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Ce document traite des fonctions holomorphes et des fonctions spéciales, en abordant des concepts tels que l'holomorphie, les singularités isolées et le développement de Laurent. Il présente des définitions, des propositions et des théorèmes fondamentaux, ainsi que des exemples illustratifs. Le contenu est structuré en chapitres, chacun explorant des aspects spécifiques des fonctions complexes et de leur comportement.

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Dernière édition : 19 octobre 2020 Notes prises par Téofil A DAMSKI

FONCTIONS HOLOMORPHES
& FONCTIONS SPÉCIALES
(FHFS)

Guy C ASALE

M1 maths fonda Université de Rennes 1

C HAPITRE 1 – R APPELS ET COMPLÉMENTS 1 3.3 Séries de fonctions méromorphes . . . . . . . . . . . 7


1.1 Caractérisation de l’holomorphie . . . . . . . . . . . . 1 3.4 Produits infinis de fonctions holomorphes . . . . . . . 9
1.2 Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
C HAPITRE 4 – S PHÈRE DE R IEMANN , FONCTIONS RATION -
C HAPITRE 2 – S INGULARITÉS ISOLÉES ET DÉVELOPPEMENT NELLES & HOMOGRAPHIES 12
DE L AURENT 3 4.1 Le compactifié d’A LEXANDROFF . . . . . . . . . . . . . 12
2.1 Singularités isolées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 4.2 La droite projective complexe . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Développement de L AURENT . . . . . . . . . . . . . . 4 4.3 Cercles, birapport et quelques groupes . . . . . . . . . 14
C HAPITRE 3 – S UITES , SÉRIES ET PRODUITS 6 4.4 Le théorème de l’application conforme . . . . . . . . . 15
3.1 Suites de fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . 6 4.5 Extension continue et représentation conforme . . . . 17
3.2 Topologie de O (U ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 4.6 Principe de réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Chapitre 1
R APPELS ET COMPLÉMENTS
1.1 Caractérisation de l’holomorphie . . . . . . . . . . . . . 1 1.2 Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

V OCABULAIRE . On appelle domaine d’une espace vectoriel normé E tout ouvert connexe de E .

N OTATION .
– Pour z 0 ∈ C et r > 0, on note D(z 0 , r ) ⊂ C le disque ouvert de centre z 0 et de rayon r et D∗ (z 0 , r ) := D(z 0 , r ) \{z 0 }.
– En particulier, on note D := D(0, 1) et S1 := ∂D. De plus, on note H := {z ∈ C | Im z > 0}.
– Pour un domaine U de C, on note O (U ) l’anneau des fonctions holomorphes U → C.

1.1 C ARACTÉRISATION DE L’ HOLOMORPHIE


D ÉFINITION 1.1. Soit U un domaine de R2 . Une fonction f : U → R2 est dite conforme si elle est de classe C 1 et
préserve les angles.

N OTATION . Pour toutes parties U ⊂ C et Ω ⊂ U , on notera Ω b U si Ω ⊂ U .

P ROPOSITION 1.2. Soient U un domaine de C et f : U → C. Alors les propositions suivantes sont équivalentes :
(i) la fonction f est C-dérivable sur U ;
(ii) pour tout disque ouvert D ⊂ U , il existe une fonction holomorphie F : D → C telle que F 0 = f ;
(iii) en notant u := Re f et v := Im f , on a ∂x u = ∂ y v et ∂ y u = −∂x v ; (équation de C AUCHY-R IEMANN)
(iv) on a ∂ f = 0 où ∂ f := 12 (∂x u + i ∂ y v) ;
(v) soit la fonction f est de classe C 1 et il existe un ensemble discret S ⊂ E telle que la fonction f |U \S soit
conforme, soit elle est constante ;
(vi) la fonction f est continue et, pour tout disque D b U et pour tout lacet γ : [0, 1] → D, on a
Z
f (z) dz = 0 ; (lemme de G OURSAT)
γ

(vii) la fonction f est continue et, pour tous disque D b U , on a


1 f (ζ)
Z
∀z ∈ U , f (z) = dζ ; (formule intégrale de C AUCHY)
2i π ∂D ζ − z
(viii) la fonction f est dérivable en série entière au voisinage de tout point de U .

. E XEMPLE . La fonction z ∈ C 7−→ z 2 est conforme.

1.2 C OMPLÉMENTS
T HÉORÈME 1.3 (G REEN -R IEMANN). Soit U un domaine de C. Soient ω1 , ω2 : U → R deux fonctions de classe C 1
et Ω b U un ouvert à bord lisse. Alors
Z Z
ω1 dx + ω2 dy = (∂x ω2 − ∂ y ω1 ) dx dy
∂Ω Ω
et Z Z
∀ f ∈ O (Ω), f (z) dz = 2i ∂ f dx dy.
∂Ω Ω

P ROPOSITION 1.4 (formule de C AUCHY généralisée). Soit U un domaine de C. Soient f : U → C une fonction de
classe C 1 et Ω b U un ouvert à bord lisse. Alors pour tout z ∈ U , on a
1 f (ζ) 1 ∂ f (ζ)
Z Z
f (z) = dζ − dξ dη
2i π ∂Ω ζ − z π Ω ζ−z
où on a noté ζ = ξ + i η.

Rappels et compléments – C HAPITRE 1 1


1.2. COMPLÉMENTS

Preuve Soient ε > 0 et z 0 ∈ Ω. On pose Ωε := Ω \ D(z 0 , ε). On applique le théorème de G REEN -R IEMANN à la
fonction holomorphe ζ 7−→ f (ζ) − f (z 0 ) et on obtient
f (ζ) − f (z 0 ) ∂ f (ζ)
Z Z
dζ = 2i dξ dη.
∂Ωε ζ − z0 Ωε ζ − z 0
Or
f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z Z Z
dζ = − dζ − dζ
∂Ωε ζ − z0 ∂Ω ζ − z 0 ∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0
f (ζ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z
= − 2i π f (z 0 ) − dζ
∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0
car Ind∂Ω (z 0 ) = 1. On peut montrer, en utilisant le théorème de convergence dominée que
f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 ) f (ζ) − f (z 0 )
Z Z Z
dζ −−−→ dζ et dζ −−−→ 0.
∂Ωε ζ − z 0 ε→0 ∂Ω ζ − z 0 ∂D(z 0 ,ε) ζ − z0 ε→0

Ceci montre le théorème ä


T HÉORÈME 1.5 (d’holomorphie des intégrales). Soient U un domaine de C, X un intervalle de R et F : U × X → C
telle que
– pour tout z ∈ U , la fonction t 7−→ F (z, t ) soit intégrale sur X ;
– pour tout t ∈ X , la fonction z 7−→ F (z, t ) est holomorphe ;
– pour tout compact K ⊂ U , il existe une fonction intégrable ϕ : K → R telle que |F (z, t )| É ϕ(t ) pour tous z ∈ U
et t ∈ K .
R
Alors la fonction z ∈ U 7−→ f (z) := X F (z, t ) dt est holomorphe et, pour tout n ∈ N et tout z ∈ U , on a
Z
∂nzn F (z, t ) dt = f (n) (z).
X

2 Singularités isolées et développement de L AURENT – C HAPITRE 1


Chapitre 2
S INGULARITÉS ISOLÉES ET DÉVELOPPEMENT DE
L AURENT
2.1 Singularités isolées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 2.2 Développement de L AURENT . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2.1 S INGULARITÉS ISOLÉES


D ÉFINITION 2.1. Soient z 0 ∈ C et r > 0. Pour une fonction f ∈ O (D∗ (z 0 , r )), on dit que le complexe z 0 est une
singularité de f et on la qualifie
– d’effaçable si la fonction f est bornée au voisinage de z 0 ;
– de pôle si | f (z)| → +∞ quand z → z 0 ;
– d’essentielle sinon.

. E XEMPLES . – Pour tout polynôme P ∈ C[Z ] et tout rayon R > 0, la fonction z 7−→ P (1/z) a un pôle en 0 (on dit
que l’application z 7−→ P (z) a un pôle en ∞).
– La fonction z 7−→ e 1/z a une singularité essentielle en 0.

D ÉFINITION 2.2. Soit U ⊂ C un domaine de C. Une fonction méromorphe sur U est la donnée d’un ensemble
discret S ⊂ U et d’une fonction holomorphe f : U \ S → C tels que tout complexe de S soit un pôle ou une
singularité effaçable de f . Deux données définissant la fonction méromorphe si les deux fonctions holomorphes
coïncident sur un disque.

¦ R EMARQUE . Parfois, une fonction méromorphe f sur U est notée f : U 99K C. L’ensemble des fonctions
méromorphe sur U est noté M (U ).

Dans la suite, on notera U un domaine de C, z 0 ∈ C et r > 0.

P ROPOSITION 2.3. L’ensemble M (U ) est un corps et il s’agit même du corps des fractions de O (U ).

Preuve Cette proposition sera démontrée plus tard. ä

T HÉORÈME 2.4 (de la singularité apparente). Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Si le singularité z 0 est un effaçable, alors la
fonction f se prolonge en une fonction holomorphe sur D(z 0 , r ).

Preuve Sans perte de généralités, on suppose z 0 = 0. Pour z ∈ D∗ (0, r ), on pose g (z) := z f (z). La fonction g est
alors holomorphe sur D∗ (0, r ) et elle se prolonge par continuité sur D(0, r ) en posant g (0) = 0. On en déduit que
la fonction h : z 7−→ zg (z) est holomorphe sur D(0, r ) et vérifie h(0) = h 0 (0) = 0. Elle peut donc s’écrire sous la
n n−2
forme h(z) = +∞
P P+∞
n=2 a n z pour tout z ∈ D(0, r ) ce qui permet d’écrire f (z) = n=2 a n z pour tout z ∈ D(0, r ). ä

P ROPOSITION 2.5. Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Alors la fonction f a un pôle en z 0 si et seulement s’il existe m, ε > 0 tels
que la fonction z 7−→ (z − z 0 )m f (z) est holomorphe sur D(z 0 , ε) et ne s’annule pas en z 0 .

Preuve ⇐ On suppose que la fonction f a un pôle en z 0 . Alors il existe un réel ε > 0 assez petit tel que la
fonction z 7−→ 1/ f (z) est bien définie sur D∗ (z 0 , ε). Cette dernière est alors holomorphe sur D∗ (z 0 , ε) et bornée
n
au voisinage de z 0 . D’après le théorème précédent, on peut l’écrire sous la forme 1/ f (z) = +∞
P
n=0 a n (z − z 0 ) pour
tout z ∈ D(z 0 , r ). On pose alors m := min {n Ê 0 | a n 6= 0}. Pour tout z ∈ D(z 0 , r ), on a alors
1
(z − z 0 )m f (z) =
a m + a m+1 (z − z 0 ) + · · ·
où le membre de droite est bien holomorphe par rapport à z sur un petit disque de D(z 0 , r ).
⇐ Il suffit de regarder la limite. ä

T HÉORÈME 2.6 (de caractérisation topologique des singularités essentielles). Soit f ∈ O (D∗ (z 0 , r )). Alors la singu-
larité z 0 est essentielle si et seulement si, pour tout voisinage V ⊂ D(z 0 , r ) de z 0 , l’image f (V \ {z 0 }) est dense dans
C.

Singularités isolées et développement de L AURENT – C HAPITRE 2 3


2.2. DÉVELOPPEMENT DE LAURENT

r2

r1
I

F IGURE 2.1 – Le trou de serrure formé par le chemin γ

Preuve Montrons uniquement le sens direct par contraposée. On suppose qu’il existe un voisinage V ⊂ D(z 0 , r )
de z 0 tel que l’image f (V \ {z 0 }) ne soit pas dense dans C. Alors il existe un disque D(b, ε) ⊂ C \ f (V \ {z 0 }). Ainsi la
fonction ¯
¯V \ {z } −→ C,
0
g: ¯
¯
¯ z 7−→ 1/( f (z) − b)
est holomorphe et bornée sur V \ {z 0 } par 1/ε. Le théorème de la singularité apparente assure alors que la
fonction g est holomorphe sur V . Puisque f (z) = b + 1/g (z) pour tout z ∈ V \ {z 0 }, la singularité z 0 est soit
effaçable (si g (z 0 ) 6= 0) soit un pôle (sinon). ä

2.2 D ÉVELOPPEMENT DE L AURENT


D ÉFINITION 2.7. Une série de L AURENT est une série de la forme
a n (z − z 0 )n
X
n∈Z

avec z, z 0 ∈ C et (a n )n∈Z CZ .

N OTATION . Pour z 0 ∈ C et r, R > 0, on note C(z 0 , r, R) := {z ∈ C | r < |z − z 0 | < R}.

P ROPOSITION 2.8. Soit (a n )n∈Z une suite de C. S’il existe z 1 , z 2 ∈ C tels que la série n∈Z a n (z i − z 0 )n converge
P
P n
absolument pour i ∈ {1, 2} et |z 1 − z 0 | < |z 2 − z 0 |, alors la série n∈Z a n (z − z 0 ) converge normalement sur
C(z 0 , |z 1 | , |z 2 |).

Preuve La convergence absolue de la série n∈Z a n (z 2 − z 0 )n implique celle de la série nÊ0 a n (z 2 − z 0 )n , donc
P P
P
son rayon de convergence R vérifie R Ê |z 2 − z 0 |. De même, le rayon de convergence r˜ de la série n<0 a n (z 1 −
n P n
z 0 ) vérifie r˜ Ê |1/(z 1 − z 0 )|. La série n<0 a n (z − z 0 ) converge donc pour z ∈ C tel que |z − z 0 | Ê 1/r˜. Ainsi le
domaine de convergence d’une série de L AURENT est une couronne, celle donnée, sur laquelle la série converge
uniformément sur tout compact. ä

T HÉORÈME 2.9. Soient R > 0 et f ∈ O (C(z 0 , r, R)). Alors la fonction f est développable en série de L AURENT, i. e.
on peut l’écrire sous la forme f (z) = n∈Z a n (z − z 0 )n au sens de la convergence uniforme sur tout compact.
P

L EMME 2.10. Soient f ∈ O (C(z 0 , r, R)) et r 1 , r 2 > 0 tels que r < r 1 < r 2 < R. Alors
Z Z
f (z) dz = f (z) dz.
∂D(z 0 ,r 1 ) ∂D(z 0 ,r 2 )

Preuve Notons γ le chemin dessiné (voir figure 2.2). Le théorème des résidus assure
Z
f (z) dz = 0.
γ

En décomposant γ en une succession de quatre chemins, on obtient


Z Z Z Z
f (z) dz + f (z) dz + f (z) dz + f (z) dz = 0
I ∂D(z 0 ,r 2 ) −I − ∂D(z 0 ,r 1 )

où les notations −I et − ∂D(z 0 , r 1 ) désignent les chemins I et ∂D(z 0 , r 1 ) renversés. Les deux intégrales sur I et −I
s’annulent ce qui assure le lemme. ä

4 Singularités isolées et développement de L AURENT – C HAPITRE 2


2.2. DÉVELOPPEMENT DE LAURENT

Preuve du théorème Soit A b C(z 0 , r, R) une couronne. Pour tout z ∈ A, le théorème des résidus donne
f (z) f (ζ) f (ζ) f (ζ)
Z Z Z
= dζ = dζ − dζ.
2i π ∂A ζ − z ∂D(z 0 ,r 2 ) ζ − z ∂D(z 0 ,r 1 ) ζ − z

Le membre de droite se développe en série de L AURENT ce qui assure le résultat (il suffit de développement le
quotient 1/(ζ − z)). ä

C OROLLAIRE 2.11. Soit f ∈ O (C(z 0 , r, R)). Alors il existe un unique couple ( f 0 , f ∞ ) ∈ O (D(z 0 , R)) × O (C \ D(z 0 , r ))
tel que
lim f (z) = lim f ∞ (z) = 0 et f = f 0 − f ∞ .
z→∞ z→∞

Preuve En adoptant les notations du théorème, on pose f 0 := nÊ0 a n (· − z 0 )n et f ∞ := n<0 a n (· − z 0 )n et on


P P

obtient la limite de f ∞ (z) quand z → ∞ en intervertissant la somme et la limite. L’unicité vient des théorèmes de
L IOUVILLE et des zéros isolés. ä
T HÉORÈME 2.12. Soient f ∈ O (D∗ (z 0 , r )) et n∈Z a n z n son développement en série de L AURENT. Alors
P

1. la singularité z 0 est effaçable si et seulement si a n = 0 pour tout n < 0.


2. la singularité z 0 est un pôle d’ordre m Ê 1 si et seulement si a n = 0 pour tout n < −m et a −m 6= 0.
3. la singularité z 0 est essentielle si et seulement si l’ensemble {n < 0 | a n 6= 0} est infini.

. E XEMPLE . La fonction z 7−→ exp(1/z) s’écrit sous la forme


0 zk
z ∈ C∗ .
X
exp(1/z) = ,
k=−∞ (−k)!
Cette fonction possède donc une singularité essentielle en 0.

Suites, séries et produits – C HAPITRE 2 5


Chapitre 3
S UITES , SÉRIES ET PRODUITS
3.1 Suites de fonctions holomorphes . . . . . . . . . . . . . 6 3.3 Séries de fonctions méromorphes . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Topologie de O (U ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6 3.4 Produits infinis de fonctions holomorphes . . . . . . . . 9

3.1 S UITES DE FONCTIONS HOLOMORPHES


T HÉORÈME 3.1. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f : U → C. Alors cette dernière est holomorphe.

Preuve D’après le lemme de G OURSAT, il suffit de vérifier que, pour tout disque D b U , on a
Z
f (z) dz = 0.
∂D

Le bord du disque étant compact, la suite ( f n |∂D )n∈N converge uniformément vers f |∂D , donc
Z Z
f n (z) dz = 0 −→ f (z) dz
∂D ∂D

ce qui conclut. ä

L EMME 3.2. Soient K et L deux compacts de U tels que K ⊂ L̊. Alors pour tout k Ê 0, il existe c > 0 tel que
∀ f ∈ O (U ), k f (k) kK É ck f kL .

Preuve Comme K ⊂ L̊, on peut choisir ε > 0 tel que K ε := {z ∈ C | d(z, K ) É ε} ⊂ L̊. Soient k Ê 0 et z 0 ∈ K . Appli-
quons la formule de C AUCHY sur le disque D(z 0 , ε) : on obtient
k! f (ζ)
Z
f (k) (z 0 ) = dζ.
2i π ∂D(z0 ,ε) (ζ − z 0 )k+1
L’inégalité triangulaire assure alors
k! k f kL k!
Z
| f (k) (z 0 )| É |dz| = k f kL .
2π εk+1 ∂D(z 0 ,ε) 2εk
Il suffit alors de poser c := k!/2εk . ä

T HÉORÈME 3.3. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). Alors pour tout k Ê 0, la suite ( f n(k) )n∈N converge uniformément sur tout
compact vers f .

Preuve Il suffit d’appliquer le lemme. Soient K ⊂ U un compact et ε > 0 tels que L := K ε ⊂ U . En vertu de l’inéga-
lité du lemme, comme la suite ( f n )n∈N converge uniformément sur K ε , la suite ( f n(k) )n∈N converge uniformément
sur K pour tout k Ê 0. ä

C OROLLAIRE 3.4. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). On suppose que les fonctions f n ne s’annulent pas sur U . Alors soit f = 0
soit f ne s’annule pas sur U .

C OROLLAIRE 3.5. Soit ( f n )n∈N une suite de fonctions holomorphes sur U qui converge uniformément sur tout
compact vers une fonction f ∈ O (U ). On suppose que les fonctions f n sont injectives. Alors f est soit constante
soit injective.

3.2 T OPOLOGIE DE O (U )
P ROPOSITION 3.6. La topologie de la convergence uniforme sur tout compact sur l’espace C (U , C) est métrisable.
On notera d une distance sur cette espace.

6 Suites, séries et produits – C HAPITRE 3


3.3. SÉRIES DE FONCTIONS MÉROMORPHES

Preuve On choisit une exhaustion compact de U , i. e. une suite de compacts (K n )nÊ1 de U telle que K n ⊂ K̊ n+1
S
pour tout n Ê 1 et nÊ1 K n = U . Une telle suite existe bien, il suffit de prendre
K n := {z ∈ U | |z| É n, d(z, C \U ) Ê 1/n}, n Ê 1.
Maintenant, pour f , g ∈ C (U , C), on pose
X min(k f g kK n , 1)
d ( f , g ) := .
nÊ1 2n
Alors l’application d est une distance sur C (U , C).
Montrons que la topologie donnée par cette distance est celle de la convergence uniforme. Soit ( f n )nÊ1
une suite de C (U , C) et f ∈ C (U , C) telles que d ( f n , f ) −→ 0. Montrons que cette suite converge uniformément
sur tout compact vers f . Soient ε ∈ ]0, 1[ et p Ê 1. Si d ( f n , f ) < ε/2p , alors k f n − f kK p É ε. Donc la suite ( f n )nÊ1
converge uniformément sur K p et donc sur tout compact de K p . Ceci étant vrai pour tout p Ê 1, elle converge
S
uniformément sur tout compact de pÊ1 K p = U .
Réciproquement, soit ( f n )nÊ1 une suite de C (U , C) qui converge uniformément sur tout compact vers une
fonction f ∈ C (U , C). Soit ε > 0. Il existe N Ê 1 tel que k f − f n kK p É ε pour tout n Ê N . Alors pour tout P Ê 1 tel
que 1/2P É ε et tous p 0 É P et n Ê N , on a k f n − f kK p 0 É ε et, dans ce cas, on a
X ε X min(k f n − f kK p , 1)
d ( fn , f ) É p
+ É 2ε.
pÉP 2 p>P 2p
Cela conclut. ä
T HÉORÈME 3.7. 1. L’espace métrique (C (U , C), d ) est complet.
2. La distance d est invariante par translation, i. e. d ( f , g ) = d ( f + h, g + h) pour toutes f , g , h.
3. La multiplication scalaire et l’addition sont continues.
4. Le sous-espace O (U ) ⊂ C (U , C) est fermé et donc complet.

Preuve 1. Soit ( f n )nÊ1 une suite de C AUCHY de (C (U , C), d ). Soient P Ê 1 et ε ∈ ]0, 1[. Il existe N Ê 1 tel que
∀k, ` > N , d ( f k , f ` ) É ε/2P .
On en déduit que, pour tout k, ` > N , on a k f k − f ` kK P É ε. Comme l’espace (C (K P , C), k kK P ) est complet, la
suite ( f n )n∈N converge uniformément sur K P vers f . Comme les compacts K P sont emboîtés, elle converge aussi
uniformément sur K P +1 vers f par unicité de la limite et donc sur tout compact. ä

D ÉFINITION 3.8. Une partie A ⊂ O (U ) est dite bornée si ses éléments sont uniformément bornés sur tout
compact de U , i. e. pour tout compact K ⊂ U , i. e. il existe c K > 0 tel que
∀ f ∈ A, k f kK É c K .

T HÉORÈME 3.9 (M ONTEL). Soit ( f n )n∈N une suite bornée de O (U ). Alors il existe une sous-suite qui converge
uniformément sur tout compact de U .

Preuve On veut utiliser le théorème d’A SCOLI. Pour tout x ∈ U , l’ensemble {x} étant compact, il existe c x > 0 tel
que | f n (x)| É c x pour tout n Ê 1, donc l’ensemble { f n (x) | n Ê 1} est bien relativement compact dans C.
Vérifions l’hypothèse d’équicontinuité. Soit K ⊂ U un compact. Soit ε > 0. Alors il existe c > 0 tel que
∀n Ê 1, k f n0 kK ε É ck f n kK ε .
Mais comme la suite est bornée, il existe c̃ > 0 tel que
∀n Ê 1, k f n0 kK ε É c̃.
D’après l’inégalité des accroissements finis, on a
∀n Ê 1, ∀x, y ∈ K , |x − y| É ε =⇒ | f n (x) − f n (y)| É c̃|x − y|.
Cela montre l’équicontinuité de la partie { f n | n Ê 1}. Le théorème d’A SCOLI assure alors que la partie { f n |K | n Ê 1}
est relativement compacte. On réutilise une exhaustion (K m )mÊ1 de U . Il reste ensuite à faire un extraction
diagonale : pour tout m Ê 2, il existe une sous-suite g m := (g nm )nÊ1 de g m−1 qui converge uniformément sur K m
m
et, ensuite, on considère la suite (g m )mÊ1 qui convient. ä

3.3 S ÉRIES DE FONCTIONS MÉROMORPHES

Suites, séries et produits – C HAPITRE 3 7


3.3. SÉRIES DE FONCTIONS MÉROMORPHES

D ÉFINITION 3.10. Soient U un domaine de C, I un ensemble discret et ( f i )i ∈I une suite de fonctions méro-
P
morphes sur U . On dit que la série i ∈I f i converge uniformément sur tout compact si, pour tout compact K b U ,
les propositions suivantes sont vraies :
(i) il existe une voisinage V de K et une partie finie F ⊂ I tels que, pour tout i ∈ F , on a f i ∈ O (V ) ;
P
(ii) la série i ∈U \F f i converge uniformément sur tout compact.

. E XEMPLES . – La série −2
P
n∈Z (z − n) converge uniformément sur tout compact.
– Montrons que la série µ ¶
1 X 1 1
+ +
z n∈Z∗ z − n n

converge sur C. Soit R > 0. Pour tout z ∈ D(0, R), on a


µ ¶ µ ¶ µ ¶
1 X 1 1 1 X 1 1 X 1 1
+ + = + + + + .
z n∈Z∗ z − n n z n∈Z∗ z − n n n∈Z∗ z − n n
|n|<2R |n|Ê2R

Montrons que le dernier terme est bien une série dont le terme général est holomorphe sur D(0, R). En effet,
pour tous z ∈ D(0, R) et n ∈ Z tel que |n| Ê 2R, on a
¯ ¯ ¯ ¯
¯ 1 1 ¯¯ ¯¯ z ¯ |z| 2R
¯ z − n − n ¯ = ¯ (z − n)n ¯ É (|n| − |z|) |n| É |n|2
¯ ¯

ce qui assure la converge uniforme sur D(0, R). Ainsi cette série converge uniformément uniformément sur tout
compact vers une fonction f . De plus, pour tout z ∈ C \ Z, on a
µ ¶
1 X 1 1 1 1 1 X 2z
f (z) = + + + + = + .
z nÊ1 z − n n z + n −n z nÊ1 z 2 − n
Calculons explicitement la fonction f et montrons qu’il s’agit de la fonction z ∈ C \ Z 7−→ π cotan πz. Pour cela,
utilisons le théorème des résidus. Soient N Ê 1 et C N ⊂ C le carré de centre 0 et de côté 2N + 1. Pour tout z ∈ C N ,
le théorème des résidus assure
1 cotan πz X 1/π
Z
dζ = .
2i π C N ζ − z n∈Z∗ n − z
|n|ÉN

On peut ensuite obtenir le résultat.


– • La fonction de W EIERSTRASS. Existe-t-il des fonctions Z + i Z-périodique ? La fonction x + i y 7−→ e 2i πx e 2i πy
est Z+i Z, mais cette dernière n’est pas holomorphe. Par le principe du maximum, il n’existe pas de telle fonction
holomorphe. Quant est-il des fonctions méromorphes ? Soient ω1 et ω2 deux complexes R-indépendantes.
L’ensemble Ω := Zω1 + Zω2 est un sous-groupe discret de C. Existe-t-il une fonction méromorphe f sur C qui
soit constante sur Ω ? Par exemple, on pourrait poser
X 1
f (z) := , z ∈ C \ Ω,
Ω∈Ω z − ω

mais cette fonction ne converge pas. La fonction de W EIERSTRASS est définie par
µ ¶
1 1 1
℘(z) := 2 + , z ∈ C \ Ω.
X

ω∈Ω (z − ω) ω2
z 2
ω6=0

Elle converge bien vers une fonction méromorphe.


P −k
L EMME 3.11. Soit k > 0. Alors la série z∈Ω\{0} |ω| converge si et seulement si k > 2.

Preuve Sommons par parquet. Pour n Ê 0, on note


Ωn := {kω1 + `ω2 | k, ` ∈ Z, max(|k| , |`|) = n} et P n := {kω1 + `ω2 | k, ` ∈ R, max(|k| , |`|) = n} .
Comme la série est positive, on peut considérer des paquets comme on veut et on a
X 1 +∞
X X 1
k
= .
ω∈Ω |ω| n=1 ω∈Ωn |ω|k
ω6=0

Pour tout n Ê 1 et tout ω ∈ Ωn , on a


nC 2 É |ω| É max |w| = nC 1
w∈Ωn

8 Suites, séries et produits – C HAPITRE 3


3.4. PRODUITS INFINIS DE FONCTIONS HOLOMORPHES

où C 1 = maxw∈P 1 |w| et C 2 := maxw∈P 1 |w|. Pour tout n Ê 1, on a


8n X 1 8n
k
É k
É .
k
n c 2 ω∈Ωn |ω| n k c 1k
Finalement, la série converge si et seulement si k − 1 > 1 ce qui assure le lemme. ä

Montrons la convergence de la série définissant la fonction ℘. Soient R > 0 et z ∈ D(0, R). Alors
µ ¶ µ ¶
1 1 1 1 1
℘(z) = 2 +
X X
− 2 + − 2 .
ω∈Ω (z − ω) ω ω∈Ω (z − ω) ω
z 2 2
ω6=0 |ω|Ê2R
|ω|<2R

La première somme est finie. De plus, pour tout ω ∈ Ω tels que |ω| Ê 2R, on a
1 ¯¯ ¯¯ −z 2 + 2zω ¯¯ R 2 + 2R|ω|
¯ ¯ ¯ ¯
¯ 1 1
¯ (z − ω)2 − ω2 ¯ = ¯ (z − ω)2 ω2 ¯ É (|ω| − |z|)2 |ω|2 ∼ |ω|2 .
¯

Cela montre la convergence de la série.

Théorème de M ITTAG -L EFFLER


D ÉFINITION 3.12. Soient f ∈ O (D∗ (z 0 , r )) une fonction possédant un pôle d’ordre m Ê 1 en z 0 et
a m (z − z 0 )n
X
nÊ−m
son développement de L AURENT. La partie principale de f en z 0 est la fonction
−1
a n (z − z 0 )n .
X
z 7−→
n=−m

T HÉORÈME 3.13 (M ITTAG -L EFFLER). Soient (a n )nÊ1 une suite de complexes deux à deux distincts tendant vers
l’infini et (P n )nÊ1 une suite de parties principales. Alors il existe une fonction méromorphe f sur C ayant ses
pôles en a n de partie principale P n .
P
Preuve Si la série nÊ1 P n (z) converge, alors sa somme répond au problème. Sinon on cherche une telle
P
fonction f sous la forme nÊ1 (P n (z) − p n (z)). On peut supposer que 0 n’est pas dans la suite des pôles. Alors
pour tout n Ê 1, comme la développement de TAYLOR de P n en 0 converge uniformément sur toute disque fermé
inclus dans D(0, |a n |), il existe un polynôme p n ∈ C[z] tel que
kP n − p n kD(0,|an |/2) É 1/2n .
On pose alors f (z) := nÊ1 (P n (z) − p n (z)). Cette fonction est bien définie car, en séparant la somme en deux
P

comme dans les exemples précédents, il y a converge uniforme. ä

C OROLLAIRE 3.14 (théorème de B ÉZOUT dans O (C)). Soient f , g ∈ O (C) telles que Z ( f ) ∩ Z (g ) = ; où les en-
sembles Z ( f ) et Z (g ) sont les ensembles des zéros de f et g . Alors il existe u, v ∈ O (C) telles que u f + v g = 1.

Preuve La fonction 1/ f g est méromorphe sur C dont les pôles sont les éléments de Z ( f ) ∪ Z (g ). Le théorème
de M ITTAG -LE FFLER assure l’existence d’une fonction méromorphe ũ sur C ayant les mêmes parties principales
que la fonction 1/ f g en les points de Z ( f ). Alors la fonction ṽ := 1/ f g − ũ est méromorphe sur C dont les pôles
sont les éléments de Z (g ) et dont les parties principales en ces pôles sont celles de 1/ f g . Avec la définition de ṽ,
on a 1 = (ũ f )g + (ṽ g ) f . Il reste à vérifier que la fonction ũ f est holomorphe sur C. Soit z 0 ∈ Z ( f ). Au voisinage
de z 0 , on écrit
cn
ũ(z) = +···
(z − z 0 )n
avec c n 6= 0. La partie principale de ũ est celle de 1/ f g . De plus, comme g est holomorphe en z 0 , on écrit
g (z) = g 0 + · · · . Comme z 0 est un pôle d’ordre k Ê 1 de f , on écrit f (z) = f k (z − z 0 )k + · · · . On en déduit que k = n
et c n = 1/ f k g 0 . Cela nous montre que la fonction ũ f est holomorphe en z 0 . ä

3.4 P RODUITS INFINIS DE FONCTIONS HOLOMORPHES

Suites, séries et produits – C HAPITRE 3 9


3.4. PRODUITS INFINIS DE FONCTIONS HOLOMORPHES

L EMME 3.15. Soit (u n )nÊ1 une suite de complexes. Pour N Ê 1, on pose


N N

Y Y
p N := (1 + u n ) et p N := (1 + |u n |).
i =1 n=1

Alors pour tout N Ê 1, on a


∗ ∗
pN É exp(|u 1 | + · · · + |u N |) et |p N − 1| É p N − 1.

Preuve La première inégalité vient de l’inégalité de B ERNOULLI. La seconde se montre par récurrence. ä
P
T HÉORÈME 3.16. Soit (u n )nÊ1 une suite de fonctions bornées sur U telle que la série nÊ1 |u n | converge
uniformément sur U . Alors
1. le produit f := nÊ1 (1 + u n ) converge uniformément sur U ;
Q

2. pour toute bijection σ : N∗ → N∗ , la produit nÊ1 (1 + u σ(n) ) converge vers f ;


Q

3. s’il existe z 0 ∈ U tel que f (z 0 ) = 0, alors il existe n 0 Ê 1 tel que 1 + u n0 (z 0 ) = 1.

Preuve Soient N Ê 1 et σ : N∗ → N∗ une bijection. On pose


N
Y N
Y
p N := (1 + u n ) et q M := (1 + u σ(n) ).
n=1 n=1
Montrons que
∀ε > 0, ∃N0 Ê 1, ∀N Ê N0 , ∃M 0 Ê 1, ∀M Ê M 0 , |q M − p N | É ε. (∗)
Soit ε > 0. On pose X
c := sup |u n (z)| < +∞.
z∈U nÊ1
Il existe N0 Ê 1 tel que
|u n (z)| < ε.
X
∀N > N0 , c := sup
z∈U nÊN
Soit M 0 Ê 1 tel que ‚1, nƒ ⊂ {σ(1), . . . , σ(M 0 )}. Soit M Ê M 0 . Alors
qM
µ ¶ ³Y ´
qM − p N = p N − 1 = pN (1 + u k ) − 1
pN k∈K
où K := {σ(1), . . . , σ(M 0 )} \ {1} N . Par le lemme, on a alors
¯Y ¯
|q M − p N | É |p N |¯ (1 + u k ) − 1¯
¯ ¯
k∈K
³Y ´
É |p N | (1 + |u k |) − 1
k∈K
³³X ´ ´
É |p N | exp |u k | − 1
k∈K
É |p N |(e ε − 1)
É e c (e ε − 1) É 2e c ε
pour ε > 0 assez petit.
Le point 1 se montre alors en prenant σ = Id. Alors la suite des produits partiels est de C AUCHY, donc elle
P
converge vers une fonction f . Pour le point 2, comme la série nÊ1 |u n |, la série
X
|u σ(n) |
nÊ1
converge, donc la suite (q M )M Ê1 converge vers une fonction g . Ensuite on fait M → +∞ puis N → +∞ dans la
relation (∗) et on obtient | f − g | É ε pour tout ε > 0 et donc f = g . Pour le point 3, pour M Ê M 0 , on a
|p N0 | É |p M − p N0 | + |p M |
É |p N0 |(e ε − 1) + |p M |
É |p N |(e ε − 1) + ¯ f ¯ .
¯ ¯
0

Si f (z) = 0, alors
|p N0 (z)| É (e ε − 1)|p N0 (z)|
et, en prenant ε > 0 assez petit, on obtient p N0 (z) = 0. ä
Q P
¦ R EMARQUE . On dit qu’un produit kÊ1 (1 + u n ) converge normalement sur U si la série nÊ1 u n converge
normalement sur U .

10 Suites, séries et produits – C HAPITRE 3


3.4. PRODUITS INFINIS DE FONCTIONS HOLOMORPHES

D ÉFINITION 3.17. Pour une fonction holomorphe f ∈ O (D∗ (z 0 , r )) possédant un pôle en z 0 dont le développe-
ment de L AURENT s’écrit f (z) = n∈Z a n (z − z 0 )n , on note
P

νz0 ( f ) := min {n ∈ Z | a n 6= 0} .

T HÉORÈME 3.18. Soient U un domaine de C et ( f n )nÊ1 une suite de O (U ) \ {0} telle que la série
P
nÊ1 |1 − f n |
converge uniformément sur tout compact. Alors
1. le produit f := kÊ1 f n converge uniformément sur tout compact ;
Q

2. pour tout z 0 ∈ U , on a
+∞
νz 0 ( f ) = νz0 ( f n ).
X
n=1

Preuve Le premier point vient du théorème précédent. Montrons le second point. Soit z 0 ∈ U un zéro de f . Soit
r > 0 tel que D(z 0 , r ) ⊂ U . Par hypothèse, il existe N Ê 1 tel que
∀n > N , k1 − f n kD(z0 ,r ) É 1/2.
Pour n > N , la fonction f n ne s’annule donc pas sur la disque. De plus, on peut alors écrire
Y Y Y
fn = fn fn
nÊ1 nÉN n>N
où le deuxième produit est fini. Ceci montre le second point. ä

Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 3 11


Chapitre 4
S PHÈRE DE R IEMANN , FONCTIONS RATIONNELLES &
HOMOGRAPHIES
4.1 Le compactifié d’A LEXANDROFF . . . . . . . . . . . . . . 12 4.4.2 Simple connexité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4.2 La droite projective complexe . . . . . . . . . . . . . . . 13 4.4.3 La preuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.3 Cercles, birapport et quelques groupes . . . . . . . . . . 14 4.5 Extension continue et représentation conforme . . . . . 17
4.4 Le théorème de l’application conforme . . . . . . . . . . 15 4.6 Principe de réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

On va identifier trois objets : le sphère S2 , le compactifié d’A LEXANDROFF Ĉ et la droite projective CP1 .

4.1 L E COMPACTIFIÉ D ’A LEXANDROFF


D ÉFINITION 4.1. Le compactifié d’A LEXANDROFF est l’ensemble Ĉ := C ∪ {∞} de la topologie suivante : les
voisinages de l’élément ∞ sont les ensembles de la forme {∞} ∪ C \ K pour un compact K de C et les voisinages
d’un point de C est un voisinage usuel.

P ROPOSITION 4.2 (P TOLÉMÉE, M ERCATOR). Le compactifié Ĉ est homéomorphe à la sphère S2 .

Preuve On pose N := (0, 0, 1). Alors la projection stéréographique


C −→ S2 \ {N },
¯
¯
¯
ϕ: ¯ x2 + y 2 − 1
¯ µ ¶
¯x + i y 7−→ 2x 2y
, ,
¯ x2 + y 2 + 1 x2 + y 2 + 1 x2 + y 2 + 1
est un homéomorphisme dont la réciproque est
¯ 2
¯S \ {N } −→ C,
ϕ−1 : ¯¯
¯
x +i y
¯ (x, y, z) 7−→ .
1−z
On prolonge ces applications en posant ϕ(∞) = N . On a ainsi obtenu un homéomorphisme Ĉ −→ S2 . ä

L EMME 4.3. L’application ¯ ∗


¯C −→ C∗ ,
J: ¯
¯
¯ z 7−→ 1/z

se prolonge en un homéomorphisme de Ĉ dans lui-même. De plus, sur S2 , elle s’écrit


ϕ ◦ J ◦ ϕ−1 : (x 1 , x 2 , x 3 ) 7−→ (x 1 , −x 2 , −x 3 ).

Preuve Il suffit de remarquer que, sur S2 , l’application J s’écrit (x 1 , x 2 , x 3 ) 7−→ (x 1 , x 2 , −x 3 ) et la conjugaison


s’écrit (x 1 , x 2 , x 3 ) 7−→ (x 1 , −x 2 , x 3 ). ä

D ÉFINITION 4.4. Soit U un domaine de Ĉ. On dit qu’une fonction f : U −→ C est holomorphe sur U si la
restriction f |U \{∞} est holomorphe et la restriction f | J −1 (U )\{∞} est holomorphe en 0. On définit de même la
notion de fonction méromorphe sur U .

¦ R EMARQUES . – Par le principe du maximum, il n’existe pas de fonctions holomorphes non constantes sur Ĉ.
– Soient U un voisinage de ∞ et f ∈ O (U \ {∞}). Alors elle est holomorphe au point ∞ si et seulement si la limite
de f (z) quand z → ∞ existe. De plus, elle est méromorphe au point ∞ si et seulement si f (z) → ∞ quand z → ∞.
– Soient U un domaine de Ĉ et f : U −→ C une fonction méromorphe sur U . Alors elle admet un prolonge-
ment continue f : U −→ Ĉ tel que la restriction f |U \ f −1 ({∞}) soit holomorphe et la restriction J ◦ f |U \ f −1 ({0}) soit
holomorphe.

T HÉORÈME 4.5. Soient f , g : Ĉ −→ Ĉ deux fonctions méromorphes ayant les mêmes pôles et mêmes parties
principales en ces pôles. Alors il existe c ∈ C tel que f = g + c.

12 Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4


4.2. LA DROITE PROJECTIVE COMPLEXE

Preuve La fonction f − g est holomorphe sur Ĉ, donc elle est constante d’après la remarque précédente. ä

T HÉORÈME 4.6. Soient f , g : Ĉ −→ Ĉ deux fonctions méromorphes telles que


∀z ∈ Ĉ, νz ( f ) = νz (g )
où ν∞ ( f ) := ν0 ( f ◦ J ). Alors il existe c ∈ C∗ tel que f = c g .

Preuve La fonction f /g ne possède pas de pôle, donc elle est holomorphe sur Ĉ, donc elle est constante.
Comme elle n’a pas de zéro, la constante est non nulle. ä

T HÉORÈME 4.7. Soit f : Ĉ → Ĉ une fonction méromorphe. Alors elle est rationnelle.

Preuve Elle ne possède qu’un nombre fini de pôles. En effet, les pôles « à distance finie » forment une partie
discrète P ⊂ C. De plus, les pôles de la fonction g := f ◦ J forment également une ensemble discret qui contient
les éléments 1/z 0 pour z 0 ∈ P \ {∞}. Ce dernier ensemble ne peut donc pas s’accumuler en 0, donc elle est fini.
On note P = {z 1 , . . . , z m } et, pour i ∈ ‚1, mƒ, on note m i Ê 1 l’ordre du pôle z i de f . Pour z ∈ C, on pose
m
(z − z i )mi .
Y
Q(z) :=
i =1
Alors la fonction Q f est holomorphe sur C, donc on peut l’écrire sous la forme
+∞
an z n .
X
Q(z) f (z) =
n=0
Pour tout z ∈ C∗ , on a donc
+∞
X 1 XK 1
Q(1/z) f (1/z) = an n
= a n n =: P (1/z)
n=0 z n=0 z
pour un certain entier K Ê 0. Ainsi f = P /Q. ä

C OROLLAIRE 4.8. Soient f : Ĉ −→ Ĉ une fonction rationnelle. On note f = P /Q avec deux polynômes P,Q ∈ C[Z ]
premiers entre eux. On pose
deg f := max(deg P, degQ).
Si deg f > 0, alors la fonctions f atteint toutes les valeurs de Ĉ le même nombre de fois (comptée avec multiplicité).

Preuve Une solution de l’équation f (z) = ∞ est une solution de l’équation Q(z) = 0. Avec multiplicité, il y en a
degQ dans C. Si deg P É degQ, alors on n’a pas de pôle en ∞. Si deg P > degQ, alors l’équation f (∞) = ∞ est
réalisé avec multiplicité deg P − degQ. Donc tous les cas, l’équation f (z) = ∞ possède deg f solution.
Pour une constante c ∈ C quelconque, on pose f˜ := 1/( f − c). On se ramène alors au cas précédent et on
remarque que deg f˜ = deg f . ä

C OROLLAIRE 4.9. Soient f : Ĉ −→ Ĉ une fonction rationnelle. On note m i les ordres des zéros de f dans C et n j
l’ordre des pôles de f . Alors ν∞ ( f ) = n i − m j . Autrement dit, on a
P P

νa ( f ) = 0.
X

a∈Ĉ

4.2 L A DROITE PROJECTIVE COMPLEXE


D ÉFINITION 4.10. On définit l’action de C∗ sur C2 \ {(0, 0)} par multiplication par un complexe. On note
C2 \ {(0, 0)}
CP1 := .
C∗

P ROPOSITION 4.11. Les espaces CP1 et Ĉ sont homéomorphes.

N OTATION . Pour w 1 , w 2 ∈ C, on note C(w 1 , w 2 ) := {(z 1 , z 2 ) ∈ C2 | w 2 z 1 + w 2 z 2 = 0} ⊂ CP1 .

Preuve On associe à un complexe z ∈ C la droite C(z, 1) et à l’infini la droite d ∞ := C(1, 0). ä

¦ R EMARQUE . Toutes les droites complexes coupent la sphère S3 ⊂ C2 en des cercles. Ces droites sont les orbites
de S1 ⊂ C∗ .

Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4 13


4.3. CERCLES, BIRAPPORT ET QUELQUES GROUPES

Homographie
Le groupe GL2 (C) agit sur C2 et préserve les droites vectorielles, i. e. il commute à l’action de C∗ . Il agit donc
sur CP1 .

D ÉFINITION 4.12. Une homographie est une application rationnelle de Ĉ dans lui-même de degré 1. Une telle
application est de la forme
az + b
µ ¶
a b
z ∈ Ĉ 7−→ ∈ Ĉ avec ∈ GL2 (C).
cz + d c d
On note PGL2 (C) le groupes de homographies. L’application naturelle g ∈ GL2 (C) 7−→ [g ] ∈ PGL2 (C) a pour noyau
les homothéties.

E XERCICE 4.1. On note PSL2 (C) l’image de SL2 (C) dans PGL2 (C). Montrer que PGL2 (C) = PSL2 (C).

T HÉORÈME 4.13. On a Aut(Ĉ) = PSL2 (C).

Preuve Soit f ∈ Aut(Ĉ). Si f (∞) = ∞, alors la fonction f se restreint en un automorphisme de C, donc elle est
affine, donc f ∈ PSL2 (C). On suppose f (∞) 6= ∞. On pose g := h ◦ f où
· ¸
0 1
h= .
1 − f (∞)
Alors h ∈ Aut(Ĉ) et g ∈ Aut(Ĉ) car g (∞) = ∞, donc la fonction g est affine, donc f ∈ PSL2 (C). L’inclusion réci-
proque est évidente. ä

4.3 C ERCLES , BIRAPPORT ET QUELQUES GROUPES


Un cercle de S2 est la trace d’un plan.

L EMME 4.14. La projection stéréographique d’un cercle est un cercle ou une droite (réelle).

P ROPOSITION 4.15 (caractérisation complexe des cercles et droites). 1. Soient b ∈ C, c > 0 et ε ∈ {0, 1}. Alors l’en-
semble
{z ∈ C | εzz + bz + bz + c = 0}
est vide, réduit à un point, un cercle si ε = 1 ou une droite si ε = 0.
2. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ C trois points distincts. Alors l’ensemble
 ¯ 
1 1 1 1
 
 ¯ 
 ¯ 
 ¯  z1 z 2 z 3 z

z ∈ C ¯¯ det
 z1
=0

 ¯ z 2 z 3 z  

 
¯ z1 z1 z2 z2 z3 z3 zz
est un cercle ou une droite passant par les trois points.
3. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ C trois points distincts. Alors l’ensemble
¯
¯ (z − z 1 )(z 2 − z 3 )
½ ¾
z ∈ C ¯¯ ∈ R̂
(z − z )(z − z)
1 2 3
est un cercle ou une droite passant par les trois points.

Preuve Pour montrer le point 1, on calcul la partie réelle d’un tel point et on reconnaît l’équation d’un cercle
ou d’une droite. Pour le point 2, on se ramène au cas 1 en développant par rapport à la dernière ligne. Le point 3
se montre à l’aide du théorème de l’angle inscrit. ä

D ÉFINITION 4.16. Le birapport de quatre points z 1 , z 2 , z 3 et z 4 de C est la quantité


(z 4 − z 1 )(z 2 − z 3 )
[z 1 : z 2 : z 3 : z 4 ] := .
(z 1 − z 2 )(z 3 − z 4 )

T HÉORÈME 4.17. Soient z 1 , z 2 , z 3 ∈ Ĉ trois points distincts. Alors il existe une unique homographie h ∈ PGL2 (C)
telle que h(z 1 ) = 0, h(z 2 ) = 1 et h(z 3 ) = ∞.

Preuve Il suffit de poser h(z) := [z 1 : z 2 : z 3 : z] pour tout z ∈ Ĉ. L’unicité vient du fait qu’une application linéaire
de GL2 (C) qui fixe une à une trois droites distinctes est l’identité. ä

14 Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4


4.4. LE THÉORÈME DE L’APPLICATION CONFORME

C OROLLAIRE 4.18. L’action de PGL2 (C) sur Ĉ est 3-transitive.

P ROPOSITION 4.19. Une homographie préserve le birapport.

E XERCICE 4.2. Trouver les six homographies qui permutent 0, 1 et ∞.

QUELQUES SOUS - GROUPES .


– Le groupe Aut(D) ⊂ PSL2 (C) est constitué des applications de la forme
αz + β
z ∈ D 7−→ ∈ D, α, β ∈ C, |α|2 − |β|1 = 1.
βz + α
– Le groupe Aut(H) ⊂ PSL2 (C) est le groupe PSL2 (R). En effet, l’application
z −i
z 7−→
z +i
est une homographie telle que h(H) = D. On obtient une injection ϕ ∈ Aut(D) 7−→ h −1 ◦ ϕ ◦ h ∈ Aut(H).
– Le groupe SO(3) := {O ∈ SL2 (C) | tOO = I 3 } est un sous-groupe de PSL2 (C). En effet, montrons un petit lemme.

L EMME 4.20. La projection stéréographique est conforme.

Admettons ce lemme. Soit O ∈ SO(3). Alors l’application h 0 := ϕ−1 ◦ O ◦ ϕ est bien une homographie où
l’application ϕ est l’homéomorphisme entre Ĉ et S2 .
Montrons le lemme. On pose
R3 −→ C,
¯
¯
ψ : ¯¯
¯
x +i y
¯(x, y, z) 7−→ .
1−z
On vérifie que, pour tout point p ∈ S2 , la différentielle d ψ|S2 (p) est la restriction de la différentielle d ψ(p) au
plan tangent Tp S2 ⊂ R3 qui est un sous-espace vectoriel de dimension 2.

L’image de SO(3) dans PSL2 (C) est l’ensemble


( ¯ )
αz + β ¯
¯ 2 2
PSU(2) := z 7−→ ¯ |α| + |β| = 1 .
−βz + α ¯

4.4 L E THÉORÈME DE L’ APPLICATION CONFORME


4.4.1 Introduction
Tout d’abord, énonçons le théorème sans définir ce qu’est un domaine « simplement connexe ». Avec les
mains, un tel ensemble n’a pas de trou.

T HÉORÈME 4.21 (R IEMANN -KOEBE -P OINCARÉ -C ARATHÉODORY). Soit U un domaine simplement connexe de Ĉ.
Alors on a les alternatives suivantes :
(i) soit U = Ĉ ;
© ª
(ii) soit il existe p ∈ Ĉ tel que U = Ĉ \ p ;
(iii) soit, pour tout c ∈ U , il existe un unique biholomorphisme f : U → D tel que f (c) = 0 et f 0 (c) > 0.

¦ R EMARQUE . Une telle fonction f s’appelle une uniformisation de U . Par exemple, le demi-plan H est biholo-
morphe au disque D par l’application
z −i
z 7−→ .
z +i
De même, la bande {−π < Im < π} est biholomorphe au demi-plan H par la composée de l’exponentielle et de la
racine carrée. Un autre exemple est le carré de côté 1, le théorème nous dit qu’il est biholomorphe à H, mais
l’uniformisation est difficile à trouver : c’est la fonction ℘ pour le réseau Z + i Z.

4.4.2 Simple connexité

Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4 15


4.4. LE THÉORÈME DE L’APPLICATION CONFORME

D ÉFINITION 4.22. Soit U un domaine de C. On dit que deux chemins γ0 , γ1 : [0, 1] → U sont homotopes dans U
s’il existe une fonction continue h : [0, 1]2 → U telle que h(0, ·) = γ0 et h(1, ·) = γ1 .

D ÉFINITION 4.23. Un domaine U de Ĉ est simplement connexe si tout lacet dans U est homotope à un lacet
constant dans U .

. E XEMPLE . Soit U un domaine étoilé par rapport à un point z 0 ∈ U . Soit γ : [0, 1] → U un chemin issu de z 0 . Alors
l’application ¯
¯[0, 1]2 −→ U ,
¯
¯
¯ (s, t ) 7−→ s(γ(t ) − z 0 ) + z 0

est bien continue. On en déduit que le domaine U est simplement connexe.

T HÉORÈME 4.24. Un domaine U de Ĉ est simplement connexe si et seulement si son complémentaire Ĉ \U est
connexe.

T HÉORÈME 4.25. Soit U un domaine de C. Soient γ0 , γ1 : [0, 1] → U deux chemins homotopes dans U et f ∈ O (U ).
Alors Z Z
f (z) dz = f (z) dz.
γ0 γ1

Preuve Pour simplifier la preuve, on suppose que les deux chemins sont de classe C 2 . On considère une
homotopie h : (s, t ) 7−→ γs (t ) une homotopie entre ces deux chemins. Pour s ∈ [0, 1], on a
Z Z 1
I s := f (z) dz = f (h(s, t ))∂t h(s, t ) dt .
γs 0

En dérivant puis en intégrant par parties, on a


Z 1 Z 1
0
∂s I s = f (h)∂s h(s, t )∂t h(s, t ) dt + f (h)∂st h(s, t ) dt
0 0
et Z 1 Z 1
[ f (h(s, t ))∂s (s, t )]tt =1
=0 − f (z)∂t s h(s, t ) dt + f (h)∂st (s, t ) dt = 0
0 0

car la fonction h est de classe C 2 . De plus, on a


Z 1
f 0 (h)∂s h(s, t )∂t h(s, t ) dt = 0.
0
On en déduit que l’application s 7−→ I s est constante ce qui assure le théorème. ä

C OROLLAIRE 4.26. Soient U un domaine simplement connexe, f ∈ O (U ) et γ : [0, 1] → U un chemin. Alors


Z
f (z) dz = 0.
γ

C OROLLAIRE 4.27. Soient U un domaine simplement connexe et f ∈ O (U ) une fonction holomorphe ne


s’annulant pas. Alors il existe g ∈ O (U ) telle que exp g = f .

Preuve On considère la fonction f 0 / f ∈ O (U ). Soient z 0 , z ∈ U . On choisit un chemin γ reliant z 0 à z et on pose


Z 0
f (ζ)
g (z) := dζ.
γ f (ζ)

Cette fonction g : U → C est bien définie (elle ne dépend pas des chemins γ choisis) car le domaine U est
simplement connexe. Maintenant, on a
¶0
f f 0 exp g − f g 0 exp g
µ
= = 0.
exp g exp 2g
Comme U est connexe, il existe une constante C ∈ C tel que f = C exp g . Comme f ne s’annule pas, on a C 6= 0 et
on peut l’écrire sous la forme C = e λ avec λ ∈ C. On obtient alors f = exp λg . ä

4.4.3 La preuve
Si U = Ĉ, alors on n’a rien à montrer. S’il existe p ∈ Ĉ tel que U = Ĉ\{p}, alors l’application z 7−→ 1/(z−p) est un
biholomorphisme de U dans C. On suppose alors ](Ĉ \U ) Ê 2. On peut faire deux hypothèses supplémentaires :

16 Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4


4.5. EXTENSION CONTINUE ET REPRÉSENTATION CONFORME

– quitte à utiliser le cas U = Ĉ \ {p}, on peut supposer ∞ ∉ U ;


– on peut supposer que le domaine U est borné dans C.
En effet, montrons qu’on peut supposer le second point. Soit b ∈ C \U . La fonction z 7−→ z − b ne s’annule
pas sur U , donc il existe une fonction holomorphe g : U → C telle que
exp g (z) = 1/(z − b), z ∈U.
Alors la fonction g est injective car la fonction exponentielle l’est sur C. Montrons que son image est contenu
dans une bande. En effet, pour tout ω ∈ g (U ), on a ω+2i π ∉ g (U ) car, si ω+2i π ∈ g (U ), alors il existerait z 1 , z 2 ∈ U
tels que ω = g (z 1 ) et ω + 2i π = g (z 2 ), donc 1/(z 1 − b) = 1/(z 2 − b), donc z 1 = z 2 ce qui est impossible.
On construit maintenant le domaine borné recherché. D’après le théorème de l’application ouverte, il
existe ω ∈ C et r > 0 tels que D(ω, r ) ⊂ g (U ). Alors la remarque précédente donne D(ω + 2i π, r ) ∩ g (U ) = ;. En
composant g avec l’application h : z 7−→ 1/[z − (ω + 2i π)], on obtient un biholomorphisme de U dans
V ⊂ h(Ĉ \ D(ω + 2i π, r )) = D(0, 1/r )
qui est donc borné. Finalement, on peut supposer que le domaine U est borné dans C.

On peut supposer c = 0 dans le théorème. On veut utiliser le théorème de M ONTEL. Soit M > 0 une constante
telle que U ⊂ D(0, M ). On considère A l’ensemble des fonctions holomorphe injective f ∈ O (U ) telle que
| f | < 1, f (0) = 0 et f 0 (0) Ê 1/M .
Cet ensemble est non vide car il contient la fonction z 7→ z/M . De plus, il est borné. Enfin, montrons qu’il est
fermé. Soient ( f n )n∈N une suite de A qui converge uniformément sur tout compact vers une fonction f ∈ O (U ).
Alors f (0) = 0 et f 0 (0) Ê 1/M . En particulier, la fonction f est non constante et, comme les fonctions f n sont
injectives, la limite est injective (cf. corollaire 3.5). Comme | f n | < 1 pour tout n ∈ N, donc | f | É 1. Par le principe
du maximum, on obtient | f | < 1. D’où f ∈ A ce qui montre que l’ensemble A est fermé. Le théorème de M ONTEL
assure alors qu’il est compact. Comme l’application
¯
¯O (U ) −→ R,
¯
f 7−→ | f 0 (0)|
¯
¯
est continue, sa restriction à A atteint son maximum en une fonction F ∈ A.
Montrons que la fonction F : U → D est surjective. Raisonnons par l’absurde et supposons qu’elle n’est pas
surjective. Soit ω0 ∈ D \ F (U ). Alors la fonction
¯U −→ D,
¯
¯
¯ F (z) − ω0
¯ z 7−→
¯
1 − ω0 F (z)
ne s’annule pas. On note G : U → D une racine carrée de cette dernière (qui existe bien d’après le corollaire 4.27).
Alors l’application
¯U −→ D,
¯
¯
g: ¯ |G 0 (0)| G(z) −G(0)
¯
¯ z 7−→
¯ G(0) 1 −G(0)G(z)
est injective. En calculant, on trouve g ∈ A et
1 + |ω0 | 0 1 + |ω0 |
g 0 (0) = p F (0) avec p >1
2 |ω0 | 2 |ω0 |
ce qui est impossible. Ainsi, la fonction F est surjective.
L’unicité provient du lemmes de S CHWARZ. Soient f 1 , f 2 : U → D deux tels biholomorphismes. On considère
le biholomorphisme ϕ := f 1 ◦ f 2−1 ∈ Aut(D). Alors 0 est un point fixe de ϕ dans D et on a ϕ0 (z 0 ) > 0. Il y a donc
trois contraintes, donc le lemme de S CHWARZ assure ϕ = IdD . D’où l’unicité.

4.5 E XTENSION CONTINUE ET REPRÉSENTATION CONFORME


Soit U un domaine de Ĉ. On considère une fonction holomorphe de U dans D. Peut-on la prolonger a
minima continûment en une fonction de U dans D ? Ce n’est pas toujours le cas.

D ÉFINITION 4.28. Un point b ∈ ∂U est dit simple si, pour toutes suites (b n )n∈U de U convergeant vers b, il existe
un chemin continu γ : [0, 1] → U et une suite croissante (t i )i ∈N de [0, 1] tels que
– pour tout i ∈ N, on ait γ(t i ) = b i ;

Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4 17


4.6. PRINCIPE DE RÉFLEXION

– γ([0, 1[) ⊂ U ;
– γ(1) = b.

T HÉORÈME 4.29. Soient U un domaine simplement connexe de Ĉ et f : U → D une représentation conforme.


Soit b ∈ ∂U un point simple. Alors la fonction f s’étend continûment à U ∪ {b} avec | f (b)| = 1.

Preuve Admis, cf. le livre de RUDIN, pp. 289–290. ä

C OROLLAIRE 4.30. Soient U un domaine simplement connexe de Ĉ et f : U → D une représentation conforme.


Si tous les points de ∂U sont simples, alors la fonction f s’étend en un unique homéomorphisme f : U → D.

On va regarder la représentation conforme du rectangle.

4.6 P RINCIPE DE RÉFLEXION


Soit d ⊂ C une droite. On note i d : C → C la réflexion d’axe d . On note b ∈ i R l’ordonnée à l’origine de la
droite et θ ∈ R l’angle entre R et d . L’application
¯
¯C −→ C,
h: ¯
¯
¯ z 7−→ e −i θ (z − b)

est une isométrie du plan qui envoie d sur R. En particulier, on a h ◦ i d ◦ h −1 (z) = z pour tout z ∈ C. On en déduit
alors que, pour tout z ∈ C, on a
i d (z) = h −1 (h(z))
= e 2i θ z + (1 + e 2i θ )b
= αz + β.

P ROPOSITION 4.31. Soit U un domaine de C symétrique par rapport à une droite d . On note P ⊂ C un des deux
demi-plans ouverts définies par d . Soit f : U ∩ P → C une fonction continue, holomorphe sur U ∩ P et à valeurs
réelles sur U ∩ d . Alors cette dernière se prolonge en une fonction holomorphe sur U .

Preuve On considère la fonction f˜ : U → C définie par


(
f (z) si z ∈ U ∩ P ,
f˜(z) =
f (i d (z)) si z ∈ U ∩ (C \ P ).
Cette fonction est bien définie sur la droite d car la fonction f est réelle sur d . De plus, elle est clairement
holomorphe sur U ∩ P et, puisque on a f˜(z) = f (αz + β) pour tout z ∈ U ∩ (C \ P ), elle est aussi holomorphe sur
U ∩ (C \ P ). Montrons qu’elle est holomorphe sur U . Par la caractérisation de M ORERA, il suffit de montrer que,
pour tout disque D ⊂ U , on a
Z
f˜(z) dz = 0.
∂D

Si D ⊂ (U ∩P )∪(D ∩(C\P ), c’est bon. Soit ε > 0. Sinon, on considère deux demi-disques D 1 et D 2 comme suivant.
Par holomorphie, on a
Z Z
f˜(z) dz = f˜(z) dz = 0.
∂D 1 ∂D 2

Notons A i (ε) et I i (ε) l’arc de cercle et le segment de D i pour i ∈ {1, 2}. Notons également I 0 := D 1 ∩ d . Alors on
peut montrer que
Z Z
f˜(z) dz −−−→ f (z) dz
I 1 (ε) ε→0 I0

et de même pour I 2 (ε) : ceci se montre avec le théorème de convergence dominée. Ainsi on a
Z µZ Z ¶
f˜(z) dz = lim f˜(z) dz + f˜(z) dz
∂D ε→0 A 1 (ε) A 2 (ε)
µZ Z Z Z ¶
= lim f˜(z) dz + f˜(z) dz + f˜(z) dz + f˜(z) dz = 0. ä
ε→0 A 1 (ε) I 1 (ε) A 2 (ε) I 2 (ε)

18 Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4


4.6. PRINCIPE DE RÉFLEXION

Construction géométrique d’une fonction elliptique


Soient a, b ∈ R. On pose Ω := aZ + i bZ ⊂ C. On veut construire une fonction méromorphe sur C telle que,
pour tous z ∈ C et ω ∈ Ω, on a f (z + ω) = f (z). En réitérant les réflexions de S CHWARZ, on construit une fonction
méromorphe qui est Ω-périodique, paire et possède des pôles d’ordre 2 sur Ω.

P ROPOSITION 4.32. Soit U un domaine de Ĉ invariant par une inversion i C 1 d’un cercle C 1 = ∂D 1 , i. e.
zz 1 − |z 1 |2 + r 1
i C 1 (z) = .
z − z0
Soit C 2 un autre cercle. Soit f : U ∩D 1 → Ĉ une fonction continue, holomorphe sur U ∩D 1 telle que f (U ∩C 1 ) ⊂ C 2 .
Alors cette dernière se prolonge en une fonction holomorphe f˜ : U → Ĉ en posant
f˜(z) = i C 2 ◦ f ◦ i C 1 (z) pour tout z ∈ U \ D 1 .

Sphère de R IEMANN, fonctions rationnelles & homographies – C HAPITRE 4 19

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