EPO-CPEI
... ... Année : 2024-2025
Option : MPSI A-B ... ... ...
Travaux dirigées d’Algèbre 2
Espaces vectoriels et systèmes de vecteurs
Exercice* 1
Soit E une espace vectoriel.
1. Soient F et G deux sous-espaces de E. Montrer que :
F ∪ G est un sous-espace vectoriel de E ⇐⇒ F ⊂ G ou G ⊂ F .
2. Soit H un troisième sous-espace vectoriel de E. Prouver que :
G ⊂ F =⇒ F ∩ (G + H) = G + (F ∩ H).
Exercice 2
Soit E un K-espace vectoriel et F et G deux sous-espace vectoriel de E. Montrer que si F ∩G =
F + G, alors F = G.
Exercice 3
Soit E un K-espace vectoriel et F, G, H trois sous-espace vectoriels de E tels que F ∩G = F ∩H,
F + G = F + H et G ⊂ H. Montrer que G = H.
Exercice* 4
1. Soient v1 = (2, 1, 4), v2 = (1, −1, 2) et v3 = (3, 3, 6) des vecteurs de R3 . Trouver trois réels
non tous nuls α, β, γ tels que αv1 + βv2 + γv3 = 0.
2. On considère deux plans vectoriels
P1 = {(x, y, z) ∈ R3 |x − y + z = 0},
P2 = {(x, y, z) ∈ R3 |x − y = 0}.
Trouver un vecteur directeur de la droite D = P1 ∩ P2 ainsi qu’une équation paramétrée.
Exercice 5
Soient les vecteurs v1 = (1, 2, 3, 4) et v2 = (1, −2, 3, −4) dans R3 . Peut-on déterminer x et y
pour que (x, 1, y, 1) ∈ V ect{v1 , v2 } ? Et pour que (x, 1, 1, y) ∈ V ect{v1 , v2 } ?
Exercice 6
Soit E le sous-espace vectoriel de R3 engendré par les vecteurs v1 = (2, 3, −1) et v2 = (1, −1, −2)
et F celui engendré par w1 = (3, 7, 0) et w2 = (5, 0, −7). Montrer que E et F sont égaux.
Exercice 7
Soit α ∈ R et fα : R −→ R, x 7−→ eαx , gα : R −→ R, x 7−→ cos(αx) et hn : R −→ R, x 7−→
(sinx)n . Montrer que les familles (fα )α∈R , (gα )α∈R et (hn )n≥1 sont libres.
Exercice* 8
Soit E l’ensemble des fonctions f : R −→ R telles qu’il existe des réels a, b, c, d pour lesquels :
f (x) = (ax + b)cos(x) + (cx + d)sin(x), ∀x ∈ R .
Montrer que E est sous-espace vectoriel de F(R, R) dont on déterminera la dimension.
Indication :
Montrer que E est le sous-espace vectoriel engendré par les fonctions
c0 : x 7−→ cos(x), c1 : x 7−→ xcos(x), c2 : x 7−→ sin(x), s0 : x 7−→ sin(x), s1 : x 7−→ xsin(x).
Prouver ensuite que la famille {c0 , c1 , s0 , s1 } est libre.
Exercice* 9
Soient v1 = (0, 1, −2, 1), v2 = (1, 0, 2, −1), v3 = (3, 2, 2, −1), v4 = (0, 0, 1, 0) et v5 = (0, 0, 0, 1)
des vecteurs de R4 . Les propositions suivantes sont-elles vraies ou fausses ? Justifier votre ré-
ponse.
1. V ect{v1 , v2 , v3 } = V ect{(1, 1, 0, 0), (−1, 1, −4, 2)}.
2. (1, 1, 0, 0) ∈ V ect{v1 , v2 } ∩ V ect{v2 , v3 , v4 }.
3. dim (V ect{v1 , v2 } ∩ V ect{v2 , v3 , v4 }) = 1.
4. V ect{v1 , v2 } + V ect{v2 , v3 , v4 } = R4 .
5. V ect{v4 , v5 } est un sous-espace vectoriel supplémentaire de V ect{v1 , v2 , v3 } dans R4 .
Exercice 10
Dans R4 , on considère les sous-espaces vectoriels
F = {(x, y, z, t) ∈ R4 : x + y + z + t = 0}
et
G = {(2a, −a, 0, a), avec a ∈ R}.
1. Démontrer que F et G sont en somme directe.
2. Soit (x, y, z, t) ∈ R4 . Déterminer a ∈ R tel que le vecteur (x − 2a, y + a, z, t − a) ∈ F .
3. En déduire que F et G sont supplémentaires.
2
Exercice 11
Pour chacun des sous-espaces vectoriels F et G de R3 suivants, déterminer s’ils sont en somme
directe.
1. F = {(x, y, z) ∈ R3 |x+2y+z = 0} et G = {(x, y, z) ∈ R3 |2x+y+3z = 0 et x−2y−z = 0}.
2. F = {(x, y, z) ∈ R3 |x+y+2z = 0} et G = {(x, y, z) ∈ R3 |2x+y+3z = 0 et x−2y−z = 0}.
Exercice 12
Soit E = R4 . On considère (u1 , u2 , u3 , u4 ) une famille libre de E et on pose F = vect(u1 +u2 , u3 ),
G = vect(u1 + u3 , u4 ), H = vect(u1 + u4 , u2 ). Dèmontrer que F ∩ G = {0}, que F ∩ H = {0}
et que G ∩ H = {0}. La somme F + G + H est-elle directe ?
Exercice* 13
Soit M3 (R) l’ensemble des matrices à coefficients dans R à 3 lignes et 3 colonnes. Soit S3 (R)
l’ensemble des matrices symétriques de M3 (R). C’est-à-dire les matrices qui vérifient t A = A.
1. Montrer que M3 (R) est un R-espace vectoriel dont on donnera la dimension et une base.
2. Montrer que S3 (R) est un sous-espace vectoriel de M3 (R).
3. Déterminer la dimension de S3 (R).
Exercice* 14
1 1
Soient P0 = (X − 1)(X − 2), P1 = −X(X − 2) et P2 = X(X − 1) trois polynômes de
2 2
R2 [X].
1. Donner la base canonique de Rn [X], l’ensemble des polynômes de degré ≤ n d’indétermi-
née X à coefficients réels .
2. Montrer que la famille {P0 , P1 , P2 } forme une base de R2 [X].
3. Soit P = aX 2 + bX + c ∈ R2 [X]. Exprimer P dans la base {P0 , P1 , P2 }.
4. Soient Q = αP0 + βP1 + λP2 ∈ R2 [X]. Exprimer Q dans la base canonique de R2 [X].
5. Pour tous A, B et C réels, montrer qu’il existe un unique polynôme R ∈ R2 [X], tel que
R(0) = A, R(1) = B et R(2) = C.
Exercice 15
Soit n ∈ N∗ . Pour tout k ∈ {0, ..., n}, on pose Pk = X k (X − 1)n−k . Montrer que (Pk )0≤k≤n est
une base de Kn [X].
3
Espaces vectoriels et applications linéaires
Exercice 1
Pourquoi les applications suivantes ne sont-elles pas linéaires ?
1.
f : R[X] −→ R[X]
0
P 7−→ P − P 2 .
2.
g : R −→ R
x 7−→ x + 1.
3.
h : R2 −→ R
(x, y) 7−→ xy.
Exercice 2
Montrer que les applications suivantes sont linéaires puis déterminer une base de leur noyau et
une base de leur image.
1. a) f : (x, y) 7−→ (2x − y, 3x + 2y, x + y).
b) g : (x, y, z) 7−→ (x + y + z, x + 3y + 2z, 3x + y + 2z).
c) h : (x, y, z) 7−→ (2x − y + z, 3x + y − z, x − 3y + 3z, 2x + 4y − 4z).
0 0
2. a) i : P 7−→ X P (X + 1) − P (1) sur R3 [X].
0
b) j : P 7−→ P − XP − P (0) sur R[X].
Exercice* 3
1. Montrer que l’application :
(x, y, z) 7−→ (x + 2y, x − y + z, 2x + 2y + z)
est un automorphisme de R3 et déterminer sa réciproque.
Définition : Un automorphisme est un endomorphisme bijective.
0
2. Montrer que P 7−→ P (0), P (0), ..., P (n) (0) est un isomorphisme de Kn [X] sur Kn+1 .
Exercice 4
n
!
k
Cnk P
X
On définit φ sur Rn [X] par φ(P ) = Bk , avec Bk (X) = X k (1 − X)n−k . Démontrer
k=0 n
que φ est un automorphisme de Rn [X].
Indication : S’inspirer de l’exercice 15 de la première partie de la fiche.
4
Exercice 5
On considère l’application f : R3 −→ R3 définie par :
f (x, y, z) = (−3x − y + z, 8x + 3y − 2z, −4x − y + 2z).
1. Montrer que f est un endomorphisme.
2. Déterminer une base du noyau de f et sa dimension.
3. L’application f est-elle injective ?
4. Donner le rang de f . L’application f est-elle surjective ?
5. Déterminer une base de Im(f).
Exercice 6
Soit E = R3 . On note B = {e1 , e2 , e3 } la base canonique de E et u l’endomorphisme de E défini
par la donnée des images des vecteurs de la base :
u(e1 ) = −2e1 + 2e3 , u(e2 ) = 3e2 , u(e3 ) = −4e1 + 4e3 .
1. Déterminer une base de Ker(u). L’application u est-elle injective ? Peut-elle être surjec-
tive ? Pourquoi ?
2. Déterminer une base de Im(f ). Quel est le rang de u ?
3. Montrer que E = Ker(u) ⊕ Im(f ).
Exercice* 7
Soit B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 .
Soit u un endomorphisme de R3 défini par :
u(e1 ) = 2e1 + e2 + 3e3
u(e2 ) = e2 − 3e3
u(e ) = −2e2 + 2e3
3
1. Soit x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 un vecteur. Déterminer l’image par u du vecteur x, i.e. Calculer
u(x).
2. Soit E = {x ∈ R3 | u(x) = 2x} et F = {x ∈ R3 | u(x) = −x}. Montrer que E et F sont
des sous-espaces vectoriels de R3 .
3. Déterminer une base de E et une base de F .
4. A-t-on E ∪ F = R3 ?
Exercice 8
Soit E le sous-espace vectoriel de R3 engendré par les vecteurs u = (1, 0, 0) et v = (1, 1, 1).
Trouver un endomorphisme f de R3 dont le noyau est E.
5
Exercice* 9
Soit f l’endomorphisme de R3 tel que :
f (x, y, z) = (−3x + 2y − 4z, 2x + 2z, 4x − 2y + 5z).
1. Montrer que f est la projection sur un plan P parallèlement à une droite D.
2. Donner une équation cartésienne du plan P et un vecteur directeur de D.
Exercice* 10
On considère l’endomorphisme s : R3 −→ R3 défini par :
s(x, y, z) = (−x − 4y − 2z, 4x + 9y + 4z, −8x − 16y − 7z).
1. Montrer que s est une symétrie.
2. Déterminer F = Ker(s − Id) et G = Ker(s + Id) et une base de chacune de ces deux
sous-espaces.
Exercice 11
Soit F et G les deux sous-espaces vectoriels de R3 définis par :
F = {(x, y, z)R3 : x + y + 2z = 0}
G = {(x, y, z) ∈ R3 : x = −y = −z}.
1. Démontrer que F ⊕ G = R3 .
2. Donner l’expression analytique de la projection p sur F parallèlement à G (c’est-à-dire
donner une formule explicite p(x, y, z) = (...)).
3. Donner l’expression analytique de la symétrie s par rapport à F parallèlement à G.
Exercice 12
0
Soit E = C ∞ (R) et φ ∈ L(E) définie par φ(f ) = f . Quel est le noyau de φ ? Quelle est son
image ? φ est-elle injective ? surjective ?
Exercice 13
Soit E et F deux K-espace vectoriels, f ∈ LK (E, F ) et G1 , G2 deux sous-espaces vectoriels de
E en somme directe. On suppose que f est injective. Montrer que f (G1 ⊕ G2 ) = f (G1 ) ⊕ f (G2 ).
Le résultat reste-t-il vrai sans injectivité ?
Exercice* 14
Soit f : Rn [X] −→ Rn [X] une application définie par :
0
f (P ) = P − P , ∀P ∈ Rn [X].
1. Montrer que f est un automorphisme.
2. Déterminer une réciproque explicite de f .
0
Indication : Si P ∈ Rn [X], exprimer P − P (n+1) en fonction de P, P , ..., P (n) .
6
Exercice* 15
Soit E = Kn [X] et f une application définie sur E par :
f (P ) = P (X + 1) + P (X − 1) − 2P (X), ∀P ∈ E.
1. Montrer que f est un endomorphisme.
2. Déterminer le noyau et l’image de f .
3. Montrer ensuite que pour tout Q ∈ Im(f ), il existe un unique P ∈ E tel que X 2 |P et
f (P ) = Q.
Indication : On pourra s’intéresser à l’image des X p par f .
Exercice 16
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n et f ∈ L(E). On munit L(E) de la loi de
composition ◦ des applications, tel que f 2 = f ◦ f et f k = f k−1 ◦ f pour tout entier k ≥ 2.
1. On suppose f nilpotent et on note p son indice de nilpotence (i.e f p−1 6= 0 et f p = 0).
(a) Ecrire avec des quantificateurs les propositions f p = 0L(E) et f p−1 6= 0L(E) .
(b) Montrer que pour un certain x ∈ E, la famille (x, f (x), f 2 (x), ..., f p−1 (x)) est libre.
(c) En déduire que f n = 0L(E)
2. On suppose dans cette question que p = n. D’après 1. (b), E possède donc une base de
la forme :
x, f (x), f 2 (x), ..., f n−1 (x)
pour un certain x ∈ E. On note C(f ) le commutant de f , i.e, l’ensemble des endomor-
phismes de E qui commutent à f .
(a) Montrer que C(f ) est un sous-espace vectoriel de L(E).
(b) Montrer que l’application g 7−→ g(x) définie sur C(f ) est linéaire injective.
(c) Montrer que (IdE , f, f 2 , ..., f n−1 ) est une famille libre de C(f ), puis en déduire la
dimension de C(f ).
3. (a) Montrer que f est nilpotente si :
∀x ∈ E, ∃p ∈ N∗ , f p (x) = 0E .
(b) Trouver un contre-exemple au résultat (a) dans le cas où E est de dimension infinie.
7
Travail à faire en groupe
Partie I
Pour P ∈ R[X], on note ∆(P )(X) = P (X + 1) − P (X).
1. Montrer que ∆ : P 7−→ ∆(P ) est un endomorphisme de R[X].
2. Déterminer le noyau de ∆.
3. Soit n ≥ 0. On note ∆n la restriction de ∆ à Rn [X]. Démontrer que ∆n est un endomor-
phisme de Rn [X].
4. Soit F = {P ∈ R[X]|P (0) = 0}. On note, ∆
e la restriction de ∆ à F et pour tout entier
n ≥ 1, on note ∆
e la restriction de ∆ à R [X] ∩ F .
n n n
(a) Démontrer que F est un sous-espace vectoriel de R[X].
(b) Soit n ≥ 1. Montrer que ∆
e est un isomorphisme de R [X] ∩ F sur R
n n n−1 [X].
(c) En déduire que ∆
e est un isomorphisme de F sur R[X].
R1
5. Soit G = {P ∈ R[X]| 0 P (t)dt = 0}. On note ∆1 la restriction de ∆ à G.
(a) Démontrer que G est un sous-espace vectoriel de R[X].
(b) Démontrer que ∆1 est un isomorphisme de G sur R[X].
6. Pour P et Q deux polynômes de R[X] tels que ∆(P ) = P , on dira que P est la dérivée
discrète de Q et que Q est une primitive discète de P .
(a) Soit P ∈ R[X]. Justifier l’existence d’une primitive discrète de P .
(b) Soit P ∈ R[X] et Q0 une primitive discrète de P . Déterminer l’ensemble des primi-
tives discrètes de P .
(c) Soit P ∈ R[X] et Q une primitive discrète de P . Montrer que pour tout n ∈ N, on
a: n X
P (k) = Q(n + 1) − Q(0).
k=0
(d) Soit n un entier naturel. Utiliser la formule précedente pour déterminer la valeur de
n
X
k.
k=0
Partie II
7. Montrer qu’il existe une unique suite de polynômes (Hp )p∈N appelés polynômes de Hilbert
tels que :
H0 = 1
∆(Hp ) = Hp−1 , pour p ≥ 1
H (0) = 0, pour p ≥ 1.
p
8. Soit n un entier naturel. Démontrer que la famille (Hp )0≤p≤n est une base de Rn [X].
9. Montrer que pour tout entier naturel non nul p, on a :
1 p−1
Y
Hp (X) = (X − k).
p! k=0
8
10. Démontrer que pour tout entier naturel n et tout polynôme P de Rn [X], on a :
n
∆i (P )(0)Hi (X).
X
P (X) =
k=0
11. (a) Montrer que pour tout entier naturel i, on a :
i
∆i (P )(X) = (−1)i−k Cik P (X + k).
X
k=0
(b) Soit n un entier naturel. En déduire, pour P ∈ Rn [X], l’expression de P dans la base
(Hp )0≤p≤n en fonction de {P (k) : 0 ≤ k ≤ n}.
(c) Soit n un entier naturel et P ∈ Rn [X]. Démontrer la proposition suivante :
(∀k ∈ Z, P (k) ∈ Z) ⇐⇒ (∀k ∈ [|0, n|], P (k) ∈ Z).
12. Dans cette question, on introduit pour deux entiers naturels non nuls n et p la somme
n
k p . Egalement, pour tous entiers naturels r et s, on appelle nombre de Stirling
X
Sn (p) =
k=0
la quantité.
s
1X
Fsr = (−1)s−t Cst tr ,
s! t=0
avec la convention que F00 = 1.
(a) Montrer que pour tous entiers naturels non nuls n et p, on a :
p
i!Fip Cn+1
i+1
X
Sn (p) = .
i=0
(b) En déduire l’expression de Sn (2) et de Sn (3) en fonction de l’entier naturel non nul
n.