FHFS
FHFS
FONCTIONS HOLOMORPHES
& FONCTIONS SPÉCIALES
(FHFS)
Guy C ASALE
V OCABULAIRE . On appelle domaine d’une espace vectoriel normé E tout ouvert connexe de E .
N OTATION .
– Pour z 0 ∈ C et r > 0, on note D(z 0 , r ) ⊂ C le disque ouvert de centre z 0 et de rayon r et D∗ (z 0 , r ) := D(z 0 , r ) \{z 0 }.
– En particulier, on note D := D(0, 1) et S1 := ∂D. De plus, on note H := {z ∈ C | Im z > 0}.
– Pour un domaine U de C, on note O (U ) l’anneau des fonctions holomorphes U → C.
P ROPOSITION 1.2. Soient U un domaine de C et f : U → C. Alors les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) la fonction f est C-dérivable sur U ;
(ii) pour tout disque ouvert D ⊂ U , il existe une fonction holomorphie F : D → C telle que F 0 = f ;
(iii) en notant u := Re f et v := Im f , on a ∂x u = ∂ y v et ∂ y u = −∂x v ; (équation de C AUCHY-R IEMANN)
(iv) on a ∂ f = 0 où ∂ f := 12 (∂x u + i ∂ y v) ;
(v) soit la fonction f est de classe C 1 et il existe un ensemble discret S ⊂ E telle que la fonction f |U \S soit
conforme, soit elle est constante ;
(vi) la fonction f est continue et, pour tout disque D b U et pour tout lacet γ : [0, 1] → D, on a
Z
f (z) dz = 0 ; (lemme de G OURSAT)
γ
1.2 C OMPLÉMENTS
T HÉORÈME 1.3 (G REEN -R IEMANN). Soit U un domaine de C. Soient ω1 , ω2 : U → R deux fonctions de classe C 1
et Ω b U un ouvert à bord lisse. Alors
Z Z
ω1 dx + ω2 dy = (∂x ω2 − ∂ y ω1 ) dx dy
∂Ω Ω
et Z Z
∀ f ∈ O (Ω), f (z) dz = 2i ∂ f dx dy.
∂Ω Ω
P ROPOSITION 1.4 (formule de C AUCHY généralisée). Soit U un domaine de C. Soient f : U → C une fonction de
classe C 1 et Ω b U un ouvert à bord lisse. Alors pour tout z ∈ U , on a
1 f (ζ) 1 ∂ f (ζ)
Z Z
f (z) = dζ − dξ dη
2i π ∂Ω ζ − z π Ω ζ−z
où on a noté ζ = ξ + i η.
Preuve Soient ε > 0 et z 0 ∈ Ω. On pose Ωε := Ω \ D(z 0 , ε). On applique le théorème de G REEN -R IEMANN à la
fonction holomorphe ζ 7−→ f (ζ) − f (z 0 ) et on obtient
f (ζ) − f (z 0 ) ∂ f (ζ)
Z Z
dζ = 2i dξ dη.
∂Ωε ζ − z0 Ωε ζ − z 0
Or
f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z Z Z
dζ = − dζ − dζ
∂Ωε ζ − z0 ∂Ω ζ − z 0 ∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0
f (ζ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z
= − 2i π f (z 0 ) − dζ
∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0
car Ind∂Ω (z 0 ) = 1. On peut montrer, en utilisant le théorème de convergence dominée que
f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z Z
dζ −−−→ dζ et dζ −−−→ 0.
∂Ωε ζ − z 0 ε→0 ∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0 ε→0
. E XEMPLES . – Pour tout polynôme P ∈ C[Z ] et tout rayon R > 0, la fonction z 7−→ P (1/z) a un pôle en 0 (on dit
que l’application z 7−→ P (z) a un pôle en ∞).
– La fonction z 7−→ e 1/z a une singularité essentielle en 0.
D ÉFINITION 2.2. Soit U ⊂ C un domaine de C. Une fonction méromorphe sur U est la donnée d’un ensemble
discret S ⊂ U et d’une fonction holomorphe f : U \ S → C tels que tout complexe de S soit un pôle ou une
singularité effaçable de f . Deux données définissant la fonction méromorphe si les deux fonctions holomorphes
coïncident sur un disque.
¦ R EMARQUE . Parfois, une fonction méromorphe f sur U est notée f : U 99K C. L’ensemble des fonctions
méromorphe sur U est noté M (U ).
P ROPOSITION 2.3. L’ensemble M (U ) est un corps et il s’agit même du corps des fractions de O (U ).
T HÉORÈME 2.4 (de la singularité apparente). Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Si le singularité z 0 est un effaçable, alors la
fonction f se prolonge en une fonction holomorphe sur D(z 0 , r ).
Preuve Sans perte de généralités, on suppose z 0 = 0. Pour z ∈ D∗ (0, r ), on pose g (z) := z f (z). La fonction g est
alors holomorphe sur D∗ (0, r ) et elle se prolonge par continuité sur D(0, r ) en posant g (0) = 0. On en déduit que
la fonction h : z 7−→ zg (z) est holomorphe sur D(0, r ) et vérifie h(0) = h 0 (0) = 0. Elle peut donc s’écrire sous la
n n−2
forme h(z) = +∞
P P+∞
n=2 a n z pour tout z ∈ D(0, r ) ce qui permet d’écrire f (z) = n=2 a n z pour tout z ∈ D(0, r ). ä
P ROPOSITION 2.5. Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Alors la fonction f a un pôle en z 0 si et seulement s’il existe m, ε > 0 tels
que la fonction z 7−→ (z − z 0 )m f (z) est holomorphe sur D(z 0 , ε) et ne s’annule pas en z 0 .
Preuve ⇐ On suppose que la fonction f a un pôle en z 0 . Alors il existe un réel ε > 0 assez petit tel que la
fonction z 7−→ 1/ f (z) est bien définie sur D∗ (z 0 , ε). Cette dernière est alors holomorphe sur D∗ (z 0 , ε) et bornée
n
au voisinage de z 0 . D’après le théorème précédent, on peut l’écrire sous la forme 1/ f (z) = +∞
P
n=0 a n (z − z 0 ) pour
tout z ∈ D(z 0 , r ). On pose alors m := min {n Ê 0 | a n 6= 0}. Pour tout z ∈ D(z 0 , r ), on a alors
1
(z − z 0 )m f (z) =
a m + a m+1 (z − z 0 ) + · · ·
où le membre de droite est bien holomorphe par rapport à z sur un petit disque de D(z 0 , r ).
⇐ Il suffit de regarder la limite. ä
T HÉORÈME 2.6 (de caractérisation topologique des singularités essentielles). Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Alors la singu-
larité z 0 est essentielle si et seulement si, pour tout voisinage V ⊂ D(z 0 , r ) de z 0 , l’image f (V \ {z 0 }) est dense dans
C.
r2
r1
I
Preuve Montrons uniquement le sens direct par contraposée. On suppose qu’il existe un voisinage V ⊂ D(z 0 , r )
de z 0 tel que l’image f (V \ {z 0 }) ne soit pas dense dans C. Alors il existe un disque D(b, ε) ⊂ C \ f (V \ {z 0 }). Ainsi la
fonction ¯
¯V \ {z } −→ C,
0
g: ¯
¯
¯ z 7−→ 1/( f (z) − b)
est holomorphe et bornée sur V \ {z 0 } par 1/ε. Le théorème de la singularité apparente assure alors que la
fonction g est holomorphe sur V . Puisque f (z) = b + 1/g (z) pour tout z ∈ V \ {z 0 }, la singularité z 0 est soit
effaçable (si g (z 0 ) 6= 0) soit un pôle (sinon). ä
avec z, z 0 ∈ C et (a n )n∈Z CZ .
P ROPOSITION 2.8. Soit (a n )n∈Z une suite de C. S’il existe z 1 , z 2 ∈ C tels que la série n∈Z a n (z i − z 0 )n converge
P
P n
absolument pour i ∈ {1, 2} et |z 1 − z 0 | < |z 2 − z 0 |, alors la série n∈Z a n (z − z 0 ) converge normalement sur
C(z 0 , |z 1 | , |z 2 |).
Preuve La convergence absolue de la série n∈Z a n (z 2 − z 0 )n implique celle de la série nÊ0 a n (z 2 − z 0 )n , donc
P P
P
son rayon de convergence R vérifie R Ê |z 2 − z 0 |. De même, le rayon de convergence r˜ de la série n<0 a n (z 1 −
n P n
z 0 ) vérifie r˜ Ê |1/(z 1 − z 0 )|. La série n<0 a n (z − z 0 ) converge donc pour z ∈ C tel que |z − z 0 | Ê 1/r˜. Ainsi le
domaine de convergence d’une série de L AURENT est une couronne, celle donnée, sur laquelle la série converge
uniformément sur tout compact. ä
T HÉORÈME 2.9. Soient R > 0 et f ∈ O (C(z 0 , r, R)). Alors la fonction f est développable en série de L AURENT, i. e.
on peut l’écrire sous la forme f (z) = n∈Z a n (z − z 0 )n au sens de la convergence uniforme sur tout compact.
P
L EMME 2.10. Soient f ∈ O (C(z 0 , r, R)) et r 1 , r 2 > 0 tels que r < r 1 < r 2 < R. Alors
Z Z
f (z) dz = f (z) dz.
∂D(z 0 ,r 1 ) ∂D(z 0 ,r 2 )
Preuve Notons γ le chemin dessiné (voir figure 2.2). Le théorème des résidus assure
Z
f (z) dz = 0.
γ
où les notations −I et − ∂D(z 0 , r 1 ) désignent les chemins I et ∂D(z 0 , r 1 ) renversés. Les deux intégrales sur I et −I
s’annulent ce qui assure le lemme. ä
Preuve du théorème Soit A b C(z 0 , r, R) une couronne. Pour tout z ∈ A, le théorème des résidus donne
f (z) f (ζ) f (ζ) f (ζ)
Z Z Z
= dζ = dζ − dζ.
2i π ∂A ζ − z ∂D(z 0 ,r 2 ) ζ − z ∂D(z 0 ,r 1 ) ζ − z
Le membre de droite se développe en série de L AURENT ce qui assure le résultat (il suffit de développement le
quotient 1/(ζ − z)). ä
C OROLLAIRE 2.11. Soit f ∈ O (C(z 0 , r, R)). Alors il existe un unique couple ( f 0 , f ∞ ) ∈ O (D(z 0 , R)) × O (C \ D(z 0 , r ))
tel que
lim f (z) = lim f ∞ (z) = 0 et f = f 0 − f ∞ .
z→∞ z→∞
obtient la limite de f ∞ (z) quand z → ∞ en intervertissant la somme et la limite. L’unicité vient des théorèmes de
L IOUVILLE et des zéros isolés. ä
T HÉORÈME 2.12. Soient f ∈ O (D∗ (z 0 , r )) et n∈Z a n z n son développement en série de L AURENT. Alors
P
Preuve D’après le lemme de G OURSAT, il suffit de vérifier que, pour tout disque D b U , on a
Z
f (z) dz = 0.
∂D
Le bord du disque étant compact, la suite ( f n |∂D )n∈N converge uniformément vers f |∂D , donc
Z Z
f n (z) dz = 0 −→ f (z) dz
∂D ∂D
ce qui conclut. ä
L EMME 3.2. Soient K et L deux compacts de U tels que K ⊂ L̊. Alors pour tout k Ê 0, il existe c > 0 tel que
∀ f ∈ O (U ), k f (k) kK É ck f kL .
Preuve Comme K ⊂ L̊, on peut choisir ε > 0 tel que K ε := {z ∈ C | d(z, K ) É ε} ⊂ L̊. Soient k Ê 0 et z 0 ∈ K . Appli-
quons la formule de C AUCHY sur le disque D(z 0 , ε) : on obtient
k! f (ζ)
Z
f (k) (z 0 ) = dζ.
2i π ∂D(z0 ,ε) (ζ − z 0 )k+1
L’inégalité triangulaire assure alors
k! k f kL k!
Z
| f (k) (z 0 )| É |dz| = k f kL .
2π εk+1 ∂D(z 0 ,ε) 2εk
Il suffit alors de poser c := k!/2εk . ä
T HÉORÈME 3.3. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). Alors pour tout k Ê 0, la suite ( f n(k) )n∈N converge uniformément sur tout
compact vers f .
Preuve Il suffit d’appliquer le lemme. Soient K ⊂ U un compact et ε > 0 tels que L := K ε ⊂ U . En vertu de l’inéga-
lité du lemme, comme la suite ( f n )n∈N converge uniformément sur K ε , la suite ( f n(k) )n∈N converge uniformément
sur K pour tout k Ê 0. ä
C OROLLAIRE 3.4. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). On suppose que les fonctions f n ne s’annulent pas sur U . Alors soit f = 0
soit f ne s’annule pas sur U .
C OROLLAIRE 3.5. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). On suppose que les fonctions f n sont injectives. Alors f est soit constante
soit injective.
3.2 T OPOLOGIE DE O (U )
P ROPOSITION 3.6. La topologie de la convergence uniforme sur tout compact sur l’espace C (U , C) est métrisable.
On notera d une distance sur cette espace.
Preuve On choisit une exhaustion compact de U , i. e. une suite de compacts (K n )nÊ1 de U telle que K n ⊂ K̊ n+1
S
pour tout n Ê 1 et nÊ1 K n = U . Une telle suite existe bien, il suffit de prendre
K n := {z ∈ U | |z| É n, d(z, C \U ) Ê 1/n}, n Ê 1.
Maintenant, pour f , g ∈ C (U , C), on pose
X min(k f g kK n , 1)
d ( f , g ) := .
nÊ1 2n
Alors l’application d est une distance sur C (U , C).
Montrons que la topologie donnée par cette distance est celle de la convergence uniforme. Soit ( f n )nÊ1
une suite de C (U , C) et f ∈ C (U , C) telles que d ( f n , f ) −→ 0. Montrons que cette suite converge uniformément
sur tout compact vers f . Soient ε ∈ ]0, 1[ et p Ê 1. Si d ( f n , f ) < ε/2p , alors k f n − f kK p É ε. Donc la suite ( f n )nÊ1
converge uniformément sur K p et donc sur tout compact de K p . Ceci étant vrai pour tout p Ê 1, elle converge
S
uniformément sur tout compact de pÊ1 K p = U .
Réciproquement, soit ( f n )nÊ1 une suite de C (U , C) qui converge uniformément sur tout compact vers une
fonction f ∈ C (U , C). Soit ε > 0. Il existe N Ê 1 tel que k f − f n kK p É ε pour tout n Ê N . Alors pour tout P Ê 1 tel
que 1/2P É ε et tous p 0 É P et n Ê N , on a k f n − f kK p 0 É ε et, dans ce cas, on a
X ε X min(k f n − f kK p , 1)
d ( fn , f ) É p
+ É 2ε.
pÉP 2 p>P 2p
Cela conclut. ä
T HÉORÈME 3.7. 1. L’espace métrique (C (U , C), d ) est complet.
2. La distance d est invariante par translation, i. e. d ( f , g ) = d ( f + h, g + h) pour toutes f , g , h.
3. La multiplication scalaire et l’addition sont continues.
4. Le sous-espace O (U ) ⊂ C (U , C) est fermé et donc complet.
Preuve 1. Soit ( f n )nÊ1 une suite de C AUCHY de (C (U , C), d ). Soient P Ê 1 et ε ∈ ]0, 1[. Il existe N Ê 1 tel que
∀k, ` > N , d ( f k , f ` ) É ε/2P .
On en déduit que, pour tout k, ` > N , on a k f k − f ` kK P É ε. Comme l’espace (C (K P , C), k kK P ) est complet, la
suite ( f n )n∈N converge uniformément sur K P vers f . Comme les compacts K P sont emboîtés, elle converge aussi
uniformément sur K P +1 vers f par unicité de la limite et donc sur tout compact. ä
D ÉFINITION 3.8. Une partie A ⊂ O (U ) est dite bornée si ses éléments sont uniformément bornés sur tout
compact de U , i. e. pour tout compact K ⊂ U , i. e. il existe c K > 0 tel que
∀ f ∈ A, k f kK É c K .
T HÉORÈME 3.9 (M ONTEL). Soit ( f n )n∈N une suite bornée de O (U ). Alors il existe une sous-suite qui converge
uniformément sur tout compact de U .
Preuve On veut utiliser le théorème d’A SCOLI. Pour tout x ∈ U , l’ensemble {x} étant compact, il existe c x > 0 tel
que | f n (x)| É c x pour tout n Ê 1, donc l’ensemble { f n (x) | n Ê 1} est bien relativement compact dans C.
Vérifions l’hypothèse d’équicontinuité. Soit K ⊂ U un compact. Soit ε > 0. Alors il existe c > 0 tel que
∀n Ê 1, k f n0 kK ε É ck f n kK ε .
Mais comme la suite est bornée, il existe c̃ > 0 tel que
∀n Ê 1, k f n0 kK ε É c̃.
D’après l’inégalité des accroissements finis, on a
∀n Ê 1, ∀x, y ∈ K , |x − y| É ε =⇒ | f n (x) − f n (y)| É c̃|x − y|.
Cela montre l’équicontinuité de la partie { f n | n Ê 1}. Le théorème d’A SCOLI assure alors que la partie { f n |K | n Ê 1}
est relativement compacte. On réutilise une exhaustion (K m )mÊ1 de U . Il reste ensuite à faire un extraction
diagonale : pour tout m Ê 2, il existe une sous-suite g m := (g nm )nÊ1 de g m−1 qui converge uniformément sur K m
m
et, ensuite, on considère la suite (g m )mÊ1 qui convient. ä
D ÉFINITION 3.10. Soient U un domaine de C, I un ensemble discret et ( f i )i ∈I une suite de fonctions méro-
P
morphes sur U . On dit que la série i ∈I f i converge uniformément sur tout compact si, pour tout compact K b U ,
les propositions suivantes sont vraies :
(i) il existe une voisinage V de K et une partie finie F ⊂ I tels que, pour tout i ∈ F , on a f i ∈ O (V ) ;
P
(ii) la série i ∈U \F f i converge uniformément sur tout compact.
. E XEMPLES . – La série −2
P
n∈Z (z − n) converge uniformément sur tout compact.
– Montrons que la série µ ¶
1 X 1 1
+ +
z n∈Z∗ z − n n
Montrons que le dernier terme est bien une série dont le terme général est holomorphe sur D(0, R). En effet,
pour tous z ∈ D(0, R) et n ∈ Z tel que |n| Ê 2R, on a
¯ ¯ ¯ ¯
¯ 1 1 ¯¯ ¯¯ z ¯ |z| 2R
¯ z − n − n ¯ = ¯ (z − n)n ¯ É (|n| − |z|) |n| É |n|2
¯ ¯
ce qui assure la converge uniforme sur D(0, R). Ainsi cette série converge uniformément uniformément sur tout
compact vers une fonction f . De plus, pour tout z ∈ C \ Z, on a
µ ¶
1 X 1 1 1 1 1 X 2z
f (z) = + + + + = + .
z nÊ1 z − n n z + n −n z nÊ1 z 2 − n
Calculons explicitement la fonction f et montrons qu’il s’agit de la fonction z ∈ C \ Z 7−→ π cotan πz. Pour cela,
utilisons le théorème des résidus. Soient N Ê 1 et C N ⊂ C le carré de centre 0 et de côté 2N + 1. Pour tout z ∈ C N ,
le théorème des résidus assure
1 cotan πz X 1/π
Z
dζ = .
2i π C N ζ − z n∈Z∗ n − z
|n|ÉN
mais cette fonction ne converge pas. La fonction de W EIERSTRASS est définie par
µ ¶
1 1 1
℘(z) := 2 + , z ∈ C \ Ω.
X
−
ω∈Ω (z − ω) ω2
z 2
ω6=0
Montrons la convergence de la série définissant la fonction ℘. Soient R > 0 et z ∈ D(0, R). Alors
µ ¶ µ ¶
1 1 1 1 1
℘(z) = 2 +
X X
− 2 + − 2 .
ω∈Ω (z − ω) ω ω∈Ω (z − ω) ω
z 2 2
ω6=0 |ω|Ê2R
|ω|<2R
La première somme est finie. De plus, pour tout ω ∈ Ω tels que |ω| Ê 2R, on a
1 ¯¯ ¯¯ −z 2 + 2zω ¯¯ R 2 + 2R|ω|
¯ ¯ ¯ ¯
¯ 1 1
¯ (z − ω)2 − ω2 ¯ = ¯ (z − ω)2 ω2 ¯ É (|ω| − |z|)2 |ω|2 ∼ |ω|2 .
¯
T HÉORÈME 3.13 (M ITTAG -L EFFLER). Soient (a n )nÊ1 une suite de complexes deux à deux distincts tendant vers
l’infini et (P n )nÊ1 une suite de parties principales. Alors il existe une fonction méromorphe f sur C ayant ses
pôles en a n de partie principale P n .
P
Preuve Si la série nÊ1 P n (z) converge, alors sa somme répond au problème. Sinon on cherche une telle
P
fonction f sous la forme nÊ1 (P n (z) − p n (z)). On peut supposer que 0 n’est pas dans la suite des pôles. Alors
pour tout n Ê 1, comme la développement de TAYLOR de P n en 0 converge uniformément sur toute disque fermé
inclus dans D(0, |a n |), il existe un polynôme p n ∈ C[z] tel que
kP n − p n kD(0,|an |/2) É 1/2n .
On pose alors f (z) := nÊ1 (P n (z) − p n (z)). Cette fonction est bien définie car, en séparant la somme en deux
P
C OROLLAIRE 3.14 (théorème de B ÉZOUT dans O (C)). Soient f , g ∈ O (C) telles que Z ( f ) ∩ Z (g ) = ; où les en-
sembles Z ( f ) et Z (g ) sont les ensembles des zéros de f et g . Alors il existe u, v ∈ O (C) telles que u f + v g = 1.
Preuve La fonction 1/ f g est méromorphe sur C dont les pôles sont les éléments de Z ( f ) ∪ Z (g ). Le théorème
de M ITTAG -LE FFLER assure l’existence d’une fonction méromorphe ũ sur C ayant les mêmes parties principales
que la fonction 1/ f g en les points de Z ( f ). Alors la fonction ṽ := 1/ f g − ũ est méromorphe sur C dont les pôles
sont les éléments de Z (g ) et dont les parties principales en ces pôles sont celles de 1/ f g . Avec la définition de ṽ,
on a 1 = (ũ f )g + (ṽ g ) f . Il reste à vérifier que la fonction ũ f est holomorphe sur C. Soit z 0 ∈ Z ( f ). Au voisinage
de z 0 , on écrit
cn
ũ(z) = +···
(z − z 0 )n
avec c n 6= 0. La partie principale de ũ est celle de 1/ f g . De plus, comme g est holomorphe en z 0 , on écrit
g (z) = g 0 + · · · . Comme z 0 est un pôle d’ordre k Ê 1 de f , on écrit f (z) = f k (z − z 0 )k + · · · . On en déduit que k = n
et c n = 1/ f k g 0 . Cela nous montre que la fonction ũ f est holomorphe en z 0 . ä
Preuve La première inégalité vient de l’inégalité de B ERNOULLI. La seconde se montre par récurrence. ä
P
T HÉORÈME 3.16. Soit (u n )nÊ1 une suite de fonctions bornées sur U telle que la série nÊ1 |u n | converge
uniformément sur U . Alors
1. le produit f := nÊ1 (1 + u n ) converge uniformément sur U ;
Q
Si f (z) = 0, alors
|p N0 (z)| É (e ε − 1)|p N0 (z)|
et, en prenant ε > 0 assez petit, on obtient p N0 (z) = 0. ä
Q P
¦ R EMARQUE . On dit qu’un produit kÊ1 (1 + u n ) converge normalement sur U si la série nÊ1 u n converge
normalement sur U .
D ÉFINITION 3.17. Pour une fonction holomorphe f ∈ O (D∗ (z 0 , r )) possédant un pôle en z 0 dont le développe-
ment de L AURENT s’écrit f (z) = n∈Z a n (z − z 0 )n , on note
P
νz0 ( f ) := min {n ∈ Z | a n 6= 0} .
T HÉORÈME 3.18. Soient U un domaine de C et ( f n )nÊ1 une suite de O (U ) \ {0} telle que la série
P
nÊ1 |1 − f n |
converge uniformément sur tout compact. Alors
1. le produit f := kÊ1 f n converge uniformément sur tout compact ;
Q
2. pour tout z 0 ∈ U , on a
+∞
νz 0 ( f ) = νz0 ( f n ).
X
n=1
Preuve Le premier point vient du théorème précédent. Montrons le second point. Soit z 0 ∈ U un zéro de f . Soit
r > 0 tel que D(z 0 , r ) ⊂ U . Par hypothèse, il existe N Ê 1 tel que
∀n > N , k1 − f n kD(z0 ,r ) É 1/2.
Pour n > N , la fonction f n ne s’annule donc pas sur la disque. De plus, on peut alors écrire
Y Y Y
fn = fn fn
nÊ1 nÉN n>N
où le deuxième produit est fini. Ceci montre le second point. ä
On va identifier trois objets : le sphère S2 , le compactifié d’A LEXANDROFF Ĉ et la droite projective CP1 .
D ÉFINITION 4.4. Soit U un domaine de Ĉ. On dit qu’une fonction f : U −→ C est holomorphe sur U si la
restriction f |U \{∞} est holomorphe et la restriction f | J −1 (U )\{∞} est holomorphe en 0. On définit de même la
notion de fonction méromorphe sur U .
¦ R EMARQUES . – Par le principe du maximum, il n’existe pas de fonctions holomorphes non constantes sur Ĉ.
– Soient U un voisinage de ∞ et f ∈ O (U \ {∞}). Alors elle est holomorphe au point ∞ si et seulement si la limite
de f (z) quand z → ∞ existe. De plus, elle est méromorphe au point ∞ si et seulement si f (z) → ∞ quand z → ∞.
– Soient U un domaine de Ĉ et f : U −→ C une fonction méromorphe sur U . Alors elle admet un prolonge-
ment continue f : U −→ Ĉ tel que la restriction f |U \ f −1 ({∞}) soit holomorphe et la restriction J ◦ f |U \ f −1 ({0}) soit
holomorphe.
T HÉORÈME 4.5. Soient f , g : Ĉ −→ Ĉ deux fonctions méromorphes ayant les mêmes pôles et mêmes parties
principales en ces pôles. Alors il existe c ∈ C tel que f = g + c.
Preuve La fonction f − g est holomorphe sur Ĉ, donc elle est constante d’après la remarque précédente. ä
Preuve La fonction f /g ne possède pas de pôle, donc elle est holomorphe sur Ĉ, donc elle est constante.
Comme elle n’a pas de zéro, la constante est non nulle. ä
T HÉORÈME 4.7. Soit f : Ĉ → Ĉ une fonction méromorphe. Alors elle est rationnelle.
Preuve Elle ne possède qu’un nombre fini de pôles. En effet, les pôles « à distance finie » forment une partie
discrète P ⊂ C. De plus, les pôles de la fonction g := f ◦ J forment également une ensemble discret qui contient
les éléments 1/z 0 pour z 0 ∈ P \ {∞}. Ce dernier ensemble ne peut donc pas s’accumuler en 0, donc elle est fini.
On note P = {z 1 , . . . , z m } et, pour i ∈ 1, m, on note m i Ê 1 l’ordre du pôle z i de f . Pour z ∈ C, on pose
m
(z − z i )mi .
Y
Q(z) :=
i =1
Alors la fonction Q f est holomorphe sur C, donc on peut l’écrire sous la forme
+∞
an z n .
X
Q(z) f (z) =
n=0
Pour tout z ∈ C∗ , on a donc
+∞
X 1 XK 1
Q(1/z) f (1/z) = an n
= a n n =: P (1/z)
n=0 z n=0 z
pour un certain entier K Ê 0. Ainsi f = P /Q. ä
C OROLLAIRE 4.8. Soient f : Ĉ −→ Ĉ une fonction rationnelle. On note f = P /Q avec deux polynômes P,Q ∈ C[Z ]
premiers entre eux. On pose
deg f := max(deg P, degQ).
Si deg f > 0, alors la fonctions f atteint toutes les valeurs de Ĉ le même nombre de fois (comptée avec multiplicité).
Preuve Une solution de l’équation f (z) = ∞ est une solution de l’équation Q(z) = 0. Avec multiplicité, il y en a
degQ dans C. Si deg P É degQ, alors on n’a pas de pôle en ∞. Si deg P > degQ, alors l’équation f (∞) = ∞ est
réalisé avec multiplicité deg P − degQ. Donc tous les cas, l’équation f (z) = ∞ possède deg f solution.
Pour une constante c ∈ C quelconque, on pose f˜ := 1/( f − c). On se ramène alors au cas précédent et on
remarque que deg f˜ = deg f . ä
C OROLLAIRE 4.9. Soient f : Ĉ −→ Ĉ une fonction rationnelle. On note m i les ordres des zéros de f dans C et n j
l’ordre des pôles de f . Alors ν∞ ( f ) = n i − m j . Autrement dit, on a
P P
νa ( f ) = 0.
X
a∈Ĉ
¦ R EMARQUE . Toutes les droites complexes coupent la sphère S3 ⊂ C2 en des cercles. Ces droites sont les orbites
de S1 ⊂ C∗ .
Homographie
Le groupe GL2 (C) agit sur C2 et préserve les droites vectorielles, i. e. il commute à l’action de C∗ . Il agit donc
sur CP1 .
D ÉFINITION 4.12. Une homographie est une application rationnelle de Ĉ dans lui-même de degré 1. Une telle
application est de la forme
az + b
µ ¶
a b
z ∈ Ĉ 7−→ ∈ Ĉ avec ∈ GL2 (C).
cz + d c d
On note PGL2 (C) le groupes de homographies. L’application naturelle g ∈ GL2 (C) 7−→ [g ] ∈ PGL2 (C) a pour noyau
les homothéties.
E XERCICE 4.1. On note PSL2 (C) l’image de SL2 (C) dans PGL2 (C). Montrer que PGL2 (C) = PSL2 (C).
Preuve Soit f ∈ Aut(Ĉ). Si f (∞) = ∞, alors la fonction f se restreint en un automorphisme de C, donc elle est
affine, donc f ∈ PSL2 (C). On suppose f (∞) 6= ∞. On pose g := h ◦ f où
· ¸
0 1
h= .
1 − f (∞)
Alors h ∈ Aut(Ĉ) et g ∈ Aut(Ĉ) car g (∞) = ∞, donc la fonction g est affine, donc f ∈ PSL2 (C). L’inclusion réci-
proque est évidente. ä
L EMME 4.14. La projection stéréographique d’un cercle est un cercle ou une droite (réelle).
P ROPOSITION 4.15 (caractérisation complexe des cercles et droites). 1. Soient b ∈ C, c > 0 et ε ∈ {0, 1}. Alors l’en-
semble
{z ∈ C | εzz + bz + bz + c = 0}
est vide, réduit à un point, un cercle si ε = 1 ou une droite si ε = 0.
2. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ C trois points distincts. Alors l’ensemble
¯
1 1 1 1
¯
¯
¯ z1 z 2 z 3 z
z ∈ C ¯¯ det
z1
=0
¯ z 2 z 3 z
¯ z1 z1 z2 z2 z3 z3 zz
est un cercle ou une droite passant par les trois points.
3. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ C trois points distincts. Alors l’ensemble
¯
¯ (z − z 1 )(z 2 − z 3 )
½ ¾
z ∈ C ¯¯ ∈ R̂
(z − z )(z − z)
1 2 3
est un cercle ou une droite passant par les trois points.
Preuve Pour montrer le point 1, on calcul la partie réelle d’un tel point et on reconnaît l’équation d’un cercle
ou d’une droite. Pour le point 2, on se ramène au cas 1 en développant par rapport à la dernière ligne. Le point 3
se montre à l’aide du théorème de l’angle inscrit. ä
T HÉORÈME 4.17. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ Ĉ trois points distincts. Alors il existe une unique homographie h ∈ PGL2 (C)
telle que h(z 1 ) = 0, h(z 2 ) = 1 et h(z 3 ) = ∞.
Preuve Il suffit de poser h(z) := [z 1 : z 2 : z 3 : z] pour tout z ∈ Ĉ. L’unicité vient du fait qu’une application linéaire
de GL2 (C) qui fixe une à une trois droites distinctes est l’identité. ä
Admettons ce lemme. Soit O ∈ SO(3). Alors l’application h 0 := ϕ−1 ◦ O ◦ ϕ est bien une homographie où
l’application ϕ est l’homéomorphisme entre Ĉ et S2 .
Montrons le lemme. On pose
R3 −→ C,
¯
¯
ψ : ¯¯
¯
x +i y
¯(x, y, z) 7−→ .
1−z
On vérifie que, pour tout point p ∈ S2 , la différentielle d ψ|S2 (p) est la restriction de la différentielle d ψ(p) au
plan tangent Tp S2 ⊂ R3 qui est un sous-espace vectoriel de dimension 2.
T HÉORÈME 4.21 (R IEMANN -KOEBE -P OINCARÉ -C ARATHÉODORY). Soit U un domaine simplement connexe de Ĉ.
Alors on a les alternatives suivantes :
(i) soit U = Ĉ ;
© ª
(ii) soit il existe p ∈ Ĉ tel que U = Ĉ \ p ;
(iii) soit, pour tout c ∈ U , il existe un unique biholomorphisme f : U → D tel que f (c) = 0 et f 0 (c) > 0.
¦ R EMARQUE . Une telle fonction f s’appelle une uniformisation de U . Par exemple, le demi-plan H est biholo-
morphe au disque D par l’application
z −i
z 7−→ .
z +i
De même, la bande {−π < Im < π} est biholomorphe au demi-plan H par la composée de l’exponentielle et de la
racine carrée. Un autre exemple est le carré de côté 1, le théorème nous dit qu’il est biholomorphe à H, mais
l’uniformisation est difficile à trouver : c’est la fonction ℘ pour le réseau Z + i Z.
D ÉFINITION 4.22. Soit U un domaine de C. On dit que deux chemins γ0 , γ1 : [0, 1] → U sont homotopes dans U
s’il existe une fonction continue h : [0, 1]2 → U telle que h(0, ·) = γ0 et h(1, ·) = γ1 .
D ÉFINITION 4.23. Un domaine U de Ĉ est simplement connexe si tout lacet dans U est homotope à un lacet
constant dans U .
. E XEMPLE . Soit U un domaine étoilé par rapport à un point z 0 ∈ U . Soit γ : [0, 1] → U un chemin issu de z 0 . Alors
l’application ¯
¯[0, 1]2 −→ U ,
¯
¯
¯ (s, t ) 7−→ s(γ(t ) − z 0 ) + z 0
T HÉORÈME 4.24. Un domaine U de Ĉ est simplement connexe si et seulement si son complémentaire Ĉ \U est
connexe.
T HÉORÈME 4.25. Soit U un domaine de C. Soient γ0 , γ1 : [0, 1] → U deux chemins homotopes dans U et f ∈ O (U ).
Alors Z Z
f (z) dz = f (z) dz.
γ0 γ1
Preuve Pour simplifier la preuve, on suppose que les deux chemins sont de classe C 2 . On considère une
homotopie h : (s, t ) 7−→ γs (t ) une homotopie entre ces deux chemins. Pour s ∈ [0, 1], on a
Z Z 1
I s := f (z) dz = f (h(s, t ))∂t h(s, t ) dt .
γs 0
Cette fonction g : U → C est bien définie (elle ne dépend pas des chemins γ choisis) car le domaine U est
simplement connexe. Maintenant, on a
¶0
f f 0 exp g − f g 0 exp g
µ
= = 0.
exp g exp 2g
Comme U est connexe, il existe une constante C ∈ C tel que f = C exp g . Comme f ne s’annule pas, on a C 6= 0 et
on peut l’écrire sous la forme C = e λ avec λ ∈ C. On obtient alors f = exp λg . ä
4.4.3 La preuve
Si U = Ĉ, alors on n’a rien à montrer. S’il existe p ∈ Ĉ tel que U = Ĉ\{p}, alors l’application z 7−→ 1/(z−p) est un
biholomorphisme de U dans C. On suppose alors ](Ĉ \U ) Ê 2. On peut faire deux hypothèses supplémentaires :
On peut supposer c = 0 dans le théorème. On veut utiliser le théorème de M ONTEL. Soit M > 0 une constante
telle que U ⊂ D(0, M ). On considère A l’ensemble des fonctions holomorphe injective f ∈ O (U ) telle que
| f | < 1, f (0) = 0 et f 0 (0) Ê 1/M .
Cet ensemble est non vide car il contient la fonction z 7→ z/M . De plus, il est borné. Enfin, montrons qu’il est
fermé. Soient ( f n )n∈N une suite de A qui converge uniformément sur tout compact vers une fonction f ∈ O (U ).
Alors f (0) = 0 et f 0 (0) Ê 1/M . En particulier, la fonction f est non constante et, comme les fonctions f n sont
injectives, la limite est injective (cf. corollaire 3.5). Comme | f n | < 1 pour tout n ∈ N, donc | f | É 1. Par le principe
du maximum, on obtient | f | < 1. D’où f ∈ A ce qui montre que l’ensemble A est fermé. Le théorème de M ONTEL
assure alors qu’il est compact. Comme l’application
¯
¯O (U ) −→ R,
¯
f 7−→ | f 0 (0)|
¯
¯
est continue, sa restriction à A atteint son maximum en une fonction F ∈ A.
Montrons que la fonction F : U → D est surjective. Raisonnons par l’absurde et supposons qu’elle n’est pas
surjective. Soit ω0 ∈ D \ F (U ). Alors la fonction
¯U −→ D,
¯
¯
¯ F (z) − ω0
¯ z 7−→
¯
1 − ω0 F (z)
ne s’annule pas. On note G : U → D une racine carrée de cette dernière (qui existe bien d’après le corollaire 4.27).
Alors l’application
¯U −→ D,
¯
¯
g: ¯ |G 0 (0)| G(z) −G(0)
¯
¯ z 7−→
¯ G(0) 1 −G(0)G(z)
est injective. En calculant, on trouve g ∈ A et
1 + |ω0 | 0 1 + |ω0 |
g 0 (0) = p F (0) avec p >1
2 |ω0 | 2 |ω0 |
ce qui est impossible. Ainsi, la fonction F est surjective.
L’unicité provient du lemmes de S CHWARZ. Soient f 1 , f 2 : U → D deux tels biholomorphismes. On considère
le biholomorphisme ϕ := f 1 ◦ f 2−1 ∈ Aut(D). Alors 0 est un point fixe de ϕ dans D et on a ϕ0 (z 0 ) > 0. Il y a donc
trois contraintes, donc le lemme de S CHWARZ assure ϕ = IdD . D’où l’unicité.
D ÉFINITION 4.28. Un point b ∈ ∂U est dit simple si, pour toutes suites (b n )n∈U de U convergeant vers b, il existe
un chemin continu γ : [0, 1] → U et une suite croissante (t i )i ∈N de [0, 1] tels que
– pour tout i ∈ N, on ait γ(t i ) = b i ;
– γ([0, 1[) ⊂ U ;
– γ(1) = b.
est une isométrie du plan qui envoie d sur R. En particulier, on a h ◦ i d ◦ h −1 (z) = z pour tout z ∈ C. On en déduit
alors que, pour tout z ∈ C, on a
i d (z) = h −1 (h(z))
= e 2i θ z + (1 + e 2i θ )b
= αz + β.
P ROPOSITION 4.31. Soit U un domaine de C symétrique par rapport à une droite d . On note P ⊂ C un des deux
demi-plans ouverts définies par d . Soit f : U ∩ P → C une fonction continue, holomorphe sur U ∩ P et à valeurs
réelles sur U ∩ d . Alors cette dernière se prolonge en une fonction holomorphe sur U .
Si D ⊂ (U ∩P )∪(D ∩(C\P ), c’est bon. Soit ε > 0. Sinon, on considère deux demi-disques D 1 et D 2 comme suivant.
Par holomorphie, on a
Z Z
f˜(z) dz = f˜(z) dz = 0.
∂D 1 ∂D 2
Notons A i (ε) et I i (ε) l’arc de cercle et le segment de D i pour i ∈ {1, 2}. Notons également I 0 := D 1 ∩ d . Alors on
peut montrer que
Z Z
f˜(z) dz −−−→ f (z) dz
I 1 (ε) ε→0 I0
et de même pour I 2 (ε) : ceci se montre avec le théorème de convergence dominée. Ainsi on a
Z µZ Z ¶
f˜(z) dz = lim f˜(z) dz + f˜(z) dz
∂D ε→0 A 1 (ε) A 2 (ε)
µZ Z Z Z ¶
= lim f˜(z) dz + f˜(z) dz + f˜(z) dz + f˜(z) dz = 0. ä
ε→0 A 1 (ε) I 1 (ε) A 2 (ε) I 2 (ε)
P ROPOSITION 4.32. Soit U un domaine de Ĉ invariant par une inversion i C 1 d’un cercle C 1 = ∂D 1 , i. e.
zz 1 − |z 1 |2 + r 1
i C 1 (z) = .
z − z0
Soit C 2 un autre cercle. Soit f : U ∩D 1 → Ĉ une fonction continue, holomorphe sur U ∩D 1 telle que f (U ∩C 1 ) ⊂ C 2 .
Alors cette dernière se prolonge en une fonction holomorphe f˜ : U → Ĉ en posant
f˜(z) = i C 2 ◦ f ◦ i C 1 (z) pour tout z ∈ U \ D 1 .