m3/ha par gravité.
La fumure

Une fumure minérale annuelle légère NPK ou NP procure sur l'arachide une plus-value
intéressante, encore augmentée par des apports organiques, de préférence sur la céréale cultivée
en rotation. La fumure calcique est destinée à corriger l'acidité des sols et à améliorer la qualité
technologique des semences et de l'arachide de bouche. Les doses et les formes d'apports
recommandées sont généralement calculées dans la perspective d'une rentabilité l'année même de
leur application. Elles ne compensent pas les exportations des cultures.

Les ravageurs et les maladies

L'arachide, bien que moins exposée que d'autres légumineuses tropicales (niébé et soja), est
sensible à des maladies et ravageurs divers contre lesquels l'agriculteur se protège en utilisant des
variétés tolérantes ou résistantes (notamment à la rosette), en appliquant des mesures
agronomiques préventives d'efficacité partielle et en recourant à des traitements chimiques, en
fait limités au traitement fongicide des semences et au traitement insecticide des stocks
individuels ou collectifs. Des traitements à grande échelle contre les nématodes, ainsi que
d'autres actions, telles que l'utilisation d'appâts empoisonnés contre les iules (myriapodes), ont
donné de bons résultats dans les conditions privilégiées où ils étaient appliqués, mais n'ont pas
été diffusés durablement, faute d'appui technique et d'incitations économiques suffisantes.

Pour le traitement des semences, il est recommandé d'effectuer un enrobage à sec des graines
avec un produit fongicide auquel on ajoute parfois un insecticide répulsif. L'effet, en termes de
pourcentage de germination, est toujours important et parfois considérable (gain de 30 % et plus)
si les graines ont été semées dans des conditions d'hygrométrie défavorables, trop profondément
ou trop superficiellement. L'opération s'effectue soit par brassage manuel dans une bassine, soit
dans un tambour mélangeur.

Dans les stocks, l'insecte le plus nuisible est la bruche de l'arachide (Caryedon fuscus), présente
aux champs à la récolte et sur certaines légumineuses pérennes toute l'année. Les petits lots
peuvent être détruits en une intersaison. Différentes méthodes de lutte peuvent être préconisées
(sous réserve de l'agrément des produits) :
– comprimés de phosphure d'aluminium dans des récipients métalliques hermétiques (action
d'autant moins efficace que l'air est plus sec) ;
– traitement sous bâches par fumigation au gaz toxique (bromure de méthyle lorsqu'il est
autorisé) : 48 heures à la dose de 30 g/m3, suivi d'une ventilation forcée. Ne traiter que des
arachides bien sèches si l'on souhaite les utiliser comme semences ;
– poudrage insecticide réalisé à mesure du remplissage des magasins ou de la constitution des
tas, complété par un traitement de couverture en surface (sacs ou coques en vrac). Selon les
réglementations en vigueur sont utilisés : K-othrine, Actellic, Bromophos, Iodophenphos, parfois
en panachage.
L'arachide : récolte et techniques post-récolte

La récolte de l'arachide est suivie du séchage et du battage, l'ordre de ces deux opérations
pouvant être inversé. La teneur en eau des gousses passe ainsi de 30-40 % à la récolte à 6-8 %
avant stockage.

Le critère de maturité le plus net est le dessèchement du parenchyme interne des gousses qui
devient brunâtre. Avant la date théorique de fin de cycle, il faut procéder à des sondages.
L'arrachage doit se faire lorsque 70 à 80 % des gousses sont matures. L'arrachage peut être
manuel en sol meuble. Sinon il faut sectionner le pivot racinaire à 10-15 cm sous terre, secouer
pour éliminer la terre et laisser ressuyer en andains, gousses en l'air.

Les gousses fraîches ne peuvent être stockées sans s'échauffer. En culture traditionnelle de
savane sèche, on met en meules au bout de deux jours, gousses vers l'intérieur en aménageant
une cheminée centrale d'aération. On laisse sécher au moins trois semaines. En climat humide, il
faut opérer un séchage sur perroquet ou sur un bâti surélevé et finir le séchage en couches minces
sous abri. Un séchage artificiel peut être conduit dans des séchoirs de type riz, en respectant les
règles suivantes :
– hauteur optimale : de 0,6 m pour 35 % d'humidité à 3 m pour 20 % d'humidité ;
– ne pas dépasser 35°C pour l'air soufflé à travers la masse, ou mieux ne pas dépasser de 5°C la
température ambiante ;
– adopter un débit moyen compris entre 300 et 600 m3/h et par m3 d'arachide ;
– procéder en deux temps : une phase rapide et une phase lente de finissage.

En culture traditionnelle, l'égoussage manuel aboutit à un produit parfait et préserve les fanes.
Des bâtons, fléaux et divers types de batteuses mécaniques inspirées des batteuses à riz sont
utilisés. Il faut ensuite vanner pour séparer les gousses des brisures. Des précautions particulières
sont prises pour traiter les semences et l'arachide de bouche. Des batteuses mobiles ou à poste
fixe sont utilisées dans les pays de culture mécanisée, les plus performantes intervenant
directement après arrachage et déversant le produit dans des vannes équipées de séchoirs.

Le stockage individuel (semences et auto-consommation) est aléatoire, notamment après


décorticage. Le stockage collectif, villageois ou industriel, est toujours préférable. L'opération
doit obéir aux règles suivantes :
– s'assurer de la propreté et de la sécheresse des coques à traiter ;
– procéder, si possible, à une désinsectisation au gaz toxique sous bâches ;
– nettoyer et désinsectiser préalablement le magasin et la sacherie ;
– poudrer avec un insecticide à mesure du stockage (vrac) ou du remplissage des sacs et faire un
poudrage final de couverture ;
– effectuer un contrôle par échantillonnage toutes les trois semaines.

Le stockage des graines doit être limité aux produits finis avant expédition (bouche) ou
distribution (semences). Il nécessite des précautions et des infrastructures particulières :
entreposage sous bâches, magasin climatisé ou réfrigéré lorsque la période de stockage excède
huit mois.
Le haricot

Phaseolus vulgaris
Les utilisations du haricot

Originaire d'Amérique centrale et du Sud, le haricot a été domestiqué au Mexique, au Pérou et en


Colombie, puis introduit en Europe par Christophe Colomb. Il est cultivé dans les pays tempérés,
tropicaux et subtropicaux pour l'alimentation humaine. Les jeunes gousses sont mangées vertes
entières (haricots verts) ; les feuilles peuvent être consommées comme épinards et les graines
séchées constituent un aliment très important. La tige est utilisée comme fourrage.

La plante

Le haricot est une plante grimpante ou buissonnante, annuelle, légèrement pubescente. Les
formes volubiles mesurent de 2 à 3 m de hauteur alors que les formes naines atteignent 20 à 60
cm. Les tiges sont angulaires ou cylindriques et les feuilles, trifoliées et habituellement ovales,
mesurent entre 7,5 et 14 cm de long sur 5,5 à 10 cm de large et sont alternées. Le pétiole peut
mesurer jusqu'à 15 cm. La racine pivotante est bien développée et complétée par des racines
adventives latérales. Les inflorescences, axillaires ou terminales, sont blanches, roses ou
pourpres.

La gousse mesure 20 cm de long, est étroite et souvent courbe. Verte lorsqu'elle est immature,
elle devient ensuite jaune, rougeâtre ou pourpre. Les graines varient par leur poids (0,15 à 0,6 g),
leur couleur (dominantes noir, marron, violet, rouge ou blanc) et leur forme (réniforme,
cylindrique ou ovoïde). Le jeune plant a une germination épigée. Deux feuilles simples et
opposées sortent d'abord, puis des feuilles alternes et trifoliées.

Les haricots à croissance déterminée possèdent un axe central de cinq à neuf nœuds, et deux à
plusieurs branches qui démarrent à partir des nœuds basaux. Les haricots à croissance
indéterminée possèdent un axe central avec douze à quinze nœuds et même plus dans des types
grimpants. On peut classer les haricots en quatre grands types en fonction du type de croissance,
de la production de nœuds après la floraison, de la hauteur des plants et de la tendance grimpante
:
– les nains à croissance déterminée : le bourgeon terminal sur la tige principale est fertile et la
plante ne produit pas de nœuds sur la tige principale après floraison (type court, sans tuteur ou
buissonnant). La durée de croissance est brève ;
– les nains à croissance indéterminée : le bourgeon terminal est végétatif sur la plupart des tiges
qui continuent à produire des nœuds après la floraison, avec des rameaux érigés à partir des
nœuds basaux ;
– les rampants à croissance indéterminée : la production de nœuds est modérée à importante
après floraison sur la tige principale, avec un nombre variable de rameaux qui naissent à partir
des noeuds les plus bas. Le port est rampant ou en forme de cône sur un support ;
– les grimpants à croissance indéterminée : la production de noeuds sur la tige principale après
floraison est élevée, avec des rameaux faiblement développés comparés à la tige principale et
une capacité modérée à forte à grimper sur un support.

Les haricots sont également classés en croisant le critère de port et celui d'utilisation : haricots
nains mange-tout à gousse verte, haricots nains à filet, haricots à rame mange-tout, haricots à
grains. La destination (haricot vert, haricot mange-tout ou haricot grain) est liée à la présence de
fils et de parchemin dans la gousse.

Le haricot commun est à l'origine une plante de jours courts, mais les variétés sélectionnées en
milieu tempéré fleurissent même en jours longs (seize heures). Les photopériodes longues et les
températures élevées peuvent agir sur le type de développement, en transformant des variétés
indéterminées à entre-nœuds courts en variétés volubiles.

La plupart des haricots communs croissent dans un spectre étroit de températures (entre 17,5 et
25°C, et de préférence entre 20 et 22,5°C). Dans les régions tropicales, on trouve le haricot à des
altitudes élevées (environ 1000 m). Le haricot commun est sensible au gel nocturne. Il nécessite
des pluies modérées, bien distribuées au cours du cycle (300 à 400 mm d'eau), mais une période
sèche est préférable au moment de la récolte. La sécheresse et l'excès d'eau lui sont néfastes.

Le haricot s'adapte à de nombreux types de sols : légers à moyennement lourds ou tourbeux, avec
un pH neutre et un bon drainage. Il est sensible à la salinité. Les sols les plus propices sont les
colluvions, les sols allophanes bien pourvus en matière organique et les vertisols magnésiens.
Les sols ferralitiques acides sont les moins appropriés.

La culture

La propagation classique s'effectue par semis, mais on peut facilement réaliser un bouturage. La
dose de semis varie en fonction de la taille des graines et du type de haricot : de 120 kg/ha pour
des variétés naines à 60 kg/ha pour des variétés grimpantes (le poids de 1000 graines varie de
200 à 600 g). La densité du peuplement végétal en culture pure est de 15 à 40 plantes/m² pour
des variétés naines et de 7 à 30 plants/m² pour les variétés grimpantes.

La distance entre les plants varie en fonction des cultivars, mais globalement on préconise pour
des variétés buissonnantes en culture pure 30 à 45 cm entre les lignes et 30 cm entre les plants, et
pour des variétés grimpantes un semis en poquet de quatre à six graines dans des buttes espacées
de 50 cm sur la ligne et 1 m entre les lignes. La profondeur de semis varie de 3 à 6 cm. A une
température du sol de 16°C, le plant apparaît une semaine environ après le semis.

La date de floraison varie en fonction du cultivar, de la température et de la photopériode ; elle


est généralement comprise entre vingt huit et quarante deux jours après le semis. L'auto
pollinisation est fréquente et la pollinisation croisée rare. La période de remplissage des grains
dure de vingt trois à cinquante jours et la maturité complète des graines sèches est atteinte entre
soixante cinq et cent cinquante jours après le semis.

La culture à plat est préférable à la culture en billons car des interventions sur le sol risquent de
blesser les racines, ce qui entraîne une augmentation de la fréquence des maladies. Le haricot
commun peut être irrigué dans les régions semi-arides. Une irrigation par aspersion est préférable
à une irrigation par submersion. La rotation culturale est nécessaire pour limiter la propagation
des maladies.

Pour la production de haricots grain, les meilleurs résultats sont obtenus quand la maturation et la
récolte ont lieu en période sèche. La production de haricot vert peut se pratiquer toute l'année. En
saison sèche, sous irrigation, les variétés naines sont plus adaptées, alors qu'en saison des pluies
les variétés à rame, dont le feuillage est hors de portée de contamination par les pathogènes, sont
préférables.

Les fontes de semis provoquées par un Phytium peuvent être évitées par un traitement fongicide
des semences. Le développement des attaques de Sclerotium rolfsii pourra être contrarié par des
apports d'engrais azoté soluble. La lutte contre Fusarium solani f.sp. phaseoli, qui provoque des
dégâts sur le collet et les racines, passe par des successions où le haricot ne revient pas trop
souvent et un travail du sol favorisant le développement du système racinaire.

Une maladie fongique (anthracnose) et deux maladies bactériennes (graisses à Xanthomonas et à


Pseudomonas) sont transmissibles par les semences. On peut y remédier par l'utilisation de
semences saines, le traitement des semences contre l'anthracnose, la réalisation de traitements
fongicides ou bactéricides sur la culture et par l'utilisation de variétés résistantes ou tolérantes.
Les maladies foliaires de fin de cycle sont en général sensibles à des applications de bénomyl et
des variétés tolérantes ou résistantes ont été identifiées pour certaines d'entre elles. La lutte
contre les maladies à virus (mosaïque commune, mosaïque jaune, mosaïque du haricot) nécessite
l'utilisation de variétés résistantes ou tolérantes.

Les dégâts d'insectes (mouches mineuses, coléoptères, chenilles, cicadelles...) sur l'appareil
végétatif peuvent être contrôlés par des applications d'insecticides. Bien que ce soit au champ
que les bruches pondent leurs œufs sur les gousses en maturation, c'est en général après récolte
que les grains sont traités par poudrage d'insecticide, par fumigation ou par enrobage avec de
l'huile.

Le pois Congo

Cajanus Cajan

Les utilisations du pois congo

L'essentiel de la production (90 %) est réalisée dans le sous-continent indien. D'autres pays ont
cependant des productions significatives : le Kenya, l'Ouganda, le Malawi, Porto-Rico et la
République Dominicaine. Dans les autres pays, le pois congo est cultivé sur de petites surfaces
ou dans des jardins familiaux.
En production traditionnelle, une bonne part de la récolte est vendue sur les marchés en gousses
vertes contenant des grains à écosser. Les graines mûres contiennent 15 à 30 % de protéines.
Bien que faiblement commercialisée, cette plante est la cinquième légumineuse par son
importance au niveau mondial.

C'est une espèce bisannuelle, le plus souvent exploitée en culture annuelle. Ses grains et ses
gousses sont consommés comme légume, son feuillage est utilisé comme fourrage.

La plante

C'est un arbuste de 2 à 4 m de haut avec des feuilles à trois folioles et un tronc qui peut atteindre
5 cm de diamètre. Les fleurs sont bisexuées et autogames. La plante est photopériodique. Il
existe deux groupes variétaux :
– les variétés indicus(bicolore), à fleurs jaunes et rouges, à gousses de quatre à cinq grains,
pouvant vivre plusieurs années ;
– les variétés flavus, à fleurs jaunes, à gousses courtes (trois grains) et à floraison précoce,
cultivées en plante annuelle. Ces variétés sont moins sensibles au photopériodisme.

Il existe des types intermédiaires issus de croisements entre ces deux groupes.

Les capacités de fixation de l'azote de Cajanus cajan ainsi que son enracinement profond en font
une espèce améliorante pour les sols. Il a été constaté des apports de 40 kg d'azote à l'hectare par
une culture de pois congo. Pour que la racine pivotante puisse s'enfoncer profondément dans le
sol, il faut cependant que celui-ci soit suffisamment meuble. Le pois congo s'adapte à une large
gamme de sols et supporte très bien les vertisols. Il est souvent cultivé sur des sols très pauvres,
tolère bien la salinité et l'alcalinité, mais pas une acidité excessive (pH<5).

Cajanus cajan se développe correctement dans des climats à saison des pluies de cinq mois ou
plus ; il peut produire avec 1000 à 2000 mm/an, craint l'eau stagnante et l'excès d'humidité.

Le pois congo est souvent associé à des céréales (maïs, sorgho). Son implantation se fait par
semis de trois à quatre grains par poquets, en lignes espacées de 1,5 à 2 m, avec des écartements
de 40 à 50 cm sur la ligne. Le développement végétatif démarre lentement et s'accélère deux à
trois mois après le semis. La floraison intervient entre 56 et 210 jours après le semis, celle-ci
étant accélérée en jours courts. La récolte est réalisée 180 à 280 jours après le semis.

Les principaux dégâts sont provoqués par des chenilles qui attaquent les grains immatures aux
Antilles ce sont : Ancylostomia stercorea, Elasmopalpus rubidinellus, Heliotis virescens] . Une
rouille (Uredo cajani), une fusariose vasculaire (F. lateritum f.sp . cajani), un phoma et des
mosaïques jaunes transmises par des aleurodes sont également à redouter.

Des cultures de pois congo destinées à l'exportation sont réalisées à Trinidad avec des techniques
intensives : grâce à l'utilisation de variétés sélectionnées à floraison groupée et cycle court (140
jours) et de traitements insecticides, on obtient des rendements de 2t/ha de grain sec. En
Indonésie, des rendements de 3 à 4 t/ha sont obtenus en culture pure et il est possible d'atteindre
5t/ha dans des conditions optimales de croissance.
En culture fourragère, la plante peut être exploitée en pâture ou par émondage tous les deux ou
trois mois dès qu'elle est adulte. La productivité est de 1,5 à 3,5 t ms/ha par coupe et la valeur
azotée est de 100 à 120 g mad/kg de ms.

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