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Analyse Complexe: Exercices Corrig Es D'

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Exercices corrigés d’

Analyse Complexe
Par

LAADJ Toufik
Table des matières

Table des matières i

1 Fonctions Complexes 1
1.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Holomorphie - Harmonicité 25
2.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

3 Intégration et formule de Cauchy 56


3.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59

4 Résidus et applications 76
4.1 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.2 Solutions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

i
C
h a pi
tr
e 1
Fonctions Complexes

1.1 Exercices

Exercice 1.1
Déterminer les parties réelles et imaginaires des fonctions complexes suivantes :
1 1−z
a) f (z) = 2z 2 − 3iz, b) f (z) = z + , c) f (z) = , d) f (z) = z − iz 2 ,
z 1+z
z 1
e) f (z) = , f ) f (z) = z 2 , g) f (z) = z 2 e2z .
z

Exercice 1.2
Trouver les images des axes réel et imaginaire par les transformations :

z+1 1
a) w = , b) w = 1 + .
z−1 z

Exercice 1.3
Soit S un carré du plan de la variable z de sommets A = (0, 0) , B = (1, 0) , C = (1, 1) et
D = (0, 1). Déterminer le domaine du plan de la variable w transformé de S par

1
a) w = z 2 , b) w = 1 + .
z

Exercice 1.4
Mettre ez sous la forme u + iv et calculer |ez | dans chacun des cas

11π
a) z = 3 + 4i, b) z = 2iπ(1 + i), c) z = 2 + 3πi, d) z = i.
2
1
1.1. Exercices

Exercice 1.5
Déterminer la partie réelle et imaginaire des quantités suivantes :
2 1 3
a) f (z) = e−πz , b) f (z) = ez , c) f (z) = e z , d) f (z) = ez .

Exercice 1.6
Établir que
ez1
a) = ez1 −z2 , b) ez = ez , c) eiz = e− Im z , d) |ez − 1| ≤ e|z| − 1 ≤ |z| e|z| .
ez2

Exercice 1.7
Déterminer toutes les valeurs de z telles que

a) ez est un réel b) e−z < 1.

Exercice 1.8
Résoudre dans le plan complexe les équations

a) ez = 1, b) ez = 4 + 3i, c) ez = 0, d) ez = −2.

Exercice 1.9
Mettre sous la forme u + iv les nombres suivants
π 
a) sin (2πi) , b) Sh (3 + 4i) , c) Ch (3 + 4i) , d) sin (πi) , e) cos − πi .
2

Exercice 1.10
Montrer que

a) Ch z = Ch x cos y + i Sh x sin y, b) Sh z = Sh x cos y + i Ch x sin y,

c) Ch (z1 + z2 ) = Ch z1 Ch z2 + Sh z1 Sh z2 , d) Sh (z1 + z2 ) = Sh z1 Ch z2 + Ch z1 Sh z2 ,

e) Ch2 z − Sh2 z = 1, f ) Ch2 z + Sh2 z = Ch (2z) .

Exercice 1.11
Montrer que pour tout z, z0 ∈ C :

a) cos z = cos z0 ⇐⇒ z = z0 + 2kπ ou z = −z0 + 2kπ, k ∈ Z,

b) sin z = sin z0 ⇐⇒ z = z0 + 2kπ ou z = π − z0 + 2kπ, k ∈ Z,


π
c) cos z = 0 ⇐⇒ z ≡ [π] ,
2
d) sin z = 0 ⇐⇒ z ≡ 0 [π] .

2
1.1. Exercices

Exercice 1.12
Résoudre dans C les équations suivantes :

a) sin z = 100, b) Ch z = 0, c) Sh z = 0, d) Ch z = −1.

Exercice 1.13
Montrer que toutes les racines des équations sin z = a et cos z = a où −1 ≤ a ≤ 1, sont
réelles.

Exercice 1.14
Montrer que pour tout z = x + iy

a) |Sh y| ≤ |cos z| ≤ |Ch y| , b) |Sh y| ≤ |sin z| ≤ |Ch y| .

Que peut-on en conclure ?

Exercice 1.15
Déterminer tout les points z de C qui vérifie |cos z| ≤ 1.

Exercice 1.16
Déterminer les valeurs de Log z dans chacun des cas, où Log désigne la détermination principale
du logarithme :

a) z = −11, b) z = 4 + 4i, c) z = 4 − 4i, d) z = 1 ± i, e) z = ei.

Exercice 1.17
Déterminer toutes les valeurs de Log z dans les cas suivants :

a) z = e, b) z = 1, c) z = −7, d) z = ei , e) z = 4 + 3i.

Puis montrer que l’ensemble des valeurs de Log (i2 ) est différent de l’ensemble des valeurs de
2 Log (i).

Exercice 1.18
Résoudre les équations suivantes :
π
a) Log z = −i , b) Log z = 4 − 3i, c) Log z = e − πi.
2

Exercice 1.19
Trouver la valeur principale de
i 1
a) (1 + i)1−i , b) (1 − i)1+i , c) i 2 , d) (−1)2−i , e) (3 + 4i) 3 .

3
1.2. Solutions

1.2 Solutions
Exercice 1.1

Déterminer les parties réelles et imaginaires des fonctions complexes suivantes :


1 1−z
a) f (z) = 2z 2 − 3iz, b) f (z) = z + , c) f (z) = , d) f (z) = z − iz 2 ,
z 1+z
z 1
e) f (z) = , f ) f (z) = z 2 , g) f (z) = z 2 e2z .
z

Solution.

a) On a z = x + iy alors

f (z) = 2 (x + iy)2 − 3i (x + iy) = 2x2 + 4ixy − 2y 2 − 3ix + 3y

= 2x2 − 2y 2 + 3y + i (4xy − 3x) .

Donc Re (f (z)) = 2x2 − 2y 2 + 3y et Im (f (z)) = 4xy − 3x.


1 1
b) f (z) = z + = x + iy + .
z x + iy
Pour écrire un quotient de deux nombres complexes sous forme algébrique u + iv, on multiplie
et on divise par le conjugué du dénominateur.
 
x − iy x − iy x y
f (z) = x + iy + = x + iy + 2 =x+ 2 +i y− 2 .
(x + iy) (x − iy) x + y2 x + y2 x + y2

1−z 1 − x − iy (1 − x − iy) (1 + x − iy) 1 − x2 − y 2 −2y


c) f (z) = = = = 2 +i .
1+z 1 + x + iy (1 + x + iy) (1 + x − iy) (1 + x) + y 2 (1 + x)2 + y 2
d) f (z) = z−iz 2 = x−iy−i (x + iy)2 = x−iy−i (x2 − y 2 + 2ixy) = x+2xy+i (y 2 − x2 − y) .
z zz z2 (x − iy)2 x2 − y 2 (−2xy)
e) f (z) = = = 2 = 2 2
= 2 2
+i 2 .
z zz |z| x +y x +y x + y2
f ) En écrivant z sous forme polaire z = rei(θ+2kπ) , k ∈ Z, alors

 21 √ i( θ +kπ) √ √
   
1
i(θ+2kπ) θ θ
f (z) = z 2 = re = re 2 = r cos + kπ + i r sin + kπ .
2 2

g) f (z) = z 2 e2z = (x + iy)2 e2(x+iy) = (x2 − y 2 + 2ixy) e2x (cos (2y) + i sin (2y))
= ((x2 − y 2 ) cos (2y) − 2xy sin (2y)) e2x +i ((x2 − y 2 ) sin (2y) + 2xy cos (2y)) e2x .

4
1.2. Solutions

Exercice 1.2

Trouver les images des axes réel et imaginaire par les transformations :

z+1 1
a) w = , b) w = 1 + .
z−1 z

Solution.

a)

• L’équation paramétrique de l’axe des réels est y = 0 ou z = x avec x ∈ R, alors

z+1 x+1
w= = , x ∈ R\ {1} .
z−1 x−1

En tenant compte de w = u + iv, les équations paramétriques de la courbe image sont


x+1
u= , x ∈ R\ {1} et v = 0. Lorsque x varie en R\ {1} on obtient dans le plan de la
x−1
variable w, l’axe des réels v = 0 à l’exception du point (1, 0) car pour tout u ∈ R\ {1} il
u+1 x+1
existe x = solution de u = .
u−1 x−1
y
z+1
w= v
z−1

y=0 v=0

x u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

• L’équation paramétrique de l’axe des imaginaires est x = 0 ou z = iy avec y ∈ R, alors

z+1 iy + 1 y2 − 1 (−2y)
w= = = 2 +i 2 , y ∈ R.
z−1 iy − 1 y +1 y +1

t2 − 1 −2t
Les équations paramétriques de la courbe image sont u = 2
,v= 2 , t ∈ R. En
t +1 t +1
éliminant t entre ces deux équations, on trouve u2 + v 2 = 1, qui est une équation d’un

5
1.2. Solutions

cercle de centre origine et de rayon 1.

y
z+1
w= v
z−1

x=0
u2 + v 2 = 1

x u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

b)

• Les points z = x + iy dans l’axe des réels correspondent à y = 0 ou z = x avec x ∈ R,


alors
1 1
w =1+ = 1 + , x ∈ R∗ . Lorsque x varie en R∗ on obtient dans le plan de la variable
z x
1
w, l’ensemble {u, u ∈ ]−∞, 1[ ∪ ]1, +∞[} car l’équation 1 + = u admet une solution
x
1
x= lorsque u 6= 1.
u−1
y
1
w =1+ v
z

y=0 v=0

x 1 u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

• L’axe des imaginaires correspond à x = 0 ou z = iy avec y ∈ R, alors


1 1 1
w =1+ =1+ = 1 − i , y ∈ R∗ .
z iy y

6
1.2. Solutions

Lorsque y varie en R∗ on obtient dans le plan de la variable w, la droite u = 1 exempté le


1 −1
point (1, 0) car pour tout v ∈ R l’équation − = v admet une solution y = si v 6= 0.
y v

y
1
w =1+ v
z

u=1
x=0

x u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

Exercice 1.3

Soit S un carré du plan de la variable z de sommets A = (0, 0) , B = (1, 0) , C = (1, 1) et


D = (0, 1). Déterminer le domaine du plan de la variable w transformé de S par

1
a) w = z 2 , b) w = 1 + .
z

Solution.

Le segment de droite reliant deux points complexes z0 et z1 est l’ensemble des points

{z ∈ C / z = (1 − t) z0 + tz1 , t ∈ [0, 1]} .

Les équations paramétriques des segments de droites [AB] , [BC] , [CD] et [DA] sont, respec-
tivement, z = t, z = 1 + it, z = 1 − t + i et z = (1 − t) i avec t ∈ [0, 1] .

a) Les courbes transformées par w = z 2 de ces segments de droites ont pour équations, respec-
tivement, w = t2 , w = 1 − t2 + 2it, w = t2 − 2t + (2 − 2t) i et w = − (1 − t)2 avec t ∈ [0, 1] .
En tenant compte de w = u + iv, les équations paramétriques des courbes images sont, respec-
tivement,

u = t2 , v = 0 , u = 1 − t2 , v = 2t , u = t2 − 2t, v = 2 − 2t u = − (1 − t)2 , v = 0
   
et

7
1.2. Solutions

avec t ∈ [0, 1] . En éliminant t entre u et v, on trouve, respectivement, les courbes

{(u, 0) , u ∈ [0, 1]} , u = 1 − 41 v 2 , v ∈ [0, 2] , u = 14 v 2 − 1, v ∈ [0, 2]


 
et {(u, 0) , u ∈ [−1, 0]} .

y v

w = z2

D C

A B x u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

1
b) Les courbes transformées par w = 1 + des segments de droites [AB] , [BC] , [CD] est [DA]
z
ont pour équations, respectivement,

1 t2 + 2 t (1 − t)2 + (1 − t) + 1 1 1
w = 1+ ,w = 2 −i 2 ,w = 2 −i 2 et w = 1 − i
t t +1 t +1 (1 − t) + 1 (1 − t) + 1 (1 − t)

avec t ∈ [0, 1]. En tenant compte de w = u+iv, les équations paramétriques des courbes images
sont, respectivement,
n o n o
t2 +2 −t (1−t)2 +(1−t)+1 −1
u = 1 + 1t , v = 0 ,

u= t2 +1
,v = t2 +1
, u= (1−t)2 +1
,v = (1−t)2 +1

−1

et u = 1, v = 1−t
avec t ∈ [0, 1] .

• La courbe u = 1 + 1t , v = 0 , t ∈ [0, 1] représente la demi droite {u ≥ 2, v = 0}.




n 2 +2
o
• En éliminant t entre u et v dans u = tt2 +1 , v = t2−t
+1
on trouve
 2  
3 2 1 3
u− + v = avec u ∈ , 2 ,
2 4 2

qui est un arc d’un cercle.


n o
(1−t)2 +(1−t)+1 −1
• En éliminant t entre u et v dans u = (1−t)2 +1
,v = (1−t)2 +1
on trouve
 2  
2 1 1 3
(u − 1) + v + = avec u ∈ 1, ,
2 4 2

qui est aussi un arc d’un cercle.

8
1.2. Solutions

−1

• La courbe u = 1, v = 1−t
, t ∈ [0, 1] représente la demi droite {u = 1, v ∈ ]−∞, −1]}.

1
y w =1+ v
z

D C

A B x 2 u

Plan de la variable z = x + iy Plan de la variable w = u + iv

Exercice 1.4

Mettre ez sous la forme u + iv et calculer |ez | dans chacun des cas

11π
a) z = 3 + 4i, b) z = 2iπ(1 + i), c) z = 2 + 3πi, d) z = i.
2

Solution.

Par définition ez = ex (cos y + i sin y) où z = x + iy. Donc |ez | = |ex (cos y + i sin y)| = ex .

a) e3+4i = e3 (cos 4 + i sin 4) = e3 cos 4 + ie3 sin 4 et |e3+4i | = e3 .

b) e2iπ(1+i) = e−2π+2iπ = e−2π (cos (2π) + i sin (2π)) = e−2π et e2iπ(1+i) = e−2π .

c) e2+3πi = e2 (cos (3π) + i sin (3π)) = −e2 et |e2+3πi | = e2 .


11π 11π
 11π
 11π
i i
d) e 2 = e0 cos 2
+ i sin 2
= −i et e 2 = 1.

Exercice 1.5

Déterminer la partie réelle et imaginaire des quantités suivantes :

2 1 3
a) f (z) = e−πz , b) f (z) = ez , c) f (z) = e z , d) f (z) = ez .

9
1.2. Solutions

Solution.

a) f (z) = e−πz = e−π(x+iy) = e−πx e−iπy = e−πx (cos (πy) − i sin (πy))

= e−πx cos (πy) − ie−πx sin (πy) ,

2 2 2 −y 2 +i2xy 2 −y 2 2 −y 2
b) f (z) = ez = e(x+iy) = ex = ex cos (2xy) + iex sin (2xy) ,

x−iy x y x x
1
   
1 −i y y
c) f (z) = e z = e x+iy = e (x+iy)(x−iy) = e x2 +y2 x2 +y 2 = e x2 +y2 cos x2 +y 2
+ie x2 +y2 sin x2 +y 2
,

d) On a z 3 = (x + iy)3 = x3 − 3xy 2 + i (3x2 y − y 3 ) . Alors


3 3 −3xy 2 3 2
f (z) = ez = ex cos 3x2 y − y 3 + iex −3xy sin 3x2 y − y 3 .
 

Exercice 1.6

Établir que

ez1
a) z2 = ez1 −z2 , b) ez = ez , c) eiz = e− Im z , d) |ez − 1| ≤ e|z| − 1 ≤ |z| e|z| .
e

Solution.

a) Par définition ez = ex (cos y + i sin y) où z = x + iy. Donc si z1 = x1 + iy1 et z2 = x2 + iy2 ,


alors
e z1 ex1 (cos y1 + i sin y1 ) x1 −x2 (cos y1 + i sin y1 ) (cos y2 − i sin y2 )
z
= x
= e
e2 e 2 (cos y2 + i sin y2 ) (cos y2 + i sin y2 ) (cos y2 − i sin y2 )
cos y1 cos y2 + sin y1 sin y2 + i (cos y2 sin y1 − cos y1 sin y2 )
= ex1 −x2
cos2 y2 + sin2 y2
Comme cos y1 cos y2 + sin y1 sin y2 = cos (y1 − y2 ) , cos y2 sin y1 − cos y1 sin y2 = sin (y1 − y2 ) et
cos2 y2 + sin2 y2 = 1, alors
ez1
= ex1 −x2 (cos (y1 − y2 ) + i sin (y1 − y2 )) = ex1 −x2 +i(y1 −y2 )
ez2
= ex1 +iy1 −(x2 +iy2 )

= ez1 −z2 .

b) ez = ex (cos y + i sin y) = ex (cos y − i sin y) = ex (cos (−y) + i sin (−y))

= ex+i(−y) = ez .

10
1.2. Solutions

c) |eiz | = ei(x+iy) = |e−y+ix | = |e−y (cos x + i sin x)| = e−y cos2 x + sin2 x = e−y = e− Im z .


d) Nous verrons plus tard que la fonction exponentielle complexe ez est définie en étendant la
série de Taylor de ex à partir de valeurs réelles de x à des valeurs complexes :
+∞
z2 z3 z4 X zn
ez = 1 + z + + + + ... = .
2! 3! 4! n=0
n!

Alors
z2 z3 z4
ez − 1 = z + + + + ....
2! 3! 4!
En prenant la valeur absolue (module) de cette identité et en appliquant l’inégalité triangulaire
|z1 + z2 | ≤ |z1 | + |z2 |, nous obtenons

|z|2 |z|3 |z|4


z
|e − 1| ≤ |z| + + + + .... = e|z| − 1.
2! 3! 4!
Ainsi
|z|2 |z|3 |z|4
e|z| − 1 = |z| + + + + ....
2! 3! 4!
|z|2 |z|3 |z|4
≤ |z| + + + + ....
1! 2! 3! !
|z|2 |z|3
= |z| 1 + |z| + + + ....
2! 3!

= |z| e|z| .

Exercice 1.7

Déterminer toutes les valeurs de z telles que

a) ez est un réel b) e−z < 1.

y ..
Solution. .
y = 3π
z x x
a) Par définition e = e cos y + ie sin y où z = y = 2π
x + iy. Donc la partie imaginaire de ez s’annule y=π

si ex sin y = 0, ce qui est équivalent à sin y = 0


x
x z y = −π
car e > 0. D’où y = kπ, k ∈ Z. Alors e est
un réel si et seulement si z = x + ikπ, k ∈ Z, y = −2π
y = −3π
qui sont des droites y = kπ, k ∈ Z, parallèles à ..
.
l’axe des x.
11
1.2. Solutions

b) On a e−z = e−x cos y − ie−x sin y. Donc |e−z | = y

e−x . Alors |e−z | < 1 est équivalent à e−x < 1


ou bien x > 0. D’où les valeurs de z vérifiant x>0
−z
|e | < 1 sont situés dans le demi-plan à droite
x
de l’axe des y : {z = x + iy / x > 0}. Dans la
figure ci-contre, c’est la partie hachurée.

Exercice 1.8

Résoudre dans le plan complexe les équations

a) ez = 1, b) ez = 4 + 3i, c) ez = 0, d) ez = −2.

Solution.

a) Si ez = ex cos y + iex sin y = 1, alors on a les deux équations ex cos y = 1 et ex sin y = 0.


Puisque ex > 0, on aura sin y = 0 ce qui implique que y = kπ, k ∈ Z. Donc la première équation
devient
1 1
ex cos (kπ) = 1 ou bien ex = = k
= (−1)k .
cos (kπ) (−1)
Ceci est possible seulement si k est un nombre pair. Dans ce cas x = 0. Alors les racines de
l’équation ez = 1 sont zk = i (2k) π, k ∈ Z.

Autre méthode. Si w = ez on a z = Log w. On obtient alors z = Log w, et donc

z = ln |1| + i arg (1) = 0 + i (0 + 2kπ) = i (2k) π, k ∈ Z.

b) L’équation ez = ex cos y + iex sin y = 4 + 3i est équivalente à ex cos y = 4 et ex sin y = 3.


En prenant le carré des deux dernières équations et en les additionnant, on obtient e2x =
42 + 32 = 25 ou bien ex = 5, ce qui donne x = ln 5. Encore une fois en réarrangeant ces
équations, on obtient tg y = 43 , ce qui donne y = Arctg 43 + kπ, k ∈ Z. D’où les solutions sont


z = ln 5 + i Arctg 43 + 2kπ , k ∈ Z.
 

Autre méthode. ez = 4 + 3i implique


   
3
z = Log (4 + 3i) = ln |4 + 3i| + i arg (4 + 3i) = ln 5 + i Arctg + 2kπ , k ∈ Z.
4

12
1.2. Solutions

c) L’équation ez = 0 n’admet pas de solutions car ex cos y = 0 et ex sin y = 0, ce qui implique


que cos y = sin y = 0 et ceci n’est pas possible.

d) L’équation ez = −2 implique z = Log (−2) = ln |−2| + i arg (−2) = ln 2 + i (π + 2kπ) avec


k dans Z.

Exercice 1.9

Mettre sous la forme u + iv les nombres suivants


π 
a) sin (2πi) , b) Sh (3 + 4i) , c) Ch (3 + 4i) , d) sin (πi) , e) cos − πi .
2

Solution.
eiz − e−iz e−2π − e2π e2π − e−2π
a) Par définition sin z = . Alors sin (2πi) = =i = i Sh (2π).
2i 2i 2
ez − e−z
b) On a Sh z = . Donc
2
e3+4i − e−3−4i e3 cos 4 + ie3 sin 4 − e−3 cos 4 + ie−3 sin 4
Sh (3 + 4i) = =
2 2
= Sh 3 cos 4 + i Ch 3 sin 4.

ez + e−z
c) On a Ch z = . Donc
2
e3+4i + e−3−4i e3 cos 4 + ie3 sin 4 + e−3 cos 4 − ie−3 sin 4
Ch (3 + 4i) = =
2 2
= Ch 3 cos 4 + i Sh 3 sin 4.

ei(πi) − e−i(πi) e−π − eπ eπ − e−π


d) sin (πi) = = =i = i Sh (π).
2i 2i 2
eiz + e−iz
e) Par définition cos z = . Alors
2
π  ei π2 +π + e−i π2 −π eπ cos π2 + ieπ sin π2 + e−π cos π2 − ie−π sin π2
cos − πi = =
2 2 2
ieπ − ie−π
= = i Sh π.
2

13
1.2. Solutions

Exercice 1.10

Montrer que

a) Ch z = Ch x cos y + i Sh x sin y, b) Sh z = Sh x cos y + i Ch x sin y,

c) Ch (z1 + z2 ) = Ch z1 Ch z2 + Sh z1 Sh z2 , d) Sh (z1 + z2 ) = Sh z1 Ch z2 + Ch z1 Sh z2 ,

e) Ch2 z − Sh2 z = 1, f ) Ch2 z + Sh2 z = Ch (2z) .

Solution.
ez + e−z
a) On a Ch z = . Donc
2
ex+iy + e−x−iy ex cos y + iex sin y + e−x cos y − ie−x sin y
Ch z = =
2 2
= Ch x cos y + i Sh x sin y.

ez − e−z
b) On a Sh z = . Donc
2
ex+iy − e−x−iy ex cos y + iex sin y − e−x cos y + ie−x sin y
Sh z = =
2 2
= Sh x cos y + i Ch x sin y.

ez1 +z2 + e−z1 −z2


c) On a Ch (z1 + z2 ) = . Comme ez1 +z2 = ez1 ez2 alors
2
ez1 ez2 + e−z1 ez−2 ez1 ez2 + e−z1 ez−2 ez1 ez2 + e−z1 ez−2
Ch (z1 + z2 ) = = +
2 4 4
z1 −z2 −z1 z2 −z1 z−2
z1 z2
e e +e e +e e +e e e e − ez1 e−z2 − e−z1 ez2 + e−z1 ez−2
z1 z2
= +
  z42 4
e + e−z1 e + e−z2 e − e−z1 e − e−z2
 z1   z1   z2 
= +
2 2 2 2
= Ch z1 Ch z2 + Sh z1 Sh z2 .

d) On a

ez1 ez2 − e−z1 ez−2 ez1 ez2 − e−z1 ez−2 ez1 ez2 − e−z1 ez−2
Sh (z1 + z2 ) = = +
2 4 4
z1 −z2 −z1 z2 −z1 z−2
z1 z2
e e +e e −e e −e e e e − ez1 e−z2 + e−z1 ez2 − e−z1 ez−2
z1 z2
= +
  z42 4
e − e−z1 e + e−z2 e + e−z1 e − e−z2
 z1   z1   z2 
= +
2 2 2 2

14
1.2. Solutions

= Sh z1 Ch z2 + Ch z1 Sh z2 .

e) Si on prend z1 = −z2 = z dans l’identité c) on trouve Ch 0 = Ch z Ch (−z) + Sh z Sh (−z).


Comme Ch 0 = 1, Ch (−z) = Ch z et Sh (−z) = − Sh z alors on obtient Ch2 z − Sh2 z = 1.

f ) Si on prend z1 = z2 = z dans l’identité c) on trouve Ch (2z) = Ch2 z + Sh2 z.

Exercice 1.11

Montrer que pour tout z, z0 ∈ C :

a) cos z = cos z0 ⇐⇒ z = z0 + 2kπ ou z = −z0 + 2kπ, k ∈ Z,

b) sin z = sin z0 ⇐⇒ z = z0 + 2kπ ou z = π − z0 + 2kπ, k ∈ Z,


π
c) cos z = 0 ⇐⇒ z ≡ [π] ,
2
d) sin z = 0 ⇐⇒ z ≡ 0 [π] .

Solution.
eiz + e−iz
a) On a cos z = . Alors
2
eiz + e−iz eiz0 + e−iz0
cos z = cos z0 ⇐⇒ =
2 2
⇐⇒ eiz − eiz0 − e−iz0 + e−iz = 0
⇐⇒ e−iz (e2iz − eiz+iz0 − eiz−iz0 + 1) = 0 (en factorisant e−iz )
⇐⇒ e−iz (eiz−iz0 eiz+iz0 − eiz+iz0 − eiz−iz0 + 1) = 0 car e2iz = eiz−iz0 eiz+iz0
⇐⇒ e−iz (eiz−iz0 − 1) (eiz+iz0 − 1) = 0

Puisque e−iz ne s’annule pas alors soit eiz−iz0 = 1 soit eiz+iz0 = 1, ce qui donne

iz − iz0 = Log 1 = ln |1| + i arg (1) = i (2kπ) ou iz + iz0 = i (2kπ) , k ∈ Z.

D’où z = z0 + 2kπ ou z = −z0 + 2kπ, k ∈ Z.

15
1.2. Solutions

eiz − e−iz
b) On a sin z = . Alors de même
2i
eiz − e−iz eiz0 − e−iz0
sin z = sin z0 ⇐⇒ =
2i 2i
−iz0
iz iz0
⇐⇒ e − e + e − e−iz = 0
⇐⇒ e−iz (e2iz − eiz+iz0 + eiz−iz0 − 1) = 0 (en factorisant e−iz )
⇐⇒ e−iz (eiz−iz0 eiz+iz0 − eiz+iz0 + eiz−iz0 − 1) = 0 car e2iz = eiz−iz0 eiz+iz0
⇐⇒ e−iz (eiz−iz0 − 1) (eiz+iz0 + 1) = 0

Puisque e−iz ne s’annule pas alors soit eiz−iz0 = 1 soit eiz+iz0 = −1, ce qui donne

iz − iz0 = i (2kπ) ou iz + iz0 = Log 1 = ln |−1| + i arg (−1) = i (π + 2kπ) , k ∈ Z.

D’où
z = z0 + 2kπ ou z = π − z0 + 2kπ, k ∈ Z.

π
c) Si on prend z0 = dans l’identité a) on trouve
2
π π
cos z = 0 ⇐⇒ z = + 2kπ ou z = − + 2kπ, k ∈ Z
2 2
π
⇐⇒ z = + kπ, k ∈ Z
2
π
⇐⇒ z ≡ [π] .
2

d) Si on prend z0 = 0 dans l’identité b) on trouve

sin z = 0 ⇐⇒ z = 0 + 2kπ ou z = π − 0 + 2kπ, k ∈ Z


⇐⇒ z = kπ, k ∈ Z
⇐⇒ z ≡ 0 [π] .

Exercice 1.12

Résoudre dans C les équations suivantes :

a) sin z = 100, b) Ch z = 0, c) Sh z = 0, d) Ch z = −1.

Solution.

a) Tout d’abord, nous séparons les parties réelles et imaginaires de la fonction sin z. Nous
avons
eiz − e−iz ei(x+iy) − e−i(x+iy) e−y+ix − ey−ix
sin z = = =
2i 2i 2i
16
1.2. Solutions

e−y (cos x + i sin x) − ey (cos x − i sin x) (e−y − ey ) cos x i (e−y + ey ) sin x


= = +
2i 2i 2i
ey − e−y ey + e−y
=i cos x + sin x
2 2
= Ch y sin x + i Sh y cos x.

Alors sin z = 100 entraı̂ne Ch y sin x = 100 et Sh y cos x = 0. Donc d’après la deuxième équation
π
soit y = 0 ou x = + kπ, k ∈ Z. En remplaçant dans la première équation on obtient
2
y = 0 et sin x = 100

ou
π 100 100
x= + kπ, k ∈ Z et Ch y = π = .
2 sin + kπ (−1)k
2
Le premier cas n’est pas possible car |sin x| ≤ 1. Dans le deuxième cas k soit pair car Ch y ≥ 1.
D’où les racines cherchées sont
π
zk = + 2kπ ± i Argch (100) , k ∈ Z.
2
π
Autre méthode. D’après l’exercice précédent 1.11, si on prend z0 = + i Argch (100) , on
2
trouve
π π
z= + i Argch (100) + 2kπ ou z = π − − i Argch (100) + 2kπ, k ∈ Z
2 2

b) D’après l’exercice 1.10, Ch z = Ch x cos y + i Sh x sin y. Donc l’équation Ch z = 0 est


équivalente à Ch x cos y = 0 et Sh x sin y = 0.
Si Sh x = 0, i.e. x = 0, on aura
π
cos y = 0 =⇒ y = + kπ, k ∈ Z.
2
Si sin y = 0 i.e. y = kπ, k ∈ Z, on obtient Ch x cos (kπ) = 0 ce qui n’est pas possible.
Alors, les racines de l’équation Ch z = 0 sont
π 
zk = i + kπ , k ∈ Z.
2

ez + e−z
Autre méthode. Ch z = 0 ⇐⇒ = 0 ⇐⇒ e2z = −1. Alors
2
2z = Log (−1) = ln |−1| + i arg (−1) = i (π + 2kπ) , k ∈ Z.

ou bien
π 
zk = i + kπ , k ∈ Z.
2
17
1.2. Solutions

c) D’après l’exercice 1.10, Sh z = Sh x cos y + i Ch x sin y. Donc l’équation Sh z = 0 est


équivalente à Sh x cos y = 0 et Ch x sin y = 0.
Si Sh x = 0, i.e. x = 0, on aura

sin y = 0 =⇒ y = kπ, k ∈ Z.
π π 
Si cos y = 0 i.e. y = + kπ, k ∈ Z, on obtient Ch x sin + kπ = 0 ce qui n’est pas possible.
2 2
Alors, les racines de l’équation Sh z = 0 sont

zk = ikπ, k ∈ Z.

ez − e−z
Autre méthode. Sh z = 0 ⇐⇒ = 0 ⇐⇒ e2z = 1. Alors
2
2z = Log 1 = ln |1| + i arg (1) = i (2kπ) , k ∈ Z.

ou bien
zk = ikπ, k ∈ Z.

d) On a Ch z = Ch x cos y + i Sh x sin y. Donc l’équation Ch z = −1 est équivalente à


Ch x cos y = −1 et Sh x sin y = 0.
Si Sh x = 0, i.e. x = 0, on aura

cos y = −1 =⇒ y = π + 2kπ, k ∈ Z.

Si sin y = 0 i.e. y = kπ, k ∈ Z, on obtient


−1 −1
Ch x cos (kπ) = −1 =⇒ Ch x = = k
= (−1)k+1
cos (kπ) (−1)
ce qui donne x = 0 dans le cas k impair et aucun x si k pair.
Alors, les racines de l’équation Ch z = −1 sont

zk = i (π + 2kπ) avec k ∈ Z.

ez + e−z e−z z
Autre méthode. Ch z = −1 ⇐⇒ = −1 ⇐⇒ (e + 1)2 = 0. Alors ez = −1 et
2 2
donc
z = Log (−1) = ln |−1| + i arg (−1) = i (π + 2kπ) , k ∈ Z.

Exercice 1.13

Montrer que toutes les racines des équations sin z = a et cos z = a où −1 ≤ a ≤ 1, sont
réelles.

18
1.2. Solutions

Solution.
eiz − e−iz 2
L’équation sin z = = a est équivalente à (eiz ) − 2iaeiz − 1 = 0, qui est une équation
2i
quadratique en eiz . En la résolvant on obtient

eiz = ± 1 − a2 + ia.

Donc
 √  √  √ 
iz = Log ± 1 − a2 + ia = ln ± 1 − a2 + ia + i arg ± 1 − a2 + ia .

Comme a ∈ [−1, 1], alors ln ± 1 − a2 + ia = ln 1 = 0, donc
 √ 
z = arg ± 1 − a2 + ia ∈ R.

eiz + e−iz 2
De même l’équation cos z = = a est équivalente à (eiz ) − 2aeiz + 1 = 0, ce qui
2
donne

eiz = a ± i 1 − a2 .

Comme précédemment ln a ± i 1 − a2 = ln 1 = 0 car a ∈ [−1, 1], donc
1  √   √ 
z = Log a ± i 1 − a2 = arg a ± i 1 − a2 ∈ R.
i
Que peut-on en conclure ?

Exercice 1.14

Montrer que pour tout z = x + iy

a) |Sh y| ≤ |cos z| ≤ |Ch y| , b) |Sh y| ≤ |sin z| ≤ |Ch y| .

Solution.

Nous pouvons calculer le module d’un nombre complexe w, soit par définition en identifiant ses
parties réelles et imaginaires ou par la propriété |w|2 = ww.
Nous allons utiliser la propriété |w|2 = ww ici.

a) On a
eiz + e−iz e−iz + eiz ei(z−z) + ei(z+z) + e−i(z+z) + e−i(z−z)
  
2
|cos z| = cos zcos z = = .
2 2 4
Puisque z − z = 2iy et z + z = 2x, on aura
e−2y + e2ix + e−2ix + e2y e2y + e−2y e2ix + e−2ix
 
2 1
|cos z| = = +
4 2 2 2

19
1.2. Solutions

1
= (Ch (2y) + cos (2x)) .
2

Par les transformations Ch (2y) = 2 Ch2 y − 1 et cos (2x) = 1 − 2 sin2 x, on obtient la rela-
tion
1
|cos z|2 = 2 Ch2 y − 1 + 1 − 2 sin2 x = Ch2 y − sin2 x.

2
Comme −1 ≤ − sin2 x ≤ 0, alors Sh2 y = Ch2 y − 1 ≤ Ch2 y − sin2 x ≤ Ch2 y. D’où le résultat
demandé
|Sh y| ≤ |cos z| ≤ |Ch y| .

b) On a

eiz − e−iz
  −iz
e − eiz ei(z−z) − ei(z+z) − e−i(z+z) + e−i(z−z)
 
2
|sin z| = sin zsin z = =
2i −2i 4
−2y 2ix −2ix 2y −2y −2ix
 2y 2ix

e −e −e +e 1 e +e e +e
= = −
4 2 2 2
1
= (Ch (2y) − cos (2x)) .
2

En utilisant les transformations Ch (2y) = 2 Ch2 y − 1 et cos (2x) = 2 cos2 x − 1, on trouve

1
|sin z|2 = 2 Ch2 y − 1 − 2 cos2 x − 1 = Ch2 y − cos2 x.

2

Comme précédemment −1 ≤ − cos2 x ≤ 0 implique que |Sh y| ≤ |sin z| ≤ |Ch y| .


Nous pouvons conclure des inégalités ci-dessus que les fonctions cos z et sin z ne sont pas bornées
dans le domaine complexe.

Exercice 1.15

Déterminer tout les points z de C qui vérifie |cos z| ≤ 1.

Solution.

D’après la solution de l’exercice précédent 1.14, on a |cos z|2 = Ch2 y − sin2 x. Alors |cos z| ≤ 1
si et seulement si

Ch2 y − sin2 x ≤ 1 ⇐⇒ Sh2 y = Ch2 y − 1 ≤ sin2 x

⇐⇒ − |sin x| ≤ Sh y ≤ |sin x|
⇐⇒ − Argsh (|sin x|) ≤ y ≤ Argsh (|sin x|)

Dans la figure ci-dessous, il s’agit de la partie hachurée.

20
1.2. Solutions

y y = Argsh (|sin x|)

−2π −π π 2π x

y = − Argsh (|sin x|)

Exercice 1.16

Déterminer les valeurs de Log z dans chacun des cas, où Log désigne la détermination
principale du logarithme :

a) z = −11, b) z = 4 + 4i, c) z = 4 − 4i, d) z = 1 ± i, e) z = ei.

Solution.

On rappelle que la fonction z 7→ Log z, z 6= 0 est une fonction multiforme définie par

Log z = ln |z| + i arg z

= ln |z| + i (Arg z + 2kπ) , k ∈ Z, où − π < Arg z ≤ π.

La détermination principale ou valeur principale de Log z est souvent définie par

Log z = ln |z| + i Arg z, où − π < Arg z ≤ π ou 0 ≤ Arg z < 2π.


a) On a Log (−11) = ln |11| + i Arg (−11) = ln 11 + iπ.

b) Log (4 + 4i) = ln |4 + 4i| + i Arg (4 + 4i) = 25 ln 2 + i π4 .

c) Log (4 − 4i) = ln |4 − 4i| + i Arg (4 − 4i) = 52 ln 2 − i π4 .

d) Log (1 − i) = ln |1 − i| + i Arg (1 − i) = ln 2 − i π4 ,

Log (1 + i) = ln |1 + i| + i Arg (1 + i) = ln 2 + i π4 ,

21
1.2. Solutions

e) Log (ei) = ln |ei| + i Arg (ei) = 1 + i π2 .

Exercice 1.17

Déterminer toutes les valeurs de Log z dans les cas suivants :

a) z = e, b) z = 1, c) z = −7, d) z = ei , e) z = 4 + 3i.

Puis montrer que l’ensemble des valeurs de Log (i2 ) est différent de l’ensemble des valeurs
de 2 Log (i).

Solution.

a) Log (e) = ln |e| + i arg (e) = 1 + 2ikπ, k ∈ Z.

b) Log (1) = ln |1| + i arg (1) = 2ikπ, k ∈ Z.

c) Log (−7) = ln |−7| + i arg (−7) = ln 7 + i (π + 2kπ) , k ∈ Z.

d) Log (ei ) = ln |ei | + i arg (ei ) = ln 1 + i (1 + 2kπ) = i (1 + 2kπ) , k ∈ Z.

3
 
e) Log (4 + 3i) = ln |4 + 3i| + i arg (4 + 3i) = ln 5 + i Arctg 4
+ 2kπ , k ∈ Z.

En ce qui concerne la deuxième partie de l’exercice, on a

Log i2 = Log (−1) = ln |−1| + i arg (−1) = i (π + 2kπ) , k ∈ Z




et
π 
2 Log (i) = 2 (ln |i| + i arg (i)) = 2i + 2kπ = i (π + 4kπ) , k ∈ Z.
2
Notons que l’ensemble des valeurs de 2 Log (i) est strictement inclus dans l’ensemble des valeurs
de Log (i2 ).

Exercice 1.18

Résoudre les équations suivantes :

π
a) Log z = −i , b) Log z = 4 − 3i, c) Log z = e − πi.
2

Solution.

22
1.2. Solutions

On rappelle que la fonction z 7→ Log z, z 6= 0 est définie comme l’inverse de la fonction


exponentielle ez : Log z = w ⇐⇒ z = ew . Alors
π
a) z = e−i 2 = cos − π2 + i sin − π2 = −i.
 

b) z = e4−3i = e4 (cos (−3) + i sin (−3)) = e4 cos 3 − ie4 sin 3.

c) z = ee−πi = ee (cos (−π) + i sin (−π)) = −ee .

Exercice 1.19

Trouver la valeur principale de

i 1
a) (1 + i)1−i , b) (1 − i)1+i , c) i 2 , d) (−1)2−i , e) (3 + 4i) 3 .

Solution.

La fonction z 7→ z α , α ∈ C, est définie par z α = eα Log z = eα(ln|z|+i(Arg z+2kπ)) , k ∈ Z. La valeur


principale est eα(ln|z|+i Arg z) obtenue en donnant à k la valeur 0. Alors

a) (1 + i)1−i = e(1−i) Log(1+i) = e(1−i) {ln|1+i|+i arg(1+i)}


√ √ √
= e(1−i) {ln 2+i( π4 +2kπ )} π
2+2πk+i( π4 −ln 2+2πk)
= e 4 +ln

√ π +2πk  π
√  π
√ 
= 2e 4 cos 4
− ln 2 + 2πk + i sin 4
− ln 2 + 2πk

√ π +2πk  π
√  π
√ 
= 2e 4 cos 4
− ln 2 + i sin 4
− ln 2 , k ∈ Z.

√ π π
√  π
√ 
La valeur principale est 2e 4 cos 4
− ln 2 + i sin 4
− ln 2 ' 2.8079 + 1.3179i.

b) (1 − i)1+i = e(1+i) Log(1−i) = e(1+i) {ln|1−i|+i arg(1−i)}


√ √ √
= e(1+i) {ln 2+i(− π4 +2kπ )} π
2−2πk+i(− π4 +ln 2+2πk)
= e 4 +ln

√ π −2πk  √ √
cos − π4 + ln 2 + 2πk + i sin − π4 + ln 2 + 2πk
 
= 2e 4

√ π −2πk  √  √ 
= 2e 4 cos − π4 + ln 2 + i sin − π4 + ln 2 , k ∈ Z.

√ π √  √ 
La valeur principale est 2e 4 cos − π4 + ln 2 + i sin − π4 + ln 2 ' 2.8079−1.3179i

i π π
c) i 2 = e 2 Log i = e 2 (ln|i|+i arg i) = e 2 (ln 1+i( 2 +2kπ)) = e−( 4 +kπ) , k ∈ Z.
i i i

23
1.2. Solutions

d) (−1)2−i = e(2−i) Log(−1) = e(2−i) {ln|−1|+i arg(−1)} = e(2−i) i(π+2kπ)

= eπ+2kπ+i(2π+4kπ) = eπ+2kπ {cos (2π + 4kπ) + i sin (2π + 4kπ)}

= eπ+2kπ , k ∈ Z.

La valeur principale est eπ .

1 1 1
e) (3 + 4i) 3 = e 3 Log(3+4i) = e 3 (ln|3+4i|+i arg(3+4i))

1 4 2 1 4 2
= e 3 (2 ln 5+i(Arctg 3 +2kπ)) = e 3 ln 5+i( 3 Arctg 3 + 3 kπ)

√ 1
Arctg 43 + 23 kπ + i sin 1
Arctg 43 + 23 kπ
3
  
= 25 cos 3 3
, k ∈ Z.

√ 1
Arctg 43 + i sin 1
Arctg 43
3
 
La valeur principale est 25 cos 3 3
' 2.7854 + 0.88949i.

24
C
h a pi
tr
e 2
Holomorphie - Harmonicité

2.1 Exercices

Exercice 2.1
En utilisant les règles de dérivations, calculer les dérivées des fonctions suivantes.

a) f (z) = (2 − i) z 5 + iz 4 − 3z 2 + i6 , b) f (z) = 5 (iz)3 − 10z 2 + 3 − 4i,


2 3
c) f (z) = (z 6 − 1) (z 2 − z + 1 − 5i) , d) f (z) = (z 2 + 2z + 7i) (z 4 − 4iz) ,
iz 2 − 2z 2+i
e) f (z) = , f ) f (z) = −5iz 2 + 2 ,
3z + 1 − i z
 3
10 (4 + 2i) z
g) f (z) = (z 4 − 2iz 2 + z) , h) f (z) = .
(2 − i) z 2 + 9i

Exercice 2.2
Montrer que la fonction f (z) = x + 4iy n’est dérivable en aucun point.

Exercice 2.3
Soit la fonction f (z) = |z|2 ; montrer que f est dérivable qu’à l’origine (même chose pour
g (z) = z et h (z) = |z|).

Exercice 2.4
Montrer que la fonction dé nie par

 0 si z = 0
f (z) =
x3 −y 3 x3 +y 3

x2 +y 2
+ i x2 +y2 si z 6= 0

25
2.1. Exercices

est non dérivable à l’origine. (on pourra considérer les chemins le long des axes).

Exercice 2.5
Étudier l’holomorphie des fonctions suivantes (en précisant leurs domaines).

a) f (z) = z 3 , b) f (z) = 3z 2 + 5z − 6i,

c) f (z) = Re z, d) f (z) = e−x cos y − ie−x sin y,

e) f (z) = x2 + y 2 , f ) f (z) = x + sin x Ch y + i (y + cos x Sh y) ,

g) f (z) = y + ix, h) f (z) = 4z − 6z + 3,


2 −y 2 2 −y 2
i) f (z) = z 2 , j) f (z) = ex cos (2xy) + iex sin (2xy) ,
x y
k) f (z) = 4x2 + 5x − 4y 2 + 9 l) f (z) = x2 +y 2
+ i x2 +y 2,

+i (8xy + 5y − 1) ,
x3 +xy 2 +x 3 2
m) f (z) = x−1
(x−1)2 +y 2
− i (x−1)y2 +y2 , n) f (z) = x2 +y 2
+ i y x+x y−y
2 +y 2 .

Exercice 2.6
Déterminer les constantes a, b, c et d de telle sorte que la fonction f soit holomorphe dans
chacun des cas

a) f (z) = 3x − y + 5 + i (ax + by − 3) , b) f (z) = x2 + axy + by 2 + i cx2 + dxy + y 2 .




Exercice 2.7
En utilisant les conditions de Cauchy-Riemann montrer que les fonctions suivantes ne sont pas
holomorphe sur C, néanmoins elle sont dérivables sur les chemins indiquées

a) f (z) = x2 + y 2 + 2ixy, l’axe des abscisses,

b) f (z) = 3x2 y 2 − 6ix2 y 2 , les deux axes,

c) f (z) = x3 + 3xy 2 − x + i (y 3 + 3x2 y − y) , les deux axes,

d) f (z) = x2 − x + y + i (y 2 − 5y − x) , y = x + 2.

Exercice 2.8
Soit f (z) = u (x, y) + iv (x, y) une fonction complexe, on pose x = r cos θ et y = r sin θ.

1. Montrer que

∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u
= cos θ + sin θ et = − r sin θ + r cos θ.
∂r ∂x ∂y ∂θ ∂x ∂y

26
2.1. Exercices

2. Exprimer les conditions de Cauchy-Riemann en coordonnées polaires et montrer que


 
0 ∂u ∂v ∂f
f (z) = (cos θ − i sin θ) +i = e−iθ .
∂r ∂r ∂r

3. Appliquer les résultats trouvés pour étudier l’holomorphie des fonctions

cos θ sin θ
et g (z) = 5r cos θ + r4 cos (4θ) + i 5r sin θ + r4 sin (4θ) .

f (z) = −i
r r

Exercice 2.9
Soient U un ouvert connexe non vide de C et f une fonction holomorphe sur U . Prouver que
les conditions suivantes sont équivalentes

1. f est constante.

2. P = Re (f ) est constante.

3. Q = Im (f ) est constante.

4. f est holomorphe sur U .

5. |f | est constante.

Exercice 2.10
Vérifier que les fonctions données sont harmoniques et déterminer leurs conjuguées harmoniques
dans chacun des cas suivants.

a) u (x, y) = x, b) u (x, y) = 2x − 2xy, c) u (x, y) = x2 − y 2 ,

d) u (x, y) = −e−x sin y, e) u (x, y) = x3 − 3xy 2 , f ) u (x, y) = ex (x cos y − y sin y) .

Exercice 2.11
Vérifier que la fonction u donnée est harmonique et déterminer sa conjuguée harmonique v,
puis expliciter la fonction complexe f (z) = u + iv en fonction de z dans les cas suivants

a) u (x, y) = xy + x + 2y avec f (2i) = −1 + 5i,


b) u (x, y) = 4xy 3 − 4x3 y + x avec f (1 + i) = 5 + 4i.

Exercice 2.12
x
Soit v la fonction définie par v (x, y) = .
x2 + y2
1. Montrer que v est harmonique dans un domaine D qui ne contient pas l’origine.

27
2.1. Exercices

2. Trouver une fonction complexe f (z) = u (x, y) + iv (x, y) qui soit holomorphe sur le
domaine D.

3. Exprimer f en fonction de z.

Exercice 2.13
Soit f (z) = u (r, θ) + iv (r, θ) une fonction holomorphe sur un domaine D. En utilisant les
conditions de Cauchy-Riemann sous forme polaire monter que u et v satisfont à l’équation de
Laplace sous forme polaire
∂ 2u ∂u ∂ 2 u
r2 + r + 2 = 0.
∂r2 ∂r ∂θ
Application : montrer que les fonctions suivantes sont harmoniques :

10r2 − sin (2θ)


a) u (x, y) = r3 cos (3θ) , b) u (x, y) = .
r2

Exercice 2.14
Trouver toutes les fonctions conjuguées harmoniques qui correspondent aux formes suivantes
:
y
2 2

a) u = F x + y , b) u = F (ax + by) , c) u = F (xy) , d) u = F .
x

Exercice 2.15
Déterminer les fonctions holomorphes f = P + iQ de la variable z = x + iy dans chacun des
cas suivants :

1. P ne dépend que de x cos ϕ + y sin ϕ où ϕ est un angle donné.

2. P 2 + Q2 ne dépend que de x.
P
3. ne dépend que de x.
Q

28
2.2. Solutions

2.2 Solutions
Exercice 2.1

En utilisant les règles de dérivations, calculer les dérivées des fonctions suivantes.

a) f (z) = (2 − i) z 5 + iz 4 − 3z 2 + i6 , b) f (z) = 5 (iz)3 − 10z 2 + 3 − 4i,


2 3
c) f (z) = (z 6 − 1) (z 2 − z + 1 − 5i) , d) f (z) = (z 2 + 2z + 7i) (z 4 − 4iz) ,
iz 2 − 2z 2+i
e) f (z) = , f ) f (z) = −5iz 2 + 2 ,
3z + 1 − i z
 3
10 (4 + 2i) z
g) f (z) = (z 4 − 2iz 2 + z) , h) f (z) = .
(2 − i) z 2 + 9i

Solution.

On rappelle que les règles de dérivation des fonctions de la variable complexe, concernant
sommes, différences, produits, quotients et compositions (lorsqu’elles sont définies) sont les
mêmes que celles utilisées dans le cas des fonctions réelles.
Ainsi les dérivées des fonctions élémentaires dans le cas complexe sont identiques à celles dans
le cas réel.

a) f 0 (z) = 5 (2 − i) z 4 + 4iz 3 − 6z.

b) f 0 (z) = 15i (iz)2 − 20z = −15iz 2 − 20z.

c) f 0 (z) = (z 6 − 1) dz
d d
(z 2 − z + 1 − 5i) + (z 2 − z + 1 − 5i) dz (z 6 − 1)

= (z 6 − 1) (2z − 1) + (z 2 − z + 1 − 5i) (6z 5 )

= 8z 7 − 7z 6 + (6 − 30i) z 5 − 2z + 1.
2 d 3 3 d 2
d) f 0 (z) = (z 2 + 2z + 7i) dz
(z 4 − 4iz) + (z 4 − 4iz) dz
(z 2 + 2z + 7i)
2 2 3
= (z 2 + 2z + 7i) 3 (4z 3 − 4i) (z 4 − 4iz) + (z 4 − 4iz) 2 (2z + 2) (z 2 + 2z + 7i)
2
= (z 4 − 4iz) (z 2 + 2z + 7i) (3 (z 2 + 2z + 7i) (4z 3 − 4i) + 2 (z 4 − 4iz) (2z + 2))
2
= (z 4 − 4iz) (z 2 + 2z + 7i) (16z 5 + 28z 4 + 84iz 3 − 28iz 2 − 40iz + 84) .
d d
0
(3z + 1 − i) dz (iz 2 − 2z) − (iz 2 − 2z) dz (3z + 1 − i)
e) f (z) =
(3z + 1 − i)2

29
2.2. Solutions

(3z + 1 − i) (2iz − 2) − (iz 2 − 2z) (3) 3iz 2 + (2 + 2i) z − 2 + 2i


= = .
(3z + 1 − i)2 (3z + 1 − i)2
4 + 2i
f ) f 0 (z) = −10iz − .
z3
9
g) f 0 (z) = 10 (4z 3 − 4iz + 1) (z 4 − 2iz 2 + z) .
 2  
(4 + 2i) z d (4 + 2i) z
h) f 0 (z) = 3
(2 − i) z 2 + 9i dz (2 − i) z 2 + 9i
2 
−2 (5z 2 + 9 − 18i)
 
(4 + 2i) z
=3
(2 − i) z 2 + 9i ((2 − i) z 2 + 9i)2
−24 (3 + 4i) z 2 (5z 2 + 9 − 18i)
= .
((2 − i) z 2 + 9i)4

Exercice 2.2

Montrer que la fonction f (z) = x + 4iy n’est dérivable en aucun point.

Solution.
f (z) − f (z0 )
Par définition, la fonction f n’est pas dérivable en z0 = x0 + iy0 si la limite lim
z→z0 z − z0
n’existe pas, i.e. la limite dépend de la manière dont z tend vers z0 .

Soit z0 = x0 + iy0 ∈ C. On a

f (z) − f (z0 ) x + 4iy − (x0 + 4iy0 ) x − x0 + 4i (y − y0 )


lim = x→x
lim = x→x
lim .
z→z0 z − z0 y→y0
0 x + iy − (x0 + iy0 ) y→y0
0 x − x + i (y − y )
0 0

x − x0
Pour y = y0 et x → x0 , la limite cherchée est lim = 1.
x→x0 x − x0
4i (y − y0 )
Pour x = x0 et y → y0 , la limite cherchée est lim = 4.
y→y0 i (y − y0 )
La limite obtenue dépendant de la façon dont z → z0 , la dérivée n’existe pas i.e. la fonction f
n’est dérivable en aucun point.

Exercice 2.3

Soit la fonction f (z) = |z|2 ; montrer que f est dérivable qu’à l’origine (même chose
pour g (z) = z et h (z) = |z|).

30
2.2. Solutions

Solution.

a) Soit z0 = x0 + iy0 ∈ C∗ i.e. (x0 , y0 ) 6= (0, 0). On a


f (z) − f (z0 ) |z|2 − |z0 |2 x2 − x20 + y 2 − y02
lim = lim = x→x
lim .
z→z0 z − z0 z→z0 z − z0 y→y0
0 x − x + i (y − y )
0 0

x2 − x20 (x − x0 ) (x + x0 )
Pour y = y0 et x → x0 , la limite cherchée est lim = lim = 2x0 .
x→x0 x − x0 x→x0 x − x0
Pour x = x0 et y → y0 , la limite cherchée est
y 2 − y02 (y − y0 ) (y + y0 )
lim = lim = −2iy0 .
y→y0 i (y − y0 ) y→y0 i (y − y0 )

f (z) − f (z0 )
Pour z0 = x0 + iy0 ∈ C∗ , la limite lim dépendant de la façon dont z → z0 , donc
z − z0
z→z0
la fonction f n’est dérivable en aucun point de C∗ .

Si z0 = 0 i.e. (x0 , y0 ) = (0, 0). On a


f (z) − f (z0 ) |z|2 |z|2 z
lim = lim = lim = lim z = 0.
z→z0 z − z0 z→0 z z→0 zz z→0

Donc f est dérivable qu’à l’origine avec f 0 (0) = 0.


g (z) − g (z0 ) z − z0 x − x0 − i (y − y0 )
b) Si z = x+iy et z0 = x0 +iy0 alors lim = lim = x→x
lim .
z→z0 z − z0 z→z 0 z − z0
y→y0
0 x − x0 + i (y − y0 )
g (z) − g (z0 ) x − x0
Si y = y0 , lim = lim = 1.
z→z0 z − z0 x→x 0 x − x0

g (z) − g (z0 ) −i (y − y0 )
Si x = x0 , lim = lim = −1.
z→z0 z − z0 y→y0 i (y − y0 )

Pour tout z0 dans C, la limite n’existe pas donc la fonction g n’est dérivable en aucun point.

c) Soit z0 = x0 + iy0 ∈ C∗ . On a
p p
h (z) − h (z0 ) |z| − |z0 | x2 + y 2 − x20 + y02
lim = lim = x→x
lim .
z→z0 z − z0 z→z0 z − z0
y→y0
0 x − x0 + i (y − y0 )
p p
h (z) − h (z0 ) x2 + y02 − x20 + y02 x0
Si y = y0 , lim = lim =p 2 .
z→z0 z − z0 x→x 0 x − x0 x0 + y02
p p
h (z) − h (z0 ) x20 + y 2 − x20 + y02 −iy0
Si x = x0 , lim = lim =p 2 .
z→z0 z − z0 y→y0 i (y − y0 ) x0 + y02
h (z) − h (0) |z| reiθ
Ainsi lim = lim = lim = e−iθ , la limite en z = 0 n’existe pas car elle
z→0 z−0 z→0 z r→0 reiθ
dépend de θ. La fonction h aussi n’est dérivable en aucun point.

31
2.2. Solutions

.. Exercice 2.4

Montrer que la fonction définie par



 0 si z = 0
f (z) =
 x3 −y3 + i x3 +y3 si z 6= 0
x2 +y 2 x2 +y 2

est non dérivable à l’origine. (on pourra considérer les chemins le long des axes).

Solution.

On a
x3 −y 3 3 3
f (z) − f (0) x2 +y 2
+ i xx2 +y
+y 2
lim = lim .
z→0 z−0 x→0
y→0
x + iy
x + ix
Pour y = 0 et x → 0, la limite cherchée est lim = 1 + i.
x→0 x
it i 1+i
Pour x = y = t et t → 0, la limite cherchée est lim = = .
t→0 t + it 1+i 2
f (z) − f (0)
La limite lim dépend de la façon dont z → 0, donc la fonction f n’est pas dérivable
z→0 z−0
à l’origine z = 0.

Exercice 2.5

Étudier l’holomorphie des fonctions suivantes (en précisant leurs domaines).

a) f (z) = z 3 , b) f (z) = 3z 2 + 5z − 6i,

c) f (z) = Re z, d) f (z) = e−x cos y − ie−x sin y,

e) f (z) = x2 + y 2 , f ) f (z) = x + sin x Ch y + i (y + cos x Sh y) ,

g) f (z) = y + ix, h) f (z) = 4z − 6z + 3,


2 −y 2 2 −y 2
i) f (z) = z 2 , j) f (z) = ex cos (2xy) + iex sin (2xy) ,
x y
k) f (z) = 4x2 + 5x − 4y 2 + 9 l) f (z) = x2 +y 2
+ i x2 +y 2,

+i (8xy + 5y − 1) ,
x3 +xy 2 +x 3 2
m) f (z) = x−1
(x−1)2 +y 2
− i (x−1)y2 +y2 , n) f (z) = x2 +y 2
+ i y x+x y−y
2 +y 2 .

32
2.2. Solutions

Solution.
∂u ∂v ∂u ∂v
Nous rappelons que si f = u + iv et les dérivées partielles , , et sont continues dans
∂x ∂y ∂y ∂x
un domaine D, alors les équations de Cauchy-Riemann
∂u ∂v ∂u ∂v
= et =−
∂x ∂y ∂y ∂x
sont nécessaires et suffisantes pour que f soit holomorphe dans D.
z+z z−z
En notant que x = et y = , les conditions de Cauchy-Riemann aussi peuvent être
2 2i
écrites sous la forme
∂f
= 0.
∂z

a) La fonction f (z) = z 3 ne contient pas le terme z, donc d’après la condition de Cauchy-


∂f
Riemann = 0, la fonction f (z) = z 3 est holomorphe dans C.
∂z
b) Comme précédemment f (z) = 3z 2 + 5z − 6i ne contient pas le terme z, donc elle est
holomorphe dans C.

c) On a f (z) = Re z = x. Posons u = x et v = 0.
∂u ∂v
Il est claire que 6= , la première équation de Cauchy-Riemann n’est pas satisfaite. Alors
∂x ∂y
la fonction f n’est holomorphe en aucun point de C.

d) On a u = e−x cos y et v = −e−x sin y. Les dérivées partielles de u et v sont


∂u ∂v ∂u ∂v
= −e−x cos y, = −e−x cos y, = −e−x sin y, = e−x sin y.
∂x ∂y ∂y ∂x
Les équations de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout x, y ∈ R, c’est-à-dire
∂u ∂v ∂u ∂v
= = −e−x cos y et =− = −e−x sin y,
∂x ∂y ∂y ∂x
la fonction f est donc holomorphe sur C.
On remarque aussi que f (z) n’est que e−z , qui est holomorphe sur C car elle ne contient pas le
terme z.
∂f ∂f
e) On a f (z) = x2 + y 2 = |z|2 = zz et donc = z. La condition de Cauchy-Riemann =0
∂z ∂z
n’est satisfaite qu’en z0 = 0. La fonction f est dérivable en z0 = 0 car
f (z) − f (0) zz
lim = lim = lim z = 0,
z→0 z−0 z→0 z z→0

mais elle n’est pas holomorphe en 0 car il n’y a pas d’un disque ouvert centré en 0 sur lequel f
est dérivable.
Alors la fonction f n’est holomorphe en aucun point de C.

33
2.2. Solutions

f ) On a u = x + sin x Ch y et v = y + cos x Sh y et donc

∂u ∂v ∂u ∂v
= 1 + cos x Ch y, = 1 + cos x Ch y, = sin x Sh y, = − sin x Sh y.
∂x ∂y ∂y ∂x

Les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout x, y ∈ R car

∂u ∂v ∂u ∂v
= = 1 + cos x Ch y et =− = sin x Sh y.
∂x ∂y ∂y ∂x

La fonction f , qui n’est que z + sin z, est alors holomorphe sur C.

g) On a u = y et v = x et donc

∂u ∂v ∂u ∂v
= 0, = 0, = 1, = 1.
∂x ∂y ∂y ∂x
∂u ∂v
La première condition de Cauchy-Riemann = est satisfaite, mais la seconde condition
∂x ∂y
∂u ∂v
=− n’est pas satisfaite en aucun point. Donc la fonction f , qui est iz n’est holomorphe
∂y ∂x
en aucun point de C.
∂f
h) On a f (z) = 4z − 6z + 3 et donc = −6 6= 0. Alors f n’est holomorphe en aucun point
∂z
de C.
∂f
i) On a f (z) = z 2 et donc = 2z 6= 0 sauf en 0. Alors f n’est holomorphe en aucun point
∂z
de C. Mais elle est dérivable en 0 car

f (z) − f (0) z2 z2
lim = lim = 0 à cause de lim = lim |z| = 0.
z→0 z−0 z→0 z z→0 z z→

2 −y 2 2 −y 2
j) On a u = ex cos (2xy) et v = ex sin (2xy) et donc

∂u ∂v 2 2
= = 2ex −y (x cos (2xy) − y sin (2xy)) ,
∂x ∂y
∂u ∂v 2 2
=− = −2ex −y (y cos (2xy) + x sin (2xy)) .
∂y ∂x

Les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout x, y ∈ R. La fonction f , qui n’est
2
que ez , est alors holomorphe sur C.

k) On a u = 4x2 + 5x − 4y 2 + 9 et v = 8xy + 5y − 1 et donc

∂u ∂v ∂u ∂v
= = 8x + 5 et =− = −8y.
∂x ∂y ∂y ∂x

Les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout x, y ∈ R. La fonction f , qui n’est
que 4z 2 + 5z + 9 − i, est alors holomorphe sur C.

34
2.2. Solutions

x y z z 1 ∂f −1
l) On a f (z) = +i 2 = 2 = = et donc = 2 6= 0. Alors f n’est
x2
+y 2 x +y 2
|z| zz z ∂z z
holomorphe en aucun point de C.
z−1 1
m) On a f (z) = x−1
(x−1)2 +y 2
−i (x−1)y2 +y2 = 2 = , qui est holomorphe sur C\ {1}.
|z − 1| z−1

x3 +xy 2 +x 3 2 y−y z2z + z z2 + 1 1


n) On a f (z) = x2 +y 2
+ i y x+x
2 +y 2 = = = z + , qui est holomorphe sur
zz z z
C∗ .
Exercice 2.6

Déterminer les constantes a, b, c et d de telle sorte que la fonction f soit holomorphe


dans chacun des cas

a) f (z) = 3x − y + 5 + i (ax + by − 3) , b) f (z) = x2 + axy + by 2 + i cx2 + dxy + y 2 .




Solution.

a) On a u = 3x − y + 5 et v = ax + by − 3. Les dérivées partielles de u et v sont continues et


elles sont données par
∂u ∂v ∂u ∂v
= 3, = b, = −1, = a.
∂x ∂y ∂y ∂x
Les équations de Cauchy-Riemann
∂u ∂v
= →b=3
∂x ∂y
∂u ∂v
et =− →a=1
∂y ∂x
sont alors nécessaires et suffisantes pour que f soit holomorphe. Dans ce cas

f (z) = 3x − y + 5 + i (x + 3y − 3) = (3 + i) z + 5 − 3i.

b) On a u = x2 + axy + by 2 et v = cx2 + dxy + y 2 . Donc


∂u ∂v ∂u ∂v
= 2x + ay, = dx + 2y, = ax + 2by, = 2cx + dy.
∂x ∂y ∂y ∂x
∂u ∂v ∂u ∂v
Les équations de Cauchy-Riemann = et =− donnent
∂x ∂y ∂y ∂x
2x + ay = dx + 2y et ax + 2by = −2cx − dy.

Ce qui implique que a = d = 2 et b = c = −1. Dans ce cas

f (z) = x2 + 2xy − y 2 + i −x2 + 2xy + y 2 = (1 − i) z 2 .




35
2.2. Solutions

Exercice 2.7

En utilisant les conditions de Cauchy-Riemann montrer que les fonctions suivantes ne


sont pas holomorphe sur C, néanmoins elle sont dérivables sur les chemins indiquées

a) f (z) = x2 + y 2 + 2ixy, l’axe des abscisses,

b) f (z) = 3x2 y 2 − 6ix2 y 2 , les deux axes,

c) f (z) = x3 + 3xy 2 − x + i (y 3 + 3x2 y − y) , les deux axes,

d) f (z) = x2 − x + y + i (y 2 − 5y − x) , y = x + 2.

Solution.

a) On a u = x2 + y 2 et v = 2xy. Donc
∂u ∂v ∂u ∂v
= 2x, = 2x → = ,
∂x ∂y ∂x ∂y
∂u ∂v ∂u ∂v
= 2y, = 2y → 6 − .
=
∂y ∂x ∂y ∂x
La deuxième équation de Cauchy-Riemann n’est satisfaite qu’aux points de l’axe des abscisses
y = 0. Si z0 = x0 un point de cet axe des abscisses, alors la fonction f est dérivable en z0
car
f (z) − f (z0 ) x2 + y 2 + 2ixy − x20
lim = x→x
lim
z→z0 z − z0 y→0
0 x + iy − x0
 2
x − y 2 + 2ixy − x20 2y 2

= x→x
lim +
y→0
0 x + iy − x0 x + iy − x0
 2
x − y 2 + 2ixy − x20 2y 2

= x→x
lim +
y→0
0 x + iy − x0 x + iy − x0
2y 2
 
= x→x
lim x + iy + x0 +
y→0
0 x + iy − x0

= 2x0 ,

mais elle n’est pas holomorphe en z0 car il n’y a pas d’un disque ouvert centré en z0 sur lequel
f est dérivable.
Alors la fonction f n’est holomorphe en aucun point de C.

b) On a u = 3x2 y 2 et v = −6x2 y 2 . Donc


∂u ∂v ∂u ∂v
= 6xy 2 , = −12x2 y, = 6x2 y, = −12xy 2 .
∂x ∂y ∂y ∂x

36
2.2. Solutions

Les équations de Cauchy-Riemann ne sont satisfaites que lorsque xy = 0 c’est-à-dire aux points
des deux axes y = 0 et x = 0. Sur les deux axes la fonction est dérivable car si z0 = x0 ,

f (z) − f (z0 ) 3x2 y 2 − 6ix2 y 2


lim = x→x
lim =0
z→z0 z − z0 y→0
0 x + iy − x0

et si z0 = iy0 ,
f (z) − f (z0 ) 3x2 y 2 − 6ix2 y 2
lim = lim = 0.
z→z0 z − z0 x→0
y→y
x + iy − iy 0
0

Pour la même raison que celle qui précède f n’est pas holomorphe sur C.

c) On a u = x3 + 3xy 2 − x et v = y 3 + 3x2 y − y. Donc

∂u ∂v ∂u ∂v
= 3x2 + 3y 2 − 1, = 3y 2 + 3x2 − 1, = 6xy, = 6xy.
∂x ∂y ∂y ∂x

Comme précédemment, les équations de Cauchy-Riemann ne sont satisfaites que lorsque xy = 0.


Sur les deux axes xy = 0 la fonction est dérivable car si z0 = x0 ,

f (z) − f (z0 ) x3 + 3xy 2 − x + i (y 3 + 3x2 y − y) − x30 + x0


lim = x→x
lim
z→z0 z − z0 y→0
0 x + iy − x0
x3 + 3xy 2 + i (y 3 + 3x2 y) − x30
= x→x
lim −1
y→0
0 x + iy − x0

= 3x20 − 1 (en posant x = x0 + r cos θ et y = r sin θ),

et si z0 = iy0 ,

f (z) − f (z0 ) x3 + 3xy 2 − x + i (y 3 + 3x2 y − y) − i (y03 − y0 )


lim = lim
z→z0 z − z0 x→0
y→y
x + iy − iy0
0

= 3y02 − 1 (en posant x = r cos θ et y = y0 + r sin θ).

Alors la fonction f n’est holomorphe en aucun point de C.

d) On a u = x2 − x + y et v = y 2 − 5y − x. Donc

∂u ∂v ∂u ∂v
= 2x − 1, = 2y − 5, = 1, = −1.
∂x ∂y ∂y ∂x

Les équations de Cauchy-Riemann ne sont satisfaites que lorsque 2x − 1 = 2y − 5 ou bien


y = x + 2. Sur la droite y = x + 2 la fonction est dérivable car si z0 = x0 + i (x0 + 2) ,

f (z) − f (z0 ) x2 − x + y + i (y 2 − 5y − x) − ((1 + i) x20 − 2ix0 + 2 − 6i)


lim = x→x
lim
z→z0 z − z0 0
y→x0 +2
x + iy − x0 − i (x0 + 2)

= 2x0 − 1 − i (en posant x = x0 + r cos θ et y = x0 + 2 + r sin θ).

37
2.2. Solutions

Alors la fonction f n’est holomorphe sur C.

f (z) = x2 + 2xy − y 2 + i −x2 + 2xy + y 2 = (1 − i) z 2 .




Exercice 2.8

Soit f (z) = u (x, y) + iv (x, y) une fonction complexe, on pose x = r cos θ et y = r sin θ.
1. Montrer que

∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u
= cos θ + sin θ et = − r sin θ + r cos θ.
∂r ∂x ∂y ∂θ ∂x ∂y

2. Exprimer les conditions de Cauchy-Riemann en coordonnées polaires et montrer


que  
0 ∂u ∂v ∂f
f (z) = (cos θ − i sin θ) +i = e−iθ .
∂r ∂r ∂r
3. Appliquer les résultats trouvés pour étudier l’holomorphie des fonctions

cos θ sin θ
et g (z) = 5r cos θ + r4 cos (4θ) + i 5r sin θ + r4 sin (4θ) .

f (z) = −i
r r

Solution.
p y

1. On a x = r cos θ et y = r sin θ ou r = x2 + y 2 et θ = Arctg x
. D’où

∂u ∂u ∂x ∂u ∂y ∂u ∂u
= + = cos θ + sin θ, (2.1)
∂r ∂x ∂r ∂y ∂r ∂x ∂y
∂u ∂u ∂x ∂u ∂y ∂u ∂u
= + = − r sin θ + r cos θ. (2.2)
∂θ ∂x ∂θ ∂y ∂θ ∂x ∂y

2. De la même façon

∂v ∂v ∂x ∂v ∂y ∂v ∂v
= + = cos θ + sin θ, (2.3)
∂r ∂x ∂r ∂y ∂r ∂x ∂y
∂v ∂v ∂x ∂v ∂y ∂v ∂v
= + = − r sin θ + r cos θ. (2.4)
∂θ ∂x ∂θ ∂y ∂θ ∂x ∂y
∂u ∂v ∂u ∂v
D’après les équations de Cauchy-Riemann = et = − , les équations (2.4) et
∂x ∂y ∂y ∂x
(2.3) peuvent être écrites comme
 
∂v ∂v ∂v ∂u ∂u ∂u ∂u
= − r sin θ + r cos θ = r sin θ + r cos θ = r cos θ + sin θ ,
∂θ ∂x ∂y ∂y ∂x ∂x ∂y
 
∂v ∂v ∂v ∂u ∂u ∂u ∂u
= cos θ + sin θ = − cos θ + sin θ = − − sin θ + cos θ .
∂r ∂x ∂y ∂y ∂x ∂x ∂y

38
2.2. Solutions

En tenant compte de (2.1) et (2.2), on trouve les conditions de Cauchy-Riemann en


coordonnées polaires
∂u 1 ∂v ∂v 1 ∂u
= et =− . (2.5)
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ
On rappelle que si f = u + iv est holomorphe dans un domaine D de C, alors la dérivée
de f est donnée par

∂u ∂v ∂v ∂u ∂u ∂u
f 0 (z) = +i = −i = − i , z ∈ D. (2.6)
∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y
sin θ
En multipliant (2.1) par cos θ, (2.2) par − et en additionnant, il vient, tenant compte
r
de (2.5)
∂u ∂u sin θ ∂u ∂u ∂v
= cos θ − = cos θ + sin θ . (2.7)
∂x ∂r r ∂θ ∂r ∂r
cos θ
De même en multipliant (2.1) par sin θ, (2.2) par et en additionnant, il vient, tenant
r
compte de (2.5)
∂u ∂u cos θ ∂u ∂u ∂v
= sin θ + = sin θ − cos θ . (2.8)
∂y ∂r r ∂θ ∂r ∂r
En tenant compte de (2.7) et (2.8), la dérivée de f peut s’écrire
 
0 ∂u ∂u ∂u ∂v ∂u ∂v
f (z) = −i = cos θ + sin θ − i sin θ − cos θ
∂x ∂y ∂r ∂r ∂r ∂r
 
∂u ∂v ∂f
= (cos θ − i sin θ) +i = e−iθ .
∂r ∂r ∂r

cos θ sin θ cos θ sin θ


3. Pour f (z) = −i , on a u = et v = − , et donc
r r r r
 
∂u cos θ 1 cos θ 1 ∂v
=− 2 = − = ,
∂r r r r r ∂θ
 
∂v sin θ 1 sin θ 1 ∂u
= 2 =− − =− .
∂r r r r r ∂θ

Les conditions de Cauchy-Riemann en coordonnées polaires sont satisfaites, alors la fonc-


tion f est holomorphe sur C∗ .
Pour g (z) = 5r cos θ + r4 cos (4θ) + i (5r sin θ + r4 sin (4θ)), on a u = 5r cos θ + r4 cos (4θ)
et v = 5r sin θ + r4 sin (4θ). D’où

∂u 1  1 ∂v
= 5 cos θ + 4r3 cos (4θ) = 5r cos θ + 4r4 cos (4θ) = ,
∂r r r ∂θ
∂v 1 1 ∂u
= 5 sin θ + 4r3 sin (4θ) = − −5r sin θ − 4r4 sin (4θ) = −

.
∂r r r ∂θ

Il vient alors que la fonction f est holomorphe sur C.

39
2.2. Solutions

Exercice 2.9

Soient U un ouvert connexe non vide de C et f une fonction holomorphe sur U . Prouver
que les conditions suivantes sont équivalentes
1. f est constante.
2. P = Re (f ) est constante.
3. Q = Im (f ) est constante.
4. f est holomorphe sur U .
5. |f | est constante.

Solution.

Il est clair que la condition 1) implique les autres. Comme f = u + iv est holomorphe sur U ,
∂u ∂v ∂u ∂v
alors pour z = x + iy ∈ U , x, y ∈ R, il vient = et =− .
∂x ∂y ∂y ∂x
La connexité de U implique alors l’équivalence de 2) et 3). Par suite, la condition 2) implique
la condition 1). D’où l’équivalence 1) ⇐⇒ 2) ⇐⇒ 3).
De 2u = f + f , on déduit que, si 4) est vérifié, on a u holomorphe sur U . Comme Im (u) = 0,
l’équivalence de 2) et 3) nous fournit alors l’implication 4) =⇒ 2). On en déduit l’équivalence
des conditions 1) à 4).
Si 5) est vérifié, il existe C ∈ R tel que |f |2 = u2 + v 2 = C pour tout z ∈ U . Si C = 0, il vient
f = 0. Supposons C 6= 0. Pour z ∈ U , on a

∂u ∂v ∂u ∂v
u +v =u +v = 0.
∂x ∂x ∂y ∂y
∂u ∂v ∂u ∂v
Compte tenu des conditions de Cauchy-Riemann = et =− on obtient
∂x ∂y ∂y ∂x
∂u ∂u

 u
 −v =0
∂x ∂y .
∂u ∂u
 v
 +u =0
∂x ∂y
∂u ∂u
Le système précédent aux inconnues et est homogène, et a pour déterminant u2 + v 2 =
∂x ∂y
∂u ∂u
C 6= 0. On voit donc que = = 0. Comme U est connexe, u est donc constante. Ainsi
∂x ∂y
5) =⇒ 2). Par suite, les conditions 1) à 5) sont équivalentes.

40
2.2. Solutions

.. Exercice 2.10

Vérifier que les fonctions données sont harmoniques et déterminer leurs conjuguées har-
moniques dans chacun des cas suivants.

a) u (x, y) = x, b) u (x, y) = 2x − 2xy, c) u (x, y) = x2 − y 2 ,

d) u (x, y) = −e−x sin y, e) u (x, y) = x3 − 3xy 2 , f ) u (x, y) = ex (x cos y − y sin y) .

Solution.

On rappelle qu’une fonction u de Ω ⊂ R2 dans R de classe C 2 sur Ω est dite harmonique si


∂ 2u ∂ 2u
+ = 0 pour tout (x, y) ∈ Ω ⊂ R2 .
∂x2 ∂y 2
∂ 2u ∂ 2u
La fonction + est notée ∆u et est appelée laplacien de u.
∂x2 ∂y 2
Notons que toutes les fonctions de a) à f) sont de classe C 2 sur R2 .
Ainsi si u une fonction harmonique dans Ω ⊂ R2 . Alors une fonction v est dite harmonique
conjuguée de u si les fonctions u et v vérifient les conditions de Cauchy-Riemann et dans ce cas
f = u + iv est une fonction holomorphe sur Ω ⊂ C.
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
a) On a = 1, 2 = 0, = 0 et = 0. Donc ∆u = + = 0 ce qui montre que
∂x ∂x ∂y ∂y 2 ∂x2 ∂y 2
u est harmonique.
Pour trouver une fonction v conjuguée harmonique de u, on utilise les conditions de Cauchy-
Riemann. Ces conditions s’écrivent sous la forme
∂v ∂u
= = 1, (2.9)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = 0. (2.10)
∂x ∂y
En intégrant l’équation (2.9) par rapport à y, il vient

v = y + C1 (x) , (2.11)

où C1 (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (2.11) dans (2.10) on obtient
d
C1 (x) = 0 → C1 (x) = c,
dx
où c désigne une constante dans R. D’où de (2.11), v = y + c.

41
2.2. Solutions

∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
b) On a = 2 − 2y, 2 = 0, = −2x et = 0. Donc ∆u = + 2 = 0 + 0 = 0,
∂x ∂x ∂y ∂y 2 ∂x2 ∂y
d’où la fonction u est harmonique.
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = 2 − 2y, (2.12)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = 2x. (2.13)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.12) par rapport à y, il vient

v = 2y − y 2 + C1 (x) , (2.14)

Par substitution de (2.14) dans (2.13) on obtient

d
C1 (x) = 2x → C1 (x) = x2 + c,
dx

où c désigne une constante dans R. D’où de (2.14), v = 2y − y 2 + x2 + c.


∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
c) On a = 2x, 2 = 2, = −2y et = −2. Donc + = 2 − 2 = 0, alors u est
∂x ∂x ∂y ∂y 2 ∂x2 ∂y 2
harmonique.
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = 2x, (2.15)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = 2y. (2.16)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.15) par rapport à y, il vient

v = 2xy + C1 (x) , (2.17)

Par substitution de (2.17) dans (2.16) on obtient

d d
2y + C1 (x) = 2y → C1 (x) = 0 → C1 (x) = c,
dx dx

D’où de (2.17), v = 2xy + c.


∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u ∂ 2u
d) On a = e−x sin y, 2 = −e−x sin y, = −e−x cos y et = e−x
sin y. Donc +
∂x ∂x ∂y ∂y 2 ∂x2
∂ 2u
2
= −e−x sin y + e−x sin y = 0, alors u est harmonique.
∂y
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = e−x sin y, (2.18)
∂y ∂x

42
2.2. Solutions

∂v ∂u
=− = e−x cos y. (2.19)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.18) par rapport à y, il vient

v = −e−x cos y + C1 (x) , (2.20)

Par substitution de (2.20) dans (2.19) on obtient

d d
e−x cos y + C1 (x) = e−x sin y → C1 (x) = 0 → C1 (x) = c,
dx dx

D’où de (2.20), v = −e−x cos y + c.


2
∂u 2 2 ∂ u ∂u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
e) On a = 3x − 3y , 2 = 6x, = −6xy et 2 = −6x. Donc 2 + 2 = 6x − 6x = 0,
∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y
alors u est harmonique.
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = 3x2 − 3y 2 , (2.21)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = 6xy. (2.22)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.21) par rapport à y, il vient

v = 3x2 y − y 3 + C1 (x) , (2.23)

Par substitution de (2.23) dans (2.22) on obtient

d d
6xy + C1 (x) = 6xy → C1 (x) = 0 → C1 (x) = c,
dx dx

D’où de (2.23), v = 3x2 y − y 3 + c.

f ) On a

∂u ∂ 2u
= ex ((1 + x) cos y − y sin y) , = ex ((2 + x) cos y − y sin y) ,
∂x ∂x2
∂u x ∂ 2u
= −e ((1 + x) sin y + y cos y) , 2
= −ex ((2 + x) cos y − y sin y) .
∂y ∂y

∂ 2u ∂ 2u
D’où + = ex ((2 + x) cos y − y sin y) − ex ((2 + x) cos y − y sin y) = 0 ce qui montre que
∂x2 ∂y 2
u est harmonique.
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = ex ((1 + x) cos y − y sin y) , (2.24)
∂y ∂x

43
2.2. Solutions

∂v ∂u
=− = ex ((1 + x) sin y + y cos y) . (2.25)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.24) par rapport à y, il vient

v = ex (x sin y + y cos y) + C1 (x) , (2.26)

Par substitution de (2.26) dans (2.25) on obtient

d
ex ((1 + x) sin y + y cos y) + C1 (x) = ex ((1 + x) sin y + y cos y) → C1 (x) = c,
dx

D’où de (2.26), v = ex (x sin y + y cos y) + c.

Exercice 2.11

Vérifier que la fonction u donnée est harmonique et déterminer sa conjuguée harmonique


v, puis expliciter la fonction complexe f (z) = u+iv en fonction de z dans les cas suivants

a) u (x, y) = xy + x + 2y avec f (2i) = −1 + 5i,


b) u (x, y) = 4xy 3 − 4x3 y + x avec f (1 + i) = 5 + 4i.

Solution.

Remarquons que les fonction u des deux cas a) et b) sont de classe C 2 sur R2 .
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
a) On a = y + 1, 2 = 0, = x et = 0. Donc + = 0 ce qui montre que u
∂x ∂x ∂y ∂y 2 ∂x2 ∂y 2
est harmonique.
Pour trouver une fonction v conjuguée harmonique de u, on utilise les conditions de Cauchy-
Riemann. Ces conditions s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = y + 1, (2.27)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = −x − 2. (2.28)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.27) par rapport à y, il vient

1
v = y 2 + y + C1 (x) , (2.29)
2

où C1 (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (2.29) dans (2.28) on obtient

d 1
C1 (x) = −x − 2 → C1 (x) = − x2 − 2x + c,
dx 2
44
2.2. Solutions

où c désigne une constante dans R. D’où de (2.29),

1 1
v = y 2 + y − x2 − 2x + c.
2 2

Nous présentons quatre méthodes pour expliciter f en fonction de z :

Méthode 1.
On a f (z) = f (x + iy) = u (x, y) + iv (x, y). Posons y = 0, f (x) = u (x, 0) + iv (x, 0).
En remplaçant x par z on trouve f (z) = u (z, 0) + iv (z, 0). Comme u (z, 0) = z et v (z, 0) =
− 21 z 2 − 2z + c, alors f (z) = z − 12 iz 2 − 2iz + ic. La condition f (2i) = −1 + 5i donne

1
f (z) = (1 − 2i) z − iz 2 − 3 + i.
2

Méthode 2.
On a
 
1 2 1
f (z) = u + iv = xy + x + 2y + i y + y − x2 − 2x + c
2 2
1 1
= xy + iy 2 − ix2 + x + 2y + iy − 2ix + ic
2 2
1 2 2

= − i x − y + 2ixy + x + iy − 2i (x + iy) + ic
2
1
= − iz 2 + z − 2iz + ic.
2

Méthode 3.
z+z z−z
On sait que x = et y = . D’où par substitution dans f (z) = u (x, y) + iv (x, y) on
2 2i
trouve, après des calculs fastidieux, que z disparaı̂t et que seul subsiste le résultat (1 − 2i) z −
1 2
2
iz + ic.
En général la méthode l est préférable aux méthodes 2 et 3 quand à la fois u et v sont con-
nus.

Méthode 4.
Pour une fonction f holomorphe sur un domaine D on a f (z)+f (z) = 2u (x, y). En remplaçant
z z
x par et y par −i on trouve
2 2
z z
f (z) = 2u , −i − f (0) .
2 2
Alors
z z z  z  z 
f (z) = 2u , −i =2 −i + − iz + 2ic
2 2 2 2 2
45
2.2. Solutions

1
= − iz 2 + (1 − 2i) z + 2ic.
2

En général la méthode l est préférable aux méthodes 2 et 3 quand à la fois u et v sont con-
nus.
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
b) On a = 4y 3 − 12x2 y + 1, 2 = −24xy, = 12xy 2 − 4x3 et = 24xy. Donc
∂x ∂x ∂y ∂y 2
∂ 2u ∂ 2u
+ = −24xy + 24xy = 0, d’où la fonction u est harmonique.
∂x2 ∂y 2
Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent sous la forme

∂v ∂u
= = 4y 3 − 12x2 y + 1, (2.30)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = 4x3 − 12xy 2 . (2.31)
∂x ∂y

En intégrant l’équation (2.30) par rapport à y, il vient

v = y 4 − 6x2 y 2 + C1 (x) , (2.32)

Par substitution de (2.32) dans (2.31) on obtient

d d
−12xy 2 + C1 (x) = 4x3 − 12xy 2 → C1 (x) = 4x3 → C1 (x) = x4 + c,
dx dx

où c désigne une constante dans R. D’où de (2.32), v = y 4 − 6x2 y 2 + x4 + c. Alors

f (z) = u (z, 0) + iv (z, 0) = z + iz 4 + ic.

Avec la condition f (1 + i) = 5 + 4i on trouve f (z) = iz 4 + z + 4 + 7i.

Exercice 2.12

x
Soit v la fonction définie par v (x, y) = .
+ y2 x2
1. Montrer que v est harmonique dans un domaine D qui ne contient pas l’origine.
2. Trouver une fonction complexe f (z) = u (x, y) + iv (x, y) qui soit holomorphe sur
le domaine D.
3. Exprimer f en fonction de z.

Solution.

Remarquons que la fonction v est de classe C 2 sur tout domaine D ⊂ R2 qui ne contient pas
l’origine.

46
2.2. Solutions

1. On a

∂v x2 − y 2 ∂ 2 v (3y 2 − x2 )
=− , = −2x ,
∂x (x2 + y 2 )2 ∂x2 (x2 + y 2 )3
∂v −2xy ∂ 2v (3y 2 − x2 )
= , = 2x .
∂y (x2 + y 2 )2 ∂y 2 (x2 + y 2 )3

∂ 2v ∂ 2v
Donc + = 0 ce qui montre que v est harmonique.
∂x2 ∂y 2
2. Pour trouver une fonction u pour que f = u + iv soit holomorphe sur le domaine D, on
utilise les conditions de Cauchy-Riemann, qui s’écrivent sous la forme

∂u ∂v −2xy
= = , (2.33)
∂x ∂y (x + y 2 )2
2

∂u ∂v x2 − y 2
=− = . (2.34)
∂y ∂x (x2 + y 2 )2

En intégrant l’équation (2.33) par rapport à x, il vient

y
u= + C1 (y) , (2.35)
x2 + y2

où C1 (y) est une fonction réelle de y.


Par substitution de (2.35) dans (2.34) on obtient

x2 − y 2 d x2 − y 2
+ C1 (y) = → C1 (x) = c,
(x2 + y 2 )2 dy (x2 + y 2 )2

où c désigne une constante dans R. D’où de (2.35),

y
u= + c.
x2 + y 2

3. On a

y x
f (z) = u (x, y) + iv (x, y) = +c+i 2
+y 2 x2 x + y2
i (x − iy) i
= +c= +c
(x − iy) (x + iy) x + iy
i
= +c
z

47
2.2. Solutions

Exercice 2.13

Soit f (z) = u (r, θ) + iv (r, θ) une fonction holomorphe sur un domaine D. En utilisant
les conditions de Cauchy-Riemann sous forme polaire monter que u et v satisfont à
l’équation de Laplace sous forme polaire

∂ 2u ∂u ∂ 2 u
r2 + r + 2 = 0.
∂r2 ∂r ∂θ

Application : montrer que les fonctions suivantes sont harmoniques :

10r2 − sin (2θ)


a) u (x, y) = r3 cos (3θ) , b) u (x, y) = .
r2

Solution.

D’après le problème 2.8, les conditions de Cauchy-Riemann en coordonnées polaires sont

∂v ∂u
=r , (2.36)
∂θ ∂r
∂v 1 ∂u
=− . (2.37)
∂r r ∂θ

Pour éliminer v on dérive (2.36) par rapport à r et (2.37) par rapport à θ, d’où

∂ 2v ∂ 2 u ∂u
   
∂ ∂v ∂ ∂u
= = r =r 2 + , (2.38)
∂r∂θ ∂r ∂θ ∂r ∂r ∂r ∂r
∂ 2v 1 ∂ 2u
   
∂ ∂v ∂ 1 ∂u
= = − =− . (2.39)
∂θ∂r ∂θ ∂r ∂θ r ∂θ r ∂θ2

∂ 2v ∂ 2v
Mais = si l’on suppose les dérivées partielles secondes continues. D’où d’après
∂r∂θ ∂θ∂r
(2.38) et (2.39)
∂ 2 u ∂u 1 ∂ 2u 2
2∂ u ∂u ∂ 2 u
r 2 + =− ou r + r + 2 = 0.
∂r ∂r r ∂θ2 ∂r2 ∂r ∂θ
2
2∂ v ∂v ∂ 2 v
De la même façon, par élimination de u on trouve r +r + = 0.
∂r2 ∂r ∂θ2
Application :
∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
a) On a = 3r2 cos (3θ) , 2 = 6r cos (3θ) , = −3r3 sin (3θ) et = −9r3 cos (3θ).
∂r ∂r ∂θ ∂θ2
Donc
∂ 2u ∂u ∂ 2 u
r2 2 2
− 9r3 cos (3θ) = 0,

+ r + = r (6r cos (3θ)) + r 3r cos (3θ)
∂r2 ∂r ∂θ2
ce qui montre que u est harmonique.

48
2.2. Solutions

10r2 − sin (2θ) sin (2θ)


b) On a u (x, y) = 2
= 10 − donc
r r2
∂u sin (2θ) ∂ 2 u sin (2θ) ∂u cos (2θ) ∂ 2u sin (2θ)
=2 3
, 2
= −6 4
, = −2 2
et 2
=4 .
∂r r ∂r r ∂θ r ∂θ r2

Alors
2
∂u ∂ 2 u
   
2∂
u 2 sin (2θ) sin (2θ) sin (2θ)
r 2
+r + 2 = r −6 4
+r 2 3
+4 = 0,
∂r ∂r ∂θ r r r2
ce qui montre que u est harmonique.

Exercice 2.14

Trouver toutes les fonctions conjuguées harmoniques qui correspondent aux formes suiv-
antes :
y
a) u = F x2 + y 2 , b) u = F (ax + by) , c) u = F (xy) , d) u = F

.
x

Solution.

a) Il faut d’abord déterminer la fonction F pour laquelle u soit harmonique.


On a

∂u ∂ 2u
= 2xF 0 x2 + y 2 , = 2F 0 x2 + y 2 + 4x2 F 00 x2 + y 2 ,
  
∂x ∂x 2

∂u ∂ 2u
= 2yF 0 x2 + y 2 , 0 2 2 2 00 2 2
  
= 2F x + y + 4x F x + y .
∂y ∂y 2

∂ 2u ∂ 2u
Donc ∆u = + = 4F 0 (x2 + y 2 ) + 4 (x2 + y 2 ) F 00 (x2 + y 2 ), alors u est harmonique si et
∂x2 ∂y 2
seulement si
F 0 (s) + sF 00 (s) = 0,

qui est une équation différentielle d’ordre 2 et elle est équivalente à

F 00 (s) 1
0
=− .
F (s) s

En intégrant par rapport à s, on trouve

c2
ln F 0 (s) = − ln s + c1 , c1 ∈ R ou bien F 0 (s) = , c2 ∈ R.
s

En intégrant une autre fois par rapport à s, on obtient

F (s) = c2 ln s + c3 , c3 ∈ R.

49
2.2. Solutions

Donc l’expression de F doit être F (x2 + y 2 ) = c2 ln (x2 + y 2 ) + c3 avec c2 , c3 ∈ R.


∂u 2x ∂u 2y
Dans ce cas = c2 2 2
et = c2 2 .
∂x x +y ∂y x + y2
Maintenant, on utilise les conditions de Cauchy-Riemann pour trouver une fonction v conjuguée
harmonique de u. Ces conditions s’écrivent sous la forme
∂v ∂u 2x
= = c2 2 , (2.40)
∂y ∂x x + y2
∂v ∂u 2y
=− = −c2 2 . (2.41)
∂x ∂y x + y2
En intégrant l’équation (2.40) par rapport à y, il vient
y
v = 2c2 Arctg + C1 (x) , (2.42)
x
où C1 (x) est une fonction réelle de x.
Par substitution de (2.42) dans (2.41) on obtient
2y d 2y d
−c2 + C 1 (x) = −c 2 → C1 (x) = 0 → C1 (x) = c4 ,
x2 + y 2 dx x2 + y 2 dx
où c4 désigne une constante dans R. D’où de (2.42), v = 2c2 Arctg xy + c4 .


b) Pour u = F (ax + by), on a


∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
= aF 0 (ax + by) , 2 = a2 F 00 (ax + by) , = bF 0 (ax + by) et 2
= b2 F 00 (ax + by) .
∂x ∂x ∂y ∂y
∂ 2u ∂ 2u
Donc ∆u = 2
+ 2
= (a2 + b2 ) F 00 (ax + by), d’où la fonction u est harmonique si et
∂x ∂y
seulement si u = F (ax + by) = ax + by + c1 , où c1 une constante dans R. Les conditions de
Cauchy-Riemann s’écrivent alors sous la forme
∂v ∂u
= = a, (2.43)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = −b. (2.44)
∂x ∂y
En intégrant l’équation (2.43) par rapport à y, il vient

v = ay + C1 (x) , (2.45)

où C1 (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (2.45) dans (2.44) on obtient
d
C1 (x) = −b → C1 (x) = −bx + c2 ,
dx
où c2 désigne une constante dans R. D’où de (2.45), v = ay − bx + c2 .

50
2.2. Solutions

c) Pour u = F (xy), on a

∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
= yF 0 (xy) , 2 = y 2 F 00 (xy) , = xF 0 (xy) et = x2 F 00 (xy) .
∂x ∂x ∂y ∂y 2
∂ 2u ∂ 2u
Donc ∆u = + = (x2 + y 2 ) F 00 (xy), d’où la fonction u est harmonique si et seulement si
∂x2 ∂y 2
u = F (xy) = c1 xy+c2 , où c1 , c2 sont des constantes dans R. Les conditions de Cauchy-Riemann
s’écrivent alors sous la forme

∂v ∂u
= = c1 y, (2.46)
∂y ∂x
∂v ∂u
=− = −c1 x. (2.47)
∂x ∂y
En intégrant l’équation (2.46) par rapport à y, il vient

c2 2
v= y + C1 (x) , (2.48)
2
où C1 (x) est une fonction réelle de x.
Par substitution de (2.48) dans (2.47) on obtient

d c1
C1 (x) = −c1 x → C1 (x) = − x2 + c2 ,
dx 2
c1
où c2 désigne une constante dans R. D’où de (2.48), v = 2
(y 2 − x2 ) + c2 .
y

d) Pour u = F x
, on a

∂u y 0  y  ∂ 2u 2y 0  y  y 2 00  y 
= − 2F , = 3F + 4F ,
∂x x x ∂x2 x x x x
∂u 1 y ∂ 2u 1 00  y 
= F0 et = F .
∂y x x ∂y 2 x2 x
Donc
∂ 2u ∂ 2u
  2   
1 y 0 y y 00 y
∆u = 2
+ 2 = 2 2 F + +1 F ,
∂x ∂y x x x x2 x
d’où la fonction u est harmonique si et seulement si

2sF 0 (s) + s2 + 1 F 00 (s) = 0,




qui est une équation différentielle d’ordre 2 et elle est équivalente à

F 00 (s) 2s
= − .
F 0 (s) s2 + 1
En intégrant par rapport à s, on trouve

c2
ln F 0 (s) = − ln s2 + 1 + c1 , c1 ∈ R ou bien F 0 (s) =

, c2 ∈ R.
s2 +1
51
2.2. Solutions

En intégrant une autre fois par rapport à s, on obtient

F (s) = c2 Arctg s + c3 , c2 , c3 ∈ R.

Donc l’expression de F doit être F xy = c2 Arctg xy + c3 avec c2 , c3 ∈ R. Dans ce cas


 
∂u y ∂u x
= −c2 x2 +y 2 et = c2 x2 +y 2 . Les conditions de Cauchy-Riemann s’écrivent alors sous la
∂x ∂y
forme

∂v ∂u y
= = −c2 2 , (2.49)
∂y ∂x x + y2
∂v ∂u x
=− = −c2 2 . (2.50)
∂x ∂y x + y2

En intégrant l’équation (2.49) par rapport à y, il vient

c2
ln x2 + y 2 + C1 (x) ,

v=− (2.51)
2

où C1 (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (2.51) dans (2.50) on obtient

x d x
−c2 + C1 (x) = −c2 2 → C1 (x) = c4 ,
x2 +y 2 dx x + y2

où c4 désigne une constante dans R. D’où de (2.51), v = − c22 ln (x2 + y 2 ) + c4 .

Exercice 2.15

Déterminer les fonctions holomorphes f = P + iQ de la variable z = x + iy dans chacun


des cas suivants :
1. P ne dépend que de x cos ϕ + y sin ϕ où ϕ est un angle donné.
2. P 2 + Q2 ne dépend que de x.
P
3. ne dépend que de x.
Q

Solution.

1. Soit P (x, y) = F (x cos ϕ + y sin ϕ). D’après la question b) de l’exercice 2.14 pour a =
cos ϕ et b = sin ϕ, la fonction P = c1 (x cos ϕ + y sin ϕ) + c2 , c1 , c2 ∈ R et la fonction
v conjuguée harmonique de u est Q = c1 (y cos ϕ − sin ϕx) + c3 , c3 ∈ R. Les fonctions
holomorphes f = P + iQ dans ce cas sont

f (z) = c1 (x cos ϕ + y sin ϕ) + c2 + ic1 (y cos ϕ − sin ϕx) + ic3

52
2.2. Solutions

= c1 cos ϕ (x + iy) + c1 sin ϕ (y − ix) + c2 + ic3

= c1 z cos ϕ − ic1 z sin ϕ + c2 + ic3

= c1 e−ϕ z + c2 + ic3 , c1 , c2 , c3 ∈ R.

2. Soit f = P + iQ telle que P 2 (x, y) + Q2 (x, y) = F (x) où F est une fonction positive non
identiquement nulle sur un domaine connexe. En dérivant par rapport à x et puis y on
trouve

∂P ∂Q
2P (x, y) (x, y) + 2Q (x, y) (x, y) = F 0 (x) ,
∂x ∂x
∂P ∂Q
2P (x, y) (x, y) + 2Q (x, y) (x, y) = 0.
∂y ∂y
∂Q ∂P ∂Q ∂P
Compte tenu des conditions de Cauchy-Riemann = et =− on obtient
∂y ∂x ∂x ∂y
∂P ∂P 1 0

 P (x, y) ∂x (x, y) − Q (x, y) ∂y (x, y) = 2 F (x) ,

 ∂P ∂P
 Q (x, y)
 (x, y) + P (x, y) (x, y) = 0.
∂x ∂y
∂P ∂P
Le déterminant de ce système en et est D = P 2 (x, y) + Q2 (x, y) ≡ F (x) 6= 0.
∂x ∂y
En résolvant ce système on obtient

∂P 1 F 0 (x) ∂P 1 F 0 (x)
(x, y) = P (x, y) et (x, y) = − Q (x, y) ,
∂x 2 F (x) ∂y 2 F (x)
∂P ∂Q
ou encore comme =− on aura
∂y ∂x
∂P ∂Q
(x, y) 1 F 0
(x) (x, y) 1 F 0 (x)
∂x = et ∂x = .
P (x, y) 2 F (x) Q (x, y) 2 F (x)

En intégrant par rapport à x puis en prenant l’exponentielle des deux côtés on trouve
p p
P (x, y) = G1 (y) F (x) et Q (x, y) = G2 (y) F (x),

où G1 et G2 sont des fonctions de y. Comme P 2 (x, y) + Q2 (x, y) = F (x) alors G21 (y) +
G22 (y) = 1 et donc
p p p
P (x, y) = G (y) F (x) et Q (x, y) = F (x) 1 − G2 (y),

où G est une fonction qui ne dépend que de y et qui satisfait la condition 1 − G2 (y) ≥ 0
sur un domaine connexe.

53
2.2. Solutions

Pour déterminer la forme des fonctions F et G on utilise les conditions de Cauchy-


Riemann,

∂P ∂Q 1 F 0 (x) G (y) G0 (y) p


= =⇒ p G (y) = − p F (x),
∂x ∂y 2 F (x) 1 − G2 (y)
∂P ∂Q p 1 F 0 (x) p
=− =⇒ G0 (y) F (x) = − p 1 − G2 (y).
∂y ∂x 2 F (x)

Ces deux équations sont identiques et peuvent s’écrire

G0 (y) 1 F 0 (x)
−p = = c1 , où c1 est une constante dans R.
1 − G2 (y) 2 F (x)

En intégrant on trouve

F (x) = c2 e2c1 x et G (y) = cos (c1 y + c3 ) , c1 , c2 , c3 ∈ R.

Les fonctions holomorphes f = P + iQ dans ce cas sont

f (z) = c4 ec1 x cos (c1 y + c3 ) + ic4 ec1 x sin (c1 y + c3 ) , c4 ∈ R

= αecz , c ∈ R et α ∈ C.

P (x, y)
3. Soit f = P + iQ telle que = F (x) ou bien P (x, y) = F (x) Q (x, y) où F est une
Q (x, y)
fonction non identiquement nulle sur un domaine connexe. En dérivant par rapport à x
et puis y on trouve

∂P ∂Q
(x, y) = F 0 (x) Q (x, y) + F (x) (x, y) ,
∂x ∂x
∂P ∂Q
(x, y) = F (x) (x, y) .
∂y ∂y
∂P ∂Q ∂P ∂Q
Compte tenu des conditions de Cauchy-Riemann = et =− on obtient
∂x ∂y ∂y ∂x
∂Q ∂Q

0
 F (x) ∂x (x, y) − ∂y (x, y) = −F (x) Q (x, y)

 ∂Q ∂Q

 (x, y) + F (x) (x, y) = 0.
∂x ∂y
∂Q ∂Q
En résolvant ce système en et on obtient
∂x ∂y
∂Q F (x) F 0 (x)
(x, y) = − Q (x, y) , (2.52)
∂x 1 + F 2 (x)
∂Q F 0 (x)
(x, y) = Q (x, y) . (2.53)
∂y 1 + F 2 (x)

54
2.2. Solutions

En intégrant l’équation (2.52) par rapport à x, il vient


G (y)
Q (x, y) = p , (2.54)
1 + F 2 (x)
où G (y) est une fonction réelle de y.
Par substitution de (2.54) dans (2.53) on obtient
G0 (y) F 0 (x) G (y)
p = 2
p ,
1 + F 2 (x) 1 + F (x) 1 + F 2 (x)

ce qui implique
G0 (y) F 0 (x)
= = c1 , c1 ∈ R.
G (y) 1 + F 2 (x)
Encore en intégrant cet équation on trouve

F (x) = tg (c1 x + c2 ) et G (y) = c3 ec1 y , c1 , c2 , c3 ∈ R.

Alors
G (y)
Q (x, y) = p = c3 ec1 y cos (c1 x + c2 ) .
1 + F 2 (x)
Pour déterminer la fonction P on utilise les conditions de Cauchy-Riemann,
∂P ∂Q
= = c1 c3 ec1 y cos (c1 x + c2 ) , (2.55)
∂x ∂y
∂P ∂Q
=− = c1 c3 ec1 y sin (c1 x + c2 ) . (2.56)
∂y ∂x
En intégrant l’équation (2.56) par rapport à y, il vient

P (x, y) = c3 ec1 y sin (c1 x + c2 ) + C (x) , (2.57)

où C (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (2.57) dans (2.55) on obtient

c1 c3 ec1 y cos (c1 x + c2 ) + C 0 (x) = c1 c3 ec1 y cos (c1 x + c2 ) → C (x) = c4 , c4 ∈ R.


P (x, y)
La constante c4 doit être nulle car ne dépend que de x. D’où
Q (x, y)
P (x, y) = c3 ec1 y sin (c1 x + c2 ) , c1 , c2 , c3 ∈ R.

Les fonctions holomorphes f = P + iQ dans ce cas sont

f (z) = c3 ec1 y sin (c1 x + c2 ) + ic3 ec1 y cos (c1 x + c2 ) , c1 , c2 , c3 ∈ R,

= αeciz , c ∈ R et α ∈ C.

55
C
h a pi
tr
e 3
Intégration et formule de Cauchy

3.1 Exercices

Exercice 3.1
Déterminer et représenter graphiquement les chemins suivants.

1

a) z (t) = 1 + 2i
t, 2 ≤ t ≤ 5, b) z (t) = 3 + i + (1 − i) t, 0 ≤ t ≤ 3,

c) z (t) = t + (1 − t)2 i, −1 ≤ t ≤ 1, d) z (t) = 1 + i + e−πit , 0 ≤ t ≤ 2,


π
e) z (t) = 2 + 4e 2 it , 0 ≤ t ≤ 2, f ) z (t) = 2 cos t + i sin t, 0 ≤ t ≤ 2π.

Exercice 3.2
Donner une représentation paramétrique des chemins suivants.

a) Le segment allant de (−1, 1) vers (1, 3).


 
1 1
b) L’arc de courbe d’équation y = , allant de (1, 1) à 5, .
x 5
c) Le demi cercle supérieur |z − 2 + i| = 2 de (4, −1) à (0, −1).

d) L’ellipse d’équation 4 (x − 2)2 + 5 (y + 1)2 = 20.

e) La branche d’hyperbole d’équation x2 − 4y 2 = 4 contenant (2, 0).


1
f ) L’arc de la parabole d’équation y = 1 − x2 avec −2 ≤ x ≤ 2.
4

56
3.1. Exercices

Exercice 3.3
Calculer les intégrales curvilignes suivantes :
Z
a) ez dz où C est le chemin le plus court reliant iπ à 2iπ.
C
Z
b) Re zdz où C est l’arc de la parabole y = 1 + 12 (x − 1)2 de 1 + i à 3 + 3i.
C
Z
c) cos (2z) dz où C est le demi cercle |z| = π, x ≥ 0 de −iπ vers ιπ.
C
Z
d) Re (z 2 ) dz où C est le carré de sommets 0, 1, 1 + i et i orienté positivement.
C
Z
2
e) zez dz où C est le chemin reliant 1 à i le long des axes.
C
Z
f) Im (z 2 ) dz où C est le triangle de sommets 0, 1 et i orienté positivement.
C
Z  
5 6
g) − dz où C est le cercle |z − 2i| = 4 orienté positivement.
C z − 2i (z − 2i)2
Exercice 3.4 Z
Calculer l’intégrale f (z) dz dans chacun des cas suivants.
|z|=R

2 1
 1
a) f (z) = ez , b) f (z) = tg 4
z , c) f (z) = ,
z
1 1
d) f (z) = Im z, e) f (z) = , f ) f (z) = .
|z|2 4z − 3

Exercice 3.5
Évaluer les intégrales suivantes, l’orientation est supposée positive.
R
a) C
Log (1 − z) dz où C est le parallélogramme de sommets −1 − i, −i, 1 + i et i.
R 1
 π
b) C
coth 2
z dz où C est le cercle z − i =1
2
sin z
dz où C est le cercle |z − 4 − 2i| = 11
R
c) C 2
.
z + 2iz
R 1
d) C
dz où C est le cercle |z| = π.
z − 3i
R ez
z ∈ C, |z|+ = 2 ou |z|− = 1 .

e) C
dz où C =
z
R cos z
dz où C = z ∈ C, |z|+ = 1 ou |z|− = 3 .

f) C
z
R tg 21 z

g) C 4
dz où C est le carré de sommets −i, 1, i et −1.
z − 16
R 2z 3 + z 2 + 4
h) C
dz où C est le cercle |z − 2| = 4.
z 4 + 4z 2
57
3.1. Exercices

Exercice 3.6
Calculer les intégrales suivantes, l’orientation est supposée positive.
1
dz où C est l’ellipse de l’équation 4x2 + (y − 2)2 = 4.
R
a) C
+4z2
R z
b) C 2
dz où C est le cercle |z + 1| = 2.
z + 4z + 3
R z+2
c) C
dz où C est le cercle |z − 1| = 2.
z−2
R Ch (z 2 − πi)
d) C
dz où C est le carré de sommets 2, 2 + 4i, −2 + 4i et −2.
z − πi
R tg z
e) C
dz où C est le triangle de sommets 0, 1 + 2i et −1 + 2i.
z−i
R Log (z + 1)
f) C
dz où C est le cercle |z − i| = 75 .
z2 + 1

58
3.2. Solutions

3.2 Solutions
Exercice 3.1

Déterminer et représenter graphiquement les chemins suivants.

1

a) z (t) = 1 + 2i
t, 2 ≤ t ≤ 5, b) z (t) = 3 + i + (1 − i) t, 0 ≤ t ≤ 3,

c) z (t) = t + (1 − t)2 i, −1 ≤ t ≤ 1, d) z (t) = 1 + i + e−πit , 0 ≤ t ≤ 2,


π
e) z (t) = 2 + 4e 2 it , 0 ≤ t ≤ 2, f ) z (t) = 2 cos t + i sin t, 0 ≤ t ≤ 2π.

Solution.
Nous rappelons qu’un chemin ou arc de classe C k de C est Im z
z1 = z(b)
défini comme étant une fonction de classe C k d’un intervalle
réel I = [a, b], a < b, vers le plan complexe C.
[a, b] → C
C
z0 = z(a)
t 7→ z (t) = x (t) + iy (t) .
Re z
Ses points initial et final sont z0 = z (a) et z1 = z (b).
La fonction t 7→ z (t) est souvent notée t 7→ γ (t) ou t 7→ φ (t). Les points initial z0 = γ (a) et
final z1 = γ (b) sont appelés respectivement l’origine et l’extrémité de γ.
L’image C = {z (t) ∈ C, t ∈ [a, b]} s’appelle support de γ ou courbe dans le plan complexe C
paramétrée par la fonction γ : t 7→ z (t).

Souvent on confond le chemin avec son support et on dit que C est un chemin paramétré de
classe C k .
y
1 1

a) On a z (t) = 1 + 2i
t=t− 2
it, 2 ≤ t ≤ 5.
Donc x (t) = t et y (t) = − 12 t.
En éliminant t entre x (t) et y (t), on trouve x
z0 = z(2)
y = − 21 x, 2 ≤ x ≤ 5, qui est un segment de
droite, reliant les deux points complexes z0 = 2 − i z1 = z(5)
5
et z1 = 5 − 2
i.

59
3.2. Solutions
y
b) On a z (t) = 3 + i + (1 − i) t = 3 + t + i (1 − t), z0
0 ≤ t ≤ 3. Donc x (t) = 3 + t et y (t) = 1 − t.
En éliminant t entre x (t) et y (t), on trouve x

y = 4 − x, 3 ≤ x ≤ 6, qui est un segment de


droite, reliant les deux points complexes z0 = 3 + i
z1
et z1 = 6 − 2i.
y
c) On a z (t) = t + (1 − t)2 i, −1 ≤ t ≤ 1. z0
2
Donc x (t) = t et y (t) = (1 − t) .
En éliminant t entre x (t) et y (t), on trouve
y = (1 − x)2 , −1 ≤ x ≤ 1, qui est un arc
d’une parabole, reliant les deux points complexes
z0 = −1 + 4i et z1 = 1.
z1 x

y
−πit
d) On a z (t) = 1+i+e = 1+cos (πt)+i (1 − sin (πt)), 0 ≤ t ≤ 2.
Donc x (t) = 1 + cos (πt) et y (t) = 1 − sin (πt). r
2
En tenant compte de cos2 (πt) + sin (πt) = 1 on obtient (1, 1)

(x − 1)2 + (y − 1)2 = 1, 0 ≤ x ≤ 2, qui est un cercle de rayon x


r = 1 et de centre (1, 1).
y
π
it
e) On a z (t) = 2 + 4e 2

= 2 + 4 cos π2 t + 4i sin π2 t , 0 ≤ t ≤ 2.
 

Donc 2 + 4 cos π2 t et y (t) = 4 sin π2 t .


 

En tenant compte de cos2 π2 t + sin2 π2 t = 1 on


 
r=4

obtient (x − 2)2 + y 2 = 42 , 0 ≤ y ≤ 4, qui est le x


(2, 0)
demi cercle supérieur de rayon r = 4 et de centre
(2, 0).
y
f ) On a z (t) = 2 cos t + i sin t, 0 ≤ t ≤ 2π.
Donc x (t) = 2 cos t et y (t) = sin t.
En tenant compte de cos2 t + sin2 t = 1 on obtient x
x2
+ y 2 = 1, −2 ≤ x ≤ 2, qui est un ellipse.
4

60
3.2. Solutions

. Exercice 3.2

Donner une représentation paramétrique des chemins suivants.


a) Le segment allant de (−1, 1) vers (1, 3).  
1 1
b) L’arc de courbe d’équation y = , allant de (1, 1) à 5, .
x 5
c) Le demi cercle supérieur |z − 2 + i| = 2 de (4, −1) à (0, −1).
d) L’ellipse d’équation 4 (x − 2)2 + 5 (y + 1)2 = 20.
e) La branche d’hyperbole d’équation x2 − 4y 2 = 4 contenant (2, 0).
1
f ) L’arc de la parabole d’équation y = 1 − x2 avec −2 ≤ x ≤ 2.
4

Solution.

On rappelle que :
y
• La courbe représentative d’une fonction f (b)

y = f (x) , x ∈ [a, b]

est paramétrée par f (a)


x
z (t) = t + if (t) , t ∈ [a, b] . a b

y
• Le cercle de centre z0 et de rayon r est une courbe it
z(t) = z0 + re
paramétrée par

z0 r
z (t) = z0 + r (cos t + i sin t) , 0 ≤ t ≤ 2π, y0
x
x0
ou
z (t) = z0 + reit , 0 ≤ t ≤ 2π.
Cercle de centre z0 et de rayon r
• Le segment d’extrémités z0 et z1 noté [z0 , z1 ] est y

une courbe paramétrée par z1

z(t) = z0 + t(z1 − z0 )
z (t) = z0 (1 − t) + tz1 , 0 ≤ t ≤ 1,
x
ou z0
z (t) = z0 + t (z1 − z0 ) , 0 ≤ t ≤ 1.
Segment d’extrémités z0 et z1

61
3.2. Solutions
y
a) Le segment de droite reliant les deux points z0 = −1 + i z1
et z1 = 1 + 3i est paramétré par

z (t) = z0 (1 − t) + tz1
z0
= (1 + i) (1 − t) + t (1 + 3i)
x
= 1 + i (2t + 1) , 0 ≤ t ≤ 1.
1 y
b) L’arc de courbe d’équation y = , allant de (1, 1)
  x
1
à 5, est paramétré par
5
x
i
z (t) = t + , 1 ≤ t ≤ 5.
t y
c) Le demi cercle supérieur |z − 2 + i| = 2 de (4, −1)
à (0, −1) est paramétré par
x
z (t) = 2 − i + 2eit , 0 ≤ t ≤ π. r=2
(2, −1)

d) L’équation de l’ellipse 4 (x − 2)2 + 5 (y + 1)2 = 20 y

est équivalente à
 2  2
x−2 y+1
√ + = 1.
5 2

x (t) − 2 y (t) + 1
Posons √ = cos t et = sin t.
5 2 x
L’équation paramétrique cherchée est alors

z (t) = 2 + i + 5 cos t + 2i sin t, 0 ≤ t ≤ 2π.

e) L’équation x2 − 4y 2 = 4 est équivalente à y


 x 2
− y 2 = 1. C’est une hyperbole et elle est
2
constituée de deux branches disjointes symétriques
l’une de l’autre. La branche contenant (2, 0) cor-
x
respond aux valeurs de x ≥ 2. Posons alors
x (t)
= Ch t et y (t) = Sh t, t ∈ R. L’équation
2
paramétrique cherchée est donc

z (t) = 2 Ch t + i Sh t, t ∈ R.

62
3.2. Solutions

1 y
f ) L’arc de la parabole d’équation y = 1 − x2 avec
4
−2 ≤ x ≤ 2 est paramétré par
 
1 2 x
z (t) = t + i 1 − t , −2 ≤ t ≤ 2.
4

Exercice 3.3

Calculer les intégrales curvilignes suivantes :


R
a) C ez dz où C est le chemin le plus court reliant iπ à 2iπ.
b) C Re zdz où C est l’arc de la parabole y = 1 + 12 (x − 1)2 de 1 + i à 3 + 3i.
R
R
c) C cos (2z) dz où C est le demi cercle |z| = π, x ≥ 0 de −iπ vers ιπ.
R
d) C Re (z 2 ) dz où C est le carré de sommets 0, 1, 1 + i et i orienté positivement.
R 2
e) C zez dz où C est le chemin reliant 1 à i le long des axes.
R
f ) C Im (z 2 ) dz où C est le triangle de sommets 0, 1 et i orienté positivement.
R  5 6

g) C z−2i − (z−2i) 2 dz où C est le cercle |z − 2i| = 4 orienté positivement.

Solution.

On rappelle que si D un domaine (connexe ouvert) non vide dans C et C une courbe paramétrée
par un chemin
γ : [a, b] → D
t 7→ γ (t) = z (t) = x (t) + iy (t)
de classe C 1 et f : D → C une fonction continue en tout point de C, alors

Z Zb Zb
f (z) dz = f (z (t)) dz (t) = f (z (t)) z 0 (t) dt.
C a a

Ainsi, si f est holomorphe dans D et si z0 et z1 sont y

deux points quelconques de D, alors pour toute courbe


C dans D de point initial z0 et de point final z1 ,
R z1
l’intégrale C f (z) dz est indépendante du chemin suivi
pour aller de z0 à z1 . De plus, si F 0 (z) = f (z), D
z0
alors
Z Zz1 x
f (z) dz = f (z) dz = [F (z)]zz10 = F (z1 ) − F (z0 ) .
C z0

63
3.2. Solutions
y
a) Le plus court chemin joignant iπ et 2iπ est le segment de droite 2iπ
allant de iπ à 2iπ dont l’équation paramétrique est

z (t) = iπ (1 − t) + 2iπt = iπt + iπ, 0 ≤ t ≤ 1.


Les points iπ et 2iπ sur C correspondant à t = 0 et à t = 1.
L’intégrale curviligne considérée vaut donc
Z Z t=1
z
e dz = eiπt+iπ d (iπt + iπ)
C
Zt=01
x
t=1
eiπt+iπ iπdt = eiπt+iπ t=0 = e2iπ − eiπ = 2.

=
0
R
Autre méthode. La fonction ez est holomorphe dans C alors C ez dz est indépendant du chemin
Z Z2iπ
suivi pour aller de iπ à 2iπ et on a e dz = ez dz = [ez ]zz10 = e2iπ − eiπ = 2.
z

C iπ
2 y
b) L’arc de la parabole y = 1 + 21 (x − 1) de 1 + i à 3 + 3i est
paramétré par 3 + 3i

 
1 2
z (t) = t + i 1 + (t − 1)
2
1 2 3 1+i
= it + (1 − i) t + i, 1 ≤ t ≤ 3.
2 2
x
On a dz = (it + 1 − i) dt et donc l’intégrale donnée vaut
Z Z t=3  t=3
1 3 1 2 14
Re zdz = t (it + 1 − i) dt = it + (1 − i) t = 4 + i.
C t=1 3 2 t=1 3

c) Le demi cercle |z| = π, x ≥ 0 de −iπ vers ιπ est y


−1
paramétré par z (t) = πeiπt , 2
≤ t ≤ 21 . iπ
L’intégrale donnée vaut
1
t=
Z Z 2

cos 2πeiπt d πeiπt


 
cos (2z) dz =
C
−1
t=
2 x
1
Z2
iπ 2 cos 2πeiπt eiπt dt

=
−1
2
 21
sin 2πeiπt
1
= 2 −1 = sin (2iπ) −iπ
2

= i Sh (2π) ' 267.74i .

64
3.2. Solutions
R
Autre méthode. La fonction cos (2z) est holomorphe dans C alors C
cos (2z) dz est indépendant
du chemin suivi pour aller de −iπ à iπ et on a
Z Ziπ
1 iπ
cos (2z) dz = cos (2z) dz = 2
sin (2z) −iπ
C −iπ

= 12 sin (2iπ) − 21 sin (−2iπ) = sin (2iπ) = i Sh (2π) .

d) Posons z1 = 0, z2 = 1, z3 = 1 + i et z4 = i. Les équations y

paramétriques des segments de droites [z1 z2 ] , [z2 z3 ] , [z3 z4 ] et


[z4 z1 ] sont, respectivement,
z4 z3
z = t, z = 1 + it, z = 1 − t + i

et z = (1 − t) i avec t ∈ [0, 1] .
z1 z2 x

Ainsi

Re z 2 = t2 , Re z 2 = 1 − t2 , Re z 2 = t2 − 2t et Re z 2 = − (1 − t)2 avec t ∈ [0, 1] .


   

L’intégrale donnée vaut


Z Z Z Z Z
2 2 2 2
Re z 2 dz
    
Re z dz = Re z dz + Re z dz + Re z dz +
C [z1 z2 ] [z2 z3 ] [z3 z4 ] [z4 z1 ]
Z 1 Z 1 Z 1 Z 1
2
1 − t2 idt + t2 − 2t (−dt) + − (1 − t)2 (−idt)
 
= t dt +
0 0 0 0
h 3 i1 h  i1 h i1 
t t3 2 t3 i 3 1
= 3 + i t− 3 + t − 3 + − 3 (1 − t) 0
0 0 0
1 2 2 i
= 3
+ 3
i + + 3 3
= 1 + i.

e) Posons z1 = 1, z2 = 0 et z3 = i. Les équations paramétriques y

des segments de droites [z1 z2 ] et [z2 z3 ] sont, respectivement,

z = 1 − t et z = it avec t ∈ [0, 1] . z3

L’intégrale donnée vaut


Z Z Z
z2 z2 2
ze dz = ze dz + zez dz z2 z1 x
C [z1 z2 ] [z2 z3 ]
Z 1 Z 1
(1−t)2 2
= (1 − t) e (−dt) + ite−t idt
0 0
h
1 (t−1) 2 1
i h
1 −t 2 1
i 1 − e e−1 − 1 e−1 − e
= 2
e + 2
e = + = = − Sh 1 ' −1.1752 .
0 0 2 2 2
65
3.2. Solutions

2 R 2
Autre méthode. La fonction zez est holomorphe dans C alors C
zez dz est indépendant du
chemin suivi pour aller de 1 à i et on a

Zi
e−1 − e
Z h ii
z2 z2 1 z2
ze dz = ze dz = 2
e = = − Sh 1 ' −1.1752 .
1 2
C 1

f ) Posons z1 = 0, z2 = 1 et z3 = i. Les équations paramétriques y

des segments de droites [z1 z2 ] , [z2 z3 ] et [z3 z1 ] sont, respective-


ment,
z3

z = t, z = 1 − t + it et z = (1 − t) i avec t ∈ [0, 1] .

Ainsi z1 z2 x

Im z 2 = 0, Im z 2 = 2t−2t2 et Im z 2 = 0 avec t ∈ [0, 1] .


  

L’intégrale donnée vaut


Z Z Z Z
2 2 2
Im z 2 dz
   
Im z dz = Im z dz + Im z dz +
C [z1 z2 ] [z2 z3 ] [z3 z1 ]
Z 1 Z 1 Z 1
2t − 2t2 (i − 1) dt +

= 0dt + 0 (−idt)
0 0 0
1
= (i − 1) t2 − 32 t3 0 = − 13 + 13 i .


g) Le cercle |z − 2i| = 4 est paramétré par y

z (t) = 2i + 4eit , 0 ≤ t ≤ 2π.

r=4
L’intégrale donnée vaut
2i

Z   t=2π
Z  
5 6 5 6
− dz = − 4ieit dt
C z − 2i (z − 2i)2 4eit (4eit )2 x
t=0
Z2π  
3i −it
= 5i − e dt
2
0
 2π
3 −it
= 5it + e = 10iπ.
2 0

66
3.2. Solutions

. Exercice 3.4

Z
Calculer l’intégrale f (z) dz dans chacun des cas suivants.
|z|=R

2 1
 1
a) f (z) = ez , b) f (z) = tg 4
z , c) f (z) = ,
z
1 1
d) f (z) = Im z, e) f (z) = , f ) f (z) = .
|z|2 4z − 3

Solution. y
C
Nous rappelons que si f une fonction holomorphe dans un D
domaine non vide D ⊂ C et C une courbe fermée contenue
ainsi que son intérieure dans D, alors
I
f (z) dz = 0.
x
C

Ce théorème fondamental est souvent appelé théorème de Cauchy.

Nous rappelons ainsi que si f une fonction holomorphe dans y

D ⊂ C et C une courbe fermée simple contenue ainsi que son D


C
intérieure dans D, et si w est un point intérieur à C, alors w
I
1 f (z)
f (w) = dz,
2πi z − w x
C

où la courbe C est décrite dans le sens direct.

De même la n-ième dérivée de f en w est donnée par


I
(n) n! f (z)
f (w) = dz, n = 1, 2, 3, · · · .
2πi (z − w)n+1
C

Les deux formules précédentes sont appelées formules intégrales de Cauchy et sont très
remarquables car ils montrent que si une fonction f est connue sur la courbe fermée simple C,
alors ses valeurs et les valeurs de toutes ses dérivées peuvent être calculées en tout point situé
à l’intérieur de C.

Nous rappelons aussi le théorème de l’argument, qui est une conséquence des formules
intégrales de Cauchy.

67
3.2. Solutions

Soit f une fonction holomorphe à l’intérieur d’une courbe fermée simple C, et sur C, à
l’exception d’un nombre fini de pôles intérieurs à C. On a alors
I 0
1 f (z)
dz = N − P .
2πi f (z)
C

où N et P désignent respectivement le nombre de zéros comptés avec multiplicité et le nombre


de pôles comptés avec leur ordre, de f intérieurs à C.

Sachant que un point z0 en lequel la fonction f cesse d’être holomorphe est appelé un point
singulier ou une singularité de f . Si l’on peut trouver un entier positif n tel que

lim (z − z0 )n f (z) = a 6= 0,
z→z0

alors z0 est appelé un pôle d’ordre n. Si n = 1, z0 est appelé un pôle simple.


2
a) LaZfonction f (z) = ez est holomorphe dans C et le cercle |z| = R est une courbe fermée,
alors f (z) dz = 0 pour tout R > 0.
|z|=R
0
1 sin( 1 z )
 (cos( 1 z))
b) On a f (z) = tg = cos 41 z = −4 cos 41 z . On applique le théorème de l’argument pour
z
 (4 ) (4 )
4

la fonction g (z) = cos 41 z , qui est holomorphe dans C. Il n’a donc aucune singularité mais il
a des zéros en zk = 2 (1 + 2k) π, k ∈ Z. Alors
Z   Z 0
1 g (z)
tg z dz = −4 dz = (−4) 2πiN = −8πiN ,
4 g (z)
|z|=R |z|=R

 R+2π 
où N est le nombre des zk intérieurs à |z| = R. Il est facile de vérifier que N = 2 4π
où b·c
désigne la partie entière. Donc

Z 
1
  −16πi  R+2π  si R

/N
4π 2π
tg z dz = .
4  n’est pas définie si R
∈N
|z|=R 2π

1
c) On a f (z) = . Le cercle |z| = R est paramétré par
z

z (t) = Reit , 0 ≤ t ≤ 2π.

L’intégrale donnée vaut


t=2π Z2π 2π
ei4π − 1
Z Z 
1 1 1 i2t
dz = Rieit dt = i2t
ie dt = e = = 0.
z Re−it 2 0 2
|z|=R t=0 0

68
3.2. Solutions

d) On a z (t) = Reit , 0 ≤ t ≤ 2π donc f (z) = Im z = R sin t. L’intégrale donnée vaut

Z t=2π
Z Z2π
it 2
i sin t cos t − sin2 t dt

Im zdz = R sin (t) Rie dt = R
|z|=R t=0 0
 2π
2 1 1 1
=R sin (2t) − t − i cos (2t) = −πR2 .
4 2 4 0

1 1
e) Si z (t) = Reit on a f (z) = 2 = . L’intégrale donnée vaut
|z| R2
t=2π t=2π
1  it 2π ei2π − 1
Z Z Z
1 1 1
dz = Rieit dt = ieit dt = e 0 = = 0.
|z|2 R 2 R R R
|z|=R t=0 t=0

1 1
f ) On a f (z) = = 3
 . Si R = 34 l’intégrale donnée n’est pas définie.
4z − 3 4 z−4
1
Si R < 43 , la fonction f (z) = est holomorphe sur |z| = R et dans son intérieure. Donc
4z Z− 3
1
d’après le théorème de Cauchy dz = 0.
4z − 3
|z|=R
3
Si R > 4
, l’application de la formule de Cauchy pour w = 34 donne
Z Z
1 1 1 π
dz = 3
 dz = 2πi = i.
4z − 3 4 z−4 4 2
|z|=R |z|=R

Exercice 3.5

Évaluer les intégrales suivantes, l’orientation est supposée positive.


R
a) C Log (1 − z) dz où C est le parallélogramme de sommets −1 − i, −i, 1 + i et i.
π
b) C coth 12 z dz où C est le cercle z − i = 1
R 
2
R sin z
c) C dz où C est le cercle |z − 4 − 2i| = 11
2
.
z + 2iz
R 1
d) C dz où C est le cercle |z| = π.
zz − 3i
R e
e) C dz où C = z ∈ C, |z|+ = 2 ou |z|− = 1 .

z z
R cos
dz où C = z ∈ C, |z|+ = 1 ou |z|− = 3 .

f) C
z
R tg 21 z

g) C 4 dz où C est le carré de sommets −i, 1, i et −1.
z − 16
R 2z 3 + z 2 + 4
h) C dz où C est le cercle |z − 2| = 4.
z 4 + 4z 2

69
3.2. Solutions

Solution.

Pour résoudre cet exercice, voir le rappel de l’exercice 3.4.

a) La fonction z 7→ Log z est holomorphe sur tout domaine D qui n’intersecte pas la demi-droite
réelle y = 0 avec x ≤ 0, c’est-à-dire D ∩ (C\R− ) = φ. Donc la fonction z 7→ Log (1 − z) est
holomorphe sur tout domaine D qui n’intersecte pas la demi-droite y = 0 avec x ≥ 1.
y
On remarque que le parallélogramme C de sommets
−1 − i, −i, 1 + i et i n’intersecte pas la demi-droite y = 0 avec i 1+i

x ≥ 1, alors la fonction z 7→ Log (1 − z) est holomorphe sur


1 x
C et à l’intérieur de C. Donc d’après leZ théorème de Cauchy
−i
(voir le rappel de l’exercice 3.4) on a Log (1 − z) dz = 0. −1 − i

C
Ce résultat peut aussi être établi directement à partir de la
définition de l’intégrale
y
b) On a z z 2iπ
e 2 + e− 2 ez + 1
 
1
coth z = z z = ,
2 e 2 − e− 2 ez − 1
qui est holomorphe sur tout domaine qui ne contient aucun des
points zk = 2ikπ, k ∈ Z.
π
On remarque que le disque z − i ≤ 1 ne contient aucun des i π2
2
points zk = 2ikπ. Alors d’après le théorème de Cauchy on a
Z   0 x
1
coth z dz = 0.
C 2

sin z y
c) Le dénominateur de s’annule en z0 = 0 qui
z + 2iz
appartient à l’intérieur du cercle |z − 4 − 2i| = 11
2
.
Donc d’après la formule intégrale de Cauchy (voir le rap-
pel de l’exercice 3.4) on a 4 + 2i

Z
sin z sin 0
dz = 2iπ = 0. 0 x
C z + 2iz 1 + 2i

70
3.2. Solutions
y

d) On a z0 = 3i est à l’intérieur du cercle |z| = π. Donc 3i

d’après la formule intégrale de Cauchy


Z
1 0 x
dz = 2iπ × 1 = 2iπ.
C z − 3i

y
e) On rappelle que si f une fonction holomorphe dans un
domaine connexe limité par deux courbes fermées simples C1
C2
C1 et C2 et sur cesI courbes, alors
I
f (z) dz = f (z) dz.
D
C1 C2

où C1 et C2 sont décrites dans le sens positif relatif à leur


x
intérieur.

ez y
La fonction z 7−→ est holomorphe dans le domaine limité
z
par les cercles |z|+ = 2 ou |z|+ = 1 et sur ces cercles. Alors |z| = 2

d’après le résultat précédent on a


|z| = 1
ez ez ez ez
Z Z Z Z
dz = dz ou bien dz + dz = 0, x
z z z z
|z|+ =2 |z|+ =1 |z|+ =2 |z|− =1

ou encore
ez
Z
dz = 0.
z
C
y
f ) On procède avec une méthode légèrement différente de la
précédente en e). On a z0 = 0 est à l’intérieur des cercles |z| = 3

|z| = 1 etZ |z| = 3. Donc d’après la formule intégrale de


cos z
Cauchy dz = 2iπ × cos 0 = 2iπ |z| = 1
z x
+
Z |z| =1
cos z
et dz = 2iπ × cos 0 = 2iπ. Alors
z
|z|+ =3
Z Z
cos z cos z
dz − dz = 2iπ − 2iπ = 0.
z z
|z|+ =1 |z|+ =3

D’où Z Z Z
cos z cos z cos z
dz + dz = 0 ou dz = 0.
z z z
|z|+ =1 |z|− =3 C

71
3.2. Solutions

1
 sin( 12 z ) y
g) La fonction tg 2
z = cos( 12 z )
a des singularités en
zk = (1 + 2k) π, k ∈ Z, qui sont à l’extérieur de C. 2i

Les quatre racines de z 4 − 16 = 0 sont sur le cercle


i

|z| = 2, qui sont aussi à l’extérieur de C. La fonction


tg 21 z
est alors holomorphe sur C et à l’intérieur de −2 −1 1 2 x
z 4 − 16
C. Donc d’après le théorème de Cauchy on a −i

tg 21 z
Z 
dz = 0. −2i
z 4 − 16
C

2z 3 + z 2 + 4 y
h) La fonction se décompose en fractions
z 4 + 4z 2
simples comme |z − 2| = 4

2z 3 + z 2 + 4 1 1 1 2i
4 2
= + + 2.
z + 4z z − 2i z + 2i z

Les points z0 = 0, z1 = 2i et z2 = −2i sont à l’intérieur 0 x

de C, alors d’après les formules intégrales de Cauchy


Z Z Z −2i
1 1 1
dz = 2iπ, dz = 2iπ et dz = 0.
z − 2i z + 2i z2
C C C

D’où
2z 3 + z 2 + 4
Z Z Z Z
1 1 1
dz = dz + dz + dz = 4iπ.
z 4 + 4z 2 z − 2i z + 2i z2
C C C C

Exercice 3.6

Calculer les intégrales suivantes, l’orientation est supposée positive.


1
dz où C est l’ellipse de l’équation 4x2 + (y − 2)2 = 4.
R
a) C 2
z + 4
R z
b) C 2 dz où C est le cercle |z + 1| = 2.
z + 4z + 3
R z+2
c) C dz où C est le cercle |z − 1| = 2.
z−2
R Ch (z 2 − πi)
d) C dz où C est le carré de sommets 2, 2 + 4i, −2 + 4i et −2.
z − πi
R tg z
e) C dz où C est le triangle de sommets 0, 1 + 2i et −1 + 2i.
z−i
R Log (z + 1)
f) C 2
dz où C est le cercle |z − i| = 57 .
z +1

72
3.2. Solutions

Solution.
1 y
a) La fonction se décompose en fractions simples
z2 + 4 4x2 + (y − 2)2 = 4
comme
i i
1 4 4
= − .
z2 + 4 z + 2i z − 2i
Le point z1 = 2i est à l’intérieur de l’ellipse C mais z2 =
2i
−2i est à l’extérieur de C, alors d’après la formule intégrale
et le théorème de Cauchy
i i
−π
Z Z
4 i 4 x
dz = 2iπ = et dz = 0.
z − 2i 4 2 z + 2i
C C

D’où −2i
i i
−π
Z Z Z
1 4 4 π
2
dz = dz − dz = 0 − = .
z +4 z + 2i z − 2i 2 2
C C C
z
b) La fonction 2 se décompose en fractions simples comme
z + 4z + 3
z 3 1
= − .
z2 + 4z + 3 2 (z + 3) 2 (z + 1)
Le point z1 = −1 est à l’intérieur du cercle C, alors d’après la formule intégrale de Cauchy
Z
1 1
dz = 2iπ = iπ.
2 (z + 1) 2
C

y
Cependant,
Z z2 = −3 est sur le cercle C, et donc
3
2(z+3)
dz est une intégrale impropre. On pourrait es-
C π−ε Cε
sayer de donner un sens à cette intégrale en considérant
l’arc Cε partant de −π + ε vers π − ε, et en prenant une
−3 −1 x
limite lorsque ε tend vers 0. L’arc Cε est paramétré par
−π + ε

z (t) = −1 + 2eit , −π + ε ≤ t ≤ π − ε.

On a dz = 2ieit dt et

Zπ−ε
 π−ε
Z  
3 3 it 3 it
dz= 2ie dt = Log 1 + e
2 (z + 3) 2 (2 + 2eit ) 2 −π+ε
Cε −π+ε
3  3
Log 1 + ei(π−ε) − Log 1 + ei(−π+ε)

=
2 2
3 3
= i Arg 1 + ei(π−ε) − i Arg 1 + ei(−π+ε) car 1 + ei(π−ε) = 1 + ei(−π+ε)
 
2 2
73
3.2. Solutions
   
3 sin ε 3 − sin ε
= i Arctg − i Arctg
2 1 − cos ε 2 1 − cos ε
 
sin ε
= 3i Arctg
1 − cos ε
π ε sin ε π ε
= 3i − car = tg − .
2 2 1 − cos ε 2 2

Alors Z Z
3 3 π ε 3
dz = lim dz = lim3i − = iπ.
2 (z + 3) ε→0 2 (z + 3) ε→0 2 2 2
C Cε

D’où Z Z Z
z 3 1 3 π
2
dz = dz − dz = iπ − iπ = i .
z + 4z + 3 2 (z + 3) 2 (z + 1) 2 2
C C C
y
|z − 1| = 2
c) Le point z0 = 2 est à l’intérieur du cercle |z − 1| = 2,
alors d’après la formule intégrale de Cauchy
Z 1 2 x
z+2 h i
dz = 2iπ z + 2 = 2iπ × 4 = 8iπ.
z−2 z=2
C

d) Le point z0 = πi est à l’intérieur du carré de sommets


y
2, 2 + 4i, −2 + 4i et −2, alors d’après la formule intégrale −2 + 4i 2 + 4i

de Cauchy iπ

Ch (z 2 − πi)
Z h
2
i
dz = 2iπ Ch z − πi
z − πi z=iπ
C

= 2iπ × Ch −π 2 − πi

−2 2 x
= 2iπ Ch π 2 .


e) Les points singuliers zk = π2 +kπ, k ∈ Z sont à l’extérieur y


du triangle C de sommets 0, 1 + 2i et −1 + 2i. Cepen-
−1 + 2i 1 + 2i
dant, le point z0 = i est à l’intérieur du triangle C, alors
d’après la formule intégrale de Cauchy i
Z
tg z h i
dz = 2iπ tg z = 2iπ × tg i −
π 0 π x
z−i z=i 2 2
C

= 2iπ × i th 1 = −2π th 1.

f ) La fonction z 7→ Log (z + 1) est holomorphe sur tout domaine D qui n’intersecte pas la
demi-droite y = 0 avec x ≤ −1.

74
3.2. Solutions

7
y
On remarque que le cercle C : |z − i| = 5
n’intersecte
pas la demi-droite y = 0 avec x ≤ −1, alors la fonction
z 7→ Log (z + 1) est holomorphe sur C et à l’intérieur de
i
C. Les racines de z 2 +1 = 0 sont z1 = −i et z2 = i. Seule
z2 = i qui est à l’intérieur du cercle C, alors d’après la −1 x

formule intégrale de Cauchy −i

Z Z Log(z+1)  
Log (z + 1) z+i Log (z + 1) Log (1 + i)
dz = dz = 2iπ = 2iπ ×
z2 + 1 z−i z+i z=i 2i
C C
 √ π π π2
= π ln 2 + i = ln 2 + i .
4 2 4

75
C
h a pi
tr
e 4
Résidus et applications

4.1 Exercices

Exercice 4.1
Déterminer les singularités des fonctions suivantes en précisant leurs nature.
ez − 1
 
1 1
a) f (z) = z sin , b) f (z) = , c) f (z) = z 2 e z .
z z

Exercice 4.2
Donner la série de Laurent de la fonction f au point z0 ainsi que Res (f, z0 ) dans chacun des
cas suivants :
 
sin z 2z 6 1
a) f (z) = 2 , z0 = 0, b) f (z) = 2 , z0 = 1 c) f (z) = z cos , z0 = 0.
z z −1 z

Exercice 4.3
Calculer le résidu des fonctions suivantes relativement à leurs pôles :
ez z2 sin z 2 ez − 1 − z
a) f (z) = , b) f (z) = , c) f (z) = , d) f (z) = .
(z + 1)2 (z − 2) (z − 3)3 z 3 − π3 z 2 1 − cos (2z)

Exercice 4.4
En appliquant le théorème des résidus calculer les intégrales suivantes :
ez
Z Z Z  
dz ∗ 2 1
a) 2 2 , b) 2 2
dz, n ∈ N , c) z sin dz,
(z 2 − 1) (z − 3) z +π z
|z|− =2∪|z|+ =4 |z|=n |z|=1

e2z
Z Z Z
dz dz
d) , e) , f) dz.
4
z +1 (z − 1)2 (z 2 + 1) (z + 1)4
|z−1|=1 |z−1−i|=2 |z|=3

76
4.1. Exercices

Exercice 4.5
Calculer les intégrales suivantes (−1 < a < 1, n = 1, 2, 3, · · · ).
Z2π Zπ Zπ
cos2 θ sin (nθ) (1 + 2 cos θ)n
a) dθ, b) dθ, c) cos (nθ) dθ.
13 + 12 cos θ 1 − 2a sin θ + a2 5 + 4 cos θ
0 −π −π

Exercice 4.6
Calculer les intégrales suivantes :
Z+∞ 2 Z+∞ Z+∞
x −x+2 dx dx
a) dx, b) , c) , a > 0,
4
x + 10x + 92 2
x − 2ix − 2 (x2 − 2ix − 1 − a2 )3
−∞ −∞ −∞
Z+∞ Z+∞ 2 Z+∞
x2 x +1 x2
d) dx, e) dx, f) dx, a > 0.
2 2
(x + 1) (x + 9) x4 + 1 (x2 + a2 )3
−∞ −∞ 0

Exercice 4.7
Calculer les intégrales suivantes :
Z+∞ Z+∞ Z+∞
(x + 1) e−3ix eix x3 sin x
a) dx, b) dx, c) dx,
x2 − 2x + 5 (x2 + 4ix − 5)2 x4 + 5x2 + 4
−∞ −∞ −∞
Z+∞ Z+∞ Z+∞
x cos x (x + 1) sin (2x) cos x
d) 2
dx, e) dx, f) dx, a > 0.
x − 2x + 10 x2 + 2x + 2 x 2 + a2
−∞ −∞ −∞

Exercice 4.8
Calculer les intégrales suivantes :
Z+∞ Z+∞
1 − cos (ax) cos (2ax) − cos (2bx)
a) dx, a > 0 b) dx, a > 0, b > 0,
x2 x2
0 0
Z+∞ Z+∞
x2 − b 2

sin (ax) sin (ax)
c) dx, a > 0, Re b > 0. d) dx, a > 0,
x 2 + b2 x x
0 0
Z+∞
sin (ax)
e) dx, a > 0, Re b > 0.
x (x2 + b2 )
0

Exercice 4.9
Calculer les intégrales suivantes :
Z+∞
ln x (Log z)2
a) dx, a > 0, b > 0, utiliser la fonction f (z) = où
(a + x)2 + b2 (a + z)2 + b2
0

Log z = ln |z| + i arg z avec arg z ∈ [0, 2π[ .


Z+∞
dx 1
b) 2  , a > 0, utiliser la fonction f (z) = 2 où
(a2 + x2 ) (ln x) + π 2 (a + z 2 ) Log z
0

Log z = ln |z| + i arg z avec arg z ∈ ]−π, π] .

77
4.2. Solutions

4.2 Solutions
Exercice 4.1

Déterminer les singularités des fonctions suivantes en précisant leurs nature.

ez − 1
 
1 1
a) f (z) = z sin , b) f (z) = , c) f (z) = z 2 e z .
z z

Solution.

On rappel qu’un point en lequel la fonction f cesse d’être holomorphe est appelé un point
singulier ou une singularité de f .

On rappel aussi qu’un point z = z0 est appelé singularité isolée, ou point singulier isolé de
f , si l’on peut déterminer δ > 0 tel que le disque |z − z0 | ≤ δ ne contienne pas d’autre point
singulier que z0 . Si l’on ne peut trouver une telle valeur δ, on dit que z0 est une singularité
non isolée.

Il existe des types variés de singularités.

• Singularités apparentes : Le point singulier z0 est appelé singularité apparente de f


si lim f (z) existe.
z→z0

• Pôles : Si l’on peut trouver un entier positif n tel que lim (z − z0 )n f (z) = a 6= 0, alors
z→z0
z0 est appelé un pôle d’ordre n. Si n = 1, z0 est appelé un pôle simple.

• Points de branchement : Soit z0 un point singulier isolé de f . Le point z0 est un point


de branchement lorsque l’image par f d’au moins d’une courbe fermée entourant z0 est
une courbe non fermée.

• Singularités essentielles : Une singularité qui n’est ni un pôle, ni un point de branche-


ment, ni une singularité apparente est appelée singularité essentielle.

Séries de Laurent
Une série des puissances de la forme
+∞ +∞ +∞
X n
X a−n X
an (z − z0 ) = n + an (z − z0 )n
n=−∞ n=1
(z − z0 ) n=0
a−3 a−2 a−1
= ··· + 3 + 2 + + a0 + a1 (z − z0 ) + a2 (z − z0 )2 + a3 (z − z0 )3 + · · ·
(z − z0 ) (z − z0 ) z − z0
(4.1)

78
4.2. Solutions

s’appelle série de Laurent centrée au point z0 ∈ C.


+∞
X
La série des puissances négatives a−n (z − z0 )−n s’appelle la partie principale.
n=1
+∞
X
La série des puissances positives an (z − z0 )n s’appelle la partie régulière ou analy-
n=0
tique.

Classification des singularités


Il est possible de classer les singularités isolées d’une fonction f par l’examen de sa série de
Laurent.

• Pôles : Si f à la forme (4.1) dans laquelle la partie principale ne possède qu’un nombre
fini de termes donnés par
a−1 a−2 a−3 a−n
+ 2 + 3 + ··· + ,
z − z0 (z − z0 ) (z − z0 ) (z − z0 )n
où a−n 6 0, alors z = z0 est appelé un pôle d’ordre n.
=

• Singularités apparentes : Si une fonction uniforme f n’est pas définie en z = z0 mais


si lim f (z) existe, alors z = z0 est appelée une singularité apparente. Dans un pareil
z→z0
cas on définit f (z) pour z = z0 comme étant égal à lim f (z).
z→z0

• Singularités essentielles : Si z = z0 est une singularité essentielle de f (z), la partie


principale du développement de Laurent possède une infinité de terme.
 
1
a) La fonction f (z) = z sin n’est pas définie pour z0 = 0, donc ce point est une singularité
z  
1 sin z
de f . De même, puisque z = 0 est une singularité de f = , z1 = ∞ est une singularité
  z z
1
de f (z) = z sin .
z
La série de Laurent de f centrée au point z0 = 0 est
 
1 1 1 1 1
f (z) = z sin =1− 2
+ 4
− 6
+ − ··· .
z 3!z 5!z 7!z 9!z 8
Le point z0 = 0 est une singularité essentielle car la partie principale de la série de Laurent
possède une infinité de terme.
 
1 sin z
Le point z1 = ∞ est une singularité apparente car lim f = lim = 1.
z→0 z z→0 z

ez − 1
b) La fonction f (z) = possède une singularité apparente en z0 = 0 car
z
ez − 1
lim f (z) = lim = 1.
z→0 z→0 z
79
4.2. Solutions

1

Le point z1 = ∞ est une singularité essentielle car la série de Laurent de f z
centrée au point
z0 = 0,  
1  1  1 1 1
f = z ez − 1 = 1 + + 2
+ + ···
z 2!z 3!z 4!z 3
possède une infinité de terme dans sa partie principale.

c) La série de Laurent de f centrée au point z0 = 0 est

1 1 1 1 1
f (z) = z 2 e z = z 2 + z + + + 2
+ + ··· .
2 3!z 4!z 5!z 3

Cette série possède une infinité de terme dans sa partie principale. Donc z0 = 0 est une
singularité essentielle.

Le point z1 = ∞ est un pôle double car la série de Laurent de f z1 centrée au point z0 = 0,




ez z2 z3
 
1 1 1 1 z
f = 2 = 2+ + + + + + ···
z z z z 2! 3! 4! 5!

possède deux termes dans sa partie principale.

Exercice 4.2

Donner la série de Laurent de la fonction f au point z0 ainsi que Res (f, z0 ) dans chacun
des cas suivants :
 
sin z 2z 6 1
a) f (z) = 2 , z0 = 0, b) f (z) = 2 , z0 = 1 c) f (z) = z cos , z0 = 0.
z z −1 z

Solution.

Pour un rappel sur les singularités et les séries de Laurent voir l’exercice précédent 4.1.
Concernant le résidu d’une fonction f en un point z0 , on rappelle que si f une fonction holo-
morphe et uniforme à l’intérieur d’un cercle C et sur C, excepté au point z = z0 centre de
C. Alors f possède un développement en série de Laurent dans le voisinage de z = z0 , donné
par
+∞
X
f (z) = an (z − z0 )n = a0 + a1 (z − z0 ) + a2 (z − z0 )2 + · · ·
n=−∞ (4.2)
a−1 a−2 a−3
+ + 2 + + ···
z − z0 (z − z0 ) (z − z0 )3
où I
1 f (z)
an = dz, n ∈ Z. (4.3)
2πi (z − z0 )n+1
C

80
4.2. Solutions
H
Dans le cas particulier n = −1 on a f (z) dz = 2πia−1 .
C
Le coefficient a−1 du développement de Laurent de f au voisinage de z0 s’appelle le résidu de
f au point z0 et se note I
1
Res (f, z0 ) = a−1 = f (z) dz.
2πi
C

• Si z = z0 est un pôle simple le calcul du résidu est particulièrement simple

Res (f, z0 ) = lim (z − z0 ) f (z) .


z→z0

• Si z = z0 est un pôle simple et f (z) se présente sous la forme

P (z)
f (z) = , Q (z0 ) = 0 et Q0 (z0 ) 6= 0,
Q (z)

alors nous avons


P (z0 )
Res (f, z0 ) = . (4.4)
Q0 (z0 )

• Dans le cas où z = z0 est un pôle d’ordre m ≥ 2, le résidu a−1 est donné par la formule

1 dm−1
Res (f, z0 ) = a−1 = lim ((z − z0 )m f (z)) .
z→z0 (m − 1)! dz m−1

sin z
a) La série de Laurent de f (z) = centrée au point z0 = 0 est
z2
sin z X n z 2n−1 1 z z3 z5
f (z) = = (−1) = − + − + ··· ,
z2 n≥0
(2n + 1)! z 3! 5! 7!

qui converge pour toute valeur de z 6= 0. Le point z0 = 0 est un pôle simple et le résidu en
z0 = 0 est Res (f, 0) = a−1 = 1.
1−z 2z
b) Posons u = . La série de Laurent de f (z) = 2 centrée au point z0 = 1 est
2 z −1
   
2z 2 (1 − 2u) 1 1 1 X n
f (z) = 2 = = 1− = 1− u
z −1 (1 − 2u)2 − 1 2u 1 − u 2u n≥0
X X1 X 1 X1 1 X1
= un − un−1 = un − − un = − + un
n≥0 n≥0
2 n≥0
2u n≥0
2 2u n≥0
2
1 X (−1)n
= + (z − 1)n .
z − 1 n≥0 2n+1

Cette série converge pour toute valeur de z dans 0 < |z − 1| < 2. Le point z0 = 1 est un pôle
simple et Res (f, 1) = a−1 = 1.

81
4.2. Solutions
 
1 6
c) La série de Laurent de f (z) = z cos centrée au point z0 = 0 est
z
z6
  X
1
6
f (z) = z cos = (−1)n
z n≥0
(2n)!z 2n
z4 z2 1 1 1
= z6 − + − + 2
− + ··· ,
2! 4! 6! 8!z 10!z 4
qui converge pour toute valeur de z 6= 0. Comme cette série possède une infinité de terme dans
sa partie principale, alors le point z0 = 0 est une singularité essentielle et le résidu en z0 = 0
est Res (f, 0) = a−1 = 0.

Exercice 4.3

Calculer le résidu des fonctions suivantes relativement à leurs pôles :

ez z2 sin z 2
a) f (z) = , b) f (z) = , c) f (z) = ,
(z + 1)2 (z − 2) (z − 3)3 z 3 − π3 z 2
ez − 1 − z
d) f (z) = .
1 − cos (2z)

Solution.

Pour un rappel sur le calcul des résidus voir l’exercice précédent 4.2.

a) La fonction f (z) possède un pôle double en z0 = −1 et un pôle simple en z1 = 2.

Le résidu en z0 = −1 est
ez
 
1 d z − 3 z −4
Res (f, −1) = lim (z + 1)2 · = lim e = .
z→−1 1! dz (z + 1)2 (z − 2) z→−1 (z − 2)2 9e

Le résidu en z1 = 2 est
ez e2 e2
 
Res (f, 2) = lim (z − 2) · = = .
z→2 (z + 1)2 (z − 2) (2 + 1)2 9

b) La fonction f (z) possède un pôle triple en z0 = 3 dont le résidu est


1 d2 z2
 
3
Res (f, 3) = lim (z − 3) · = 1.
z→3 2! dz 2 (z − 3)3

sin z 2 π
c) La fonction f (z) = z 2 (z− π3 )
possède un pôle simple en z0 = 3
dont le résidu est
!
π
  π sin z 2 9 π2
Res f, = limπ z− · 2 = sin .
z z − π3

3 z→ 3 3 π2 9

82
4.2. Solutions

ez − 1 − z
d) Comme 1−cos (2z) = 2 sin2 z alors la fonction f (z) = possède des pôles doubles
1 − cos (2z)
ez − 1 − z
en zk = kπ, k ∈ Z∗ . La singularité en z0 = 0 est apparente car lim = 14 .
z→0 1 − cos (2z)

Le résidu en zk = kπ est
!
d (z − kπ)2 (ez − 1 − z)
Res (f, kπ) = lim
z→kπ dz 2 sin2 z
!
2 (z − kπ) (ez − 1 − z) + (z − kπ)2 (ez − 1) sin z − 2 (z − kπ)2 (ez − 1 − z) cos z

= lim
z→kπ 2 sin3 z
!
(z − kπ)2 (ez − 1) sin z − (z − kπ) cos z z (z − kπ)
= lim + (e − 1 − z) .
z→kπ 2 sin2 z sin2 z sin z

En posant z − kπ = u ou z = u + kπ, cette limite peut être écrite sous la forme


 !
u2 eu+kπ − 1 sin u − u cos u u+kπ  u u2 (eu+kπ −1) ekπ − 1
lim + e − 1 − u − kπ = lim 2 sin2 u
= .
u→0 2 sin2 u sin2 u sin u u→0 2

Exercice 4.4

En appliquant le théorème des résidus calculer les intégrales suivantes :

ez
Z Z Z  
dz ∗ 2 1
a) 2 2, b) 2 2
dz, n ∈ N , c) z sin dz,
2
(z − 1) (z − 3) z +π z
|z|− =2∪|z|+ =4 |z|=n |z|=1

e2z
Z Z Z
dz dz
d) , e) , f) dz.
z4 + 1 (z − 1)2 (z 2 + 1) (z + 1)4
|z−1|=1 |z−1−i|=2 |z|=3

y
Solution.
C
On rappelle que si f une fonction uniforme et holomorphe à zn

l’intérieur d’une courbe fermée simple C et sur C, sauf en un z1

nombre fini de singularités z1 , z2 , z3 , · · · , zn intérieures à C. z2


z3
Alors le théorème des résidus établit que l’intégrale de f
x
le long de C est égale à 2πi fois la somme des résidus de f en
les singularités contenues dans C, i.e.
I n
X
f (z) dz = 2πi Res (f, zk ) .
C k=1

83
4.2. Solutions
y
1
a) La fonction à intégrer (z 2 −1)2 (z−3)2
possède trois
pôles doubles en z1 = −1, z2 = 1, z3 = 3 [racines de |z| = 4

2
(z 2 − 1) (z − 3)2 ]. Le seul pôle intérieur à |z|− =
|z| = 2
2 ∪ |z|+ = 4 est z3 = 3.
Le résidu en z3 = 3 est
−1 1 3 x
 
d 2 1
Res (f, 3) = lim (z − 3) ·
z→3 dz (z 2 − 1)2 (z − 3)2
−4z 3
= lim 3 =− .
z→3 (z 2 − 1) 128

On a alors par le théorème des résidus


Z
dz 3πi
2 2 = 2πiRes (f, 3) = − .
(z 2 − 1) (z − 3) 64
|z|− =2∪|z|+ =4

ez
b) La fonction à intégrer possède deux pôles simples en z1 = −iπ et z2 = iπ [racines
z2 + π2
de z 2 + π 2 ].

Le résidu en z1 = −iπ est


ez ez e−iπ
 
1
Res (f, −iπ) = lim (z + iπ) · 2 = lim = = .
z→−iπ z + π2 z→−iπ z − iπ −iπ − iπ 2iπ

Le résidu en z2 = iπ est
ez ez eiπ
 
−1
Res (f, iπ) = lim (z − iπ) · 2 = lim = = .
z→iπ z + π2 z→iπ z + iπ iπ + iπ 2iπ
y
On distingue deux cas :
• Le premier cas n = 1, 2 ou 3. Dans ce cas, iπ
n=4
n=3
aucun pôle n’est à l’intérieur du cercle |z| =
n=2
n et donc par le théorème de Cauchy n=1

ez
Z
x
dz = 0.
z2 + π2
|z|=n

• Le deuxième cas n ≥ 4. Dans ce cas, les deux


−iπ
pôles z1 = −iπ et z2 = iπ sont à l’intérieur
du cercle |z| = n et donc par le théorème des
résidus

ez
 
−1
Z
1
dz = 2πi (Res (f, −iπ) + Res (f, iπ)) = 2πi + = 0.
z2 + π2 2iπ 2iπ
|z|=n

84
4.2. Solutions
 
1 2
c) La fonction à intégrer z sin possède une singularité essentielle en z0 = 0. En effet, sa
z
série de Laurent centrée au point z0 = 0 est
z2
  X
1 1 1 1 1
2
f (z) = z sin = (−1)n 2n+1
=z− + 3
− 5
+ − ··· ,
z n≥0
(2n + 1)!z 3!z 5!z 7!z 9!z 7
y
qui converge pour toute valeur de z 6= 0. Comme cette série possède
|z| = 1
une infinité de terme dans sa partie principale, alors le point z0 = 0
1 1
est une singularité essentielle et Res (f, 0) = a−1 = = . 0 x
3! 6
Le point z0 = 0 est à l’intérieur du cercle |z| = 1 et donc par le
théorème des résidus
Z  
2 1 1 πi
z sin dz = 2πiRes (f, 0) = 2πi · = .
z 6 3
|z|=1

1 y
d) La fonction possède quatre pôles simples en zk =
z4 + 1 |z − 1| = 1
(1+2k)
ei 4 π , k = 0, 1, 2, 3 [ racines de z 4 + 1 ]. Les pôles à z1 z0
π
√ √
2 2
l’intérieur du cercle |z − 1| = 1 sont z0 = ei 4 = 2
+ 2
i

√ √ x
2 2
et z3 = ei 4 = 2
− 2
i. z2 z3
D’après la formule (4.4) du rappel de l’exercice 4.2, les
résidus en z0 et z3 sont respectivement,
3π √ √ 21π √ √
1 e−i 4 2 2 1 e−i 4 2 2
Res (f, z0 ) = 3 = =− − i et Res (f, z3 ) = 3 = =− + i.
4z0 4 8 8 4z3 4 8 8
On a alors par le théorème des résidus
Z √ ! √
dz 2 2
4
= 2πi (Res (f, z0 ) + Res (f, z3 )) = 2πi − =− πi.
z +1 4 2
|z−1|=1

1 y
e) La fonction à intégrer possède un pôle
2
(z − 1) (z 2 + 1)
double z1 = 1 et deux pôles simples z2 = i, z3 = −i. Les |z − 1 − i| = 2

pôles à l’intérieur du cercle |z − 1 − i| = 2 sont z1 = 1 et


z2 = i.
i
Le résidu en z1 = 1 est
 
d 2 1 1 x
Res (f, 1) = lim (z − 1) · 2
z→1 dz (z − 1) (z 2 + 1) −i
−2z 1
= lim =− .
z→1 (z 2 + 1)2 2

85
4.2. Solutions

Le résidu en z2 = i est
 
1 1 1
Res (f, i) = lim (z − i) · 2 = lim 2 = .
z→i (z − 1) (z 2 + 1) z→i (z − 1) (z + i) 4

D’après le théorème des résidus on a


Z  
dz 1 1 iπ
2 = 2πi (Res (f, 1) + Res (f, i)) = 2πi − + =− .
(z − 1) (z 2 + 1) 2 4 2
|z−1−i|=2

e2z y
f ) La fonction possède un pôle d’ordre quatre en
(z + 1)4 |z| = 3
z0 = −1, qui est à l’intérieur du cercle |z| = 3. Le résidu
en z0 = −1 est

1 d3 e2z
 
4
Res (f, −1) = lim (z + 1) · −1 x
z→−1 3! dz 3 (z + 1)4
8e2z 4
= lim = 2.
z→−1 6 3e

On a alors par le théorème des résidus

e2z
Z

4 dz = 2πiRes (f, −1) = i.
(z + 1) 3e2
|z|=3

Exercice 4.5

Calculer les intégrales suivantes (−1 < a < 1, n = 1, 2, 3, · · · ).

Z2π Zπ Zπ
cos2 θ sin (nθ) (1 + 2 cos θ)n
a) dθ, b) dθ, c) cos (nθ) dθ.
13 + 12 cos θ 1 − 2a sin θ + a2 5 + 4 cos θ
0 −π −π

Solution.
Z2π
cos2 θ
a) Pour calculer l’intégrale dθ on va appliquer la méthode qui consiste à poser
13 + 12 cos θ
0
eiθ + e−iθ z + z −1
z = eiθ , θ ∈ [0, 2π]. Alors cos θ = = , dz = izdθ et donc
2 2
−1 2
 
z + z
Z2π 2
cos2 θ −i (z 2 + 1)
Z Z
2 dz
dθ = = dz
13 + 12 cos θ z + z −1 iz 4z 2 (6z 2 + 13z + 6)
0 |z|=1 13 + 12 |z|=1
2

86
4.2. Solutions

2
−i (z 2 + 1) y
Les singularités de f (z) = 2 sont un pôle double
4z (6z 2 + 13z + 6)
z1 = 0 et deux pôles simples z2 = − 32 , z3 = − 23 . Les pôles à |z| = 1

l’intérieur du cercle |z| = 1 sont z1 = 0 et z2 = − 32 .


0 x
Le résidu en z1 = 0 est − 23 − 23
!
2
d −i (z 2 + 1)
Res (f, 0) = lim z2 · 2
z→0 dz 4z (6z 2 + 13z + 6)
−i (12z 5 + 39z 4 + 24z 3 + 26z 2 + 12z − 13) 13
= lim 2 = i.
z→0 4 (6z 2 + 13z + 6) 144
Le résidu en z2 = − 23 est
2 2
−i (z 2 + 1) −i (z 2 + 1)
 
2 169
Res f, − = lim2 = lim2 2 =− i.
3 z→− 3 2
d 2 z→− 3 4z (12z + 13) 720
4z (6z + 13z + 6)
dz
On a alors par le théorème des résidus
2
−i (z 2 + 1)
Z     
2 13 169 13
2 2
dz = 2πi Res (f, 0) + Res f, − = 2πi i− i = π.
4z (6z + 13z + 6) 3 144 720 45
|z|=1

D’où
Z2π
cos2 θ 13
dθ = π.
13 + 12 cos θ 45
0


 −1 π
b) Si a = 0 l’intégrale vaut sin (nθ) dθ = n
cos (nθ) −π = 0.
−π
Supposons a 6= 0. Posons z = eiθ , θ ∈ [−π, π]. On a z n = einθ et z −n = e−inθ . D’où
eiθ − e−iθ z − z −1 einθ − e−inθ z n − z −n
sin θ = = , sin (nθ) = = , dz = izdθ et alors
2i 2i 2i 2i
Zπ z n − z −n
1 − z 2n
Z Z
sin (nθ) 2i dz
dθ = =  dz.
1 − 2a sin θ + a2 z − z −1 2
iz 2z n ia (z − ia) z − ai
−π |z|=1 1 − 2a +a |z|=1
2i
1−z 2n
y
Les singularités de f (z) = 2z n ia(z−ia)(z− ai )
sont un pôle z1 = 0 i
a
qui est d’ordre n et deux pôles simples z2 = ia, z3 = ai . Comme |z| = 1
ia
−1 < a < 1, on a que les pôles z1 = 0 et z2 = ia qui sont à
0 x
l’intérieur du cercle |z| = 1.
Le résidu en z2 = ia est

! !
1 − z 2n 1 − z 2n 1 − i2n a2n
Res (f, ia) = lim (z − ia) · n = lim = .
2z ia (z − ia) z − ai 2z n ia z − ai
 
z→ia z→ia 2in an (1 − a2 )

87
4.2. Solutions

Pour le calcul du résidu en z1 = 0 on remarque que

1 − z 2n 1 zn
f (z) = n = n − .
2z ia (z − ia) z − ai 2z ia (z − ia) z − ai 2ia (z − ia) z − ai
 

   
1 zn
Alors Res(f, 0) = Res 2zn ia(z−ia) z− i , 0 car Res 2ia(z−ia) z− i , 0 = 0. D’où
( a) ( a)
!
1 dn−1 n 1
Res (f, 0) = lim z · n
2z ia (z − ia) z − ai

z→0 (n − 1)! dz n−1
!
1 dn−1 1
= lim
2ia (z − ia) z − ai

z→0 (n − 1)! dz n−1

dn−1
 
1 1 1
= lim − i
z→0 (n − 1)!2 (a2 − 1) dz n−1 ia − z −z
a
!
1 (n − 1)! (n − 1)!
= lim − i n
z→0 (n − 1)!2 (a2 − 1) (ia − z)n a
− z
!
2n
1 1 1 a −1
= 2 n − i n = n .
2 (a − 1) (ia) a
2a (1 − a2 ) in

On a alors par le théorème des résidus

1 − z 2n
Z
 dz = 2πi (Res (f, 0) + Res (f, ia))
2z n ia (z − ia) z − ai
|z|=1

a2n − 1 1 − i2n a2n


 
= 2πi +
2an (1 − a2 ) in 2in an (1 − a2 )
an  π  an
= −i in − i−n π

= 2π sin n .
1 − a2 2 1 − a2

D’où

Zπ  π  an  0
 si n = 2m
sin (nθ)
dθ = 2π sin n = a2m+1 .
1 − 2a sin θ + a2 2 1 − a2  2π (−1)m si n = 2m + 1
−π 1 − a2

eiθ + e−iθ z + z −1
c) Soit z = eiθ , θ ∈ [−π, π]. On a z n = einθ et z −n = e−inθ . D’où cos θ = = ,
2 2
einθ + e−inθ z n + z −n
cos (nθ) = = , dz = izdθ et alors
2 2
Zπ n
(1 + 2 cos θ)n (1 + z + z −1 ) z n + z −n dz
Z
cos (nθ) dθ = ·
5 + 4 cos θ 5 + 2z + 2z −1 2 iz
−π |z|=1
n
−i (z 2 + z + 1) (z 2n + 1)
Z
=  dz.
4z 2n (z + 2) z + 12
|z|=1

88
4.2. Solutions

n
−i(z 2 +z+1)
(z2n +1) y
La fonction f (z) = 4z 2n (z+2)(z+ 21 )
possède un pôle z1 = 0
d’ordre 2n et deux pôles simples z2 = − 12 , z3 = −2. Les pôles à |z| = 1

l’intérieur du cercle |z| = 1 sont z1 = 0 et z2 = − 12 .


0 x
Le résidu en z2 = − 21 est − 21
!
n
−i (z 2 + z + 1) (z 2n + 1)
   
1 1
Res f, − = lim1 z+ ·
4z 2n (z + 2) z + 21

2 z→− 2 2
n
−2
−i (z 2 + z + 1) (z 2n + 1) −i n 3n
   
= lim1 = 3 + n .
z→− 2 4z 2n (z + 2) 6 4
Pour le calcul du résidu en z1 = 0 on remarque que
n n n
−i (z 2 + z + 1) (z 2n + 1) −i (z 2 + z + 1) −i (z 2 + z + 1)
f (z) = = + .
4z 2n (z + 2) z + 12 4z 2n (z + 2) z + 21 4 (z + 2) z + 12
 

n n
   
−i(z 2 +z+1) −i(z 2 +z+1)
Alors Res(f, 0) = Res 4z2n (z+2) z+ 1 , 0 car Res 4(z+2) z+ 1 , 0 = 0. D’où
( 2) ( 2)
!
n
1 d2n−1 −i (z 2
+ z + 1)
Res (f, 0) = lim z 2n · 2n
4z (z + 2) z + 21

z→0 (2n − 1)! dz 2n−1
!
n
1 d2n−1 −i (z 2 + z + 1)
= lim
4 (z + 2) z + 12

z→0 (2n − 1)! dz 2n−1
n n
d2n−1 6i (z 2 + z + 1) i
(z 2 + z + 1)

1 6
= lim − .
z→0 (2n − 1)! dz 2n−1 z+2 z + 12
n n
d2n−1 (z 2 + z + 1) d2n−1 (z 2 + z + 1)
 
Calculons 2n−1 et 2n−1 .
dz z+2 dz z + 12
On a
n
(z 2 + z + 1)
n
(z + 2)2 − 3 (z + 2) + 3 3n
= = (z + 2)2n−1 + P2n−2 (z + 2) + ,
z+2 z+2 z+2
d2n−1
où P2n−2 (z + 2) est un polynôme de z + 2 d’ordre 2n − 2 dont P2n−2 = 0. Alors
dz 2n−1
n
d2n−1 (z 2 + z + 1) d2n−1 d2n−1
  n 
2n−1  3
= (z + 2) + 0 + 2n−1
dz 2n−1 z+2 dz 2n−1 dz z+2
(−1)2n−1 (2n − 1)!
= (2n − 1)! + 3n
(z + 2)2n
3n
 
= (2n − 1)! 1 − .
(z + 2)2n
De même on a
 n
1 2 3

n z+ + 2n−1 3 n

(z 2 + z + 1)
  
2 4 1 1 4
= = z+ + Q2n−2 z + + ,
z + 12 z+ 1
2
2 2 z + 12

89
4.2. Solutions

1
 1 d2n−1
où Q2n−2 z + 2
est un polynôme de z + d’ordre 2n − 2 dont 2n−1 Q2n−2 = 0. Alors
2
dz
3 n
!  !
n 2n−1
d2n−1
 2
d2n−1 d2n−1

(z + z + 1) 1 4
= 2n−1 z+ + 0 + 2n−1
dz 2n−1 z + 12 dz 2 dz z + 12
 n
3 (−1)2n−1 (2n − 1)!
= (2n − 1)! + 2n
4 z + 21
3 n
 !
4
= (2n − 1)! 1 − .
1 2n

z+ 2

On en déduit que
3 n
!!
i

n
 
6 3 4
Res (f, 0) = lim (2n − 1)! 1 − − (2n − 1)! 1 −
(z + 2)2n
2n
(2n − 1)!
z→0 z + 21
3 n
 !
3n 3n
 
i 4 i n
= lim 2n − = 3 − n .
z→0 6 z+1 2
(z + 2)2n 6 4

On a alors par le théorème des résidus


n
−i (z 2 + z + 1) (z 2n + 1)
Z
1

dz = 2πi Res (f, 0) + Res f, − 2
4z 2n (z + 2) z + 12

|z|=1
 n
3n 3n
    
i n i n 2π 3
= 2πi 3 − n − 3 + n = .
6 4 6 4 3 4

D’où
Zπ  n
(1 + 2 cos θ)n 2π 3
cos (nθ) dθ = .
5 + 4 cos θ 3 4
−π

Exercice 4.6

Calculer les intégrales suivantes :


Z+∞ Z+∞ Z+∞
x2 − x + 2 dx dx
a) dx, b) , c) , a > 0,
x4 + 10x2 + 9 2
x − 2ix − 2 (x2 − 2ix − 1 − a2 )3
−∞ −∞ −∞
Z+∞ Z+∞ 2 Z+∞
x2 x +1 x2
d) dx, e) dx, f) dx, a > 0.
2 2
(x + 1) (x + 9) x4 + 1 (x2 + a2 )3
−∞ −∞ 0

Solution.
Z +∞
P (z)
Les intégrales de cet exercice sont de type f (x) dx où f (z) =
avec P et Q sont des
−∞ Q (z)
polynômes tels que deg Q ≥ 2 + deg P , et aucun des zéros de Q n’étant réel.

90
4.2. Solutions
y
Z
ΓR CR = ΓR ∪ [−R, R]
Pour calculer ces intégrales on considère f (z) dz,
CR z2
où CR désigne le contour fermé formé du segment
z1
[−R, +R] et du demi cercle ΓR décrit dans le sens z3 zn
direct. Avec R est pris suffisamment grand pour x
que CR contient tous les zéros zk de Q tels que −R R
Z n
X
Im zk > 0. Alors le théorème des résidus permet d’écrire f (z) dz = 2πi Res(f (z) , zk ),
CR k=1
i.e.
ZR Z n
X
f (x) dx + f (z) dz = 2πi Res (f (z) , zk ) .
−R ΓR k=1
Z
Notons que lim f (z) dz = 0. En effet, comme deg Q ≥ 2 + deg P il existe M > 0 telle que
R→+∞
ΓR

pour z = R e avec R suffisamment grand on a
P (z) M
≤ 2.
Q (z) R
Alors
Z Zπ Zπ
M πM
lim f (z) dz ≤ lim |f (z)| |dz| ≤ lim 2
Rdθ = lim = 0.
R→+∞ R→+∞ R→+∞ R R→+∞ R
ΓR 0 0

Par conséquent, lorsque R → +∞, on obtient


Z+∞ n
X
f (x) dx = 2πi Res (f (z) , zk ) .
−∞ k=1

z2 − z + 2
Z
y
a) On considère dz, R > 0, où
z 4 + 10z 2 + 9 ΓR
CR
3i
CR désigne le contour fermé de la figure ci-
contre formé du segment [−R, +R] et du
demi cercle ΓR décrit dans le sens direct. i
4 2
Puisque z + 10z + 9 = 0 pour z1 = i, z2 =
−R R x
3i, z3 = −i, z4 = −3i. Ces valeurs de z sont
z2 − z + 2 −i
les pôles simples de f (z) = 4 .
z + 10z 2 + 9
Seuls les pôles z1 = i et z2 = 3i sont à
l’intérieur de CR . Les résidus en ces pôles −3i
sont !
z2 − z + 2 z2 − z + 2
 
1 1
Res (f, i) = lim d
= lim =− − i,
z→i
dz
(z 4 + 10z 2 + 9) z→i 4z 3 + 20z 16 16

91
4.2. Solutions
!
z2 − z + 2 z2 − z + 2
 
1 7
Res (f, 3i) = lim d
= lim = − i.
z→3i
dz
(z 4 + 10z 2 + 9) z→3i 4z 3 + 20z 16 48

D’où
z2 − z + 2
Z
dz = 2πi (Res (f, i) + Res (f, 3i))
z 4 + 10z 2 + 9
CR
 
1 1 1 7 5π
= 2πi − − i + − i = .
16 16 16 48 12

i.e.
ZR
x2 − x + 2 z2 − z + 2
Z

dx + dz = . (4.5)
x4 + 10x2 + 9 z 4 + 10z 2 + 9 12
−R ΓR

Si l’on prend la limite des deux membres de (4.5) quand R → +∞ et si l’on utilise le fait
que
Zπ 2
z2 − z + 2 R eiθ − R eiθ + 2
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ = 0,
R→+∞ z 4 + 10z 2 + 9 R→+∞ (R eiθ )4 + 10 (R eiθ )2 +9
ΓR 0

on obtient
Z+∞ ZR
x2 − x + 2 x2 − x + 2 5π
dx = lim dx = .
x4 + 10x2 + 9 R→+∞ 4 2
x + 10x + 9 12
−∞ −R

1 y
b) Les pôles de f (z) = sont z1 = −1 + i et
z2
− 2iz − 2
z2 = 1 + i. Ces pôles sont simples et situés à l’intérieur ΓR

du contour CR = [−R, +R] ∪ ΓR .


−1 + i 1+i
Le résidu en z1 = −1 + i est
!
1 −R R x
Res (f, −1 + i) = lim d
z→−1+i
dz
(z 2 − 2iz − 2)
 
1 1
= lim =− .
z→−1+i 2z − 2i 2
Le résidu en z2 = 1 + i est
!  
1 1 1
Res (f, 1 + i) = lim d
= lim = .
z→1+i
dz
(z 2 − 2iz − 2) z→1+i 2z − 2i 2

D’où
Z  
1 1 1
dz = 2πi (Res (f, −1 + i) + Res (f, 1 + i)) = 2πi − + =0
z 2 − 2iz − 2 2 2
CR

ou ZR Z
1 1
dx + dz = 0.
x2 − 2ix − 2 z 2 − 2iz − 2
−R ΓR

92
4.2. Solutions

En prenant la limite de ces expressions quand R → +∞ et en remarquant que la deuxième


intégrale tend vers 0
Z Zπ
1 1
lim dz = lim R ieiθ dθ = 0,
R→+∞ z 2 − 2iz − 2 R→+∞ (R eiθ )2 iθ
− 2iR e − 2
ΓR 0

nous obtenons Z+∞


1
dx = 0.
x2 − 2ix − 2
−∞

1 y
c) La fonction f (z) = possède deux
− 2iz − 1 − a2 )3
(z 2
pôles triples en z1 = i − a, z2 = i + a. Les deux pôles sont ΓR

à l’intérieur du contour CR = [−R, +R] ∪ ΓR .


i−a i+a
Le résidu en z1 = i − a est
−R R x

1 d2
 
3 1
Res (f, i − a) = lim (z − (i − a)) ·
z→i−a 2 dz 2 (z 2 − 2iz − 1 − a2 )3
1 d2
 
1 6 3
= lim 2 3 = lim 5 =− .
z→i−a 2 dz (z − (i + a)) z→i−a (z − (i + a)) 16a5

Le résidu en z1 = i + a est
1 d2
 
3 1
Res (f, i + a) = lim (z − (i + a)) ·
z→i+a 2 dz 2 (z 2 − 2iz − 1 − a2 )3
1 d2
 
1 6 3
= lim 2 3 = lim 5 = .
z→i+a 2 dz (z − (i − a)) z→i−a (z − (i − a)) 16a5

D’où Z
1
dz = 2πi (Res (f, i − a) + Res (f, i + a)) = 0.
(z 2 − 2iz − 1 − a2 )3
CR
ou ZR Z
1 1
dx + dz = 0.
(z 2 − 2iz − 1 − a2 )3 (z 2 − 2iz − 1 − a2 )3
−R ΓR

En prenant la limite de ces expressions quand R → +∞ et en remarquant que la deuxième


intégrale tend vers 0
Z Zπ
1 1 iθ
lim 3 dz = R→+∞
lim 3 R ie dθ = 0,
2 2
(z − 2iz − 1 − a )

R→+∞
ΓR (R eiθ )3 − 2iR eiθ − 1 − a2
0

nous obtenons Z+∞


dx
= 0.
(x2 − 2ix − 1 − a2 )3
−∞

93
4.2. Solutions

z2 y

d) La fonction f (z) = possède quatre pôles ΓR


(z 2 + 1) (z 2 + 9) 3i

simples en z1 = i, z2 = 3i, z3 = −i, z4 = −3i. Seuls les


i
pôles z1 = i et z2 = 3i sont à l’intérieur du contour CR =
−R R x

[−R, +R] ∪ ΓR . −i

Les résidus en ces pôles sont −3i

z2 z2
   
1
Res (f, i) = lim (z − i) = lim = i,
z→i (z 2 + 1) (z 2 + 9) z→i (z + i) (z 2 + 9) 16

z2 z2
   
3
Res (f, 3i) = lim (z − 3i) = lim =− i.
z→3i (z 2 + 1) (z 2 + 9) z→3i (z 2 + 1) (z + 3i) 16
D’où
z2
Z  
1 3 π
dz = 2πi (Res (f, i) + Res (f, 3i)) = 2πi i− i = .
(z 2 + 1) (z 2 + 9) 16 16 4
CR

i.e. ZR
x2 z2
Z
π
dx + dz = . (4.6)
(x2 + 1) (x2 + 9) (z 2 + 1) (z 2 + 9) 4
−R ΓR

Si l’on prend la limite quand R → +∞ et si l’on utilise le fait que


Zπ 2
z2 R eiθ
Z
lim dz = lim    R ieiθ dθ = 0,
R→+∞ (z 2 + 1) (z 2 + 9) R→+∞ iθ 2 iθ
(R e ) + 1 (R e ) + 92
ΓR 0

on obtient
Z+∞ ZR
x2 x2 π
dx = lim dx = .
(x2 + 1) (x2 + 9) R→+∞ 2 2
(x + 1) (x + 9) 4
−∞ −R

z2 + 1 y
e) La fonction f (z) = possède quatre pôles simples
z4 + 1
(1+2k)
en zk = ei 4 π , k = 0, 1, 2, 3. Les pôles à l’intérieur du ΓR
π
√ √
2 2
contour CR = [−R, +R] ∪ ΓR sont z0 = ei 4 = 2
+ 2
i et

√ √ z1 z0
2 2
z1 = ei 4 = − 2
+ 2
i.
Les résidus en ces pôles sont −R R x
√ z2 z3
z2 + 1 z2 + 1 2
Res (f, z0 ) = lim = lim =− i,
z→z0 d (z 4 + 1) z→z0 4z 3 4
dz

z2 + 1 z2 + 1 2
Res (f, z1 ) = lim d 4 = lim 3
=− i.
z→z1
dz
(z + 1) z→z 1 4z 4
D’où √ √ !
Z
z2 + 1 2 2 √
dz = 2πi (Res (f, z0 ) + Res (f, z1 )) = 2πi − i − i = 2π
z4 + 1 4 4
CR

94
4.2. Solutions

ou ZR √
x2 + 1 z2 + 1
Z
dx + dz = 2π.
x4 + 1 4
z +1
−R ΓR

En prenant la limite quand R → +∞ et en remarquant que la deuxième intégrale tend vers 0


Zπ 2
z2 + 1 R eiθ +1
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ = 0,
R→+∞ z4 + 1 R→+∞ (R eiθ )4 +1
ΓR 0

nous obtenons Z+∞ 2


x +1 √
dx = 2π.
x4 + 1
−∞

z2 y
f ) La fonction f (z) = possède deux pôles triples
(z 2 + a2 )3
en z1 = −ia et z2 = ia. Seul le pôle z2 = ia qui est à ΓR

l’intérieur du contour CR = [−R, +R] ∪ ΓR . ia

Le résidus en ce pôle est


1 d2 z2
 
3 −R R x
Res (f, ia) = lim (z − ia) · 3
z→ia 2 dz 2 2
(z + a )2
2 2
 
1 d z −ia
= lim 2 3
z→ia 2 dz (z + ia)
z − 4iaz − a2
2
i
= lim 5 =− .
z→ia (z + ia) 16a3
D’où
z2
Z  
i π
3 dz = 2πiRes (f, ia) = 2πi − = .
(z 2 + a2 ) 16a3 8a3
CR

i.e. ZR
x2 z2
Z
π
dx + dz = 3 .
(x2 + a2 )3 (z 2 + a2 ) 3
8a
−R ΓR

Si l’on prend la limite quand R → +∞ et si l’on utilise le fait que


Zπ 2
z2 R eiθ
Z

lim dz = lim 3 R ie dθ = 0,
(z 2 + a2 )3

R→+∞ R→+∞ 2
ΓR (R eiθ ) + a2
0

on obtient Z+∞ ZR
x2 x2 π
dx = lim dx = 3 .
(x2 + a2 )3 R→+∞ (x2 + a2 )3
8a
−∞ −R
2
x
Comme la fonction x 7→ est paire, alors
(x2 + a2 )3
Z+∞ Z+∞
x2 1 x2 π
3 dx = 3 dx = .
(x2 + a2 ) 2 (x2 + a2 ) 16a3
0 −∞

95
4.2. Solutions

Exercice 4.7

Calculer les intégrales suivantes :


Z+∞ Z+∞ Z+∞
(x + 1) e−3ix eix x3 sin x
a) dx, b) dx, c) dx,
x2 − 2x + 5 (x2 + 4ix − 5)2 x4 + 5x2 + 4
−∞ −∞ −∞
Z+∞ Z+∞ Z+∞
x cos x (x + 1) sin (2x) cos x
d) 2
dx, e) dx, f) dx, a > 0.
x − 2x + 10 x2 + 2x + 2 x 2 + a2
−∞ −∞ −∞

Solution.
Z +∞
P (x) iαx
Les intégrales de cet exercice reviennent à calculer les intégrales de type e dx avec
−∞ Q (x)
α > 0, où P et Q sont des polynômes avec deg Q ≥ 1 + deg P , et aucun des zéros de Q n’étant
réel.
y
Pour calculer cet intégrale, comme
Z dans l’exercice ΓR CR = ΓR ∪ [−R, R]
P (z) iαz
précédent 4.6, on considère e dz, où
Q (z) z2
CR
CR désigne le contour fermé formé du segment z1
z3 zn
[−R, +R] et du demi cercle ΓR décrit dans le sens
x
direct. Avec R est pris suffisamment grand pour
−R R
que CR contient tous les zéros zk de Q tels que Im zk > 0. D’après le théorème des résidus on
obtient
Z ZR Z
P (x) iαx P (z) iαz X
f (z) dz = e dx + e dz = 2πi Res (f (z) , zk ) .
Q (x) Q (z) Im z >0
CR −R ΓR k

Z
P (z) iαz
Montrons que lim e dz = 0. Comme deg Q ≥ 1 + deg P, il existe M > 0 telle que
R→+∞ Q (z)
ΓR
P (z) M
pour z = R eiθ avec R suffisamment grand on a ≤ . Alors
Q (z) R
Zπ  Zπ 
iαR eiθ P R eiθ −αR sin θ iαR cos θ P R e

Z
iαz iθ
e F (z) dz = e iθ
R ie dθ = e e iθ
R ieiθ dθ
Q (R e ) Q (R e )
ΓR 0 0
Zπ iθ
 Zπ iθ

−αR sin θ iαR cos θ P R e iθ −αR sin θ P R e
≤ e e R ie dθ = e Rdθ
Q (R eiθ ) Q (R eiθ )
0 0
π
Zπ Z 2

−αR sin θ
≤M e dθ = 2M e−αR sin θ dθ.
0 0

96
4.2. Solutions

De plus, par l’étude de la fonction θ 7→ π2 θ − sin θ sur l’intervalle 0, π2 , on voit que sin θ ≥ π2 θ
 

si θ ∈ 0, π2 . Donc
 

π π
Z2 Z2  θ= π2
−αR sin θ −αR π2 θ −π −αR 2 θ π
1 − e−αR ,

e dθ ≤ e dθ = e π =
2αR θ=0 2αR
0 0

Z vers zéro quand R → +∞ car α > 0 ce qui démontre le résultat annoncé


qui tend
P (z) iαz
lim e dz = 0.
R→+∞ Q (z)
ΓR
Par suite, lorsque R → +∞, on obtient
Z +∞
P (x) iαx X
e dx = 2πi Res (f (z) , zk ) .
−∞ Q (x) Im z >0 k

(z + 1) e3iz
Z
y
a) On considère dz, CR = [−R, +R] ∪ ΓR .
z 2 − 2z + 5 ΓR
CR
(z + 1) e3iz 1 + 2i
La fonction f (z) = possède deux pôles sim-
z 2 − 2z + 5
ples en z1 = 1 + 2i et z2 = 1 − 2i. Seul le pôle z1 = 1 + 2i
qui est à l’intérieur du contour CR . −R R x
Le résidus en ce pôle est
(z + 1) e3iz
Res (f, 1 + 2i) = lim
z→1+2i d (z 2 − 2z + 5)
dz 1 − 2i
(z + 1) e3iz
= lim = 1−i
2
e−6+3i .
z→1+2i 2z − 2
D’où
(z + 1) e3iz
Z
2
dz = 2πiRes (f, 1 + 2i) = π (1 + i) e−6+3i .
z − 2z + 5
CR

i.e. ZR
(x + 1) e3ix (z + 1) e3iz
Z
dx + dz = −πe−6 (sin 3 − cos 3) + iπe−6 (sin 3 + cos 3) .
x2 − 2x + 5 2
z − 2z + 5
−R ΓR

Si l’on prend la limite quand R → +∞ et si l’on utilise le fait que


Zπ 
(z + 1) e3iz R eiθ + 1 e3iR cos θ−3R sin θ
Z
lim dz = lim 2 R ieiθ dθ = 0,
R→+∞ z 2 − 2z + 5 R→+∞ iθ
(R e ) − 2R e + 5iθ
ΓR 0

on obtient Z+∞ ZR
(x + 1) e3ix (x + 1) e3ix
dx = lim dx = π (1 + i) e−6+3i .
x2 − 2x + 5 R→+∞ x2 − 2x + 5
−∞ −R

Par conséquent
Z+∞
(x + 1) e−3ix
dx = π (1 + i) e−6+3i = π (1 − i) e−6−3i .
x2 − 2x + 5
−∞

97
4.2. Solutions

eiz
Z
y
b) On considère f (z) dz où f (z) = et
(z 2 + 4iz − 5)2 ΓR
CR
CR = [−R, +R] ∪ ΓR . La fonction f (z) possède deux
pôles doubles en z1 = 1 − 2i et z2 = −1 − 2i. Mais
aucun de ces pôles n’est situé à l’intérieur du contour
−R R x
CR . Alors
ZR
(z + 1) e3iz
Z Z
eix eiz
dz = (x2 +4ix−5)2
dx+ (z 2 +4iz−5)2
dz = 0.
z 2 − 2z + 5 −1 − 2i 1 − 2i
CR −R ΓR

Si l’on prend la limite quand R → +∞ on obtient


Z+∞
eix eiz
Z
dx = − lim dz = 0,
(x2 + 4ix − 5)2 R→+∞ (z 2 + 4iz − 5)2
−∞ ΓR

z 3 eiz
Z
y
c) On considère f (z) dz où f (z) = et
z 4 + 5z 2 + 4 ΓR
CR 2i
CR = [−R, +R] ∪ ΓR . La fonction f (z) possède quatre
pôles simples en z1 = i, z2 = 2i, z3 = −i et z4 = −2i. i

Seuls les pôles z1 = i et z2 = 2i sont à l’intérieur du


−R R x
contour CR .
−i
Les résidus en ces pôles sont
z 3 eiz z 3 eiz 1 −2i
Res (f, i) = lim d
= lim 3
=− ,
z→i
dz
(z + 5z + 4) z→i 4z + 10z
4 2 6e
z 3 eiz z 3 eiz 2
Res (f, 2i) = lim d 4 = lim 3
= 2.
z→2i
dz
(z + 5z + 4) z→2i 4z + 10z
2 3e
D’où
z 3 eiz
Z  
1 2
dz = 2πi (Res (f, i) + Res (f, 2i)) = 2πi − + 2 .
z 4 + 5z 2 + 4 6e 3e
CR
i.e. ZR
x3 eix z 3 eiz
Z  
1 2
dx + dz = 2πi − + 2 .
x4 + 5x2 + 4 z 4 + 5z 2 + 4 6e 3e
−R ΓR

z 3 eiz
Z
En prenant la limite quand R → +∞ et en remarquant que lim dz = 0, on
R→+∞ z 4 + 5z 2 + 4
ΓR
obtient Z+∞
x3 eix
 
1 2 4−e
dx = 2πi − + = πi.
x4 + 5x2 + 4 6e 3e2 3e2
−∞
Par conséquent,  +∞ 
Z+∞ 3 3 ix
4−e
Z
x sin x xe
4 2
dx = Im  4 2
dx = π.
x + 5x + 4 x + 5x + 4 3e2
−∞ −∞

98
4.2. Solutions

zeiz
Z y
d) On considère f (z) dz où f (z) = 2 et
z − 2z + 10 ΓR
CR 1 + 3i
CR = [−R, +R] ∪ ΓR . La fonction f (z) possède deux
pôles simples en z1 = 1 + 3i et z2 = 1 − 3i. Seul le pôle
z1 = 1 + 3i qui est à l’intérieur du contour CR .
−R R x
Le résidu en ce pôle est
zeiz
Res (f, 1 + 3i) = lim
z→1+3i d (z 2 − 2z + 10)
dz
1 − 3i
zeiz
 
1 1
= lim = − i e−3+i .
z→1+3i 2z − 2 2 6
D’où
zeiz
Z    
1 1 −3+i π 1
dz = 2πiRes (f, 1 + 3i) = 2πi − i e = 3 + i ei .
z 2 − 2z + 10 2 6 e 3
CR

i.e. ZR
xeix zeiz
Z  
π 1
dx + dz = 3 + i ei .
x2 − 2x + 10 2
z − 2z + 10 e 3
−R ΓR

zeiz
Z
En prenant la limite quand R → +∞ et en remarquant que lim dz = 0, on
R→+∞ z 2 − 2z + 10
ΓR
obtient Z+∞
xeix
 
π 1
2
dx = 3 + i ei .
x − 2x + 10 e 3
−∞

Par conséquent,
 +∞ 
Z+∞ Z ix
 
x cos x xe π 1
dx = Re  dx = 3 cos 1 − sin 1 .
x2 − 2x + 10 x2 − 2x + 10 e 3
−∞ −∞

(z + 1) e2iz
Z
y
e) On considère f (z) dz où f (z) = 2 et
z + 2z + 2
CR ΓR
CR = [−R, +R] ∪ ΓR . La fonction f (z) possède deux
pôles simples en z1 = −1 + i et z2 = −1 − i. Seul le pôle −1 + i
z1 = −1 + i qui est à l’intérieur du contour CR .
−R R x
Le résidu en ce pôle est
(z + 1) e2iz −1 − i
Res (f, −1 + i) = lim
z→−1+i d (z 2 + 2z + 2)
dz
(z + 1) e2iz 1
= lim = e−2−2i .
z→−1+i 2z + 2 2
D’où
(z + 1) e2iz
Z
1
2
dz = 2πiRes (f, −1 − i) = 2πi e−2−2i = πie−2−2i .
z + 2z + 2 2
CR

99
4.2. Solutions

i.e. ZR
(x + 1) e2ix (z + 1) e2iz
Z
dx + dz = πie−2−2i .
x2 + 2x + 2 z 2 + 2z + 2
−R ΓR

(z + 1) e2iz
Z
En prenant la limite quand R → +∞ et en remarquant que lim dz = 0, on
R→+∞ z 2 + 2z + 2
ΓR
obtient Z+∞
(x + 1) e2ix
dx = πie−2−2i = πe−2 (sin 2 + i cos 2) .
x2 + 2x + 2
−∞

Par conséquent,
 +∞ 
Z+∞ Z 2ix
(x + 1) sin (2x) (x + 1) e
2
dx = Im  dx = πe−2 cos 2.
x + 2x + 2 x2 + 2x + 2
−∞ −∞

eiz
Z
y
f ) On considère f (z) dz où f (z) = , a > 0 et
z 2 + a2
CR ΓR
CR = [−R, +R] ∪ ΓR . La fonction f (z) possède deux
ia
pôles simples en z1 = ia et z2 = −ia. Seul le pôle z1 = ia
qui est à l’intérieur du contour CR .
−R R x
Le résidu en ce pôle est
eiz eiz e−a −ia
Res (f, ia) = lim d
= lim = −i .
z→ia
dz
(z 2 + a2 ) z→ia 2z 2a
D’où
eiz e−a
Z  
π
2 2
dz = 2πiRes (f, ia) = 2πi · −i = a.
z +a 2a ae
CR

i.e. ZR
eix eiz
Z
π
dx + dz = a .
x 2 + a2 2
z +a 2 ae
−R ΓR

eiz
Z
En prenant la limite quand R → +∞ et en remarquant que lim dz = 0, on ob-
R→+∞ z 2 + a2
ΓR
tient Z+∞
eix π
2 2
dx = a .
x +a ae
−∞

Par conséquent, Z+∞


 +∞ 
Z ix
cos x e = π .
dx = Re  dx
x 2 + a2 x 2 + a2 aea
−∞ −∞

100
4.2. Solutions

Exercice 4.8

Calculer les intégrales suivantes :


Z+∞ Z+∞
1 − cos (ax) cos (2ax) − cos (2bx)
a) dx, a > 0 b) dx, a > 0, b > 0,
x2 x2
0 0
Z+∞ 2 2
 Z+∞
x −b sin (ax) sin (ax)
c) dx, a > 0, Re b > 0. d) dx, a > 0,
x 2 + b2 x x
0 0
Z+∞
sin (ax)
e) dx, a > 0, Re b > 0.
x (x2 + b2 )
0

Solution.
+∞
P (x) eiαx
Z
Les intégrales de cet exercice reviennent à calculer les intégrales de type dx,
−∞ Q (x) x
P (x)
α > 0, où une fraction rationnelle dont le dénominateur Q (x) ne possède pas des racines
Q (x)
réelles et deg Q ≥ deg P .
P (z) eiαz
Z
y
Pour calculer cet intégrale, on considère dz C
Q (z) z R,r
CR,r
où CR,r est le contour de la figure ci-contre,
CR,r = [r, R] ∪ ΓR ∪ [−R, −r] ∪ Γr où ΓR et Γr
sont des demi cercles centrés à l’origine de rayons
R et r. Donc, d’après le théorème des résidus on
r R x
obtient
ZR Z−r
P (z) eiαz P (x) eiαx P (z) eiαz P (x) eiαx P (z) eiαz
Z Z Z
dz = dx + dz + dx − dz
Q (z) z Q (x) x Q (z) z Q (x) x Q (z) z
CR,r r ΓR −R Γr

P (z) eiαz
X  
= 2πi Res , zk .
Im zk >0
Q (z) z

Notons queZ si on procède comme dans les rappels des exercices précédents, on vérifie que
P (z) eiαz
l’intégrale dz tend vers zéro quand R tend vers +∞.
Q (z) z
ΓR
Pour l’intégrale sur Γr on a
Zπ it
P (z) eiαz P (reit ) eiαre
Z
P (0)
lim dz = lim it it
ireit dt = iπ .
r→0 Q (z) z r→0 Q (re ) re Q (0)
Γr 0

101
4.2. Solutions

Donc si on fait tendre r vers zéro et R vers +∞ on obtient


Z+∞
P (x) eiαx P (z) eiαz
 
P (0) X
dx = iπ + 2πi Res , zk .
Q (x) x Q (0) Im z >0
Q (z) z
−∞ k

1 − eiaz
Z
y
a) On considère dz où CR,r est le contour CR,r
z2
CR,r ΓR
de la figure ci-contre,
CR,r = [r, R] ∪ ΓR ∪ [−R, −r] ∪ Γr où ΓR et Γr sont
des demi cercles centrés à l’origine de rayons R et r. Γr
1−eiaz
La seule singularité z0 = 0 de f (z) = z2
étant à
−R −r 0 r R x
l’extérieur de CR,r , on a donc
Z−r ZR
1 − eiaz 1 − eiax 1 − eiaz 1 − eiax 1 − eiaz
Z Z Z
dz = dx + dz + dx + dz = 0.
z2 x2 z2 x2 z2
CR,r −R Γr r ΓR

En changeant x en −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et en combinant avec celle sur [r, R], on
trouve
ZR
2 − eiax − e−iax 1 − eiaz 1 − eiaz
Z Z
dx + dz + dz = 0
x2 z2 z2
r Γr ΓR
ou encore
ZR
1 − cos (ax) 1 − eiaz 1 − eiaz
Z Z
1 1
2
dx = − 2
dz − dz. (4.7)
x 2 z 2 z2
r Γr ΓR

On fait tendre r → 0 et R → +∞. La deuxième intégrale du second membre tend vers zéro
car
Zπ Zπ
1 − eiaz 1 − eiaR(cos θ+i sin θ) 1 − e−aR(sin θ−i cos θ)
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ = lim idθ = 0.
R→+∞ z2 R→+∞ 2
R e 2iθ R→+∞ R eiθ
ΓR 0 0

Si l’on pose z = reiθ dans la première intégrale du deuxième membre de (4.7), on voit que sa
limite est
Z0 iθ Z0 iθ
1 − eiaz 1 − eiare 1 − eiare
Z
1 1 1
− lim 2
dz = − lim 2 2iθ
ireiθ dθ = lim adθ
2 r→0 z 2 r→0 r e 2 r→0 iareiθ
Γr π π
Zπ iareiθ Zπ
1 1−e 1 πa
=− lim iθ
adθ = adθ =
2 r→0 iare 2 2
0 0

par passage à la limite sous le symbole d’intégration.

102
4.2. Solutions

On a donc
Z+∞ ZR
1 − cos (ax) 1 − cos (ax) πa
2
dx = lim 2
dx = .
x r→0
R→+∞
x 2
0 r

e2iaz − e2ibz
Z
b) On considère dz où CR,r est le contour de l’intégrale a) de cet exercice.
z2
CR,r
e2ibz − e2iaz
Comme dans l’intégrale a), la seule singularité z0 = 0 de f (z) = étant à l’extérieur
z2
de CR,r et donc
e2iaz − e2ibz
Z
dz = 0,
z2
CR,r

ou
Z−r 2iax ZR 2iax
− e2ibx
Z 2iaz
− e2ibz − e2ibx
Z 2iaz
e e e e − e2ibz
dx + dz + dx + dz = 0.
x2 z2 x2 z2
−R Γr r ΓR

En changeant x en −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et en combinant avec celle sur [r, R], on
trouve
ZR
e2iax + e−2iax − e2ibx + e−2ibx
 Z 2iaz
− e2ibz
Z 2iaz
e e − e2ibz
dx + dz + dz = 0
x2 z2 z2
r Γr ΓR

ou encore
ZR
cos (2ax) − cos (2bx) e2iaz − e2ibz e2iaz − e2ibz
Z Z
1 1
2
dx = − 2
dz − dz.
x 2 z 2 z2
r Γr ΓR

On fait tendre r → 0 et R → +∞. La deuxième intégrale du second membre tend vers zéro
car

e2iaz − e2ibz e2iaR(cos θ+i sin θ) − e2ibR(cos θ+i sin θ)
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ
R→+∞ z2 R→+∞ R e2 2iθ
ΓR 0

e−2aR(sin θ−i cos θ) − e−2bR(sin θ−i cos θ)
= lim idθ = 0.
R→+∞ R eiθ
0

Si l’on pose z = reiθ dans l’intégrale sur Γr , on voit que sa limite est

Z0 iθ iθ Zπ iθ iθ
e2iaz − e2ibz e2iare − e2ibre e2iare − e2ibre
Z
1 1 1
− lim 2
dz = − lim 2 2iθ
ireiθ dθ = lim idθ
2 r→0 z 2 r→0 r e 2 r→0 reiθ
Γr π 0
Zπ iθ iθ Zπ
1 e2iare − e2ibre 1
= lim iθ
idθ = (2ia − 2ib) idθ = π (b − a) .
2 r→0 re 2
0 0

103
4.2. Solutions

On a donc
Z+∞ ZR
cos (2ax) − cos (2bx) cos (2ax) − cos (2bx)
2
dx = lim dx = π (b − a) .
x r→0
R→+∞
x2
0 r

Autre méthode. En utilisant l’intégrale a), on trouve

Z+∞ Z+∞
cos (2ax) − cos (2bx) 1 − cos (2bx) − (1 − cos (2ax))
2
dx = dx
x x2
0 0
+∞ Z+∞
1 − cos (2bx) 1 − cos (2ax)
Z
= dx − dx
x2 x2
0 0
π (2b) π (2a)
= − = π (b − a) .
2 2
Z 
z 2 −b2

eiaz y
c) On considère f (z) dz où f (z) = z 2 +b2 z CR,r
CR,r ΓR
et CR,r est le contour de la figure ci-contre.
Le pôle de f (z) appartenant à l’intérieur de CR,r est
z1 = ib car Re b > 0. Le résidu en ce pôle est ib Γr

(z 2 − b2 ) eiaz
Res (f, ib) = lim −R −r 0 r R x
z→ib z d (z 2 + b2 )
dz
−ib
(z 2 − b2 ) eiaz −ab
= lim =e .
z→ib 2z 2
On a donc Z  2
z − b2 eiaz

2 2
dz = 2πiRes (f, ib) = 2πie−ab .
z +b z
CR,r

ou
Z−r   eiax Z   eiaz ZR   eiax Z   eiaz
x2 −b2 z 2 −b2 x2 −b2 z 2 −b2
x2 +b2
dx + z 2 +b2
dz + x2 +b2
dx + z 2 +b2
dz = 2πie−ab .
x z x z
−R Γr r ΓR

En changeant x en −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et en combinant avec celle sur [r, R], on
trouve
ZR 
x 2 − b2 eiax − e−iax z 2 − b2 eiaz z 2 − b2 eiaz
 Z   Z  
dx + dz + dz = 2πie−ab
x 2 + b2 x z 2 + b2 z z 2 + b2 z
r Γr ΓR

ou encore
ZR  2
x − b2 sin (ax)
Z  2
z − b2 eiaz
Z  2
z − b2 eiaz
  
1 1
dx = − dz − dz + πe−ab .
x2 + b 2 x 2i z 2 + b2 z 2i z 2 + b2 z
r Γr ΓR

104
4.2. Solutions

On fait tendre r → 0 et R → +∞. L’intégrale sur ΓR tend vers zéro car


Zπ 
z 2 − b2 eiaz R2 e2iθ − b2 eiaR(cos θ+i sin θ)
Z   
lim dz = lim R ieiθ dθ
R→+∞ z 2 + b2 z R→+∞ R2 e2iθ + b2 Reiθ
ΓR 0
Zπ 
R2 e2iθ − b2

= lim e−aR(sin θ−i cos θ) idθ = 0.
R→+∞ R2 e2iθ + b2
0

Pour plus de détails sur cette limite, voir le rappel de l’exercice 4.7.

Si l’on pose z = reiθ dans l’intégrale sur Γr , on voit que sa limite est

Z0  iθ
z 2 − b2 eiaz r2 e2iθ − b2 eiare
Z   
1 1
− lim dz = − lim ireiθ dθ
2i r→0 z 2 + b2 z 2i r→0 r2 e2iθ + b2 reiθ
Γr π
π
r2 e2iθ − b2
Z  
1 iθ
= lim eiare idθ
2i r→0 r2 e2iθ + b2
0
Zπ Zπ
r2 e2iθ − b2
 
1 iareiθ 1 π
= lim e idθ = − dθ = − .
2i r→0 r2 e2iθ + b2 2 2
0 0

On en déduit que
Z+∞
x 2 − b2
  
sin (ax) −ab 1
dx = π e − .
x 2 + b2 x 2
0

eiaz
Z
y
d) On considère dz où CR,r est le contour de CR,r
z
CR,r ΓR
la figure ci-contre,
CR,r = [r, R] ∪ ΓR ∪ [−R, −r] ∪ Γr . La seule singu-
eiaz Γr
larité z0 = 0 de f (z) = étant à l’extérieur de
z
CR,r , on a donc
−R −r 0 r R x

Z−r iax ZR iax


eiaz
Z Z iaz Z iaz
e e e e
dz = dx + dz + dx + dz = 0.
z x z x z
CR,r −R Γr r ΓR

En changeant x en −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et en combinant avec celle sur [r, R], on
trouve
ZR
eiax − e−iax eiaz eiaz
Z Z
dx + dz + dz = 0
x z z
r Γr ΓR

105
4.2. Solutions

ou encore
ZR
eiaz eiaz
Z Z
sin (ax) 1 1
2
dx = − dz − dz. (4.8)
x 2i z 2i z
r Γr ΓR

On fait tendre r → 0 et R → +∞. L’intégrale sur ΓR tend vers zéro car


Zπ Zπ
eiaz eiaR(cos θ+i sin θ)
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ = lim e−aR(sin θ−i cos θ) idθ = 0.
R→+∞ z R→+∞ R eiθ R→+∞
ΓR 0 0

Pour plus de détails sur cette limite, voir le rappel de l’exercice 4.7.

Si l’on pose z = reiθ dans l’intégrale sur Γr , on voit que sa limite est

Z0 iθ Zπ
eiaz eiare
Z
1 1 1 iθ
− lim dz = − lim iθ
ireiθ dθ = lim eiare dθ
2i r→0 z 2i r→0 re 2 r→0
Γr π 0
Zπ Zπ
1 iθ 1 π
= lim eiare dθ = dθ =
2 r→0 2 2
0 0

par passage à la limite sous le symbole d’intégration.

On a donc
Z+∞ ZR
sin (ax) sin (ax) π
dx = lim dx = .
x r→0
R→+∞
x 2
0 r

eiaz
Z
y
e) On considère f (z) dz où f (z) = CR,r
z (z 2 + b2 )
CR,r ΓR
et CR,r est le contour de la figure ci-contre.
Le pôle de f (z) appartenant à l’intérieur de CR,r est
z1 = ib car Re b > 0. Le résidu en ce pôle est ib Γr

eiaz
Res (f, ib) = lim d 2 −R −r 0 r R x
z→ib z
dz
(z + b2 )
−ib
eiaz 1
= lim 2 = − 2 e−ab .
z→ib 2z 2b
On a donc
eiaz
Z
π
2 2
dz = 2πiRes (f, ib) = −i 2 e−ab .
z (z + b ) b
CR,r

ou
Z−r ZR
eiax eiaz eiax eiaz
Z Z
π −ab
dx + dz + dx + dz = −i e .
x (x2 + b2 ) z (z 2 + b2 ) x (x2 + b2 ) z (z 2 + b2 ) b2
−R Γr r ΓR

106
4.2. Solutions

En changeant x en −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et en combinant avec celle sur [r, R], on
trouve ZR
eiax − e−iax eiaz eiaz
Z Z
π −ab
dx + dz + dz = −i e
x (x2 + b2 ) z (z 2 + b2 ) z (z 2 + b2 ) b2
r Γr ΓR
ou encore
ZR
eiaz eiaz
Z Z
sin (ax) 1 1 π −ab
dx = − dz − dz − e .
x (x2 + b2 ) 2i z (z 2 + b2 ) 2i z (z 2 + b2 ) 2b2
r Γr ΓR

On fait tendre r → 0 et R → +∞. L’intégrale sur ΓR tend vers zéro car



eiaz eiaR(cos θ+i sin θ)
Z
lim dz = lim R ieiθ dθ
R→+∞ z (z 2 + b2 ) R→+∞ Reiθ (R2 e2iθ + b2 )
ΓR 0

e−aR(sin θ−i cos θ)
= lim idθ = 0.
R→+∞ R2 e2iθ + b2
0

Si l’on pose z = reiθ dans l’intégrale sur Γr , on voit que sa limite est

Z0 iθ Zπ iθ
eiaz eiare eiare
Z
1 1 1
− lim 2 2
dz = − lim iθ 2 2iθ 2
ireiθ dθ = lim dθ
2i r→0 z (z + b ) 2i r→0 re (r e + b ) 2 r→0 r2 e2iθ + b2
Γr π 0
Zπ iθ
1 eiare π
= lim dθ = .
2 r→0 r 2 e2iθ + b2 2b2
0

On en déduit que
Z+∞
sin (ax) π
dx = 2 1 − e−ab .

2 2
x (x + b ) 2b
0

Exercice 4.9

Calculer les intégrales suivantes :


Z+∞
ln x (Log z)2
a) dx, a > 0, b > 0, utiliser la fonction f (z) = où
(a + x)2 + b2 (a + z)2 + b2
0
Log z = ln |z| + i arg z avec arg z ∈ [0, 2π[ .
Z+∞
dx 1
b) 2  , a > 0, utiliser la fonction f (z) = où
(a2 + x2 ) (ln x) + π 2 (a + z 2 ) Log z
2
0
Log z = ln |z| + i arg z avec arg z ∈ ]−π, π] .

107
4.2. Solutions

Solution.
(Log z)2
Z
y
a) On considère f (z) dz où f (z) =
(a + z)2 + b2 ΓR
CR,r
avec arg z ∈ [0, 2π[. Le point z0 = 0 étant un point
de branchement, on utilisera le contour CR,r = [r, R] ∪
−a + ib Γr
ΓR ∪ [R, r] ∪ Γr de la figure ci-contre, Γr et ΓR sont r R
0 x
des cercles centrés à l’origine de rayons r et R, où l’axe
−a − ib
réel positif est la coupure car arg z ∈ [0, 2π[ et où [r, R]
et [R, r] coı̈ncident avec l’axe des x mais sont montrés
séparés pour une meilleure compréhension.

La fonction que l’on intègre a deux pôles simples z1 = −a + ib et z2 = −a − ib à l’intérieur de


CR,r . Les résidus en ces pôles sont
(Log z)2 (Log z)2 (Log (ib − a))2
Res (f, ib − a) = lim = lim = −i ,
z→ib−a d (a + z)2 + b2

z→ib−a 2z + 2a 2b
dz
(Log z)2 (Log z)2 (Log (−ib − a))2
Res (f, −ib − a) = lim = lim = i .
z→−ib−a d (a + z)2 + b2

z→−ib−a 2z + 2a 2b
dz

On a donc d’après le théorème des résidus


(Log z)2
Z
dz = 2πi (Res (f, ib − a) + Res (f, −ib − a))
(a + z)2 + b2
CR,r

(Log (ib − a))2 (Log (−ib − a))2


=π −π
b b
ou bien
ZR Zr
(Log x)2 (Log z)2 (Log x)2 (Log z)2
Z Z
dx + dz + dx + dz
(a + x)2 + b2 (a + z)2 + b2 (a + x)2 + b2 (a + z)2 + b2
r ΓR R Γr
2
(Log (ib − a)) (Log (−ib − a))2
=π −π .
b b

On peut donc écrire


ZR Z2π Zr Z0
(ln x)2 2
(Log(R eiθ )) (ln x + 2iπ)2 (Log(reiθ ))
2

dx + 2 iR eiθ dθ + dx + 2 ireiθ dθ
(a + x)2 + b2 (a+R eiθ ) +b2 (a + x)2 + b2 (a+reiθ ) +b2
r 0 R 2π
2
(Log (ib − a)) (Log (−ib − a))2
=π −π ,
b b
où l’on a posé Log x = ln x + 2iπ pour l’intégrale le long de [R, r], l’argument de z = x ayant
augmenté de 2π en parcourant le cercle ΓR .

108
4.2. Solutions

Si l’on prend la limite quand r → 0 et R → +∞, remarquant que la deuxième et la quatrième


intégrales tendent vers zéro, on trouve
Z+∞
(ln x)2 − (ln x + 2iπ)2 (Log (ib − a))2 (Log (−ib − a))2
dx = π − π
(a + x)2 + b2 b b
0

ou
Z+∞ Z+∞ 2
4π 2
 
4iπ ln x π 1 b
dx − dx = ln (a2 + b2 ) + i π − Arctg
(a + x)2 + b2 (a + x)2 + b2 b 2
a
0 0
  2
π 1 b
− 2
ln (a2 + b2 ) + i π + Arctg
b a

4π 2 b 2iπ b
= Arctg − Arctg ln (a2 + b2 ) .
b a b a
En égalant les parties réelles et imaginaires, on trouve
Z+∞
ln x 1 b 2 2

dx = Arctg ln a + b
(a + x)2 + b2 2b a
0

et
Z+∞
dx 1 b
2 = Arctg .
(a + x) + b 2 b a
0

La deuxième intégrale, même si elle est facile à calculer, étant obtenue en supplément.
Z
1 y
b) On considère f (z) dz où f (z) = 2
(a + z 2 ) Log z
CR,r ΓR
avec arg z ∈ ]−π, π]. Le point z0 = 0 étant un point de
branchement, on utilisera le contour CR,r = [r, R] ∪ ΓR ∪ ia
Γr
[R, r]∪Γr de la figure ci-contre, Γr et ΓR sont des cercles −R −r
0 x
centrés à l’origine de rayons r et R, où l’axe réel négatif
est la coupure car arg z ∈ ]−π, π] et où [−r, −R] et −ia

[−R, −r] coı̈ncident avec l’axe des x mais sont montrés


séparés pour une meilleure compréhension.

La fonction à intégrer a deux pôles simples z1 = −ia et z2 = ia à l’intérieur de CR,r .


Les résidus en ces pôles sont
1 1 −π − 2i ln a
Res (f, ia) = lim = lim = ,
z→ia Log z d
(a2 + z 2 ) z→ia 2z Log z
dz a π 2 + 4 (ln a)2
1 1 −π + 2i ln a
Res (f, −ia) = lim = lim = .
z→−ia Log z d
dz
(a + z ) z→−ia 2z Log z
2 2
a π 2 + 4 (ln a)2

109
4.2. Solutions

On a donc d’après le théorème des résidus

−4iπ 2
Z
1
dz = 2πi (Res (f, −ia) + Res (f, ia)) =
(a2 + z 2 ) Log z a π 2 + 4 (ln a)2

CR,r

ou bien
Z−r Z Z−R
1 1 1
dx + dz + dx
(a + x2 ) Log x
2 (a + z 2 ) Log z
2 (a2 + x2 ) Log x
−R ΓR −r

−4iπ 2
Z
1
+ dz = .
(a2 + z 2 ) Log z a π 2 + 4 (ln a)2
Γr

On change x par −x dans l’intégrale sur [−R, −r] et on note que Log (−x) = ln x + iπ. Ainsi,
on change x par −x dans l’intégrale sur [−r, −R] et on note que Log (−x) = ln x − iπ.

On peut donc écrire

ZR Zπ ZR
1 1 1
2 2
dx + iR eiθ dθ − dx
(a + x ) (ln x + iπ) (a + R e ) Log (R eiθ )
2 2 2iθ (a2 + x2 ) (ln x − iπ)
r −π r

Z−π
ireiθ dθ −4iπ 2
+ = .
(a2 + r2 e2iθ ) Log (reiθ ) a π 2 + 4 (ln a)2
π

Si l’on prend la limite quand r → 0 et R → +∞, remarquant que la deuxième et la quatrième


intégrales tendent vers zéro, on trouve
Z+∞
−4iπ 2

1 1
− 2 dx = .
2 2 2
(a + x ) (ln x + iπ) (a + x ) (ln x − iπ) a π 2 + 4 (ln a)2
0

Ce qui donne le résultat


Z+∞
1 2π
2  dx = .
(a2 + x2 ) (ln x) + π 2 a π 2 + 4 (ln a)2
0

110

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