Lycée Qualifiant Technique Settat
Centre de Brevet de Technicien Supérieur
1er Année ESA
Cours : Machine à courant continu
Plan :
Présentation générale
Réversibilité
Démarrage
Prof Mr : MAHFOUDI
Année scolaire 2013 / 2014
1
Vue éclatée d’une machine à courant continu
2
Machine à courant continu
1 Présentation générale
Tous les résultats présentés dans cette première partie du cours sont valables que la machine fonctionne en
moteur ou en génératrice.
1.1 Conversion d’énergie
1.2 Symbole
ou
1.3 Constitution
Le moteur comprend :
• un circuit magnétique comportant une partie
fixe, le stator, une partie tournant, le rotor et
l’entrefer l’espace entre les deux parties.
• une source de champ magnétique nommée
l’inducteur (le stator) crée par un bobinage ou
des aimants permanents
• un circuit électrique induit (le rotor) subit les
effets de ce champ magnétiques
• le collecteur et les balais permettent d’accéder
au circuit électrique rotorique
Circuit magnétique d’un moteur bipolaire Circuit magnétique d’un moteur tétra polaire
3
1.4 Force électromotrice
Nous savons qu’une bobine en mouvement dans un champs magnétique voit apparaître à ses bornes une force
électromotrice (f.é.m.) donnée par la loi de Faraday:
Sur ce principe, la machine à courant continu est le siège d’une f.é.m. E :
avec:
p p le nombre de paires de pôles
E N a le nombre de paires de voies d’enroulement
2a N le nombre de conducteurs (ou de brins - deux par spires)
flux maximum à travers les spires (en Webers - Wb)
vitesse de rotation (en rad.s-1)
Finalement:
p
avec K N
E K 2a
Si de plus la machine fonctionne à flux constants
E K' avec K' K
1.5 Couple électromagnétique
Exemple pour une spire : les deux brins d’une spire placées dans
le champ magnétique B , subissent des forces de Laplace F1 et F2
formant un couple de force ( F1 F2 I.l B ).
Pour une spire : 2rF 2rlBI SBI I
Couple électromagnétique: Tem KI en Newtons.mètres (N.m)
K est la même constante que dans la formule de la f.é.m.: E K
Si de plus la machine fonctionne à flux constant : Tem K' I avec K' K
1.6 Puissance électromagnétique
Si l’induit présente une f.é.m. E et s’il est parcouru par le courant I, il reçoit une puissance électromagnétique
Pem E.I
D’après le principe de conservation de l’énergie cette puissance est égale à la puissance développée par le
couple électromagnétique.
Pem Tem EI Pem en watts
Remarque : on retrouve la relation Tem KI
En effet E K donc EI KI Tem d' où Tem KI
1.7 Réversibilité
A flux constant, E ne dépend que de Ω et I ne dépend que de Tem.
La f.é.m. de la machine et l’intensité du courant dans l’induit sont deux grandeurs indépendantes. On peut donc
donner le signe souhaité au produit E.I.
La machine peut donc indifféremment fonctionner en moteur (Pem>0) ou en génératrice (Pem<0).
4
1.8 Caractéristiques
Conditions expérimentales :
1.8.1 Caractéristique à vide Ev=f() à Ω constante
• De O à A, la caractéristique est linéaire, E=K’ (avec
K’=KΩ).
• De A à B le matériau ferromagnétique dont est constitué
le moteur commence à saturer. (µ R n’est plus constant).
• Après B, le matériau est saturé, le f.é.m. n’augmente plus.
• La zone utile de fonctionnement de la machine se situe au
voisinage du point A.
Sous le point A, la machine est sous utilisée, et après le
point B les possibilités de la machine n’augmentent plus
(mais les pertes augmentent puisque Ie augmente)
• Dans la réalité, du fait du matériau ferromagnétique, on
relève une caractéristique avec une faible hystérésis.
1.8.2 Caractéristique Ev=f(Ω) à constant
E v (V)
E=K’Ω
Remarque : la caractéristique est linéaire tant que Ie = Cte
la saturation n’est pas atteinte.
ž (rad.s-1)
1.8.3 Caractéristique en charge U=f(I)
• La résistance du bobinage provoque une légère
chute de tension ohmique dans l’induit : R.I
• Le courant qui circule dans l’induit créé un flux
indésirable de sorte que le flux total en charge
Charge(Ie, I) < Vide(Ie). Cela se traduit par une
chute de tension supplémentaire : c’est la
réaction magnétique d’induit.
Pour une génératrice U E RI U
Pour l‘annuler, la machine possède sur le stator Pour un moteur E U RI U
des enroulements de compensation parcourus par
le courant d’induit : on dit que la machine est
compensée. C’est souvent le cas.
• La distribution du courant d’induit par les
balais et le collecteur provoque également une
légère chute de tension (souvent négligée).
5
1.8.4 Modèle équivalent de l’induit
Des caractéristiques précédentes on déduit un
schéma équivalent de l’induit :
E : f.é.m.
R : résistance du bobinage
I : courant d’induit
U : tension aux bornes de connexion de l’induit.
D’après la loi d’Ohms : U E RI Schéma en convention récepteur
1.8.5 Les différentes pertes
Pertes Pertes magnétiques Pfer Pertes joules PJ Pertes mécaniques
ou pertes ferromagnétiques Pméca
ou pertes fer
Causes Elles sont dues à l’hystérésis Pertes dans l’induit et Elles sont dues aux
(champ rémanent) et au courants l’inducteur dues aux frottements des
de Foucault (courant induit dans résistance des diverses pièces en
le fer) et dépendent de B et de Ω. bobinages. mouvement.
Parades Utilisation de matériaux à cycles Il faut surtout éviter Utilisation de
étroits, comme le fer au silicium l’échauffement par roulements et de
et le feuilletage de l’induit. ventilation. lubrifiants.
On définit :
Pertes constantes
les pertes dites « constantes » ou « collectives ». C’est à dire
PC Pfe r Pm éc a que si le moteur travaille à vitesse et flux constants, les pertes
fer et mécaniques sont approximativement constantes.
Remarque Toute relation entre des puissances peut être ramenée à une
relation entre des couples. Il suffit de diviser cette première
par la vitesse de rotation Ω (en rad.s-1)
Couple de pertes TP PC est proportionnel à Ω, donc PC = kΩ
P k
Donc : Tp C k
TP
PC
le moment du couple de pertes est une caractéristique
constante du moteur quelle que soit la vitesse.
1.8.6 Rendement
Du fait de ces différentes pertes, le rendement d’une machine à courant continu varie entre 80 et 95 %.
2 Génératrice
Caractéristiques : E K Modèle équivalent de l’induit :
Tem KI
U E RI
6
Remarquer la convention générateur du
courant.
3 Moteur à excitation indépendante
3.1 Modèle équivalent
Modèle équivalent :
Caractéristiques : E K
Tem KI
U E RI
L’induit est en convention récepteur
Il faut deux alimentations : une pour l’inducteur et l’autre pour l’induit.
Les quatre grandeurs qui déterminent le fonctionnement du moteur sont : ,U, I et .
3.2 Vitesse de rotation
Le sens de rotation dépend :
- du sens du flux, donc du sens du courant d’excitation Ie ;
- du sens du courant d’induit I.
U RI
Expression de la vitesse : E K U RI
K
3.3 Démarrage du moteur
3.3.1 Surintensité de démarrage (exemple)
Soient :
Tdc le couple de démarrage imposé par la charge (N.m);
Td le couple de démarrage du moteur (N.m);
Id le courant de démarrage (A);
Un =240 V la tension d’alimentation nominale de l’induit ;
In = 20 A le courant nominal dans l’induit ;
R=1 Ω la résistance de l’induit.
U E Un
Au démarrage : 0 E 0 et donc Id n 240 A >> In
R R
Dès que le moteur commence à tourner, E augmente et Id diminue jusqu’à In.
Au démarrage en charge :
T T
il faut que Td > Tdc il faut donc un courant de décollage Id d dc
K K
On constate qu’étant donné la pointe de courant de démarrage, le moteur à excitation indépendante peut
démarrer en charge.
3.3.2 Conséquences
La pointe de courant de 240 A va provoquer la détérioration de l’induit par échauffement excessif par effet
joule.
Il faut limiter le courant de démarrage : en générale on accepte Id 1, 5 In
3.3.3 Solutions pour limiter le courant
Solution 1 : on utilise des rhéostats de démarrage. Cette solution est peu économique.
7
Dans notre exemple Un (R Rh )Id (R Rh )1,5In
U
Soit : Rh n R 7
1,5In
Solution 2 : on démarre sous une tension d’alimentation réduite.
Dans notre exemple Ud RId R.1,5.In 30 V
3.4 Fonctionnement à vide
A vide la seule puissance absorbée sert à compenser les pertes. La puissance utile est nulle.
U RI0 U
I0 << In RI0 << U et finalement 0 .
K K
La vitesse à vide se règle en fonction de la tension d’alimentation ou du flux inducteur .
Attention : à vide, il ne faut jamais supprimer le courant d’excitation Ie lorsque l’induit est sous tension, car le
moteur peut s’emballer. En effet si Ie 0 alors 0 et Ω0 .
Si tend vers 0, le couple électromagnétique aussi et il arrivera un moment où le couple sera inférieur au couple résistant et la machine s’arrêtera.
Fonctionnement à flux constant ž Ω0 (rad.s -1)
U RI0 U 1
K2U avec K2
K K K
ou I e = Cte
La caractéristique passe approximativement par R.I0 << Un
zéro. U (V)
3.5 Fonctionnement en charge
Exprimons la vitesse de rotation en fonction de la tension d’alimentation :
E U RI 1
K2 (U RI) avec K2 cte
K K K
La vitesse dépend de :
- la tension d’alimentation U ;
- l’intensité du courant I imposée par le moment du couple résistant.
U reste tout de même grand devant R.I. En conséquence Tu (N.m)
la vitesse de rotation est essentiellement fixée par la caractéristiq ue
mécaniquedu moteur:
tension d’alimentation U et varie très peut en fonction du al vitessevarietrèspeu
avec la charge
courant, c’est-à-dire de la charge.
U = cste
Ωž (rad.s-1 )
Te m Tu Tp
Exprimons le courant en fonction du couple utile : I
K K
Le couple de perte Tp reste constant et faible devant le couple de charge Tr.
Mode de fonctionnement usuel
L’alimentation de l’induit sous tension réglable présente deux avantages :
- mise en vitesse progressive avec suppression de la surintensité ;
- vitesse largement variable.
C’est le mode de fonctionnement utilisé lorsque la vitesse doit varier.
Conclusion :
U
• La tension d’alimentation impose la vitesse de rotation .
K
T
• La charge impose la valeur du courant I r .
K
8
3.6 Point de fonctionnement
Une charge oppose au moteur un couple résistant Tr. Pour que le moteur puisse entraîner cette charge, le
moteur doit fournir un couple utile Tu de telle sorte que :
T (N.m)
Tu caractéristiq ue mécan iqu e
Tu Tr du moteur
Tr caractéristiq ue mécan iqu e
de la char ge
Cette équation détermine le Po int d’intersectio n =
point de fonctionnement du po int de fo nctionnement
moteur.
ž (rad.s-1 )
3.7 Bilan énergétique
Soient :
Ue la tension de l’inducteur (V) ;
Pa la puissance absorbée (W) ; Ie le courant d’inducteur (A) ;
Pem la puissance électromagnétique (W) ; E la f.é.m. (V) ;
Pu la puissance utile (W); I le courant d’induit (A) ;
Pje les pertes joules à l’inducteur (W); Tem le couple électromagnétique (N.m) ;
Pj les pertes joules à l’induit (W) ; Tu le couple utile (N.m) ;
Pfer les pertes ferromagnétiques (W) ; Ω la vitesse de rotation (rad.s-1) ;
Pméca les pertes mécaniques (W) ; R la résistance d’induit (Ω) ;
r la résistance d’inducteur (Ω).
Pa Pem Pu =T
Puu.ž
=U.I+Ue.Ie =E.I=Tem .ž Ω
Pméca
Pj = R.I2 Pfer
Pje = Ue.Ie = r.Ie2 Pc
Exploitation du diagramme :
par exemple : Pem = Pa - Pje - Pj ; PC = Pem - Pu
Remarques :
• Toute l’énergie absorbée à l’inducteur et dissipée par effet joule. On peut omettre (négliger) l’inducteur dans
le bilan des puissances et alors Pje n’apparaît pas et Pa=U.I.
• Les pertes fer et les pertes mécaniques sont rarement dissociées, la somme étant les pertes constantes Pc.
• Si le moteur est à aimants permanents, Ue, Ie et Pje n’existent pas.
3.8 Couples
Soient :
Tem le couple électromagnétique (N.m) ;
Tu le couple utile en sortie d’arbre (N.m).
Pertes constantes D’après le diagramme des puissances, Pc est la différence
entre la puissance électromagnétique et la puissance utile.
PC Pem PU En effet : PC Pfer Pm éca Pem PU
Couple de pertes TP
PC Pem PU Pem PU
TP Tem TU
TP
PC
Te m TU
9
3.9 Rendement
3.9.1 Mesure directe
Pu Tu .
Cette méthode consiste à mesurer Pa et Pu.
Pa U.I Pje
3.9.2 Méthode des pertes séparées
Pu Pa pertes
Cette méthode consiste à évaluer les différentes pertes (voir TP).
Pa Pa
4 Moteur à excitation série
4.1 Principe
L’inducteur et l’induit sont reliés en série.
Conséquence : I Ie
et comme Cste.I e (hors saturation)
E K kI
et Tem KI kI2
4.2 Modèle équivalent et caractéristiques
Caractéristiques : Schéma équivalent : Rt r R
U E Rt I
E kI
Te m kI2
U Rt I
kI
4.3 Bilan énergétique
Pa Pem Pu Pu
=T u.ž
=U.I =E.I=T em.ž Ω
Pméca
Pfer
Pj = R.I2
Pje = r.I2 Pc
2
Pjt = Rt.I
10
4.4 Fonctionnement
4.4.1 Fonctionnement à vide
Ω
ž (rad.s-1)
T
La charge impose le courant : I e m
k
Si Tem tend vers 0, I tend aussi vers 0 et Ω tend vers
l’infini (si l’on ne tient pas compte des frottements).
I (A)
Alimenté sous tension nominale, le moteur série ne
doit jamais fonctionner à vide au risque de
s’emballer.
4.4.2 Démarrage
Tension de démarrage :
Comme pour le moteur à excitation indépendante, il est préférable de démarrer sous tension d’induit réduite.
U
En effet au démarrage : 0 E 0 I
Rt
Couple de démarrage :
Le moteur série peut démarrer en charge.
Supposons que l’on limite le courant de démarrage Id à 1,5 fois le courant nominal In.
Excitation indépendante : Td KId 1,5KIn 1,5Tn
Excitation série : Td kId2 k(1,5Id )2 2,25kId2 2,25Tn
Pour les mêmes conditions, le moteur série possède un meilleur couple de démarrage que le moteur à excitation
indépendante.
4.4.3 Caractéristique T=f(I)
Te m kI2 T (N.m) Te m
Tu saturation, la relatio n
T=kI 2n’estplus valable
Tu Te m Tp
I (A)
4.4.4 Caractéristique mécanique T=f(Ω)
Fonctionnement sous tension nominale
Si nous négligeons les différentes pertes : Tu (N.m)
U U2
E U ; I et Tu kI 2
k k 2
Finalement : Tu 2 C te Ωž (rad.s-1)
Sous tension nominale, le moteur à excitation en série ne
peut pas fonctionner à faible charge car la vitesse
dépasserait largement la limite admise.
Fonctionnement sous tension variable
La diminution de la tension d’alimentation permet
d’obtenir un déplacement de la caractéristique mécanique.
Tr1 et Tr2 sont les caractéristiques de deux charges
différentes.
Le point de fonctionnement est déterminé par
l’intersection des deux caractéristiques Tu et Tr.
11
4.5 Sens de rotation
Rappel : pour changer le sens de rotation d’un moteur à courant continu, il faut inverser soit I, soit Ie.
Comme pour le moteur à excitation série I=Ie, pour changer son sens de rotation il faut inverser la connexion
entre l’inducteur et l’induit.
4.6 Moteur universel
On constate donc que le courant dans un moteur à excitation série peut-être inversé sans que le sens de rotation
le soit.
Le moteur peut donc fonctionner en courant alternatif.
Pour optimiser son fonctionnement en courant alternatif il subit quelques modifications.
On l’appelle le moteur universel.
5 Emploi et identification
5.1 Moteur à excitation indépendante
Ce moteur est caractérisé par une vitesse réglable par tension et indépendante de la charge.
En association avec un convertisseur statique (hacheur) fournissant une tension réglable, la vitesse peut varier
sur un large domaine.
Il fournit un couple important à faible vitesse (machines-outils, levage).
En petite puissance, il est souvent utilisé en asservissement avec une régulation de vitesse.
5.2 Moteur à excitation en série
Ce moteur possède un fort couple de démarrage. Il convient très bien dans le domaine des fortes puissances (1
à 10 MW) pour obtenir un fonctionnement satisfaisant en faible vitesse (traction, laminoirs).
En petite puissance il est employé comme démarreur des moteurs à explosion.
5.3 Remarque
De part ses difficultés de réalisation et son coût d’entretient le moteur à courant continu tend à disparaître dans
le domaine des fortes puissances pour être remplacé par le moteur synchrone auto-piloté (ou moteur auto-
synchrone).
12
6. Démarrage :
13
14
15