Assemblage Et Tribologie
Assemblage Et Tribologie
Tribologie
Interface adhesion: effect of plasticity and segregation, A.G. EVANS, J.W. HUTCHINSON and Y. WEI, Acta
Materialia, vol. 47, n° 15, 1999, 4093-4113.
TI C 2 522 – Constructions métalliques, assemblages par soudage, JP. MUZEAU
TI C 2 521 – Constructions métalliques, assemblages par procédés mécaniques, JP. MUZEAU
TI BM 7 620 – Collage des métaux, P. COGNARD
TI N1650 V1 – Familles d’adhésifs et caractérisation d’un collage structural, C. BRETTIN, G. VILLOUTREIX
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Assemblage des métaux
La fonction principale d’un assemblage est de transmettre correctement des efforts qui peuvent être très
importants et qui sont le plus généralement statiques ou quasi-statiques (actions gravitaires, actions
climatiques, charges d’utilisation à variations lentes) mais qui peuvent également être dynamiques (effets
de chocs ou de séismes, vibrations, etc.).
On distingue également :
- les assemblages avec déplacements, qui regroupent les procédés mécaniques par contact (boulons
ordinaires par exemple) lorsque ce contact se produit après un déplacement égal au jeu entre les
pièces d’attache et les trous, plus une certaine ovalisation de ces derniers. Ces procédés
d’assemblage ne peuvent donc être employés que si de tels déplacements sont acceptables, soit en
une fois lors de la première mise en charge si les efforts sont toujours de même sens, soit de manière
alternative si les efforts peuvent changer de signe.
- les assemblages sans déplacement, qui assurent des transmissions d’effort sans déplacement ou avec
des déplacements extrêmement réduits. C’est le cas des attaches par frottement (boulons
précontraints) ou par soudage.
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Assemblage des métaux
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Procédés thermiques – Le soudage
Le soudage consiste à amener localement des pièces à souder à leur température de soudage (température
de fusion la plupart du temps) au niveau de leur joint, dans le but de réaliser une liaison continue de la
matière entre ces pièces.
Un procédé de soudage met en œuvre, de façon conjuguée ou non, un effet thermique, un effet
mécanique et un apport de métal, à quoi il faut associer une durée ou une vitesse d’exécution.
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Procédés thermiques – Le soudage
Effet mécanique : il résulte de l’application d’une force, ou effort de soudage, sur les parties à souder
pendant le processus thermique et produisant métallurgiquement un forgeage. C’est le cas des procédés
suivants appelés procédés par forgeage :
- le soudage par résistance,
- le soudage par friction.
Apport de métal : il est présent dans la plupart des procédés de soudage par fusion et particulièrement à
l’arc électrique où il s’exerce de façon naturelle ou complémentaire.
Durée ou vitesse d’exécution : ce sont des variables physiques qui traduisent en termes de puissance ou
d’énergie les phénomènes thermiques.
Il existe de nombreuses variantes aux procédés ci-dessus considérés comme les plus usuels. Ainsi, par
exemple, la conjugaison d’une température inférieure à la température de fusion, d’une pression inférieure
au seuil de déformation plastique et d’une durée permet d’obtenir sur certains métaux une liaison soudée
grâce au phénomène de diffusion inter-cristalline s’exerçant entre les parties mises au contact à l’endroit
de leur joint.
Ainsi, avec le cuivre et l’aluminium, métaux très conducteurs, la liaison s’installe à la température
ambiante grâce à une pression élevée appliquée rapidement : on a un soudage à froid.
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Procédés thermiques – Nomenclature du soudage
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Procédés par fusion – Soudage à l’arc électrique
1. Soudage à l’arc électrique : constitue l’un des modes opératoires les plus répandus.
Il s’agit d’un procédé de soudage par fusion des bords et addition d’un métal d’apport (souvent contenu
dans l’électrode ou le fil-électrode). Le métal fondu provenant de chaque élément est réuni au niveau du
joint dans un bain de métal qui comble l’interface. Au fur et à mesure que le bain de fusion se refroidit,
le métal fondu qui se trouve à la limite de fusion se solidifie, formant un lien solide avec le métal de
base. Quand la solidification est totale, il y a continuité du métal à travers le joint.
Lors d’un soudage à l’arc, on peut utiliser un flux ou un gaz non réactif (inerte) pour recouvrir le bain de
fusion et donc empêcher l’action de l’air.
Lors d’un soudage à l’arc, le courant circule à travers un conducteur qui relie le poste de soudage à
l’électrode. Il forme un arc électrique en traversant l’espace libre entre l’électrode et le métal de base,
puis il poursuit sa course en passant par le câble de masse pour retourner au poste de soudage.
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Procédés par fusion – Soudage à l’arc électrique
Le métal d’apport provient d’une électrode enrobée, d’un fil-électrode, ou encore d’une baguette.
On utilise généralement des électrodes constituées d’un fil de diamètre 3 à 8 mm, et d’un flux
d’enrobage, qui sert à former un laitier protégeant le bain de fusion contre l’oxydation pendant le
processus de solidification et de refroidissement.
Le choix du métal d’apport se fera en priorité en fonction de sa résistance à la traction, mais également
de sa composition chimique, sa résilience et des positions de soudage possibles.
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Procédés par fusion – Soudage manuel
Une soudeuse (généralement à courant constant) est connectée à une électrode enrobée et à une pièce de
métal à souder, ce qui provoque la création d’un arc électrique, libérant l’énergie nécessaire pour fondre le
métal d’apport (dans l’électrode) sur les pièces à souder.
Le flux recouvrant l’électrode sert à protéger le bain de fusion de la contamination atmosphérique.
Applications : très populaire pour certaines tâches spécialisées (récipients et tuyaux sous pression,
réservoirs de stockage, ponts et bâtiments, navires et wagons.
b. Soudage sous flux solide en poudre : l’électrode est constituée d’un fil nu ; le flux, sous forme de
particules, est déposé à la surface du joint. L’arc électrique est immergé sous la surface du flux dont il
fond une partie pour former un laitier qui se solidifie immédiatement après, assurant la protection de la
soudure.
Avantages : - particulièrement intéressant pour souder des joints longs (supérieurs à 1 m de longueur)
- vitesses de soudage élevées + opération en continu productivité élevée
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Procédés par fusion – Soudage automatique ou semi-automatique
c. Soudage sous flux gazeux : la protection vis-à-vis de l’atmosphère ambiante est obtenue par un gaz
insufflé dans une buse concentrique à l’électrode.
Si le gaz est neutre ou inerte, il s’agit du procédé MIG (Metal Inert Gas) (gaz = Ar, He, CO2, mélanges).
Si le gaz est actif, c’est le procédé MAG (Metal Active Gas) (gaz = H ou O).
Ces procédés utilisent un fil-électrode plein, continu et fusible, qui sert à créer l’arc de soudage avec le
métal de base, et est utilisé comme métal d’apport.
Avantages : - soude aisément la plupart des métaux, dont l’Al et les aciers inox, et de + en + pour le
soudage des aciers au carbone ou faiblement alliés
- sans laitier ( nettoyage post-soudage aisé)
- bonne qualité des soudures, avec peu des teneurs faibles en H
- s’utilise avec de fortes intensités de courant ( taux de dépôt élevé) + n’exige pas de
changement d’électrode ( permet de souder de longues distances en une fois)
grande rapidité d’exécution
- la pénétration peut être profonde
préparation des joints plus rapprochée
(à angles + étroits, avec - d’ouverture
économie de métal déposée
c. Soudage sous flux gazeux : la protection vis-à-vis de l’atmosphère ambiante est obtenue par un gaz
insufflé dans une buse concentrique à l’électrode.
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Procédés par fusion – Soudage automatique ou semi-automatique
c. Soudage sous flux gazeux : procédé TIG : sous flux de gaz inerte avec une électrode réfractaire de
tungstène, ne constituant pas le métal d’apport. L’arc électrique se forme entre l’électrode de tungstène
et le métal de base. Le procédé peut se réaliser sans métal d’apport (soudage de plaques minces) ou en
utilisant des baguettes de métal d’apport, que l’on fait fondre au-dessus du bain de fusion.
Ce procédé de soudage est particulièrement approprié pour souder les métaux à faible soudabilité,
incluant l’acier inoxydable et les métaux et alliages non-ferreux (Al, Mg, Cu, Ti, Ni).
Avantages : - s’exécute dans toutes les positions, sans laitier ( nettoyage post-soudage aisé)
- ne transfère qu’une faible quantité de chaleur au métal s’applique bien au soudage de
plaques minces ≠ convient moins aux pièces épaisses, à moins que l’on veille souder
certains alliages particulièrement difficiles à souder
- le dépôt de métal d’apport se fait à l’extérieur de l’arc électrique le métal d’apport
n’est pas surchauffé + dépôt de soudure dense soudure sans soufflures
- ne cause pas de projections et la chaleur est bien dirigée bain de fusion étroit ≠
vitesse de soudage réduite
- soudure précise limite les déformations
c. Soudage sous flux gazeux : procédé à fil (ou fil-électrode) fourré : procure un flux de protection
supplémentaire (fil auto-protégé).
Le fil constitue le métal d’apport, et sert à créer l’arc de soudage avec le métal de base. Le fil-électrode
est lui rempli de poudre métallique.
Ce procédé est employé pour le soudage de l’acier doux ou faiblement allié, ainsi que pour l’acier
inoxydable.
Avantages : - taux de dépôt de métal > aux autres procédés procurent une pénétration profonde
appropriés pour le soudage de fortes épaisseurs de métal (entre 5 et 50 mm) , ainsi que
pour le remplissage de chanfreins profonds
- idéal pour les soudures d’angle en position à plat et en T horizontal à grande vitesse
- idéal pour la soudure de joints mal ajustés, en réduisant les risques d’effondrement
- peut être utilisé dans des endroits aérés, tolère une certaine quantité de saletés ou de
rouille sur le métal
- le laitier obtenu se détache facilement
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Procédés par fusion – Choix du procédé
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Procédés par fusion – Types de soudures
Dans la construction soudée de bâtiments, 80% environ des soudures sont des soudures d’angle et 15% des
soudures bout à bout. Les 5% restants sont des soudures en bouchon, en entaille et par points.
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Procédés par fusion – Types de soudures
Soudures d’angle : une soudure d’angle est une soudure dont la section transversale est approximativement
triangulaire et qui est déposée à la surface des plats assemblés.
Les soudures d’angle qui peuvent être déposées en un seul passage sont particulièrement économiques.
Selon la position relative des pièces à assembler, on a trois types de dispositions des soudures d’angle :
- assemblage à recouvrement dans lequel les pièces se trouvent dans des plans parallèles ;
- assemblage cruciforme ou en T dans lequel les pièces sont plus ou moins perpendiculaires l’une par
rapport à l’autre ;
- assemblage d’angle dans lequel les pièces sont plus ou moins perpendiculaires l’une par rapport à
l’autre. Afin d’améliorer la résistance et la rigidité de l’assemblage dans ce cas, des soudures bout à
bout sont généralement préférées.
Soudures en bouchon et en entaille : elles sont rarement utilisées dans les structures de bâtiment. Leur
fonction principale est d’empêcher le voilement ou la séparation des plats qui se recouvrent.
Soudures par points : elles sont également rarement utilisées dans les structures de bâtiment, sauf pour
assembler des éléments minces. Les pièces à assembler sont mises en contact par l’intermédiaire de deux
électrodes. Un courant qui passe au travers des électrodes fait fondre localement les pièces ce qui, grâce à
la pression de contact entre les plats, crée un point de fusion commun aux pièces assemblées. Un ensemble
aligné de points de fusion finit par constituer un assemblage.
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Procédés par fusion – microstructure de la soudure
La croissance des grains se fait en épitaxie depuis la ZAT, avec une croissance préférentielle selon le
gradient thermique.
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Procédés par fusion – microstructure de la soudure
Les principaux défauts que l’on retrouve au niveau du cordon de soudure sont ceux des aciers moulés,
principalement des soufflures, des fissuration et de la ségrégation (maximale selon l’axe du cordon,
compte tenu de la croissance des grains depuis la ZAT).
Inclusion de silicate
dans une soudure
Quand le bain de fusion se refroidit et se solidifie, la plus grande partie de la chaleur s’écoule à travers le
métal de base le long du joint. L’acier est alors soumis à des cycles d’élévation de température et de
refroidissement analogues à ceux conférés par un traitement thermique. Dans cette zone, la structure de
l’acier est modifiée, on l’appelle la ZAT (Zone Thermiquement Affectée).
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Procédés par fusion – Phénomènes mécaniques et thermiques associés
On compte quatre principaux facteurs qui déterminent les effets thermiques induits par les opérations de
soudage, et qui entrent en considération dans le choix d’un procédé :
- La quantité de chaleur transférée : dépend essentiellement du procédé de soudage utilisé :
- La température atteinte dans la ZAT modifie la structure finale du métal dans cette zone. La grosseur
des grains est proportionnelle à la chaleur atteinte dans la ZAT. La conductivité thermique du métal
détermine la vitesse à laquelle le métal transfère la chaleur depuis la ZAT, donc la taille des zones
atteintes par la chaleur.
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Procédés par fusion – Phénomènes mécaniques et thermiques associés
- Retrait thermique : pendant son refroidissement, le métal chaud de la zone de soudage se contracte,
conduisant au développement de retrait dans le joint. La contraction étant gênée par le métal froid qui
entoure le joint, les contraintes qui se développent, supérieures à la limite d’élasticité, créent des
déformations plastiques. Cela peut amener des déformation, du gondolement (refoulement) ou encore
des tension internes (contraintes résiduelles, modifiant et fragilisant la structure du métal).
Plus le procédé de soudage transmet de chaleur à la pièce, plus le risque de déformation est élevé.
- Effet de charnière :
lié à la dilatation de la ZAT vers
l’intérieur, lors de son échauffement, là
où le métal est en fusion
chevauchement des bords de la pièce
(zone sans contrainte)
≠ au refroidissement, la contraction ne
compense pas la dilatation du métal de
la pièce et du métal d’apport les
bords se détachent mais restent
superposés.
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Procédés par fusion – Phénomènes mécaniques et thermiques associés
- Présence de contraintes résiduelles : quand la déformation plastique cesse, le joint est soumis à un
diagramme de contraintes résiduelles avec de la traction dans le métal fondu et dans la ZAT et de la
compression dans l’acier tout autour.
Il faut maintenir ces tensions à un niveau minimal, de façon à ne pas modifier de façon remarquable, la
résistance du métal.
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Procédés par fusion – Phénomènes mécaniques et thermiques associés
- Risque de trempe : la trempe d’un acier se développe lors de son refroidissement brusque à partir
d’une température supérieure à 900°C. Elle a pour conséquence de « figer » la structure cristalline du
métal qui possède alors une dureté plus grande mais une plus grande fragilité.
1)Fissuration des soudures et méthodes pour les éviter : les fissurations constituent l’un des défauts de
soudure les plus fréquents. Elles sont causées par la présence de tensions internes trop importantes à
l’intérieur du métal soudé.
2 catégories selon l’endroit où elles apparaissent :
- dans le métal fondu : dépendent de la nature du métal d’apport, et des conditions d’exécution
- dans le métal de base, dans la zone de liaison : généralement liées à une faible soudabilité du métal
Les fissurations sont majoritairement causées par l’utilisation d’un métal d’apport incompatible avec le
métal de base, un cordon trop petit (fissuration à chaud, survenant au moment de la solidification du
bain de fusion) ou de l’hydrogène coincé dans la soudure et/ou des tensions internes créées par le retrait
(fissuration à froid, qui apparait plusieurs heures, voire plusieurs jours après le soudage,
particulièrement avec les aciers à forte teneur en carbone, de même que les aciers faiblement alliés).
choisir le bon métal d’apport, respecter les dimensions exigées pour le cordon, bien préparer les
joints, et préchauffer et refroidir lentement la pièce.
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
2) Soufflures : les soufflures sont des défauts creux, généralement sphériques, formés par la présence de
gaz, les piqûres sont des soufflures débouchantes (en surface).
Les soufflures peuvent être causées par la présence de courants d’air, un
manque de gaz de protection, la présence d’une substance graisseuse,
l’eau ou d’impuretés sur le métal de base ou le métal d’apport, ou encore
un mauvais angle de soudage ou un arc trop long.
s’assurer que la surface du métal de base, et l’équipement utilisé, bien
protéger le bain de fusion, maintenir une intensité de courant suffisante
et une vitesse de soudage pas trop élevée, et éviter le contact entre
l’électrode et le métal de base (cause principale des piqûres)
3) Retassures et criques de solidification : espace vide formé à la surface (retassures, face ou racine) ou à
l’intérieur (criques) du cordon à la suite d’un retrait du métal lors de son refroidissement.
Les causes principales de retassures sont les mêmes que celles liées au
fissuration, soit des joints trop étroits, un cordon trop petit, la présence
d’impuretés dans la soudure (S et P), un métal d’apport incompatible avec le
métal de base, et trop de retraits thermiques pendant et après le soudage.
choisir le bon métal d’apport, respecter les dimensions exigées pour le
cordon, bien préparer les joints, et préchauffer et refroidir lentement la pièce.
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
d) Défauts géométriques du cordon : Ce sont des défauts associés à une mauvaise forme de la surface
du cordon. Le cordon peut être trop convexe ou trop concave. Aussi, une surépaisseur excessive du
cordon ou un excès de pénétration surviennent lorsqu’il y a trop de métal déposé sur le cordon au cours
des dernières passes et que l’épaisseur du cordon dépasse les normes tolérées, ou bien que l’excès de
métal déposé à la surface du métal de base ne se lie pas avec lui (débordement). Dans d’autres cas, il
manque de métal à la surface du (localisé ou continu), ou bien on a une absence partielle de fusion des
bords à souder qui laisse un espace entre ceux-ci (manque de pénétration).
Une convexité, une surépaisseur, un débordement du cordon ou un manque de pénétration sont liées à
une chaleur trop faible ou une vitesse trop élevée ; au contraire une concavité excessive du cordon est
liée à une vitesse de soudage trop lente ou une chaleur trop élevée.
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
e) Défauts de déformations des soudures et méthodes pour les éviter : en plus d’une préparation
adéquate des joint, une vitesse de soudage la + rapide possible, et une réduction du nombres de passes
de soudage au minimum, des techniques thermiques de chauffage et de préchauffage, ainsi que
techniques mécaniques de positionnement et de maintien, peuvent aider à réduire les déformations
engendrées par le soudage.
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
Contrôles de la température pour éviter les défauts liés à la mise en œuvre des soudures :
- Refroidissement : mal adapté, le refroidissement après soudage peut conduire à des tensions internes
dans la soudure, et dans l’ensemble de la ZAT. La plupart des soudures sont refroidir à l’air libre (en les
protégeant des courants d’air), mais pour des pièces plus épaisses ou des soudures de haute qualité, on
ralentit le processus de refroidissement en recouvrant la pièce d’une toile.
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
Contrôle de la qualité d’un cordon de soudure : un cordon de soudure de qualité est un cordon lisse,
exempt d’inclusion, régulier (largeur et l’épaisseur constantes), et dont les côtés sont bien fusionnés au
métal de base.
La tolérance pour la qualité d’une soudure dépend du chargement exercé sur la pièce (type d’assemblage,
nature statique ou dynamique de la pièce, pressions exercées sur la pièce,…), de la grosseur du cordon de
soudure et de la visibilité de la soudure (certaines soudures visibles doivent être plus esthétiques).
Les défauts internes peuvent être détectés par rayons X ou par ultrasons. Pour les défauts débouchants, il
existe quatre principales méthodes de détection :
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Procédés par fusion – Défauts de soudures
- Pointage : dépôt préalable d’un point de soudure, pour créer une déformation préalable de la pièce,
opposée à celle induite par le soudage, de façon que la pièce finie reprenne sa forme originale
éviter une déformation, prévenir une déformation finale, ou s’assurer que des plaques ne se séparent
pas.
- Bridage : sert à maintenir en place une pièce, généralement épaisse, lorsque la déformation n’est pas
possible, en appliquant un recuit ensuite pour éliminer les tensions internes. On peut pour cela :
- employer un dispositif de serrage (serre-joint, bride de serrage, etc.)
- utiliser le pointage rigide (points de soudure)
- limiter l’espacement entre les bords
- refroidir la pièce entre les passes de soudage
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Procédés par fusion – Soudabilité
La soudabilité des aciers au carbone dépend de la structure interne du métal dans la ZAT après soudage.
Afin de préserver les qualités du métal à souder, notamment sa ductilité, le métal soudé doit retrouver une
structure interne similaire à son état initial.
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Procédés par fusion – Soudabilité
Les aciers inox requièrent une énergie de soudage plus faible que les aciers au carbone, car ils possèdent :
- un point de fusion inférieur : la température nécessaire pour obtenir la fusion du métal est moins
élevée l’énergie nécessaire pour le soudage sera moindre.
- une conductibilité thermique plus faible : il est d’autant plus important de prévoir une moins grande
énergie pour le soudage, car une conductibilité thermique élevée indique que la chaleur sera plus
dispersée dans le métal et qu’il y aura des pertes.
- une résistance électrique plus élevée : plus la résistance électrique est élevée, plus le bain de fusion
est facile à créer ≠ l’amorçage de l’arc est plus difficile.
la taille de la ZAT d’un acier inoxydable sera d’environ 50 % plus grande que celle d’un acier au
carbone, dans les mêmes conditions.
Les fontes blanches ne se soudent pratiquement pas. Les autres fontes (grises, malléables et nodulaires)
peuvent être soudées sous certaines conditions, les fontes nodulaires, plus ductiles, étant les plus faciles à
souder. On ne soude généralement pas de fontes dans l’industrie de la fabrication, sauf dans le cas d’
opérations de réparation.
L’aluminium est un métal délicat à souder, à cause de son point de fusion assez bas, de son bain de fusion très
fluide, et des dépôts d’oxyde à sa surface.
Le cuivre et ses alliages présentant une forte conductivité thermique et électrique, un préchauffage est
nécessaire.
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Procédés mécaniques
Procédés mécaniques
Le terme d’« assemblage mécanique » ou d’« assemblage par déformation », est souvent utilisé pour des
assemblages permanents entre deux ou plusieurs pièces via une déformation de l'une au moins des
pièces, ou d'un accessoire intermédiaire.
Ces techniques traditionnelles gagnent à nouveau du terrain face au soudage, du fait que les aciers
modernes à haute résistance, qui doivent leurs propriétés mécaniques à des traitements thermiques
spéciaux, ne peuvent plus être soudés de façon traditionnelle. Les techniques d'assemblage mécaniques
n’influençant peu ou pas les propriétés du matériau, elles peuvent donc être utilisées dans une grande
majorité de cas de figures.
Les techniques peuvent être subdivisées subdivisées en procédés avec et sans moyen d'assemblage, soit
suivant que l’assemblage se révèle ensuite démontable ou non.
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Assemblages démontables - Eléments filetés
Vis de Vis d’arrêt ou de guidage, qui exerce par son extrémité une
pression pression sur la pièce à assembler. Utilisée pour les petits
mécanismes, faiblement sollicités et peu précis.
Les techniques d’assemblage mécanique non démontables conduisent à des liaisons permanentes, c’est-à-
dire où la rupture de la liaison ne peut se faire sans dégradation des pièces ou des éléments liés.
Rivetage La liaison entre deux pièces minces (tôles) est réalisée par
déformation de l’extrémité d’un rivet. Cette déformation est
appelée « rivure ».
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Procédés mécaniques
a) Boulons traditionnels : du fait de sa simplicité de pose et des possibilités de réglage qu’il autorise, le
boulonnage est un moyen d’assemblage très utilisé.
Un boulon traditionnel est un ensemble constitué d’une vis,
d’un écrou et, le cas échéant, d’une ou deux rondelles.
L’usage de rondelles n’est pas obligatoire, mais elles
permettent d’améliorer la répartition de la pression de
contact. Si une rondelle est utilisée, il faut la placer sous
l’élément qui sera entraîné en rotation lors du serrage
(l’écrou en général).
Les boulons traditionnels peuvent être classés selon leur mode de mise en œuvre qui conditionne
également le mode de transmission des efforts. On distingue les boulons ordinaires, mis en place par un
serrage sans spécification particulière, et les boulons précontraints (ou boulon HR, boulons à haute
résistance), pour lesquels le serrage est contrôlé.
Le comportement mécanique entre les boulons ordinaires et les boulons précontraints, diffère selon
l’orientation de l’effort appliqué :
- pour un effort perpendiculaire à l’axe des boulons, l’absence ou non de déplacement des pièces
assemblées est la caractéristique la plus importante ;
- pour un effort parallèle à l’axe du boulon, la variation de contrainte de traction est l’élément
important. Elle est beaucoup plus faible pour un boulon HR que pour un boulon ordinaire
entraînant ainsi un bien meilleur comportement en fatigue des boulons précontraints dans le
cas de sollicitations variables.
Procédés mécaniques
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Procédés mécaniques
Les conditions maximales de positionnement des trous ont pour but d’éviter
la corrosion entre les pièces assemblées. Les zones de serrage des organes
d’assemblage doivent se recouvrir afin que l’eau ou l’air humide ne puisse
pas s’infiltrer par capillarité entre les éléments de la liaison. Elles visent
également à éviter le voilement local des pièces assemblées dans la zone
comprise entre deux fixations. Une cote de trusquinage définit la distance
minimale entre le bord d’une pièce et le trou de boulonnage.
Procédés mécaniques
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Procédés mécaniques
Procédés mécaniques
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Procédés mécaniques
Pour les boulons HV, la ruine n’a pas lieu par déformation
ductile de la tige comme dans le cas des boulons HR, mais
par déformation du filetage en prise de la tige sur l’écrou
(c’est pourquoi la longueur filetée de la tige est plus courte
que pour les boulons HR). La ruine en traction se produit
alors par arrachement du filetage, soit de la vis, soit de
l’écrou. De plus, du fait d’une longueur de filetage plus
courte, les boulons HV présentent une plage de serrage
réduite par rapport aux boulons HR, et donc un risque de
mauvais serrage si l’écrou atteint la fin du filetage et entre en
contact avec la partie lisse.
Procédés mécaniques
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Procédés mécaniques
b) Boulons injectés : les boulons injectés sont des boulons pour lesquels le jeu entre le boulon et la paroi
du trou est complètement rempli à l’aide d’une résine à deux composants.
Les boulons injectés sont des boulons traditionnels dans la tête desquels un petit trou a été percé, pour
pouvoir injecter la résine à l’aide d’un pistolet d’injection.
Après prise de la résine, l’assemblage n’est plus sensible aux glissements. Ces boulons s’utilisent donc
pour la réalisation d’assemblages cisaillés. Ils constituent une alternative aux boulons calibrés ou aux
boulons à haute résistance à serrage contrôlé.
La transmission des efforts s’effectue soit par cisaillement et pression diamétrale (boulons injectés non
précontraints), soit par cisaillement et frottement (boulons HR injectés à serrage contrôlé).
Procédés mécaniques
b) Boulons injectés
Avantages des boulons injectés :
- l’équipement d’injection est peu coûteux et la quantité de résine injectée est réduite. Le temps de
mise en place d’un boulon varie de 1 à 2 minutes, et ne nécessite pas un personnel qualifié ;
- la possibilité de réaliser des jeux plus importants au niveau des trous peut faciliter le montage et
l’alignement de la structure. Après injection et prise de la résine, tout glissement est empêché ;
- ils constituent une alternative aux boulons à haute résistance à serrage contrôlé (d’autant plus que
même en cas de surcharge, aucun déplacement soudain ne peut se produire) ;
- en cas de liaisons faibles dans les assemblages (cas de faibles coefficients de frottement, par
exemple dans le cas de surfaces peintes ou galvanisés à chaud), l’injection peut permettre à des
boulons précontraints de mieux transmettre les efforts de cisaillement ;
- comme la résine remplit complètement la cavité, aucune corrosion interne n’est possible ;
Inconvénients :
- ils nécessitent un usinage complémentaire de la vis et des rondelles ;
- la préparation de la résine et l’injection prend du temps ;
- les trous doivent être secs avant injection, il faut donc prendre quelques précautions ;
- du fait du collage implicite obtenu avec la résine, il est difficile de démonter le boulon après la
prise du produit injecté.
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Procédés mécaniques
c) Rivelons et boulons sertis précontraints : 2 grands types de boulons sertis utilisés dans le domaine de
la construction métallique. Les rivelons, également appelés « rivets à anneau », correspondent à des
rivets filetés mis en œuvre à froid.
Les boulons sertis sont constitués de deux pièces distinctes : une tige, munie d’une tête, et une bague.
Lors de la mise en œuvre, la bague est sertie sur la tige et elle vient constituer la tête seconde du
dispositif. Pour que la liaison entre les deux éléments soit résistante et durable, des cannelures sont
prévues dans la zone de sertissage de la tige ; la bague épousant la forme des cannelures, le dispositif
s’apparente alors à un système vis écrou sans jeu.
Procédés mécaniques
La mise en œuvre des boulons sertis s’effectue par sertissage de la bague sur la tige à l’aide d’un
pistolet hydraulique spécial muni d’une bouterolle (ou nez de pose) adaptée à chaque boulon, la
bouterolle présentant un diamètre intérieur inférieur au diamètre extérieur de la bague.
Les boulons sertis précontraints peuvent être utilisés de la même manière que des boulons HR à serrage
contrôlé (pour les assemblages résistant au glissement) ou comme des boulons standards de qualité
10.9 (pour des efforts de cisaillement et de traction combinés).
Le sertissage conduit à une liaison sans jeu entre la tige et la bague : dans le cas d’un assemblage
soumis à des fortes vibrations, des boulons traditionnels insuffisamment serrés risquent de se dévisser,
il n’en est pas de même pour les boulons sertis.
8
Procédés mécaniques
d) Rivetage : l’assemblage par rivetage est le plus ancien procédé de solidarisation de pièces entre elles
utilisé en construction métallique. Le viaduc de Gabarit et la tour Eiffel en sont de célèbres exemples.
Le rivetage permet d’obtenir économiquement une liaison encastrement indémontable d’un ensemble
de pièces par refoulement ou par expansion de matière d’un élément malléable (Al et ses alliages, Cu et
laitons, aciers doux, aciers inoxydables, alliages de Zn…..).
Étant de mise en œuvre assez complexe (principalement parce qu’ils nécessitent d’être posés à chaud),
les rivets sont aujourd’hui moins utilisés au profit des boulons. Toutefois, certaines entreprises les
utilisent toujours en atelier en raison de leur coût qui reste plus faible que celui des boulons.
On distingue essentiellement le rivetage avec ou sans rivet rapporté.
Procédés mécaniques
d) Rivetage à chaud : comme les boulons ordinaires, la mise en œuvre des rivets ne nécessite aucune
préparation des surfaces en contact autre que la réalisation du trou où il sera logé. Le trou a un diamètre
supérieur à celui du rivet de 1 mm. La raison de ce jeu est, en particulier, la facilité de mise en place.
En général, les rivets sont posés à chaud. On les chauffe à une température de l’ordre de 1 100 à
1 200°C de façon à ce que le temps de les prendre et de les poser, ils soient à une température comprise
entre 900 et 950°C. Leur couleur passe de blanc à rouge vif entre ces températures. Le rivet étant
positionné dans le trou, la deuxième tête est formée, à l’aide d’une bouterolle et d’une contre-
bouterolle, par martelage à la main ou à la machine. Cette opération a pour effet de refouler l’acier du
rivet qui va ainsi remplir complètement le trou.
La rétraction due au refroidissement augmente le
serrage entre les pièces, ce qui crée une précontrainte.
9
Procédés mécaniques
d) Rivets à poinçon et auto-poinçonneurs : contrairement aux rivets conventionnels, les rivets à poinçon
se pose à froid et ne nécessite pas de percer de trou au préalable. Par contre il faut pouvoir accéder aux
deux côtés de l’assemblage afin de pouvoir positionner le poinçon et une matrice.
Un rivet à poinçon cylindrique est pressé en une seule action par un poinçon dans deux ou plusieurs
tôles et déformé dans une matrice jusqu'à l'obtention de l'assemblage.
Les rivets auto-poinçonneurs pénètrent d'eux-mêmes dans les pièces à assembler. De forme tubulaire ils
transpercent la première tôle supérieure (sans pré-forage) et s'accroche à la tôle inférieure.
Dans les deux cas, les rivets doivent alors posséder une résistance et une dureté suffisamment élevées
afin de pouvoir percer les pièces.
Rivets aveugles : constitué d'un rivet creux monté sur une tige en
acier. Il est placé d'un côté dans un trou et fixé avec un outil spécial.
Les pièces à assembler se rapprochent ainsi et la tige en acier se
casse, bien souvent à l'endroit où son diamètre a été spécialement
réduit. La tête reste en place dans la tête de rivet et n'a aucune
fonction ultérieure.
Procédés mécaniques
e) Sertissage : technique utilisée pour l'assemblage de tôles (minces), consistant à rabattre et compresser
les bords des tôles (ex : assemblage entre le fond et le corps d'une boîte de conserve).
10
Assemblages démontables – Freinage par adhérence
Goupille Goupille fendue forme d’un fil d’acier demi-rond replié sur
«V» lui-même formant une tête, qui se fixe dans un cylindre
métallique et permettre d’immobiliser une pièce par rapport à
une autre. La géométrie de la goupille facilite son extraction
au démontage.
11
Assemblages démontables – Assemblages par obstacles
= assemblages dans lesquels un élément fait obstacle au mouvement entre des deux pièces assemblées
12
Collage des métaux
Même s’il est peu répandu, le collage des métaux a progressé à un rythme très rapide, en particulier grâce
à l’arrivée des matériaux composites, dans les années 1965 à 1975, pour lesquels le collage est la
principale méthode d’assemblage, et le développement de nouveaux adhésifs thermostables, résistant à
hautes températures.
Seules quelques industries lourdes mécaniques telles que les transports, l’électrotechnique (pour la
fabrication de wagons de chemins de fer ou les paquebots ou les gros alternateurs), restent fidèles aux
assemblages traditionnels, bien que l’on voit maintenant les planchers de TGV et de la navette trans-
Manche réalisés avec des panneaux-sandwichs Alu-Nida aluminium collés.
Nous ne parlerons ici que du collage structural, qui consiste à utiliser des colles et adhésifs à hautes
performances (solidité, cohésion élevées, résistance à la chaleur et à d’autres sollicitations et performances
mécaniques élevées), afin d’obtenir des assemblages durables dont la solidité est comparable à celle des
matériaux constitutifs (métaux).
Les assemblages collés présentent par ailleurs l’avantage d’être plus lisses, plus esthétiques et plus
aérodynamiques que les assemblages rivetés ou soudés.
1
Collage des métaux – Conception d‘un assemblage collé
2
Collage des métaux – Conception d‘un assemblage collé
La surface des métaux est recouverte de plusieurs couches de produits défavorables au collage. Les buts du
traitement de surface sont les suivants :
- éliminer les saletés, pollutions, huiles et lubrifiants de laminage, étirage ;
- éliminer les couches adsorbées (eau...) ;
- éliminer les couches plus ou moins fragiles (oxydes naturels, oxydes hydratés) jusqu’à retrouver
le métal nu, parfaitement propre ;
- faire en sorte que l’adhésif mouille bien la surface ;
- augmenter la rugosité de surface, pour augmenter l’accrochage mécanique ;
- recréer une nouvelle couche réactive d’oxyde ou autre couche solide sur laquelle l’adhésif choisi
adhérera fortement.
De plus le traitement de surface doit être relativement facile à réaliser, et surtout facile à contrôler, pour
vérifier son efficacité.
3
Collage des métaux – Collage structural
Avantages du collage :
- Allégement : la suppression des rivets, boulons et vis, l’utilisation de raidisseurs de tôles collés, et
l’adoption des panneaux-sandwichs ont permis d’abaisser la masse des structures des avions
d’environ 30 à 40 % à solidité égale.
- Possibilité d’assembler des matériaux différents : le collage permet d’élargir les possibilités de
conception de matériaux composites à tout assemblage de matériaux différents : par exemple,
d’assembler métal sur plastique ou composite, métal sur mousse isolante pour réaliser des
sandwichs, métal sur verre,… choses impossibles autrement. Le collage offre également la
possibilité d’assembler des métaux très difficiles à souder, tels que l’aluminium ou le titane.
- Assemblage de très petites pièces : le collage se révèle souvent la seule méthode possible pour
assembler de très petites pièces (micromécanique, microélectronique, bijouterie et horlogerie).
- Assemblage simplifié : pas de trous à percer pour les rivets ou vis, tolérances de surfaces plus larges,
pas d’épaulements, brides, clavettes ou goupilles en mécanique. Il faut cependant bien préparer les
surfaces avant collage. Les opérations d’assemblage peuvent également être automatisée : grâce aux
adhésifs à prise très rapide (cyanoacrylates, acryliques à deux composants, durcissement par les
rayons UV), l’ensemble de ces opérations ne dure que quelques minutes.
- Variation à volonté des propriétés des jonctions : les joints collés peuvent être souples ou rigides
(avec des propriétés anti- vibratoires, et donc insonorisantes), conducteurs ou isolants de la chaleur
ou de l’électricité, étanches,...
- Assemblages peu visibles : on ne voit pas la colle, et on peut obtenir des pièces à l’aspect lisse, sans
surépaisseurs, qui permettent un design plus léger, plus fin.
Inconvénients du collage :
- Les techniques de collage sont mal connues des industriels, ingénieurs, bureaux d’études,...
- Conception spécialement adaptée des pièces.
- Bonne préparation des surfaces des métaux (des surfaces planes, propres et traitées.
- Durabilité des collages plus faible que celle des assemblages mécaniques. Pour les adhésifs
époxydes, on peut espérer une durabilité de 30 à 50 ans ; avec d’autres adhésifs ordinaires (néoprène
ou autres élastomères, phénoliques, cyanoacrylates...) la durabilité ne sera que de 10 à 20 ans (de
l’ordre de celle de beaucoup d’objets usuels).
- Résistance à la chaleur limitée : les températures maximales d’utilisation varient de 70 à 120 °C
pour les colles classiques (époxydes ordinaires, cyanoacrylates) à 150 °C pour des époxydes
spéciales et à 300 °C (en continu) pour les adhésifs thermostables (polyimides et autres).
4
Collage des métaux - Comparaison avec les autres techniques d‘assemblages
La combinaison du collage avec un autre mode d’assemblage peut s’avérer utile, voire nécessaire, afin par
exemple :
- de maintenir les pièces à assembler en place pendant la prise de la colle ;
- d’offrir une meilleure résistance mécanique de l’assemblage aux sollicitations autres que le
cisaillement ;
- de protéger le joint collé contre certaines contraintes nuisibles (pelage, humidité).
a) Soudé-collé
5
Collage des métaux – Assemblages mixtes
b) Estampé-collé
On combine ici différentes techniques de formage des métaux
avec le collage : on réalise par exemple un « embouti » ou «
estampé/collé », éventuellement avec deux matériaux différents,
ofrant une très grande rigidité. Pour empêcher l’adhésif d’être
expulsé par la pression d’emboutissage, on utilise un film adhésif
époxyde d’épaisseur calibrée et constante.
c) Plié-collé, serti-collé
Les adhésifs proviennent essentiellement de la synthèse de polymères conduisant à des structures linéaires
(thermoplastiques) ou tridimensionnelles (élastomères et thermodurcissables). Les polymères
tridimensionnels sont insolubles quand ils sont complètement formés ou durcis. Il est possible d’obtenir
des polymères tridimensionnels à partir de certains polymères linéaires par des réactions de pontage ou de
réticulation (Ex : durcissement des résines époxydiques à l’aide de durcisseurs type amine).
Les adhésifs à base de résines synthétiques, les plus utilisés actuellement, sont de deux types :
- les adhésifs réactifs, dont le durcissement correspond à une réaction chimique, soit les résines
thermodurcissables (résines époxydiques, polyuréthanes, phénoliques, silicones, acryliques
anaérobies) + les cyanoacrylates (thermoplastiques). Ces adhésifs durcissent par réaction chimique
avec formation d’une structure bi- ou tri-dimensionnelle, et donc conduisent à une forte résistance
mécanique de l’assemblage (20 MPa et plus).
- adhésifs physiques, pour lesquels la « prise en masse » correspond à un changement d’état physique
résultant de l’évaporation d’un solvant ou de l’eau d’une émulsion aqueuse, ou bien de la
solidification : élastomères à base solvatée (caoutchouc naturel, caoutchouc butyl, silicones
thermoplastiques...), émulsions aqueuses (polymères vinyliques, acryliques...), polymères
thermofusibles (polyesters, copolymères EVA),... La cohésion de ces adhésifs est obtenue grâce aux
liaisons inter-chaînes et par macromolécules enchevêtrées, et donc ces polymères linéaires donnent
des matériaux à cohésion de valeur moyenne (jusqu’à 10 à 12 MPa en traction-cisaillement).
Ces deux classes ont leur importance industrielle mais souvent les résines thermodurcissables, qui
résistent à des mises sous charge significatives, sont considérées les seules aptes à servir d’adhésifs pour
les applications mécaniques fortes. On les qualifie d’adhésifs structuraux.
6
Collage des métaux – Différents types d‘adhésifs
7
Collage des métaux – Différents types d‘adhésifs
Sous forme liquide ou de films, ces adhésifs réticulent sous pression et à chaud (par exemple 5 min à
200°C), sans produits volatils de polycondensation. Ils présentent un haut niveau de résistance en
traction/cisaillement (30 à 50 MPa) et de rigidité (3 à 3.8 MPa), de bonnes caractéristiques en fluage
et aux températures élevées.
Ils sont incombustibles, libèrent peu de fumée et sont très employés dans les structures autoportantes
en bois et pour le collage des matériaux dérivés du bois. Modifiés par des élastomères ou des
thermoplastiques, ces résines phénoliques peuvent s’employer pour le collage des métaux ; c’est le
cas avec les phénoliques-nitriles (bonne résistance mécanique en cisaillement 25 à 38 MPa), les
phénoliques-néoprènes (bonne résistance aux basses températures) et les phénoliques-vinyliques
(bonne résistance mécanique et à l’humidité).
8
Adhérence
Adhésion / adhérence :
- adhésion = tout phénomène d'attraction de 2 corps qui ne met en jeu que les interactions
électromagnétiques (exclue l'attraction due à la force de gravité et aux forces nucléaires).
- adhérence = manifestation de la difficulté à séparer 2 corps. La force d'adhérence est la force
nécessaire à la rupture d'un assemblage.
Si un corps A et mis en contact avec un corps B, le lieu de rencontre est le joint ( collage : un matériau
entre A et B 2 joints).
Au niveau du joint, on a :
- l'interface : zone 2D qui sert de frontière entre A et B,
- l'interphase : zone où les propriétés physico-chimiques et mécaniques sont différentes de celle de A
et B.
9
Adhérence
Adhérence
Liaisons à l’interface :
10
Adhérence
L’énergie (ou tension) de surface correspond à l’énergie nécessaire pour rompre les interactions
interatomiques et/ou intermoléculaires existants entre deux pièces, afin de créer une nouvelle interface.
De façon générale, lorsque 2 solides sont en contact selon la surface S0, leur énergie est U = U0 + g12 S0.
Si on les sépare, leur énergie devient U = U0 + (g1 + g2) S0.
La séparation coûte donc une énergie Wad (appelée énergie d’adhésion de Dupré, ou travail
thermodynamique d’adhésion) telle que : Wad = g1 + g2 - g12
Lorsque les deux solides 1 et 2 sont identiques, on retrouve bien W = 2 g.
Adhérence
On définit donc le travail d’adhésion W à partir du type d’interactions entre les deux corps.
11
Caractérisation de l‘adhérence
Lors de tests d’adhérence, quel que soit le type de rupture (adhésive ou cohésive), les énergies mesurées
se révèlent très inférieures aux énergies évaluées en considérant le type d’interaction (et donc de liaisons
à rompre) entre les solides
Il existe des processus supplémentaires de dissipations de l’énergie, d’origine viscoélastique ou
plastique, dans une zone plus ou moins étendue au voisinage de l’interface. La mise en jeu de ces
mécanismes dépend de la nature des matériaux utilisés, de la force des liaisons entre les deux
surfaces et de leur capacité à transmettre les contraintes à travers l’interface.
Ex : lorsqu'on décolle un adhésif, on observe une déformation plastique importante en tête de fissure :
c'est ce qui dissipe de l'énergie et rend l'adhésif efficace.
La mesure de la résistance des interfaces est un véritable challenge comparé à la mesure de la résistance
de matériaux homogènes massifs ! ← dimensions des interfaces, et complexité des sollicitations
appliquées aux joints.
1) Quand les interfaces peuvent être réalisées par collage, on peut utiliser des méthodes dérivées de
celles employées couramment pour caractériser la rupture de matériaux homogènes.
≠ il faut cependant être attentif à prendre en compte les contraintes résiduelles amenées par le
collage, qui influencent fortement la résistance interfaciale.
2) Quand un des constituants est un film mince, le collage ne peut plus être envisagé, il y a alors très
peu de méthodes quantitatives pour mesure l'adhérence !
→ 2 approches sont possibles : - appliquer une force et mesurer le déplacement pendant la
fissuration à l'interface (classique)
- introduire des contraintes résiduelles dans le film et mesurer
l'avancée de la fissure due à ces contraintes
12
Les tests d‘adhérence
Essais de cisaillement : c’est le test de base pour la plupart des assemblages de supports rigides.
L’essai par cisaillement à simple recouvrement, sur des éprouvettes réalisées à partir de supports minces,
est le plus répandu pour l’évaluation d’un adhésif structural, car il est représentatif de conditions
habituelles de fonctionnement d’assemblages collés. C’est un essai simple à réaliser, mais difficile à
interpréter ← la sollicitation n’est pas du cisaillement « pur », mais comprend des efforts d’arrachement
(pelage), ± intenses selon la nature et l’épaisseur des supports.
13
Les tests d‘adhérence
Tests de clivage :
- DCB (Double Cantilever Beam) : adaptation de l’essai CT (Compact Traction), sous chargement
imposé, le début de fissuration et la propagation stable de la fissure sont caractérisés en terme de taux
de restitution d'énergie :
3
3 Es t s
G = Gi = d*
8 a4
avec d* = déplacement imposé pour propager la fissure
d'une longueur a
Une fissure peut être préalablement introduite à l'interface
entre les 2 couches, en déposant pour cela une fine couche
de carbone entre les deux matériaux lors du collage.
- Clivage en coin : variante du test DCB (à déplacement imposé), ce test consiste à insérer un coin
d’épaisseur donnée au sein d`un assemblage collé, par une extrémité qui n’est pas collée, jusqu’à ce
qu’une fissure soit créée dans le joint adhésif, en provoquant la flexion des matériaux. L’avantage du
test de clivage en coin réside dans le fait qu’une fois le coin positionné, aucune intervention n’est
nécessaire : la fissure se propage de manière stable, jusqu’à un éventuel arrêt (l’énergie utilisée pour
propager la fissure est prise sur l’énergie potentielle stockée dans les matériau en flexion).
14
Les tests d‘adhérence
15
Mesure de la résistance interfaciale de films minces
2) introduire des contraintes résiduelles dans le film par différents moyens et mesurer l'avancée de la
fissure due à ces contraintes : différentes méthodes suivant la ductilité du film et du substrat.
- si le substrat est ductile : les contraintes résiduelles peuvent être introduites en déformant le
substrat. L'avancée de fissures en surface des échantillons est mesurée par des techniques
optiques : interférométrie ou profilométrie.
2) introduire des contraintes résiduelles dans le film par différents moyens et mesurer l'avancée de la
fissure due à ces contraintes : différentes méthodes suivant la ductilité du film et du substrat.
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14/11/2018
INTRODUCTION A LA
TRIBOLOGIE
Sophie EVE
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14/11/2018
• Le frottement : phénomène qui tend à s'opposer au mouvement d'une surface en contact par
rapport à une autre (effort tangentiel en sens contraire au déplacement).
• Eventuellement l'adhérence
• les 2 corps principaux, soumis à des torseurs cinématiques (vitesse) et dynamiques (forces et
moments), limités aux couches superficielles, aux caractéristiques mal connues,
• l'interface (= "3ème corps"), soumis à des sollicitations mécaniques, thermiques et physico-chimiques,
• l'environnement, dont le rôle peut être déterminant dans le comportement du contact.
2
14/11/2018
• Charge (dynamique) de contact : ensemble des forces et moments auxquels est soumis le contact.
• Vitesse (cinématique) du contact : ensemble des vitesses et des moments cinétiques (C) appliqués au
contact.
Le déplacement pourra se faire par : - roulement,
-glissement,
- pivotement.
+ chocs.
3
14/11/2018
• Etat des surfaces : - état de surface micro-géométrique, qui va définir l’aire de contact réelle
(rugosité, microaspérités,…),
- état de surface physico-chimique : interactions moléculaires interfaciales et
forces de surface, d’où l’aptitude à l'adhésion et au glissement, la réactivité de
surface avec environnement,…
• Matériaux
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Aspects mécaniques et
thermiques du contact
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1) Action de contact sans frottement : liaison idéale ou parfaite = pas de résistance au déplacement des
2 solides
Actions de contact
2) Action de contact avec frottement : liaison affectée d'une résistance passive au déplacement = loi
d'AMONTON-COULOMB
la résultante R1/2 n'est pas portée par la normale au plan tangent commun : présence d’une composante
tangentielle qui s’oppose au déplacement.
n
R1/2
N1/2
T1/2 R1/2 = N1/2 + T1/2
O
P
6
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Actions de contact
a) la vitesse de glissement de S1 par rapport à S2 est nulle en O : la force de poussée n’est pas
suffisante pour amorcer le glissement.
T1/2 appartient au plan tangent en O à S1 et S2, sa direction est inconnue
Actions de contact
b) la vitesse de glissement de S1 par rapport à S2 est non nulle en O : la force de poussée T1/2 permet
d’amorcer le glissement. T1/2 appartient toujours au plan tangent en O à S1 et S2, mais cette fois sa
direction est connue (parallèle à v1/2).
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Actions de contact
Du point de vue de leur géométrie, les contacts peuvent être divisés en 2 grandes familles :
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Hypothèses de départ :
- 2 solides en contact dont les surfaces libres peuvent être décrites par des expressions du 2 nd degré de
type x² + y² + xy (éq d'une sphère),
- la force appliquée aux solides en contact s'exerce perpendiculairement au plan tangent commun,
- il n'y a pas de frottement entre les 2 solides,
- l'aire de contact après déformation est une portion de paraboloïde qui sera assimilée à sa projection
sur le plan tangent commun, ses dimensions étant négligeable par rapport aux rayons de courbure des
solides.
Lorsque la charge est appliquée, la déformation autour du point de contact crée une aire de contact sur
laquelle se répartit l'effort.
HERZT a démontré que : - est une ellipse de demi-axes a suivant OX et b suivant OY
- la répartition de la pression est ellipsoïdale.
X² Y² F
P (X,Y) = p0 1 avec p0 = 3 N
a ² b² 2 ab
2 r r 2 r r
1 2 1 2
1 i ²
avec ki = et ri = rayon de courbure du solide i en O
Ei
r1 = R, r2 = 0
et coef m = n = 1
Donc les 2 axes de l'ellipse de contact sont égaux
1/ 3
3
D’où l'aire de contact est un cercle de rayon : a = FN (k1 k 2 ) R
4
9
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- les points appartenant à la circonférence qui limite le cercle de contact (r=a) sont soumis à une
tension radiale = 0
1 2
r = - p0 = M
3
- à l’extérieur du cercle de contact (r>a), z = 0
et r et tendent vers 0.
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On a d’importantes modifications dans la répartition et l’intensité des contraintes en surface et dans les
couches superficielles.
zx =
moy = 1
avec moy =
FT
2 r² a ²
1
a²
L’application de FT entraîne un déplacement dx du centre des sphères et de tous les points situés loin de la
zone de contact.
2
dx = FT
4Ga
a²
dz = R
11
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2) L'effort tangentiel est suffisant pour déplacer l'un des solides FT > µ0 FN
- La contrainte xx de traction, symétrique, sur la circonférence limitant le cercle de contact, n'est plus
principale et devient dissymétrique : compression à l'avant du contact, traction à l'arrière où
r = 2µ p0.
- La cission max (TRESCA max = ½ (1 + 2)) et la cission octaèdrique (VON MISES o = 1/6 ((xx -
yy)² + (yy - zz)² + (zz - xx)² + xy² + yz² + zx²) augmentent en intensité et leur répartition est
modifiée.
La cission max atteint la surface à x = 0.3b pour µ = 0.27,
la cission octaédrique est maximale (o = 0.553 p0) au bord du contact pour x=-a et µ = 0.5.
Thermique du contact
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Thermique du contact
Energie dissipée dans le contact : énergie mécanique générée à l’interface d’un contact glissant = travail
de la force de frottement : Ed = FT d = µ FN v t,
Soit en terme de puissance : P = µ FN v,
En rapportant à l’unité d’aire : puissance spécifique PS = µ p v (W/mm²)
Thermique du contact
1) source stationnaire : on suppose que la chaleur est générée à l’interface de 2 solides de même
géométrie, et qu’il n’y a aucun échange thermique avec l’environnement. La chaleur diffuse donc à
partir de la surface est se répartie entre les solides.
La température atteinte après un temps t par un point P situé à une distance z de l’interface est :
2q t z² dt
(z, t) = e 4t t
rc 0
Soit pour z = 0, (0, t) = 2q t
rc
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Thermique du contact
1) source stationnaire :
Si on fait l’hypothèse classique que la température en surface des 2 solides est à la même en 2 points en
vis-à-vis, on retrouve la loi de VERNOTTE :
q1
1 r1 c1
q2 2 r2 c2
2µ p v t
Soit une température à l’interface donnée par : =
π ( λ1ρ1c1 λ2ρ2c2)
Thermique du contact
2) source mobile : on suppose 2 solides de géométrie différente en mouvement l’un par rapport à l’autre,
et que la source de chaleur est l’un de ces solides.
L’équilibre global ne peut être atteint pendant le passage de la source de chaleur, du fait que l’élévation
locale de chaleur peut être très supérieure à l’élévation moyenne de température volumique. Le calcul
de l’élévation thermique est donc ramené à un problème de transfert thermique dans lequel la chaleur
générée par friction est représentée par une source thermique mobile se déplaçant sur la surface.
Nombre de PECLET : interprété comme le rapport entre la vitesse de déplacement de la surface et le coef.
de diffusivité thermique dans le solide :
va
Pe =
2
- si Pe < 0.1, la source de chaleur peut être considérée comme fixe. La distribution de chaleur est
symétrique par rapport à l’axe passant par la demi-longueur du frotteur, et le problème est traité en
régime établi de conduction (cf avant) ;
- si 0.1 < Pe < 5, l’une des surfaces se déplace relativement lentement par rapport à l’autre. On
assimile ce problème à celui d’une source mobile, et, pour un contact carré :
= 0.946 qa et = 1.122 qa
moyenne
max
- si Pe > 5, la chaleur n’a pas le temps de diffuser sur une grande profondeur, c’est-à-dire que le flux
demeure près de la surface dans une très faible épaisseur. La température de ce petit volume
augmente très fortement, avec une température max à l’arrière du contact, avec, pour un contact carré
moyenne = 1.064 q a max = 1.6 q a
v v
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Frottement
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Lois de frottement
Les lois de base du frottement ont été énoncées par Léonard de Vinci, Amonton et Coulomb :
- la force de frottement est proportionnelle à la charge normale,
- la force de frottement est indépendante de la vitesse de glissement,
- la force de frottement est indépendante de l’aire apparente du contact.
Avec µpot = terme potentiel relié à l'effort nécessaire pour franchir les aspérités,
µadh = terme d'adhésion qui exprime la force nécessaire pour rompre les liaisons qui ont pou s'établir
entre les sommets des aspérités en contact,
µdef = terme de déformation qui exprime l'effort nécessaire à la déformation du matériau le plus mou
par les aspérités du matériau le plus dur, et la perte d'énergie qui en résulte.
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Facteurs de frottement
1) Frottement des métaux : dépend beaucoup des conditions dans lesquelles s’effectue le contact.
Facteurs de frottement
2) Frottement des céramiques : souvent utilisées sous forme de revêtement par déposition thermique
(dépôts généralement épais) ou sous forme gazeuse (dépôts minces)
= carbures, nitrures, borures, oxydes (purs ou mixtes), silicures, verres
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Facteurs de frottement
3) Frottement des polymères = résines phénoliques, PE, PP, résines acétates ou acryliques,
fluorocarbures, PA.
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Usure
Le frottement est la cause principale de l’usure qui entraîne les effets suivants :
⁃ altération dimensionnelle des pièces
⁃ augmentation des jeux de fonctionnement
⁃ dégradation des caractéristiques superficielles
DV
C
B
A
O Temps
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- Adhésion : établissement de liaisons interfaciales entre les surfaces en contact, qui se manifeste
généralement par un transfert de matière d’une surface à l’autre, et peut produire un grippage
épidermique, voire la soudure des composants.
- Abrasion : due à l’action de particules dures libres ou liées à une des surfaces (aspérités), qui
vont agresser la surface par action e coupe ou de déformation.
- Erosion : provoquée par l’action de particules solides, liquides ou de vapeur animées par un fluide, et
qui viennent frapper les surfaces solides. Les contraintes développées lors de l’impact peuvent extraire
des particules de matière de la surface.
La cavitation est un cas particulier d’usure érosive, il s’agit d’une usure générée par l’implosion
de bulles de vapeur au voisinage de la surface.
- Déformation : provoquée par une sur-contrainte locale pouvant amener à dépasser la limite élastique,
et à la plastification de la surface.
- Fatigue de contact : se manifeste lorsque les couches superficielles des composants sont soumises
à des contraintes répétées ou alternées qui conduisent à l’amorçage de fissures
(sollicitations mécaniques ou thermiques). Des piqûres, fissures, écaillages et des
modifications structurales apparaissent alors.
Un cas particulier est la fatigue ou l’usure à petits débattements = fretting-fatigue ou fretting-usure.
- Usure tribochimique = tribocorrosion : pour un contact fonctionnant en environnement corrosif.
L’énergie dissipée dans le contact peut alors activée des phénomènes de corrosion et accélérer la
dégradation des surfaces.
Usure adhésive
L’usure adhésive se caractérise par des jonctions interfaciales qui s’établissent entre les aspérités des
surfaces en contact. Ces aspérités sont soumises à des contraintes locales élevées, elles subissent donc une
déformation élastique et plastique, qui rapproche les atomes et crée des liaisons interfaciales.
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Usure adhésive
Tourillon portant d’importantes traces d'usure, Pignon endommagé d'une boîte de vitesses de
en particulier d'usure adhésive avec des traces motocyclette - les surcharges appliquées sur la denture
d'arrachements caractéristiques ont fini par causer la rupture de plusieurs dents. Usure
adhésive avec arrachements et traces de grippage.
Dans l’usure adhésive, de la matière d'une pièce est transférée sur l'autre pendant le mouvement par
formation de liaisons forte en phase solide. L’usure adhésive est observée pour des métaux mutuellement
solubles, qui forment alors des liaisons par soudage ou par diffusion (« brasage »). Elle apparaît soit
progressivement si les matériaux sont adaptés, ou si non brutalement, conduisant à un grippage
épidermique, qui est la conséquence extrême du frottement (soudure totale des deux pièces).
L’usure adhésive est observée dans les contacts métal/métal secs, en cas de lubrification insuffisante ou
défaillante, ou encore lors de phénomènes transitoires (phases de démarrage, surcharges
occasionnelles,,…),…
Usure adhésive
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Usure adhésive
E 3/ 2
Index d'adhésion : = avec Wad = 1 + 2 + 12
Wad R1/ 2
KWL
Modélisation de l'usure adhésive (formule d’ARCHARD) : DV =
H
Avec DV = perte de matière résultant de l'usure, exprimée en variation de volume
L = distance parcourue
W = charge appliquée
H = dureté du matériau le plus mou (par indentation)
K = coefficient d'usure (sans dimension, lié à la probabilité qu'une aspérité en contact produise une
particule d'usure)
Usure adhésive
En termes de conception, on essaiera de limiter la pression et la vitesse pour éviter les déformations
plastiques locales et les échauffements, on favorisera l’évacuation de l’énergie dissipée dans le contact, et
on veillera à ce que la plus grande surface soit dure et lisse.
En termes de matériaux, on évitera les contacts direct métal/métal à sec, ou on choisira des couples de
matériaux n'offrant aucune possibilité de formation de liaisons résistantes (utiliser préférentiellement 2
matériaux différents).
L'utilisation de métaux de duretés trop voisines augmente l'aire de contact et les risques de grippage. Une
haute limite d'élasticité, une différence de dureté d'au moins 100 HV et des structures différentes limitent
les risques d'adhésion.
Les matériaux possédant une bonne conductivité thermique, une aptitude naturelle à former des films
réactionnels, et une structure cristalline hexagonale, résistent mieux à l’usure adhésive.
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Usure adhésive
Pour les métaux ferreux, les structures martensitiques, perlitiques ou bainitiques conviennent mieux que
les structures ferritiques ou austénitiques. Les traitements thermiques de durcissement sont
favorables (trempe, cémentation, nitruration,...).
On peut également métalliser les pièces (coussinets minces de métaux mous déposés sur un support dur),
en se méfiant de la fragilisation par l'hydrogène lors des dépôts électrolytiques
Usure abrasive
Il s’agit d’un déplacement de matière produit par des particules ou des protubérances dures qui glissent
contre la surface d'un solide.
On distingue : - l'abrasion à 2 corps = par un abrasif lié, c'est-à-dire que l'abrasif appartient à la surface
d'un des solides,
- l'abrasion à 3 corps = par un abrasif libre, c'est-à-dire des particules enserrées entre les 2
surfaces en contact.
L‘usure abrasive est une dégradation typique des systèmes télescopiques : tiges de vérins, broches de
machines-outils, certains paliers ...
Tourillon portant des stries typique d‘une usure Usure abrasive à trois corps nettement plus
par abrasion. L'arbre tournait dans un sévère, au niveau d'un joint d'étanchéité qui a
coussinet moins dur que lui, il s'agit donc d'une provoqué un point d'accumulation de débris
usure abrasive à trois corps. abrasifs.
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Usure abrasive
Le déplacement de matière se fait : - par cisaillement = par effet de coupe, avec formation de copeaux
- par déformation plastique
Modélisation de l'usure abrasive (la formule d’ARCHARD s’applique aussi a l’usure abrasive) :
KWL
DV =
H
Usure abrasive
Pour les métaux ferreux, on privilégie les structures martensitiques ou les alliages contenant un fort
pourcentage de phases dures (carbures ou nitrures), ainsi que les fontes et les aciers spéciaux, avec du
chrome augmentant la résistance à la corrosion. Les structures à gros grains de type austénite résistent
mieux à l'effet de coupe, les structures fines sont plus favorables pour limiter les effets de déformation.
Par ordre de résistance décroissante : fonte blanche traitée (type nitruration), fonte blanche à haute teneur
en chrome, aciers Hadfield (aciers austénitiques formant une couche martensitique dure par écrouissage),
aciers martensitiques, aciers bainitiques.
Certains polymères résistent bien à l'abrasion, car ils absorbent beaucoup d'énergie avant de se fragmenter.
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Usure érosive
L'érosion est une usure abrasive particulière, causée par des impacts de particules solides contenues dans
un fluide en mouvement ou par des particules liquides en milieu gazeux.
L'érosion diffère de l'abrasion car elle est corrélée avec l'énergie cinétique des particules qui créent des
petits cratères par déformation plastique du matériau sous l'effet du cisaillement. La perte de matière
résulte de la coupe ou des déformations alternées des aspérités formées par les impacts successifs.
Usure érosive
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Usure érosive
- Si l’angle d’impact est grand, l'usure est due à la déformation des surfaces et la résistance est liée à la
quantité d'énergie absorbée avant fissuration : un matériau moins dur mais plus tenace peut fort bien
résister.
En érosion par impact comme en abrasion sous faibles contraintes, l'emploi de revêtements
polymères souples ou d’élastomères est possible.
Cas particulier : l'érosion par cavitation : usure produite par l'implosion de bulles de vapeur ou de gaz
près d'une paroi immergée dans un fluide en mouvement (hélices de bateau, aubes de turbines, pompes,
moteurs, ainsi que certains mécanismes lubrifiés : coussinets de moteurs ou engrenages,…).
C'est la cavitation que l'on entend lorsque l'eau « chante » dans une bouilloire.
Les implosions provoquent des pointes de contraintes et de températures dues à l'impact du liquide sur
la paroi et aux ondes de choc, avec un DP > 100 MPa et une > 1 Hz.
La répétition de ce phénomène une fissuration intergranulaire, et au détachement de particules de matière.
Des trous, à peu près hémisphériques, correspondant à de petites piqûres, qui se rassemblent en cavités,
apparaissent hors de la zone frottante ou à sa limite, puis s'étendent progressivement à l'ensemble de la
surface. La destruction, souvent catastrophique, est très rapide et très bruyante.
Usure par cavitation d'une turbine Francis. La roue avait Pompe centrifuge a été entièrement rongée par la cavitation.
auparavant été rechargée par des apports d'acier inoxydable En périphérie, le métal très aminci est dangereusement coupant
qui correspondent aux zones claires de la photographie.
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Un matériau résistant à la cavitation présente une bonne capacité d'amortir les ondes de choc, donc une
résilience, mais aussi une charge de rupture, une limite d'élasticité, et une limite de fatigue élevées. Les
matériaux ductile et à grain fin présente une bonne résistance à la cavitation.
De plus, étant placé au contact d’un fluide, sa résistance dépend aussi de sa tenue à la corrosion.
Les stellites, alliages de Co-Cr, contenant de faibles quantités de Ni, W et C), ainsi que certains
polyuréthanes, sont particulièrement adaptés.
L’amélioration de l'état de surfaces des pièces (en limitant les sites d’amorçage de piqures et de fissures),
et l’introduction de contraintes résiduelles de compression (traitement mécaniques de surface, ou de
diffusion, type nitruration), sont également favorables.
En termes de conception, on cherchera à améliorer le tracé des pièces pour éviter autant que possible les
dépressions.
Des surfaces présentant un bon compromis entre la dureté et l'allongement à la rupture, l’introduction
de contraintes de compression par traitement de surface, ainsi qu’une bonne résistance à l'oxydation,
aident à prévenir cet endommagement.
Fatigue thermique sur des outils de travail à chaud Fatigue thermique sur des outils de moulage par gravité à chaud
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2) Fatigue d'origine mécanique : induite par le frottement de roulement ou de roulement avec glissement
sous fortes charges répétées, on la rencontre essentiellement dans les contacts de type herztiens des
systèmes de transmission d'énergie ou d'efforts (engrenages, cames / poussoirs,…), ou de guidage
(roulements, contacts roue / rail,…), où elle constitue le mode normal de destruction .
L'usure par fatigue est lente et habituellement masquée par l'abrasion ou l'adhésion. Une longue phase
de vieillissement précède les accidents visibles. Une pièce peut être atteinte irrémédiablement tout en
gardant jusqu'au dernier moment une apparence intacte. Il existe cependant un certain nombre de
manifestations extérieures qui permettent, dans certains cas, un suivi des pièces en service.
- si la contrainte reste < aux valeurs critiques de plasticité, la répétition de chocs sur des volumes
réduits de matière conduit à une fatigue plus superficielle. On a alors des modifications
microstructurales et l'apparition de fissures qui s'amorcent en sous-couche ou en surface, en des
sites par toujours faciles à prévoir. Ces endommagements conduisent à des piqûres (fatigue
superficielle par écrouissage) et un écaillage de la pièce.
Evolution :
1) Phase d'incubation : pendant laquelle apparaissent des modifications microstructurales,
principalement dans les alliages ou les matériaux multiphasés dans lesquels les phases les – stables
auront tendance à se transformer. Ces modifications sont accélérées par la présence d'inclusions
dures, provoquant des sur-contraintes locales.
2) Fatigue superficielle par écrouissage : il s’agit d’un endommagement typique des engrenages.
Après disparition des marques d'usinage, de petites piqûres se forment, alignées le long des
aspérités initiales. Des fissures se développent perpendiculairement à la direction du glissement, et
des micro-écailles, de quelques µm de profondeur, sont émises.
3) Fatigue profonde et écaillage : on a en surface une émission brutale de particules de quelques mm²,
sur des la profondeur de quelques 10µm. L'usure s'étend par le bord des zones écaillées,
découvrant progressivement les sous-couches d'aspect poli. On a également apparition de défauts
profonds au niveau des zones de cission maximale herztiennes à des profondeurs de 10µm à 1 mm.
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Facteur de frottement dynamique : si < 2, des contacts locaux peuvent avoir lieu et générer des
phénomènes de fatigue par contact.
On utilisera des matériaux avec aussi peu de défauts que possible (ex: aciers dégazés ou refondus sous
vide dont sont faits aujourd'hui les roulements). On choisira des traitements augmentant la dureté et
engendrant des contraintes résiduelles de compression (nitruration, cémentation, trempe
superficielle,…), en s’assurant que la profondeur traitée dépasse le point de plus fort cisaillement (si
non, le remède peut être pire que le mal).
L’utilisation de lubrifiants, à base d’huile minérale (paraffine) est à manier avec précaution en fonction
des additifs associés (certains produits chlorés ou phosphorés engendrent un phénomène proche de la
corrosion à partir d'une certaine concentration, pour les produits soufrés il y a combinaison avec le
matériau). De plus la présence d'huile a un effet bénéfique sur la propagation des fissures en réduisant
la variation des contraintes, mais peut aussi accélérer cette propagation à cause d’une ouverture des
fissures par pression hydraulique, ou d’eau dissoute entraînant une fragilisation par l'hydrogène.
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Cette forme d'usure, conséquence d'un mouvement de frottement continu en milieu corrosif, est propre à
des mécanismes ou assemblages soumis à de petits déplacements tangentiels rapides ou à des vibrations
sous forte charge.
La corrosion de contact s'attaque particulièrement aux pièces de haute qualité : moteurs d'avions,
clavetages et cannelures, manchonnages et emmanchements, roulements, mors de machines de fatigue,
portées de culasse sur bâtis de moteurs, lames de ressorts... Elle touche aussi les assemblages dans lesquels
on note un jeu : têtes de rivets, voisinage des points de soudure, liaisons boulonnées ...
Les surfaces commencent généralement par se colorer, puis elles se creusent de cavités remplies des débris
émis. On observe aussi, très souvent, des criques de fatigue.
Le phénomène est commun, mais difficile à éviter. En atmosphère oxydante, l'usure augmente de façon
quasi exponentielle avec le nombre de cycles : peu de processus sont aussi destructeurs. Une fois qu'elle
est amorcée, on ne peut que retarder la destruction par des apports massifs de lubrifiants.
Bague de roulement montrant des signes d’usure par corrosion de Tribocorrosion d’une pièce en acier
contact (zones oxydées : taches noirâtres ou rougeâtres), causée par la
rupture de la bague, qui a entraîné de petits mouvements sur le tourillon.
Ex : la tribooxydation du fer est due à l’oxydation de débris métalliques de petites tailles formés lors du
contact direct avec des aspérités.
Lors de réactions chimiques superficielles des métaux avec l'oxygène, il se forme une couche d'oxyde qui
limite l'ampleur du contact métallique (si elle est suffisamment adhérente et résistante pour supporter la
sollicitation mécanique).
Si non, la couche protectrice peut se fragmenter et se détruire sous l'action de la contrainte
mécanique ou par fatigue superficielle. On a donc production de débris, ce qui va être bénéfique si ces
composés sont ductiles et lubrifiants (ex : FeO), ou préjudiciable si ils sont durs et abrasifs (ex : Fe2O3 ou
Fe3O4).
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Pour la corrosion : une lubrification par des huiles ou graisses contribue à réduire le frottement, tout en
excluant l'oxygène de l'interface, tout comme l’emploi de joints permettant d'absorber les vibrations et
d'exclure l'oxygène et/ou l'humidité. Les revêtements de métaux mous et nobles (Cu, Ag, Au, Ni, Mo) ou
des revêtements plastiques (PTFE) sont possibles.
Pour la résistance au frottement, une augmentation de la dureté de deux surface en contact (structures
martensitiques, traitements de durcissement superficiel (nitruration, grenaillage) et oxydation anodique
pour l’Al) est parfois favorable.
En termes de conception du contact, une diminution des charges peut diminuer le frottement dans certains
cas ; dans d'autres, au contraire, on cherchera à augmenter les charges pour atténuer les vibrations.
Une modification de l'amplitude du mouvement relatif entre les deux surfaces en contact, en diminuant les
petits mouvements alternés (remplacement du glissement par le roulement ou par des liaisons élastiques,
augmentation du jeu, tracé de pièces courtes et rigides,…) est à envisager.
Parmi les solutions éprouvées on note le frottement fonte sur fonte (le graphite assurant une bonne
protection), les revêtements de phosphate ou de lubrifiants solides (bisulfure de molybdène dans la graisse
graphitée), ou l'acier laminé à froid sur lui-même.
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Matériaux de friction
Traitements et revêtements
de surface
Lubrification solide
Le choix d'un matériau de frottement est un problème d'optimisation de l'équilibre entre des qualités
souvent contradictoires :
• propriétés mécaniques : dureté, limite d'élasticité, résistance à la compression, au fluage, à
la fatigue, résilience, aptitude au vieillissement, amortissement des vibrations et des chocs,
• propriétés physico-chimiques : masse volumique, température limite d'utilisation, coefficient de
dilatation, conductivité thermique, conductivité électrique, résistance à l'oxydation et à la corrosion,
mouillabilité par les lubrifiants, aptitude aux traitements, reprise d'humidité,
• propriétés anti-usure : facilité du rodage, résistance à l'abrasion, à l'adhésion et au grippage, à la
corrosion de contact, à l'érosion et à la cavitation, à la corrosion par les lubrifiants,
• propriétés techniques : facilité de mise en œuvre, conformabilité, absorption de particules abrasives,
auto-réparation par comblement des rayures, dureté minimale de l'antagoniste, comportement en
cas de lubrification déficiente ou d'incident, comportement face à l'augmentation du jeu, facilité de
réparation ou d'échange, aptitude au soudage sur un support,
• propriétés d'environnement : caractéristiques du milieu, moyens et possibilités de lubrification,
problèmes de pollution ou contamination,
• propriétés « socio-économiques » : coût de revient, disponibilité sous des formes diverses, facilité
d'approvisionnement, dépendance des fournisseurs, évolution prévisible des techniques, ...
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Le choix judicieux de matériaux de frottement doit tenir compte de facteurs très divers :
• la sécurité de fonctionnement, qui est primordiale
• la durée de fonctionnement sans intervention
• la facilité de remplacement des pièces d'usure et de réparation
• le mode de lubrification
• l’environnement
• le coût de revient (achat, montage, rodage, entretien, etc.)
Il faut aussi se méfier des idées reçues, par exemple confondre dureté et résistance à l'usure. En fait les
matériaux durs sont toujours plus ou moins fragiles (céramiques, polymères, composites) et leur utilisation
en frottement est contrariée par leur tendance à la fissuration. La dureté est donc loin d'être le seul critère
intéressant et en outre, on risque des erreurs importantes en voulant la déduire de la limite d'élasticité.
Au contraire, le plomb qui paraît sans intérêt (il est mou, se coupe aisément, laisse des traces) possède de
précieuses qualités : bas module d'élasticité, absence de fragilité, température de fusion modérée,
excellente malléabilité, parfaite mouillabilité par l'huile, facilité de dépôt sur des surfaces dures, libération
d'oxydes non abrasifs, au contraire de ceux de l'étain. De même, le chrome et le soufre (dans le cadre de
traitements), sont très couramment utilisés dans des configurations de contact.
Il faut signaler que plusieurs matériaux dotés de propriétés tribologiques très intéressantes sont désormais
interdits ou en passe de l'être, en raison de leur toxicité pour l'homme ou des risques qu'ils font courir à
l'environnement. Parmi ces matériaux, on peut citer l’amiante, le cadmium, et le plomb...
Un certain nombre d’indices permettent d’évaluer l’importance des risques encourus à partir des
conditions de fonctionnement du contact :
- les indices d’adhésion et de plasticité, pour les risques d’adhésion ou de déformation des contacts
surfaciques, et les déformations locales des contacts concentrés :
E 3/ 2 FN 1 / 2
= =
Wad R1/ 2 H R 1/ 2
- les critères de fatigue, pour la position des sites d’amorçage de fissures (analyse des facteur
d’intensité de contraintes K) et une évaluation approximative du nombre de cycles admissibles
(courbes S-N de WÖHLER et loi de propagation), à partir des champs de contraintes se
développant dans le contact et du comportement des matériaux
- l’épaisseur relative du film de lubrifiant pour un contact lubrifié, donnant un ordre de grandeur
du facteur de frottement, permettant de déterminer l’éventualité de tel ou tel régime d’usure :
hmin
=
Rq1 Rq 2
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Limiter l‘usure
Il existe certaines règles de conception fondamentales pour limiter l’usure dans un contact :
• éviter le contact direct des pièces en mouvement relatif,
• conditionner les surfaces des pièces d’un contact pour résister aux contraintes associées,
• refroidir les pièces (éliminer les calories),
• éviter les phénomènes connexes tels que la corrosion, la cavitation, l'érosion,…
Soit :
- choisir des métaux qui soient compatibles, ainsi éventuellement que leurs oxydes (éviter la ferrite et
l'austénite), introduire dans l'acier un métalloïde ou un métal de transition (C, S, N, P, Sn,), créer des
contraintes résiduelles de compression,
- optimiser la rugosité des pièces : le polissage des surfaces diminue les pressions, accélère le rodage, et
rend les films d'oxydes plus homogènes et plus solides. Mais trop de poli nuit à l'alimentation des
films lubrifiants,
- séparer les pièces par un lubrifiant en couche épaisse, ou un lubrifiant solide (graphite et MoS2),
- optimiser la conception du contact : la surface la plus grande s'use le plus et le plus vite, la plus petite
s'écrouit davantage et devient plus dure, ce qui augmente la solidité des films d'oxydes adsorbés et
diminue l’aptitude au grippage ≠ augmente les pressions hertziennes et la fatigue des couches
profondes,
- refroidir prioritairement le corps qui reçoit le plus de chaleur dans le contact (= celui qui possède
l’effusivité √cr la plus grande).
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Matériaux de friction
a) Aciers : les aciers créent aisément des solutions solides à sec, deux pièces d'acier non traité grippent
quasi immédiatement.
- structure : fines (perlite, bainite, martensite et ses revenus) préférables aux structures homogènes à
gros grains (ferrite et austénite, d’autant plus qu’elle contient souvent des res de
traction favorables à l’usure)
- état d’oxydation : un film d’oxyde présent et adhérent (Voxyde / Vmétal > 1), pas trop épais (sinon
risque d’abrasion), facilement cisaillable, et aux propriétés similaires au
matériau de base, améliorent la résistance à l’usure
ex : oxyde de Cr (pour utilisation haute T) et de Ni
- des éléments addition tels que C, Cr, V, Nb, Mo, W qui améliorent la résistance à l’usure.
- dureté : suffisante pour éviter la rupture des films d’oxyde et les déformations locales
> 550 HV pour 2 surfaces acier en glissement sec
Roulement à bas frottement pour ascenseur en acier inox 6207 Paliers de butée en acier au chrome
Matériaux de friction
Aciers les plus couramment utilisés en frottement: XC18f, XC38f, XC80, 18CD4 cémenté et trempé,
35CD4, 100C6 trempés, 30 CAD 6-12 nitruré (plus grande dureté)
Aciers inoxydables : à chaud ou dans des ambiances corrosives, marines ou alimentaires, les aciers
martensitiques (Z100C17) ou austénitiques (Z8CNDT18-12) sont utilisables malgré les risques de
grippage. Autant que possible, les zones frottantes doivent alors être revêtues de chrome dur.
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Matériaux de friction
b) Fontes de frottement : intéressantes propriétés de frottement à condition qu'elle soit correctement usinée
et non écrouie en surface, avec un coût de revient très bas.
Matériaux de friction
c) Cuivre et ses alliages : largement utilisé dans la réalisation de pièces flottantes qui conjuguent le
glissement et la conductivité électrique et/ou thermique
Les alliages Cu/Al ou Cu/Si réduisent les frottements. L’association du Cu et du W (non miscibles, ils ne
constituent pas un alliage mais une sorte de « matériau composite » comportant jusqu'à 20 % de W)
améliore très fortement la résistance à l'usure.
Les bronzes (alliages Cu/Sn) : l’ajout de Sn, de 6 à 15% de Sn, ↑ la dureté, et donc la résistance à l’usure
des bronzes ( la conductivité thermique ↓ très vite quand la proportion de Sn ↑).
Pour une même teneur en Sn, les structures grossières obtenues en moulage au sable s'usent moins que
celles, plus fines, obtenues en moules métalliques (coquilles).
L’ajout de Pb, P ou Mn ↓ l’aptitude au grippage ( l'ajout de Pb affaiblit le matériau).
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Matériaux de friction
d) « Métaux blanc » = alliages « antifriction » à bas point de fusion (Sn ou Pb), relativement mous, utilisés
en couches épaisses (soudées) de plusieurs mm sur des pièces massives en bronze,
fonte ou acier.
Les alliages antifriction sont très malléables, permettant une meilleur répartition de la charge et
l'incrustation de débris abrasifs, ainsi qu’une bonne conformité de surface (s'adaptent aux défauts
d'alignement et aux déformations), tout en étant suffisamment durs et résistants en compression (ce qui est
antagoniste ! ils restent sensibles au fluage et à l'abrasion). La structure idéale serait une matrice molle
enrobant des grains durs.
Ils ont également une bonne capacité de charge dynamique, une bonne résistance à la fatigue, à la
corrosion et au grippage (très faible compatibilité métallurgique), une bonne conductivité thermique, et
sont bien mouillés par les lubrifiants.
On les utilise dans un rôle sacrificiel : on amène le film à rupture ou à fusion, pour éviter
l'endommagement de la surface antagoniste. On peut facilement recharger les pièces usées ou détériorées.
Matériaux de friction
- Les alliages à base d’Al, très économiques, sont très répandus dans l'industrie automobile, depuis qu'on
sait les souder sur l'acier (sous forme de feuillards pour les coussinets roulés, sous forme massive sur les
carters). Leur dureté et leur capacité de charge élevée sur les aciers impose que ces derniers soient
traités, voire cémentés ou nitrurés. Ils ont une excellente conductivité thermique, et leur basse limite
d'élasticité leur permet d'absorber les particules étrangères. Ils ne doivent pas contenir de silicium libre,
très dur et qui raye les pièces antagonistes !
- Les alliages de Ti sont irremplaçables pour certains problèmes de corrosion ou de température élevée.
- Le Cd (en association avec le Ni (1,35 % (Arsarcalloy) à 3%) ou le Cu (3%), était très employé comme
base d'alliages antifriction lorsque son prix très inférieur à celui de l'étain (actuellement c'est tout le
contraire), pour sa très bonne adhèrence sur l'acier, le bronze et le laiton
≠ il est très toxique !
- Les antifrictions à base d’Ag (allié au Cd, ou mieux au Pb ou Sb) résistent bien au grippage et possède
alors une capacité de charge supérieure à celle du cupro-plomb (très employés aux USA sur des moteurs
d'avions et de chars sous forme de coussinets d'acier plaqués par coulée et laminage).
- Les antifrictions à base de Zn (Zn-Al-Cu et Zn-Al, en particulier, connus sous le nom de Zamak) ont été
peu à peu abandonnées, d’autant plus que ceux qui contiennent de l’Al ne se soudent pas sur l'acier. De
densité < de 30 % à celle des bronzes, ils possèdent une meilleure conductivité thermique et un coût de
revient beaucoup plus faible.
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Matériaux de friction
f) Céramiques : les céramiques sont utilisées comme matériau de frottement de part leur grande dureté
(bonne résistance à l’usure et à l’abrasion), leur bonne tenue en température et leur inertie
chimique.
On les trouve sous forme de placages ou de blocs, ou encore sous forme de mélanges comme les cermets
(renforts céramiques dans une matrice métallique) pour réduire les frottements entre les pièces
mécaniques : joints à glace de robinets mélangeurs, systèmes d'étanchéité sur fours de calcination, joints et
paliers pour l'industrie chimique, prothèses articulaires. Elle sont aussi utilisées comme surface
antagoniste d'autres matériaux pour lutter contre l'usure : outils, filières, guide-fils, appareils de sablage,
pistons ou têtes de pistons automobiles, butées, coussinets, ...
Les céramiques évacuent mal la chaleur, et ont donc une faible aptitude au frottement sec : on les
utilisera de préférence en présence de lubrifiants ou fluide polaire (milieu humide à haute et basse T).
Les céramiques sont très sensible aux chocs mécaniques et thermiques fracturation en particulier lors
de glissement à grande vitesse (création de points chauds transitoires)
Disque de frein en carbone-céramique Roulement à bille en céramique Pièces de roulement en composite Si3N4
Matériaux de friction
g) Polymères : utilisés dans la réalisation de très nombreux composants, sous forme de matériaux purs
massifs, de composites chargés de poudres, de tissus de frottement ...
Leur bonne aptitude au frottement (basse Esuperficielle, d’où des propriétés antiadhésives et un faible facteur
de frottement (µ 0,25), leur bas module élastique (permet d'amortir les chocs et les vibrations (
silencieux), et facilite l'accommodation des surfaces), leur bonne résistance à la corrosion et au fretting, et
leur faible masse volumique (réduit l'inertie et la masse des assemblages), font qu’ils sont très utilisés
dans les configurations de contact.
De plus, les polymères sont faciles à remettre en œuvre, ont un faible coût, et ne nécessitent quasiment
aucune opération de maintenance.
Leur faible dureté les rend sensibles à l’abrasion, et leur résistance mécanique modeste interdit de leur
appliquer des charges importantes. De plus, les polymères présentent des risques élevés de variation
dimensionnelles avec la température et l'humidité, et leur frottement génère des charges électrostatiques
(évacuées par addition de métaux).
+ leur comportement est fortement dépendant de la température : température de transition vitreuse (Tg) et
température de fusion (Tf):
T < Tg : matériau vitreux et dur : utilisation en tant que matériaux structuraux ou palier
T > Tg : matériau relativement mou : utilisation en tant que joints d’étanchéité ou adhésifs
Tf : conditionne la température d’utilisation max = 350°C pour les plus résistants (polyimides)
on peut faciliter l'évacuation de l'énergie généré dans contact, surtout en cas de grande vitesse
de glissement par l’addition de fibres ou de charges pulvérulantes conductrices (ex: fibres de
C, particules de graphite, bronze, Pb, Ag)
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Matériaux de friction
g) Polymères :
Les thermoplastiques utilisables sont très variés : PTFE, PEhd, polyacétates, PA, PC, polyoxyde de
phénylène, polyphénylène sulfure, polyaryl sulfone, poly(amide-imide), ...
Parmi les thermodurcissables on trouve : résines phénoliques, polyesters, résines époxydes, silicones,
polyimides ...
Les polymères sont rarement utilisés purs, mais avec des charges appropriées, pour réduire leur
frottement, améliorer leurs propriétés thermiques et les caractéristiques mécaniques,…
- PTFE (Teflon, marque déposée Du Pont de Nemours) : il peut être utilisé à sec jusqu'à 250°C. Son
coefficient de frottement peut descendre jusqu'à quelques centièmes si la vitesse de glissement est faible
(avec des charges à base de MoS2 ou de polyimides, sur des pièces chromées ou en PVC, on peut
atteindre des coefs de frottement de 0,008). Cependant, l'inconvénient majeur du PTFE est son
important fluage sous charge.
- Nylon (PA6-6) : utilisé pour réaliser de petits coussinets et des plaques de glissement, le nylon est
relativement peu coûteux mais présente l'inconvénient d'une reprise d'humidité qui entraîne une
dilatation importante. On peut l'utiliser sous forme de pièces moulées, souvent réalisées en très grande
série, mais aussi le mettre en forme par usinage.
- Rilsan (PA11) : sa vitesse d'usure diminue de 250 fois lorsqu'il est chargé de fibres de verre. Chargé de
bronze, il évacue bien mieux la chaleur.
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Les couches supérieures des composants mécaniques sont soumises à des contraintes plus importantes que
le cœurs des pièces
≠ les propriétés exigées pour ces couches demanderaient des matériaux d’un cout trop élevé, ou de mise
en œuvre difficile
TRS = conférer aux couches superficielles des propriétés mieux adaptées aux différents types de
sollicitation, tout en gardant pour le reste de la pièce des matériaux aux propriétés moins élevées,
moins chers et plus faciles à mettre en œuvre
On dispose alors d’un éventail important de techniques permettant de pallier à des problèmes tels que :
- un accroissement de la tenue mécanique et de la résistance à la fatigue
- une réduction du frottement
- une amélioration de la résistance aux différents modes d’usure
- des modifications des propriétés thermiques, électriques, magnétiques, chimiques,…
Revêtements de surface
1) Revêtements de surface : substituer à la surface initiale d’un composant, une surface ayant des
propriétés plus performantes pour résister aux agressions imposées au cours
du fonctionnement du composant
Une attention toute particulière doit être protée à l’adhérence revêtement / substrat, qui conditionne le
maintien et la longévité du revêtement
Préparation des surfaces = dégraissage, décapage (retrait des couches adhérentes telles que les
oxydes ou les peintures), création d’une couche d’accrochage (mécanique
ou chimique) si besoin, lavage, séchage,…
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Revêtements de surface
1) Revêtements de surface :
Les solutions aux problèmes de frottement passent souvent par des dépôts mous ou au contraire très durs.
Les matériaux d'apport utilisables pour diminuer le frottement et l'usure sont extrêmement divers :
⁃ métaux compatibles en frottement avec l'antagoniste (utilisés purs ou alliés) : Pb, In, Sn,
bronze,…
⁃ métaux durs contre l'abrasion (en couches épaisses jusqu'à 1 mm, parfois plus) : Cr, Mo…
⁃ alliages très durs pour contrer l'abrasion, éventuellement à chaud, sous forme de couches plutôt
épaisses, voire de rechargement : Ni-Cr, Ni-Cr-B, Co-Cr-W-B,..., sur des crochets de levage,
cames, soupapes, dents de pelleteuses,…
⁃ matières plastiques et élastomères : le Rilsan (PA11), utilisable jusqu'à 80-100 °C, a une bonne
résistance au frottement, à l'abrasion, à la cavitation (également caoutchoucs à base de
polyuréthane ou de néoprène).
Revêtements de surface
a) Revêtement métalliques
Parmi les métaux qui peuvent être déposés : Ag, Cr, Au, Sn, Cd, Zn, Pb, In,...
La tenue du revêtement sera d’autant meilleure qu’on formera une interface continue d’une solution solide
entre le métal de base et le métal déposé, avec des limites d'élasticité et des coefficients de dilatation
régulièrement étagés.
Certains revêtements peuvent frotter sans lubrification jusqu'à 200-300°C, par ex Ag ou NI-Cd (5 à 10
µm) contre l'acier pour des assemblages à faible jeu, Au contre Cr... Le dépôt Ag-In est très efficace contre
la corrosion de contact à chaud (500°C).
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Revêtements de surface
a) Revêtement métalliques
Dépôts par voie humide : - alliage nickel-phosphore sur acier contre l'usure dans l'industrie automobile,
Ni ou Pb en revêtement d’alliages légers ou ultralégers
- revêtements minces inorganiques sans chrome Dacral, conformes aux
nouvelles normes européennes, destinés à protéger de la corrosion des pièces
en acier, en fonte ou autres métaux ferreux (particulièrement les vis, écrous,
agrafes, etc., destinés à la construction automobile).
- revêtement Géomet constitué de lamelles de zinc et d’aluminium dans une
matrice inorganique, avec une épaisseur de 5 et 10 µm, appliqué par
immersion à froid (sans fragilisation par l’hydrogène), avec possibilité de
lubrification intégrée.
Revêtements de surface
a) Revêtement métalliques
Dépôts électrolytiques :
- Chromage dur = celui qui glisse le mieux de tous les revêtements métalliques anti-usure, idéal
pour combattre à la fois la corrosion et l'abrasion
s'applique sur tous types de supports (acier, inox fonte, alliages cuivreux, bronze, aluminium et ses
alliages,...), dans tous les secteurs d’activité (automobile, sidérurgie, mécanique, agro-alimentaire,
aéronautique, hydraulique, imprimerie, verrerie, fonderie, travaux publics, métallurgie, recyclage
déchets industriels, papeterie, pneumatique, textile, plasturgie, outillage, médical,…)
dureté très élevée = de 1000 à 1100 HV dans un cas d'usure abrasive, la durée de vie moyenne
des pièces est multipliée par 5 à 10 par rapport à des pièces en acier non traité
coefficient de frottement m(Cr/acier) = -50% est m(acier/acier)
résiste à pratiquement tous les agents chimiques courants (sauf HCl), même à haute
température (jusqu'à 800°C dans l'air) + son pouvoir de protection contre la corrosion est
considérablement amélioré par une sous-couche de Ni
apte au contact alimentaire
autorise la protection de pièces
neuves et le rechargement pour
réparation → épaisseur de quelques
µm à 5-10 de mm (réparation)
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Revêtements de surface
a) Revêtement métalliques
Dépôts électrolytiques :
- Nickelage dur : de 10-20 µm à plus de 10 mm, utilisé pour la protection de contre l'usure (ex :
intérieur de vannes en aluminium, ou arbres de pompes et pistons de presses hydrauliques en acier
(m(Ni/acier) = -30% m(acier/acier))
(≠ Ni frotte mal contre lui-même)
Possibilité de conjuguer dureté et résistance à la corrosion de contact en ajoutant du phosphore : un
fort taux de phosphore ou un traitement thermique de diffusion améliorent la résistance à la
corrosion ; pour un taux de phosphore moyen la dureté est de l'ordre de 550 HV mini mais elle peut
atteindre 900 à 950 HV avec un traitement thermique de durcissement ; la résistance à l'usure est
optimale avec un bas taux de phosphore et un traitement thermique adapté.
Le nickelage peut être employé comme « barrière thermique ».
Revêtements de surface
b) Revêtement céramiques
Les revêtements de carbure de tungstène WC fournissent l'une des meilleures solutions possibles pour
résoudre les problèmes d'abrasion les plus sévères. Ils sont utilisés sur de très nombreuses pièces actives
de broyeurs, de mélangeurs, de systèmes de râclage, ou encore sur les vis de briquetterie et les vis
d'Archimède qui servent au transport de produits minéraux ou de céréales, etc.
Le carbure de tungstène peut être fondu par projection plasma ou déposé par PVD (à «basse» température,
environ 500°C, sur une très fine couche d'adhésion de Ni). Il donne des surfaces lisses et brillantes, et
constituent une alternative aux traitements de cémentation, nitruration ou boruration.
Les nitrures de titane TiN (jaune), de chrome CrN, le carbonitrure de titane TiCN (gris-violacé), etc.
sont des composés réfractaires synthétisés par PVD en couches de l'ordre de 2 à 3 microns, utilisés entre
autres pour le revêtement des outils d'emboutissage
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Revêtements de surface
c) Revêtement polymères
Souvent mis en œuvre sous forme de films minces, avec une double action de :
- séparation mécanique des surfaces
- lubrification
Nombreuses possibilités de dépôt :
- pulvérisation suivie d’une polymérisation
- projection au chalumeau
- trempage
- dépôt électrostatique
+ utilisation possible sous forme de feuilles collées ou de vernis de glissement (cf. lubrifiants
solides)
Traitements de surface
2) Traitements de surface : modifier les propriétés superficielles des composants pour améliorer leur
aptitude à résister aux sollicitations imposées
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Traitements de surface
Les alliages d'aluminium sont peu adaptés au frottement, à cause de la solubilité de l'aluminium dans la
plupart des métaux et en particulier dans l'acier, et de sa sensibilité à la déchirure par frottement excessif
et surcontraintes de traction. Le moindre défaut de lubrification lors du glissement dans un contact
acier/aluminium conduit irrémédiablement au transfert d'aluminium sur l'acier et donc au grippage.
Pour confectionner des pièces frottantes, il faut que la surface de l'aluminium soit spécialement traitée
dans ce but :
• déposer des revêtements chimiques de Ni ou de Pb
• réaliser des dépôts galvaniques de Cr ou de Sn
• disperser des carbures, plus spécialement du SiC, dans des couches superficielles de nickel
• déposer par projection des métaux, des céramiques ou des cermets
• créer in situ des couches d'oxydes, éventuellement imprégnées de lubrifiants solides comme MoS2
• utiliser des protections sous forme de vernis ou de peintures
• plaquer des métaux plus aptes au frottement, utiliser des inserts,...
- L’oxydation anodique est sans doute le traitement le plus courant des pièces d'aluminium. Il permet la
formation d’une couche d’Al2O3 de 0.04 à 0.1 mm, à la fois très dure (500 HV) et très résistante à
l'usure, mais de faible conductivité thermique et sensible aux chocs et aux surpressions hertziennes ≠
cette couche est poreuse et on peut remplir les pores par des films de lubrifiants liquides ou solides !
L'anodisation sulfurique permet une protection efficace des alliages légers contre la corrosion.
L'anodisation chromique forme des couches très minces (de 2 à 7 µm) et convient donc pour des
pièces dont les tolérances dimensionnelles sont très serrées. Elle présente une bonne aptitude au
frottement et de faibles risques d'attaque du substrat par les électrolytes.
Traitements de surface
Le Delsun® est un traitement appliqué principalement aux alliages cuivreux, bronzes et laitons. Il s’agit
d’un dépôt chimique polymétallique (Sn, Cd, Sb, In) par diffusion (1 à 2 heures à 400°C), qui crée une
phase très dure et très ductile en surface, couverte d'un fin manteau anti-grippage régénéré lors du
frottement.
Le Delsun double les pressions hertziennes tolérables et augmente la résistance à l'abrasion. On l'utilise
sur des synchroniseurs, coussinets, fourchettes, engrenages, roues à vis sans fin, écrous, vérins, chemises,
segments, clapets, vannes, tiges de commande, matrices pour tôles inoxydables, matériel électrique,
pompes à engrenages, et ses performances restant correctes dans l'eau, en robinetterie…
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Lubrifiants
Le choix d’un lubrifiant est très complexe : à chaque type de contact mécanique correspond une
composition de lubrifiant optimale et une façon de la mettre en œuvre !
Cependant, un lubrifiant est un produit qui satisfait à trois conditions fondamentales :
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Lubrifiants
• Le frottement sans lubrifiant (à sec ou immédiat) : correspond au cas de figure où tous les efforts
sont supportés par les seules aspérités des surfaces
• La lubrification limite : l'épaisseur du film lubrifiant est insuffisante pour isoler complètement les
solides en contact ; si la charge devient trop forte, il ne subsiste qu'une couche adsorbée quasi
monomoléculaire.
• La lubrification onctueuse : la couche de lubrifiant est plus épaisse, elle commence à porter une
partie des charges mais il subsiste des contacts entre les aspérités des pièces. En général, les
pressions sont plutôt importantes et les vitesses relatives plutôt faibles
• La lubrification « mixte » : le fluide supporte une partie importante des charges mais des contacts
subsistent entre les aspérités. Le frottement est minimal mais ce régime est très instable et il vaut
mieux l'éviter.
• La lubrification hydrodynamique : le lubrifiant liquide est entraîné et mis sous pression par le
mouvement relatif des surfaces. Il sépare totalement ces dernières et supporte l'intégralité des
charges, grâce à sa viscosité, qui correspond à sa résistance à l'écoulement.
Lubrifiants
On peut distinguer les lubrifiants selon leur origine, animale, végétale, minérale ou synthétique, ou selon
leur présentation, liquide, pâte ou solide :
• Lubrifiants d'origine animale : les plus anciens, ils sont constitués essentiellement d'esters résultant
de la combinaison d'acides gras avec la glycérine. On les trouvent sous forme liquide (huiles de
lard, de pied de bœuf ou de mouton, huiles de poisson, de baleine, de phoque, glycérine…),
pâteuse (suifs, suintines et brais résultant du traitement de la laine, lanoline,…) ou
solides (stéarine).
• Lubrifiants d'origine végétale : en général des combinaisons d'acides gras peu ou pas estérifiés,
encore largement utilisés en addition dans les huiles de pétrole ou dans les graisses (huiles de coton,
de colza, d'arachide, d'olive, et surtout de ricin (intéressante par sa forte viscosité et la possibilité de
l'utiliser dans une large gamme de températures), huiles de palme, de coco et de coprah, résines et
colophanes tirées du pin…).
• Lubrifiants d'origine minérale : huiles de pétrole, de houille et de schiste, vaseline, soufre, talc,
mica, bisulfures de molybdène et de tungstène, graphite, sulfure de plomb, oxyde de zinc.
• Lubrifiants d'origine synthétique : silicones liquides, graisses silicones, PTFE, PE, savons
(stéarates de zinc, de calcium, d'aluminium, etc.), oxyde de plomb (PbO), polyglycols, verres,
borates et oxyde de bore B2O3...
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Les lubrifiants « traditionnels » (liquides) ne sont pas utilisables dans des systèmes opérant :
à haute température
à des températures cryogéniques
sous vide poussé
à des niveaux élevés de radiation
Techniques de lubrification non conventionnelles = - revêtements solides à faible µ
- gaz contenant du F, Cl ou I
- métaux liquides à bas point de fusion
- polymères solides
Lubrification gazeuse : un gaz peut être utilisé sous faible pression : il se comporte alors comme un fluide
à peu près incompressible, et l'on obtient alors des déplacements sur « coussins d'air » (principe des
« hovercrafts » avec l’air). Dans d'autres applications, le gaz est soumis à des pressions beaucoup plus
importantes et il se comporte alors comme un fluide compressible : ce mode de fonctionnement est celui
des guidages aérostatiques qui permettent d'obtenir des vitesses très élevées sans aucun contact matériel.
Les lubrifiants solides sont les plus utilisés, en particulier le graphite et le bisulfure de molybdène MoS2,
d'origine naturelle et peu chers. On utilise aussi des produits synthétiques, de structure lamellaire
(hexagonales ou rhomboédriques, qui permet une orientation préférentielle et un clivage facile dû à la
faible résistance au cisaillement) : bisulfure de tungstène, nitrure de bore, biséléniures de tungstène, de
molybdène et de niobium, iodure et bisulfure de titane.
Les coefficients de frottement varient de 0.01 à 0.4 ; on ne recherche pas toujours des valeurs très basses
et on accepte des coefficients plus élevés s’ils fonctionnent bien à chaud.
Ils possèdent généralement les qualités suivantes :
• faible dureté (associée à une faible résistance au cisaillement µ faible)
• élasticité des films formés
• capacité à former une couche adsorbée très adhérente (sous forme de petites particules)
• solubilité limitée dans les métaux
• point de fusion élevé et maintien de ses propriétés malgré les variations de température
• inertie chimique aussi grande que possible pour ne pas attaquer les surfaces
• qualités anticorrosion
Ils peuvent être employés purs (associés à un liant qui facilite leur adhésion), mais on les utilise surtout à
l'état de suspension dans les graisses et les huiles, sous forme de films secs épais de 5 à 15 µm.
On utilise également leurs propriétés en les incorporant comme charges dans les polymères, ou dans des
matrices métalliques frittées, ou encore dans des vernis de glissement.
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d) Autres solides à structure lamellaire = - CdCl2, CoCl2, CdI2, PbI2, AgI, AgSO4, CCuBr2 (< MoS2)
- WS2, WSe2, TaSe2, Ta ( MoS2, + résistants à oxydation)
- NB (stable à haute T)
- PTFE (-160 à +260°C)
- talc, mica, NiCl2, PbCl2, HgCl2, NaSO4 (pour conditions
particulières de mise en forme)
a) Oxydes de Sb, Cu, Pb, W, Zn, Cd = protection effective sur une large gamme de T ≠ peu
satisfaisants à basse T
b) Tungstates et molybdates de Pb, Ag, Cr, Ni, Na ( oxydes ≠ pouvoir lubrifiant faible à T < 500°C)
c) Verres : utilisés comme lubrifiants dans les procédés de formage et de déformation à chaud des
métaux (souvent sous forme de vernis de glissement, cf suite)
= oxyde de B à l’état fondu (≠ pouvoir lubrifiant faible à T < 450°C)
oxyde de Pb (OK entre 400 et 700°C ≠ aucun pouvoir lubrifiant à plus faible T)
fluorure de calcium (OK entre 250 et 500°C, très bon pouvoir lubrifiant jusqu’à 1000°C)
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3) Vernis de glissement : dispersions fines de lubrifiant solide dans un support polymère ou minéral,
dilué dans un solvant. Après évaporation du solvant et durcissement du
polymère, on obtient une couche très mince de lubrifiant solide adhérent au
substrat, très efficace dans les situations de fretting-fatigue et pour limiter les
risques d’adhésion.
Ils forment une réserve plus importante que les lubrifiants solides adsorbés et assurent une bonne
protection contre la corrosion. Le coefficient de frottement, de l'ordre de 0.04 si la pression est élevée,
permet de remplacer la lubrification dans des ambiances particulières : vide poussé, radiations nucléaires,
très basses ou très hautes températures, ambiances poussiéreuses, vitesses faibles...
Ils sont utilisables sur une plage de température assez large (T < 400°C), peuvent accepter des charges
relativement élevées ≠ leur conductivité thermique, peu élevée, limite la vitesse de frottement autorisée (v
< 0.5 m/s).
Liants : on utilise - des liants organiques pour les températures basses et modérées : alkydes et
uréthannes (durcissent ou polymérisent à l'air à 20°C) jusqu’à 70°C, résines
polymérisables à chaud : phénoliques jusqu’à 160°C, époxydes jusqu’à 200°C,
polyimides jusqu’à 350°C, silicones jusqu’à 400°C
- des liants inorganiques à chaud : essentiellement des sels comme des silicates
(résistants aux radiations nucléaires), des phosphates ou des titanates (séchage et un
durcissement rapides dans l'air), qui conviennent jusqu'à 400 à 500°C.
3) Vernis de glissement :
Particules lubrifiantes : - le plus souvent utilisés MoS2, PTFE, graphite, fluorure de graphite, mais aussi
talc et mica. L'addition de trioxyde d'antimoine Sb2O3permet de réduire
considérablement les risques de corrosion.
- Les émaux de frottement, utilisés jusqu'à 1 000°C, renferment des fluorures de
calcium ou de baryum ou encore de l'oxyde de plomb.
- Depuis peu, on utilise aussi des vernis à inclusion d'huiles, dispersées dans des
liants du type résines époxyde jusqu’à 10 %, pour un frottement bien meilleur
qu'avec les lubrifiants solides conventionnel.
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