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Structure Chap 1-3

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Domaine : Sciences et Technologies

Parcours : Licence Cadre Technique des Travaux

Etablissement : ENSI

Code et Intitulé de l’UE : GEC 315 : Structure

Crédits : 04

Public cible : Etudiants en Licence CTT de l’ENSI

Semestre : 4

Pré-requis :

Enseignant responsable de l’UE : AYITE Dany, Maître de Conférences, Génie Civil,

Cel : 91964516/97727170 Email : [email protected]

Disponibilité : Mardi : 9h à 11h et vendredi de 9h à 11h

Cours de Structure/D. AYITE 1


2. DESCRIPTION DE L’UNITE D’ENSEIGNEMENT

2.1 OBJECTIFS DE L’UNTE D’ENSEIGNEMENT

Objectif général : L'objectif de ce cours est de fournir les éléments permettant de


calculer les déformations dans les structures ainsi que les efforts dans les
structures hyperstatiques

Objectifs spécifiques : Les apprenants seront capables de :


- calculer les déformations dans les structures

- calculer les réactions aux appuis et efforts internes des structures hyperstatiques

- tracer et exploiter les lignes d’influence

(Ne pas dépasser 4 objectifs spécifiques)

2.2 CONTENU DE L’UNITE D’ENSEIGNEMENT

Bref descriptif de l’UE : (max. 10 lignes)

L’UE vise à compléter les notions acquises en statique en abordant le calcul des structures
hyperstatiques et le calcul des déformations des structures. Ces notions sont essentielles dans le
dimensionnement des structures de génie civil. Le cours aborde différentes de calcul des
structures hyperstatiques et des déformations. Il aborde les lignes d’influence très utile pour le
calcul des structures supportant des charges dynamiques

Plan du contenu d’enseignement (parties, chapitres et sous-chapitres)

Séance n° Rappel des objectifs spécifiques Titres des parties/ chapitres /


sous-chapitres
1 Rappeler les principes de la statique Chapitre 1
2 Apprendre à calculer les déformations Chapitre 2/2.1 et 2.2
dans les structures
3 Apprendre à calculer les déformations Chapitre 2/2.3
dans les structures
4 Apprendre à calculer les déformations Chapitre 2/2.4 et 2.5
dans les structures

Cours de Structure/D. AYITE 2


5 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 3/3.1
structures hyperstatiques
6 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 3/3.2
structures hyperstatiques
7 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 3/3.3
structures hyperstatiques
8 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 4
structures hyperstatiques
9 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 5/5.1
structures hyperstatiques
10 Apprendre les méthodes de calcul des Chapitre 5/5.2
structures hyperstatiques
11 Apprendre à tracer les lignes d’influence Chapitre 6/6.1
12 Apprendre à exploiter les lignes Chapitre 6/6.3
d’influence

Modalités d’évaluation : (période, type d’activité, organisation, etc.) devoirs et examen

Bibliographie : (les ouvrages et sites internet que les étudiants doivent utiliser/consulter pour
maîtriser les objectifs de cette UE)

Aleinik L. et Durler J. RESISTANCE DES MATERIAUX cours de base, Edition Bibliothèque de l'ingénieur
1973.

Decelle A. F., et Legendre D., MECANIQUE APPLIQUEE AU GENIE CIVIL, Editions Eyrolles 1983.

Doberscu C. A., QUELQUES CHAPITRES DE RESISTANCE DES MATERIAUX, tome 2,

O.P.U 04-91

Gere J. M. and S. P. Timoshenko, MECHANICS OF MATERIALS, 2eme édition, Brooks/Cole Engineering


1984.

Jalil W. A. et Ader P., CALCUL PRATIQUE DES STRUCTURES, 4eme édition, Editions Eyrolles 1985.

Zedira H. et Lahbari N., RESISTANCE DES MATERIAUX Tome 2, O.P.U Collection le cours de génie
civil, 06-1990.

Cours de Structure/D. AYITE 3


INTRODUCTION

0.1 DEFINITION – TYPES DE STRUCTURES

La structure d’un bâtiment ou d’un ouvrage d’art est l’ossature qui résiste à toutes
les charges et à toutes les déformations auxquelles celui-ci peut être soumis durant sa
construction et son utilisation.

Pour une construction donnée, le choix d’un type de structure dépend de plusieurs
facteurs qui sont la destination de la construction, le coût, les matériaux disponibles et les
considérations esthétiques.

On distingue trois sortes de structures selon des critères dimensionnels :

les structures unidimensionnelles (formées de barres) : cas des poutres, des treillis et
des portiques. Ce sont des structures pour lesquelles une dimension est plus
importante que les deux autres ;

les structures bidimensionnels (formées de plaques, coques et disques) : ce sont des


structures pour lesquelles deux dimensions sont du même ordre de grandeur et très
grande devant la troisième appelée épaisseur ;

les structures tridimensionnelles ou corps pleins : pour ces structures les trois
dimensions sont du même ordre de grandeur.

0.2 ETAPES DE CONCEPTION ET D’ANALYSE D’UNE STRUCTURE

Quand la structure d’un bâtiment ou d’un ouvrage d’art est projetée, un architecte
est choisi pour dresser les plans préliminaires d’architecture, qui doivent être approuvés
par les propriétaires ou les organismes concernés. Les participants du projet (propriétaires,
architectes et ingénieurs) doivent s’entendre sur le type de structure et le matériau à
utiliser.

L’ingénieur de structure, s’il n’a pas été consulté par l’architecte durant la
préparation des plans préliminaires d’architecture, doit bien étudier ces derniers.

S’il veut remplir son rôle efficacement, le cas échéant, il doit demander à l’architecte
de modifier les plans préliminaires d’architecture pour permettre la conception d’une
structure économique, fonctionnelle, esthétique et facile à réaliser. Ensuite, il fait les
calculs préliminaires pour déterminer les sollicitations approximatives appliquées aux
éléments de la structure dont il détermine aussi les dimensions.

Cours de Structure/D. AYITE 4


L’ingénieur de structure expérimenté ayant une formation théorique se servira d’un
programme d’ordinateur pour analyser les sections préliminaires choisies et pour vérifier
la résistance de ces sections aux sollicitations auxquelles elles sont soumises. Le cas
échéant, il modifiera les dimensions préliminaires choisies pour que ces sections
respectent les critères de résistance et de stabilité ainsi que les exigences de bonne tenue
de service.

Par contre, l’ingénieur de structure peu expérimenté se servira des méthodes


classiques de calcul pour analyser et calculer les structures simples jusqu’à ce que
l’expérience acquise lui permette de se servir efficacement d’un programme d’ordinateur.

0.3 OBJECTIFS ET PRESENTATION DU COURS

Le présent cours de structure est destiné aux élèves en Licence Cadre Technique des
Travaux supérieurs Semestre 6 de l’ENSI-UL. Ce cours est un complément du cours de
Statique. Son objectif principal est d’initier les élèves aux méthodes de détermination des
sollicitations dans les structures hyperstatiques, sollicitations qui constituent la base du
dimensionnement de tout ouvrage de génie civil. Il vise également à les apprendre le calcul
des déformations dans les structures.

Pour atteindre cet objectif, le cours est subdivisé en chapitre. Chaque chapitre est
subdivisé selon les besoins en sous chapitres et vise à initier l’élève aux méthodes
d’évaluation des déformations et sollicitations d’une structure.

Dans le premier chapitre est effectué un rappel des notions de statique afin de
permettre à l’apprenant de se souvenir de ces notions et de voir leur application dans le
présent cours.

Le deuxième chapitre traite des différentes méthodes d’évaluation des


déformations dans les structures isostatiques. A la fin de chapitre l’élève devra être en
mesure de déterminer les sollicitations et les déformations des structures isostatiques.

Du troisième au cinquième chapitre il est abordé différentes méthodes de calcul des


structures hyperstatiques. A la fin de ces chapitres, l’élève doit être en mesure de
déterminer les sollicitations et les déformations des structures hyperstatiques.

Le sixième chapitre introduit la notion de ligne d’influence nécessaire pour la


détermination des sollicitations maximales dans les structures soumises à des charges
dynamiques.

Cours de Structure/D. AYITE 5


Chapitre 1

RAPPELS

1.1 EQUILIBRE STATIQUE D’UNE STRUCTURE

Pour qu’une structure soit en équilibre, les deux conditions suivantes doivent être
respectées :

la résistance générale des forces appliquées à cette structure doit être égale à zéro ;

le moment résultant de toutes les forces par rapport à un point quelconque doit aussi
être égal à zéro.

Par rapport aux axes x, y et z (figure 1.1), ces deux conditions s’expriment par les
équations suivantes :
y

z
Figure 1.1 : Axe de coordonnées

∑ ;∑ ;∑ ;∑ ;∑ ;∑ (1.1)

Dans le cas particulier d’une structure plane (dans le plan xy), ces équations se
réduisent à :
∑ ;∑ ; ∑ (1.2)

1.2 APPUIS

Les actions sont les forces appliquées à une structure. Ces actions ou forces créent
des réactions aux appuis de la structure. L’ensemble des forces et réactions d’appui doit
constituer un système de forces extérieures en équilibre. Ces forces extérieures,
notamment les réactions d’appui, doivent être déterminées en premier lieu afin de
permettre le calcul des forces internes agissant aux diverses sections de la structure.

Pour le calcul des réactions d’une structure ou d’un élément de structure, on se


servira des équations 1.1 ou 1.2, selon que la structure est spatiale ou plane. Cependant,
selon la complexité de la structure et des types d’appuis, le nombre d’inconnues peut être

Cours de Structure/D. AYITE 6


supérieur au nombre d’équations. Dans ce cas, la résolution du problème par les seules
équations d’équilibre est impossible. Il faut alors utiliser des équations supplémentaires
tenant compte de la géométrie de la structure et de la compatibilité des déformations de
la structure.

Une structure qui est soumise à des actions subit des déplacements qui sont encore
appelés degrés de liberté. Dans le plan, il existe trois déplacements pour un point
quelconque d’une structure : deux translations suivant deux axes perpendiculaires x et y
et une rotation autour de l’axe z perpendiculaire au plan xy.

Les appuis ont pour rôle d’empêcher une partie ou l’ensemble des déplacements de
la structure. Les principaux types d’appuis plans sont :

l’appui simple ou mobile (figure 1.2a) : il donne une réaction perpendiculaire à la


direction suivant laquelle il est placé. Il bloque une translation seulement (suivant la
réaction) ;

l’articulation ou appui à rotule ou appui fixe (figure 1.2b) : il bloque les deux
translations, de ce fait la structure ne peut que tourner ; la réaction d’appui
correspondante passe par le centre de la rotule et comporte deux inconnues : la
résultante et son angle d’inclinaison (R et α) ou les composantes horizontale et verticale
de cette réaction (H et V) ;

l’encastrement (figure 1.2c) : il bloque tous les déplacements ; la réaction d’appui


comporte trois inconnues qui sont les composantes verticale et horizontale de sa
résultante générale et son moment d’encastrement par rapport au centre de gravité
de la section d’appui.

R V R V

M
H α
H

a) Appui simple b) Appui fixe c) Encastrement

Figure 1.2 : Types d’appuis

Cours de Structure/D. AYITE 7


1.3 STRUCTURE ISOSTATIQUES ET HYPERSTATIQUES

Une structure est en équilibre lorsque les conditions exposées au paragraphe 1.1.1
et 1.1.2 sont remplies. Ces conditions ont permis la détermination des équations
fondamentales d’équilibre 1.1 et 1.2 de la statique. Pour une structure plane, ces
équations sont au nombre de trois.

Soit R le nombre des inconnues des réactions d’appui d’une structure plane chargée
dans son plan :

si R=3, les équations permettent de déterminer les réactions : on dit que la structure
est isostatique extérieurement ;

si R>3, le nombre d’équations est insuffisant pour la détermination des réactions : on


dit que la structure est hyperstatique extérieurement d’ordre R-3 ; R-3 est le degré
d’hyperstaticité de la structure ; il faut donc R-3 équations supplémentaires pour
déterminer toutes les réactions ;

si R<3, l’équilibre de la structure n’est plus assuré : on dit que la structure est instable ;
il s’agit d’un mécanisme.

La résolution complète d’une structure exige non seulement la détermination des


réactions d’appuis, mais aussi la détermination des efforts internes en toute section de la
structure. Si la connaissance des réactions permet la détermination des efforts internes,
on dit que la structure est isostatique intérieurement. Par contre, si la connaissance des
réactions d’appui ne permet pas la détermination des efforts internes, on dit que la
structure est hyperstatique intérieurement. On peut donc conclure qu’une structure peut
être :

isostatique extérieurement et intérieurement (figure 1.3a) ;


isostatique extérieurement et hyperstatique intérieurement (figure 1.3b) ;
hyperstatique extérieurement et isostatique intérieurement (figure 1.3c) ;
hyperstatique extérieurement et intérieurement (figure 1.3d).

Le degré d’hyperstaticité de la structure est égal à la somme des degrés


d’hyperstaticité extérieure et intérieure.

Lorsqu’il y a présence d’articulations ou de rotule dans une structure, en plus des


équations de la statique, on peut écrire les équations d’équilibre statique des moments
d’une partie (par exemple, la partie à gauche de l’articulation) par rapport à l’articulation.

Cours de Structure/D. AYITE 8


a) b) c) d)

Figure 1.3 : Exemples de structures isostatiques et hyperstatiques

1.4 EFFORTS INTERNES

Les forces et couples appliqués sur une structure ainsi que les forces de gravité et
les réactions d’appuis sont appelées efforts externes : poids propre d’un élément, forces
de frottement, etc. Pour calculer les réactions, il faut faire le Diagramme du Corps Libre
(DCL) de la structure en entier et appliquer les équations d’équilibre.

Les forces d’attraction et de répulsion intermoléculaires produites à l’intérieur d’un


matériau par toutes les forces externes sont appelés efforts internes. Ils n’existent pas
réellement à l’intérieur de la matière ; ils ne sont que les résultantes en un point (centre
de gravité de la section) de toutes les forces existant en chaque point de la matière. Selon
leur sens et direction, on distingue :

les efforts normaux notés N ;

les efforts tranchants notés V ;

les moments fléchissants notés M ;

les moments de torsion noté T.

La représentation le long de la structure des efforts internes est le diagramme des


efforts internes. Il donne les efforts internes en tout point de la structure et permet ainsi
d’identifier les zones les plus sollicitées. Pour le tracer, on effectue des coupes à des
distances x tout le long de la structure et on obtient ainsi des relations en x, V(x), N(x),
M(x), et T(x). On fera des coupes chaque fois que l’on rencontre une charge ou une
variation de comportement de la structure.

1.4.1 PRINCIPE DE SUPERPOSITION

Dans le domaine élastique, en une section donnée d’un élément de structure qui
est soumis à l’action simultanée de plusieurs charges, au lieu de calculer les effets
(réactions, moments fléchissants, efforts tranchants, …) de toutes ces charges en même
Cours de Structure/D. AYITE 9
temps, on peut calculer ces effets pour chacune des charges séparément et en faire la
somme algébrique. Dans les deux cas, les résultats seront les mêmes. Les effets de chacune
des charges doivent être calculés en une même section de l’élément et ensuite superposés.

Le principe de superposition ne s’applique pas dans le cas de structures qui


subissent des déformations importantes lorsqu’elles sont soumises à des charges (par
exemple les câbles) et aussi dans le cas de poteaux élancés où l’on doit tenir compte des
moments du second ordre.

1.4.2 CONVENTION DE SIGNE

La convention de signe utilisée dans ce cours pour écrire les équations d’équilibre
de la statique est la suivante :

l’axe des x sera orienté positivement vers la droite ;

l’axe des y sera orienté positivement vers le bas ;

l’axe des z sera orienté de façon à obtenir un repère direct ;

les moments des forces seront considérés positifs s’ils sont dans le sens de la rotation
des aiguilles d’une montre ;

en un point d’intersection de plusieurs forces, les vecteurs de traction sont montrés


par des flèches qui s’éloignent du point d’intersection.

La convention de signe utilisée pour les efforts internes est représentée par les
schémas suivants :

effort normal : N+ N+

effort tranchant : V+
V+

moment fléchissant : M+ M+

Avec cette convention, l’effort tranchant V, le moment fléchissant M et la charge


répartie p sont liés par les relations suivantes :

(1.3)

Cours de Structure/D. AYITE 10


Chapitre 2

CALCUL DES DEFORMATIONS

2.1 INTRODUCTION

On considère une poutre droite, qui repose sur deux appuis simples et qui est
soumise à un système de charges. Sous l’effet des charges, cette poutre se déforme (voir
figure 2.1).

x
Y

θ
Y=f(x)

Figure 2.1 : Déformée d’une poutre

Le déplacement vertical y=f(x) du centre de gravité de la section à l’abscisse x est


appelé la flèche de la poutre de la poutre en ce point, et le nouveau lieu des centres de
gravité des sections de la poutre s’appelle la fibre moyenne déformée ou simplement la
déformée. Le déplacement angulaire, θ(x), des sections droites autour de l’axe neutre est
appelé rotation ou pente de la déformée.

Il est important de pouvoir déterminer la valeur de la flèche en un point quelconque


le long de la fibre moyenne d’une poutre. Pour la bonne tenue en service des structures,
les normes de construction limitent les valeurs des flèches permises. Lorsqu’on
dimensionne une poutre, la section choisie doit non seulement résister aux efforts
sollicitant la poutre, mais elle doit aussi être suffisante pour que la flèche maximale
calculée ne dépasse pas la flèche admissible.

Puisque l’effort tranchant n’a un effet appréciable que sur la déformation des
poutres courtes, les déformées et rotations des poutres sont en général déterminées
compte tenu seulement du moment fléchissant. Cependant, lorsque les poutres sont
relativement hautes par rapport aux longueurs, lorsque l’effort donne des contraintes
relativement importantes devant les contraintes résultant du moment fléchissant, on n’a
plus le droit de négliger les déformations dues à l’effort tranchant. Dans certains cas, cette
déformation est sensiblement égale et même parfois plus grande que la déformation due
au moment fléchissant.

Cours de Structure/D. AYITE 11


Dans les paragraphes suivants, on exposera quelques méthodes de calcul des
déformations des structures. La plupart de ces méthodes ne prennent pas en compte les
déformations dues à l’effort tranchant.

2.2 METHODE DE LA DOUBLE INTEGRATION

Considérons une poutre horizontale simplement appuyée, fléchie dans le plan


vertical xy (Figure 2.2). Après flexion, l'axe longitudinal AB de la poutre prend la forme
courbe AMB.

R

θ

θ A B x
M
x dx
y
Figure 2.2 : Déformée et rayon de courbure
L'influence de l'effort tranchant sur la courbure de la déformée étant généralement
très faible, elle peut être négligée. On admet donc que la courbure de la ligne élastique en
un point donné ne dépend que de la valeur du moment fléchissant en ce point. Dans ce
cas, la relation liant la courbure au moment fléchissant obtenue rigoureusement dans le
cas de la flexion pure s'écrit :

(2.1)

D'autre part, la courbure en un point M, d'une courbe plane donnée par l'équation
explicite y = f(x), courbe qui est ici l’équation du moment fléchissant, vaut :

(2.2)

ε est un coefficient qui vaut ± 1


D’un point de vue mathématique ε vaut + 1 et le signe de la courbure ne dépend
que de la valeur de la dérivée seconde (le dénominateur de l'expression (2.1) étant
strictement positif). Ainsi, la courbure (ou la dérivée seconde) est positive si la concavité
de la courbe est tournée vers les y positifs et elle est négative quand la concavité est
orientée vers les y négatifs.
Cours de Structure/D. AYITE 12
Physiquement, la dérivée première y' = dy/dx représente la pente de la tangente à
la déformée y au point courant M. Dans le cadre de l'hypothèse admise des petits
déplacements (hypothèse fondamentale de la RDM), les angles sont très petits et, non
seulement on peut confondre la tangente et l'angle (dy/dx = tgθ ≈ θ), mais aussi le terme
(dy/dx)2 devient négligeable devant l'unité. Ainsi, y' représente également la rotation de la
section d'abscisse x. De plus, étant donné que la convention de signes adoptée pour le
moment est exactement l'opposée de celle de y" puisqu'on considère un moment comme
positif quand la concavité de la déformée est tournée vers les y négatifs, alors ε = -1 déduit
plus facilement de la dernière expression.

Avec ces hypothèse et convention et en combinant les équation (2.1) et (2.2) on


obtient :

(2. 3)

Où M= Mz = moment fléchissant le long de la poutre ;

E = module d’élasticité du matériau ;

I = Iz = moment d’inertie par rapport à l’axe neutre ;

EI = rigidité à la flexion de la poutre.

En intégrant une première fois l’équation 2.3, on obtient la pente ou la rotation de


la déformée, exprimée en radians, à l’abscisse x et qui est égale :

+ " (2.4)

En intégrant une seconde fois l’équation 2.3, on obtient la flèche y de la déformée


à l’abscisse x :

+ " [ ] +" +" (2.5)

Pour le calcul de la rotation et de la flèche, la poutre doit être divisée en tronçons


selon les charges et selon les lois de variations des sections droites. Dans le calcul des
déformations, on suppose l’origine des axes de coordonnées à l’extrémité gauche de la
poutre. L’axe de y est dirigée vers le bas et l’axe des x vers la droite. La rotation de la

Cours de Structure/D. AYITE 13


déformée est considérée positive lorsqu’elle est dans le sens de la rotation des aiguilles
d’une montre. La flèche est positive si elle est dirigée vers le bas (vers les y positifs).

Les constantes d’intégrations C1 et C2 sont déterminées par les conditions de liaison


de la poutre et éventuellement les conditions aux limites :

pour les appuis fixe et mobile, la condition de liaison se traduit par l’absence de
déplacement vertical. En d’autres termes la flèche est nulle au niveau de ces appuis ;

dans le cas d’un encastrement parfait, il n’y a ni flèche, ni rotation ;

les conditions aux limites se traduisent par l’égalité des rotations et des flèches à la
ligne de séparation de deux tronçons consécutifs. Autrement dit, si au point
d’abscisses a, la rotation ou la flèche change d’expression, %&'()*+ ' ,-./012 3

Ainsi, si l'expression du second membre de l'équation (2.3) change plusieurs fois


(présence de plusieurs tronçons), la détermination des constantes d'intégration nécessite
la résolution d'un système de plusieurs équations (avec autant d'inconnues), d'où un
surplus de travail.

Considérons ce premier exemple simple de la poutre de section constante chargée


uniformément pour illustrer la méthode (Figure ci-dessous).

x
Y q

A L B

678
L’équation du moment est : M x
9

d²y x²
L'équation 2.3 permet d’écrire : EI =q
dx ² 2

d'où :

dy x3 x4
EI = q + C1 (a) et EI y = q + C1 x + C 2 (b)
dx 6 24

Cours de Structure/D. AYITE 14


Pour déterminer les constantes d'intégration C1 et C2, il faut écrire deux conditions aux
limites. Dans le cas considéré, on peut écrire dans la section d'encastrement deux
conditions sur y et y' :

1) en x = L, y = 0 (flèche nulle)

2) en x = L, y' = 0 (rotation nulle)


<=>
En utilisant la condition (2) dans l'équation (a) on obtient : :;
?

<=@
Et en appliquant la condition (1), on tire de l'équation (b) : :9
A

D'où les expressions finales de la rotation et de la flèche :

qx 3 ql 3
y' = −
6 EI 6 EI

qx 4 ql 3 x ql 4
y= − +
24 EI 6 EI 8 EI

Considérons pour ce second exemple, une poutre simplement appuyée aux extrémités et
supportant une charge ponctuelle placée à une distance a de l’appui de gauche
P
x
Y

A B
a
L

Posons b = L – a
DE DJ
Le calcul des réactions aux appuis donne : R C et R I
F F

Zone 1 : 0 L M L N
PQR
L’équation du moment est : O; M
=

PQR
L’équation 2.3 permet d’écrire : STU; M
=

En intégrant cette équation, on obtient successivement :


PQR 8
STU; M + :;
9=

VWM X
STU; M + :; M + :9
6Z

Cours de Structure/D. AYITE 15


Zone 2 : N L M L Z
R
L’équation du moment est : O9 M VN 1
=

R
L’application de l’équation 2.3 permet d’obtenir : STU; M VN 1
=

L’intégration de cette équation donne successivement :


R8
STU9 M VN M + :X
9=

M9 MX
STU9 M VN \ ^ + :X M + :_
2 6Z

Pour déterminer les 4 constantes d’intégration, on utilise les conditions aux limites et ls
conditions de liaison :

A l’appui A (x=0), on a un appui simple ; donc U; M 0 0 `abc :9 0


=8
A l’appui B (x=L), on a un appui simple ; donc U9 M Z 0 `abc VN + :X Z + :_ 0
X

PQd8 d8
A x=a on doit avoir : U; N U9 N `abc + :; VN N + :X
9= 9=

PQd> d8 d>
A x =a, on doit avoir : U; N U9 N `abc + :; N + :9 VN + :X N + :_
?= 9 ?=

La résolution de ces quatre équations permet de trouver :

fg f3 f3
e i g ;e ;e i +3 ; ej
hi hi h

2.3 METHODE DE CLEBSCH OU DES PARAMETRES INITIAUX

La méthode d'intégration directe devient fastidieuse quand le chargement et/ou la


section présente(nt) des discontinuités. Dans ce cas, l'expression de Mz/EIz change à
chaque discontinuité et on doit travailler par tronçon. On effectue sur chaque tronçon une
double intégration pour obtenir l'expression de sa déformée. Mais comme à chaque
double intégration on voit apparaître deux constantes d'intégration, le total des
constantes pour toute la poutre est égal au double du nombre de tronçons existants. On
va voir dans le paragraphe suivant comment, grâce à de petits aménagements dans
l'application de la méthode précédente, on arrive à réduire le travail à effectuer.

Cours de Structure/D. AYITE 16


Soit la poutre bi-articulée de section constante représentée à la figure 2.2. Les
charges appliquées divisent la poutre en cinq tronçons et une application directe de la
méthode d'intégration conduirait à la détermination de dix constantes d'intégration.

q P C
A B
x
RA a
b
c
d
l
y
Figure 2.2

La méthode de Clebsch permet, grâce à un artifice de calcul, de réduire les


constantes à deux seulement, et ce quelque soit le nombre de tronçons. D'autre part, la
méthode fournit une expression unique de la déformée, valable pour tous les tronçons.
L'expression de la rotation s'obtient naturellement par dérivation de la fonction de la
déformée.

L'originalité de la méthode vient de sa présentation particulière des calculs. L'idée


essentielle de la méthode consiste à écrire l'expression du moment sur un tronçon en
ajoutant de nouveaux termes (au moins un terme) à l'expression du moment sur le tronçon
précédent en gardant la même origine des abscisses x (voir règle 1).

Appliquons cet artifice à l'exemple considéré. Ecrivons pour chaque tronçon


l'expression du moment, l'équation différentielle de l'élastique puis effectuons les deux
dérivations successives.

1ère règle : Elle consiste à placer l'origine des coordonnées x, y au centre de gravité d'une
section extrême de la poutre, l'extrémité gauche par exemple.

• Tronçon 1 (0 ≤ x ≤ a ) :

Mz = RA x

EI z y " = − R A x

x2
EI z y ' = − R A + C1
2

RA 3
EI z y = − x + C1 x + D1
3!

En faisant x = 0 dans les deux dernières expressions, on obtient :

Cours de Structure/D. AYITE 17


C1 = EI z y' 0 = EI z θ 0

D1 = EI z y 0 = EI z f 0

Autrement dit, C1 et D1 représentent respectivement la rotation et la flèche, multipliées


par la rigidité flexionnelle de la poutre (EIz), de la section initiale.

Tronçon 2 (a ≤ x ≤ b)

q
Mz = RA x − ( x − a )2
2

q
EI z y " = − R A x + ( x − a )2
2

x2 q
EI z y ' = − R A + ( x − a ) 3 + C2
2 3!

RA 3 q
EI z y = − x + ( x − a ) 4 + C2 x + D2
3! 4!

En faisant x = a dans les deux dernières équations, on en déduit que : C2 = C1 et D2 = D2.

Tronçon 3 (b ≤ x ≤ c )

2ème règle : On suppose la charge répartie appliquée sur tout le reste de la poutre et on
applique une charge égale et opposée pour équilibrer la charge ajoutée (cet artifice permet
d'avoir des expressions générales valables sur toute la longueur de la poutre).
q q
Mz = RA x − ( x − a ) 2 + ( x − b )2
2 2

q q
EI z y " = − R A x + ( x − a )2 − ( x − b )2
2 2

x2 q q
EI z y ' = − R A + ( x − a ) 3 − ( x − b ) 3 + C3
2 3! 3!

RA 3 q q
EI z y = − x + ( x − a ) 4 − ( x − b ) 4 + C3 x + D3
3! 4! 4!

En comparant les flèches et les rotations dans la section de jonction x = b, on trouve : C3 =


C2 et D3 = D2.

Tronçon 4 (c ≤ x ≤ d )

q q
Mz = RA x − ( x − a ) 2 + ( x − b ) 2 − P( x − c )
2 2

q q
EI z y " = − R A x + ( x − a ) 2 − ( x − b ) 2 + P( x − c )
2 2

x2 q q P
EI z y ' = − R A + ( x − a ) 3 − ( x − b ) 3 + ( x − c ) 2 + C4
2 3! 3! 2

Cours de Structure/D. AYITE 18


RA 3 q q P
EI z y = − x + ( x − a ) 4 − ( x − b ) 4 + ( x − c ) 3 + C4 x + D4
3! 4! 4! 3!

En comparant de nouveau les flèches et les rotations à gauche et à droite de la section x =


c, on montre que : C4 = C3 et D4 = D3.

Tronçon 5 (d ≤ x ≤ l )

3ème règle : On multiplie le couple concentré par (x-d)0 afin de marquer la section où
commence son influence et pour garder aux expressions leur généralité.
q q
M z = RA x − ( x − a )2 + ( x − b )2 − P( x − c ) + C( x − d )0
2 2

q q
EI z y" = − R A x + ( x − a )2 − ( x − b )2 + P( x − c ) − C( x − d )0
2 2

x2 q q P
EI z y' = − R A + ( x − a )3 − ( x − b )3 + ( x − c )2 − C( x − d ) + C5
2 3! 3! 2

RA 3 q q P C
EI z y = − x + ( x − a )4 − ( x − b )4 + ( x − c )3 − ( x − d )2 + C5 x + D5
3! 4! 4! 3! 2

En comparant encore une fois les rotations et les flèches dans la section de jonction
(x = d), obtenues à l'aide des relations valables sur les tronçons 4 et 5, on montre que : C5
= C4 et D5 = D4.

Ainsi, on démontre qu'il n'y a en définitive que deux constantes d'intégration pour
toute la poutre :

C1 = C2 = C3 = C4 = C5 = EIzy'0 = EIzθ0

D1 = D2 = D3 = D4 = D5 = EIzy0 = EIzf0

Ces deux constantes caractérisent les déplacements (rotation et flèche) de la


section initiale de la poutre, d'où leur désignation par paramètres initiaux. Elles sont
déterminées à partir des conditions d'appui de la poutre considérée. Dans un appui simple
ou double la flèche est nulle, f = 0, tandis que dans un encastrement on a : f = θ = 0.

On peut réduire à quatre le nombre total des équations en adoptant le mode


d'écriture suivant :

x≤a x≤b x≤c x≤d x≤l

Cours de Structure/D. AYITE 19


q q
Mz = RAx − ( x − a )2 + ( x − b )2 − P( x − c ) + C( x − d )0
2 2
q q
EIz y" = −RAx + ( x − a )2 − ( x − a )2 + P( x − c )2 − C( x − d )0
2 2
2
x q q P
EIz y' = EIzθ0 − RA + ( x − a )3 − ( x − b )3 + ( x − c )2 − C( x − d )
2 3! 3! 2
RA 3 q q P C
EIz y = EIz f0 + EIzθ0 x − x + ( x − a )4 − ( x − b ) + ( x − c )3 − ( x − d )2
4
3! 4! 4! 3! 2

Pour calculer une grandeur (Mz, y", y' ou y) sur un tronçon donné, il faut considérer
uniquement les termes à gauche de la limite du tronçon étudié.

Dans l'exemple traité, les conditions aux limites s'écrivent : y = 0 en x = 0 et en x = l.


La première condition donne f0 = 0 et à partir de la seconde on tire la valeur de θ0.

Exemples à faire

On considère une poutre droite qui se repose sur deux appuis simples. Déterminer les
équations de la rotation et de la déformée de cette poutre puis la rotation et la flèche en
E. On suppose que la rigidité à la flexion EI est constante.

Pour la console montrée sur la figure ci-dessous, calculer les valeurs de la rotation et de la
flèche en A. On suppose que EI est constante.

Cours de Structure/D. AYITE 20


2.4 CALCUL DE LA DEFORMATION PAR LA METHODE DE LA POUTRE
CONJUGUEE (METHODE DE MOHR)

On a établi pour une poutre droite à chargement plan les relations :


kO kl k9 O
l M mc n M `abc n M 2.4
kM kM kM 9
k2 U O kq
mc 2.5
kM 2
ST kM

On a établi alors une analogie entre les deux problèmes suivants :

- la flèche (y) dans une section droite de la poutre réelle et le moment fléchissant
dans une poutre fictive dont l’intensité de la charge q n’est autre que le diagramme des
M/EI ;
- la rotation (θ) dans une section de la poutre réelle et l’effort tranchant dans la
poutre fictive.
D’ailleurs, M/EI est appelé ‘charge élastique’.

La poutre qui supporte la charge fictive est appelée poutre conjuguée. Elle a la
même longueur que la poutre réelle mais n’est pas nécessaire appuyée de la même façon.

La poutre conjuguée doit être appuyée de telle sorte que les conditions aux limites
soient respectées. Si, par exemple, une extrémité d’une poutre droite est encastrée, il n’y
aura ni rotation nu déflexion à cet appui sous les charges et il faudra que cette extrémité
de la poutre conjuguée soit libre pour que l’effort tranchant et le moment fléchissant soit
nul. Le tableau ci-dessous donne la correspondance entre poutre réelle et poutre
conjuguée, correspondance illustrée par la figure 2.3 :

Poutre réelle Poutre conjuguée


Appui intermédiaire : y = 0 et y’ ≠ 0 Rotule ou articulation interne : M = 0 et T ≠ 0
Appui simple d’extrémité : y = 0 et y’ ≠ 0 Appui simple d’extrémité : M = 0 et T ≠ 0
Encastrement : y = 0 et y’ = 0 Extrémité libre : M = 0 et T = 0
Extrémité libre : y ≠ 0 et y’ ≠ 0 Encastrement : M ≠ 0 et T ≠ 0
Rotule ou articulation interne : y ≠ 0 et y’ ≠ 0 Appui intermédiaire : M ≠ 0 et T ≠ 0

Cours de Structure/D. AYITE 21


Figure 2.3 : Correspondance entre poutre réelle et poutre conjuguée

Remarques
1) L’intensité de la charge élastique est de sens opposé au sens de la charge réelle.
Lorsqu’il y a plusieurs charges réelles de sens contraire, on détermine le sens des charges
élastiques en fonction du signe du moment fléchissant réel : M > 0, charge élastique vers
le bas et M < 0, charge élastique vers le haut.
2) Les poutres réelles statiquement déterminées ont des poutres conjuguées qui sont
aussi statiquement déterminées.
Cours de Structure/D. AYITE 22
Reprenons le premier exemple traité par la méthode d'intégration.
La charge fictive est orientée vers le bas (sens positif des y) et on garde le signe donné
par le moment pour travailler. Les figures ci-dessous montrent la poutre réelle avec le
diagramme des moments, la poutre conjuguée qui en découle et son chargement.
Poutre réelle q Poutre conjuguée

(a) L (b)

M = -qx²/2 qf = -qx²/2EI

(c) (d)
x x

Diagramme du Chargement de la
moment poutre conjuguée
uuuu
Les composantes (s uuuu
t mc Ot ) de la réaction dans la section d'encastrement de la poutre

conjuguée sont :
678 6F> 6F> 6F@
uuuuv
R
F
dx uuuuv
et M z
XF
x 9vw ?vw ?vw _ Avw

En faisant une coupe à une distance x de l’encastrement et en appliquant le principe


fondamental de la statique, on obtient :
qx 3 qL 3 qx 4 qL3 x qL4
V = y' = − et M = y = − +
6 EI 6 EI 24 EI 6 EI 8 EI

{u est l’effort tranchant dans la poutre conjuguée qui correspond à la rotation y’ de la


poutre réelle
| est le moment fléchissant dans la poutre conjuguée qui correspond à la flèche de la
O
poutre réelle
NB : Pour trouver la résultante d’une charge répartie et la position du centre de gravité
de cette résultante par à rapport à l’origine du repère, on pourra utiliser les équations
suivantes :
Q Q
1
s } ~ M kM ; k } M ~ M kM
s
d d

a et b sont les abscisses du début et de fin de la charge répartie qui a pour équation f(x)
R est la résultante de la charge répartie et d la position du centre de gravité de la
résultante des charges. Dans cette formule f(x) ne doit pas changer de signe, sinon d
serait faux. Dans le cas où f(x) change de signe, il faut alors scinder la charge pour avoir
plusieurs charges de signe constant.
Cours de Structure/D. AYITE 23
Reprenons le second exemple de la méthode de la double intégration. Il s’agit d’une
poutre simplement appuyée et supportant une charge ponctuelle. Calculons la rotation
en A et en B par les méthodes de la double intégration et de la poutre conjuguée.

Cours de Structure/D. AYITE 24


On garde l’exemple de la poutre simplement appuyée aux extrémités supportant une
charge ponctuelle mais cette fois-ci la poutre a une rigidité EI variable.

Cours de Structure/D. AYITE 25


Exemples

La console montrée sur la figure ci-dessous est soumise à une charge uniformément
répartie. Calculer les valeurs de la rotation et de la flèche à l’extrémité B. On suppose que
x
EI est constante.
Y 30 kN/m

A L B

La console montrée sur la figure est soumise à deux charges ponctuelles. Calculer la flèche
et la rotation en C. On suppose que EI est constante. On prendra P = 48 kN et l = 2m

Cours de Structure/D. AYITE 26


2.5 METHODES ENERGETIQUES

Les méthodes énergétiques permettent de calculer les déformations (déplacement


et rotation) en un point quelconque d’une structure. Elles reposent sur des théories
relatives au potentiel interne ou énergie de déformation interne de la structure.

2.5.1 NOTION D’ENERGIE DE DEFORMATION

Considérons un solide quelconque, par exemple, une poutre droite reposant sur
deux appuis, dans les deux états d’équilibre suivant.

Etat initial : le poids propre étant négligé, aucune force extérieure n’agit sur le solide
(figure 2.4a)

Etat final : après application d’un certain nombre de forces extérieures connues, le solide
est déformé élastiquement et prend une nouvelle position d’équilibre (figure 2.4b).

a) Etat initial

R1 R2

F1 F3
F2

b) Etat final

Figure 2.4 : Comportement d’une poutre chargée

Le théorème d’accroissement d’énergie cinétique appliqué entre deux instants


correspondants à l’état initial et à l’état final donne :

Travail des forces extérieures + travail des forces intérieures = 0

•+ € + ••‚€ (2.6)

Wext représente le travail de toutes les forces extérieures appliquées au solide pendant la
déformation élastique de l’état initial à l’état final. Si les appuis sont fixes, les points
d’application des actions de contact aux appuis (forces R1 et R2) sont immobiles et le travail
Cours de Structure/D. AYITE 27
des actions de contact aux appuis est nul. Dans ce cas, Wext représente le travail des forces
extérieures directement appliquées (forces F1, F2, F3,…) pendant la déformation.

Wint représente le travail des forces intérieures au solide pendant la déformation.

Par définition, on appelle énergie de déformation, le travail des forces intérieures


changé de signe. Si on désigne par W l’énergie de déformation, on a W = -Wint, et l’équation
2.6 s’écrit :

•+ € • (2.7)

On dit alors que, pendant la déformation élastique d’un solide, le travail des forces
extérieures est égal à l’énergie de déformation du solide.

Dans le cas d’un solide sollicité par un effort normal, l’énergie de déformation
s’écrit :

ƒ


(2.8)

Où N est l’effort normal ;

E le module d’élasticité longitudinal ;

S l’aire de la section.

Dans le cas d’un solide sollicité par un effort tranchant, l’énergie de déformation
s’écrit :


…„ †
(2.9)

V est l’effort tranchant ;

G le module d’élasticité transversal ;

S’ la section cisaillée qui vaut 5S/6 pour une section rectangulaire et 9S/10 pour une
section circulaire.

Dans le cas d’un solide sollicité par un moment fléchissant, l’énergie de déformation
s’écrit :

Cours de Structure/D. AYITE 28


• (2.10)

M est le moment fléchissant ;

I le module d’inertie quadratique.

Dans le cas où le solide est soumis à un moment de torsion, l’énergie de déformation


s’écrit :




(2.11)

T est l’effort de torsion ;

I0 le moment d’inertie polaire quadratique.

Dans le cas où le solide est sollicité par plusieurs types de sollicitations, l’énergie de
déformation est la somme des énergies élémentaires dues à chaque sollicitation.

2.5.2 CALCUL DE LA DEFORMATION PAR LA METHODE DU TRAVAIL VIRTUEL (THEOREME DE


MÜLER – BRESLAU)

La méthode du travail virtuel consiste à appliquer une charge unitaire fictive sur la
structure non chargée au point où l’on désire calculer la déformation dans la direction de
la charge unitaire.

Ensuite, avec la charge fictive toujours en place, on applique à ce système la


déformation totale que subirait la structure sous l’effet des charges réellement appliquées.

Le travail fait par les efforts internes fictifs étant égal au travail de la charge externe
unitaire fictive, on peut écrire (si l’effet de l’effort tranchant est négligé) :

ƒ ƒ
ˆ ∑ +

(2.12)

Où δ est la déformation causée par les charges réelles sur la structure. Elle est
positive dans la direction de la charge unitaire.

N1 et M1 désignent les efforts internes dans le système soumis uniquement aux


charges réelles.

Cours de Structure/D. AYITE 29


N0 et M0 sont les efforts internes dans le système soumis uniquement à la charge
unitaire fictive.

Ainsi pour calculer le déplacement en une section d’une structure soumise à des
forces réelles par la méthode du travail virtuel, il faut :

déterminer les efforts internes dus aux charges réelles dans toute la structure ;

appliquer ensuite à la structure non chargée, une charge unitaire fictive dans la section
où l’on cherche la déformation. La charge est appliquée suivant la direction de la
déformation réelle recherchée. Ainsi lorsqu’il s’agit de déterminer un déplacement, la
charge à appliquer est une force unitaire et dans le cas d’une rotation, cette charge est
un moment unitaire ;

déterminer les efforts internes dans la structure dus à cette charge unitaire ;

calculer enfin la déformation en utilisant l’équation 2.12.

Cours de Structure/D. AYITE 30


Cours de Structure/D. AYITE 31
Cours de Structure/D. AYITE 32
Exemples

On considère la poutre se terminant en porte-à-faux sur la figure. Calculer la flèche et la


rotation à l’extrémité libre du porte-à-faux et au milieu de BC. On donne EI = 200
000KN/m2. x
Y W = 30 kN/m
45 kN

A 2m B C
6m

Déterminer le déplacement horizontal du nœud C et la rotation en D du portique montré


à la figure ci-dessous. On donne EI = 50 000 kNm2. 50 kN
C
D E
2m 3m 3m
10 kN/m
15 kN B

2m

2.5.3 THEOREME DE CASTIGLIANO

Dans le cas d’un solide en équilibre statique sollicité par plusieurs forces extérieures
ou par plusieurs couples, le déplacement du point d’application de l’une quelconque de
ces forces, ou la rotation de l’un quelconque de ces couples, peut être déterminé à l’aide
du théorème suivant :

La projection du déplacement du point d’application d’une force sur la direction de cette


force (ou la rotation d’un couple) est égale à la dérivée partielle de l’énergie de
déformation par rapport à cette force (ou à ce couple). La déformation positive s’effectue
dans le même sens que l’effort.

Remarque :

1) Pour déterminer la déformation en un point où il n’y a pas d’effort appliquée dans


la direction convenable, on introduit un effort fictif supplémentaire : l’effort à
appliquer est une force si la déformation à calculer est une flèche et un moment si
elle est une rotation. On équilibre le nouveau système ainsi formé, on calcule
l’énergie de déformation en fonction des efforts appliqués et de l’effort fictif.

Cours de Structure/D. AYITE 33


Ensuite on dérive cette énergie par rapport à l’effort fictif. Après dérivation on fait
tendre l’effort fictif vers zéro et on obtient la déformation recherchée.

2) Dans le calcul de l’énergie de déformation l’effort par rapport auquel la dérivée sera
faite doit être un paramètre même si sa valeur est connue. Ce n’est qu’après
dérivation qu’on pourra utiliser cette valeur.

Soit à calculer le déplacement du point d'application de la charge P (on suppose que la


rigidité flexionnelle est constante).
P

f L

L’équation du moment dans la poutre est : O M VM

1 L P 2 L3
L’énergie de déformation est U = ∫ (− Px) dx =
2

2 EI 0 6 EI

D'où la flèche vaut :

∂U PL3
f = =
∂P 3EI

Cours de Structure/D. AYITE 34


Soit à calculer le déplacement angulaire de l'extrémité libre d'une poutre console de
section constante soumise à une charge répartie uniforme. L'influence de l’effort
tranchant étant négligeable, on ne tient compte que de M.

Cours de Structure/D. AYITE 35


Pour calculer la rotation demandée, on applique un q
couple fictif C en A afin de pouvoir utiliser le C x
théorème de Castigliano (voir figure ci-contre). A
l
∂U
γA = C =0
∂C
2
1 l 1 l  qx 2  1 Cql 3 q 2 l 5
U= ∫0 M dx = 2EI ∫0 
 − +  = + +
2 2
(C ) dx (C l )
2 EI 2  2 EI 3 20

∂U 1  ql 3  ∂U ql 3
=  2Cl +  d'où : γ A = C =0 =
∂C 2 EI  3  ∂C 6 EI

Exemples

On donne la poutre montrée à la figure ci-dessous. Déterminer la rotation au point C et la


flèche à mi-portée. On suppose que EI est une constante.
50 kN

A C B
2m
6m

La console montrée à la figure ci-dessous est soumise à une charge concentrée de 30 kN à


l’extrémité libre B. Calculer la flèche et la rotation en B. On donne EI = 30 000 kNm2.
x
30 kN
Y

A B
3m

Cours de Structure/D. AYITE 36


2.6 EXERCICES

Exercice 2.1

Déterminer à l’aide de la méthode de la double intégration, les équations de la pente et


de la flèche des structures suivantes : EI = 40 000 kNm2.

q
q

A B A (I) (2I) (3I) B

a 2a a a a a

Exercice 2.2

Chercher les déformées et les grandeurs indiquées des systèmes représentés ci-après en
utilisant la méthode des paramètres initiaux.

q
q C=2ql²
E B
E A B F
A

l 2l l l l l

f E ? θE ? fE? θE? fF?

Exercice 2.3

Chercher les déformées et les grandeurs indiquées des systèmes représentés ci-après en
utilisant la méthode de la poutre conjuguée.

P C
P
B A E B
A
M C
l l l 2l/3 l/3

fM ? fC ? fE? θE?

Cours de Structure/D. AYITE 37


P
A D B C

l l l l

fD? θD(g)? θD(d)?

Exercice 2.4 :

Déterminer à l’aide du théorème de Castigliano puis à l’aide de la méthode du travail


virtuel : q

1) les expressions de la flèche et de la rotation de l/2 l/2


l'extrémité libre.

2)

2a a
2a a P
A
P P
a
A

2P

4a
4a

δVA? δHA? θA? δVA? δHA? θA?

Cours de Structure/D. AYITE 38

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