Chapitre4 : Les Charges de Personnel
Les charges de personnel constituent la charge la plus importante d'une entreprise. on peut les
diviser en :
- rémunération du personnel
- charges sur salaires
Le calcul des charges de personnel est assez complexe car il doit tenir compte à la fois des
dispositions du droit du travail, du droit social et de la législation fiscale.
De plus le paiement des salaires aux personnels représente souvent un gros travail de préparation.
C'est la raison pour laquelle la comptabilité des frais de personnel doit être parfaitement connue du
comptable et du gestionnaire des ressources humaines.
Le premier facteur de production que l'entreprise doit rémunérer avec sa valeur ajoutée est le
facteur travail.
Les charges de personnel comprennent :
- La rémunération directe servie au salarié selon des critères arrêtés dans les conventions collectives
et les contrats de travail. Elle tient compte de la durée de travail et du résultat obtenu,
- La rémunération indirecte servie au salarié selon des critères arrêtés par des organismes sociaux
qui la répartisse entre les salariés en fonction des divers critères ou événements (maladie, accident,
chômage, départ à la retraite)
Section1 : Les composantes du salaire
1- Le salaire de base
C'est le salaire proprement dit qui est à la base du contrat de travail, il est l'élément le plus
important, assis sur la durée de travail. L'unité de temps est :
- L'heure
- Le jour
- La semaine
- Le mois Devenu l'unité la plus fréquente pour des raisons psychologiques malgré la longueur
inégale des mois du calendrier grégorien et les perturbations entraînées par les fêtes légales. Il faut
également noter que le salaire de base peut varier :
- D'un secteur d'activité à un autre
- D'une zone de salaire à une autre
- D'une catégorie professionnelle à une autre
- D'un échelon à un autre
- D'un employé à un autre
Cependant pour l’administration fiscale,
le salaire de base = salaire des heures normales + salaire des heures supplémentaires + Primes et
gratifications de toutes sortes.
2- La rémunération des heures supplémentaireS
Le législateur à été amené à établir :
- Une durée maximale du travail, destinée à protéger l'individu des efforts qui nuiraient à sa santé
d'abord, à son droit fondamental au repos et la culture ensuite.
- Une durée légale de travail destinée à répartir dans la mesure du possible le travail entre un plus
grand nombre de demandeurs d'emplois.
Cette dernière mesure consiste à obliger l'entreprise à majorer le salaire des heures fournies au-delà
de la durée légale, qui sont appelées pour cette raison « heures supplémentaires » . La durée de
travail maximale ne peut excéder 10 heures/jour et en général 8 heures/jour pour les travailleurs
âgés de moins de 18 ans.
Selon le décret n°95/677/PM/18 décembre 1995, la durée légale et normale de travail est fixée à :
- 40 heures/semaine (régime normal)
- 56 heures/semaine (régime spécial) Pour les domestiques/gardien/veilleur….
La rémunération des heures supplémentaire est la suivante :
- Heure supplémentaire du jour :
1ère tranche : De la 41ème Heure à la 48ème Heure 20 %
2ème tranche : De la 49ème Heure à la 56ème Heure 30 %
3ème tranche : De la 57ème Heure à la 60ème Heure 40 %
- Heures supplémentaires de nuit ainsi que les jours ouvrables en cas de force majeure :
Il faut préciser ici que les heures de nuit sont des heures située entre 22 heures et 6 heures du matin.
La majoration est de 50 %.
- Heures du dimanche : Majoration 40 %
- Heures des jours fériés : Majoration 100 %
NB : Les heures supplémentaires ne doivent pas excéder 20 heures/semaine. Il est recommandé à
tout employeur d'obtenir au préalable l'accord de l'inspecteur du travail de son ressort territorial
pour faire effectuer des heures supplémentaires dans son entreprise.
La durée légale mensuelle = 40H *52/12
= 173,33H regime normal
La base de calcul des heures supplémentaire de travail= salaire de base + primes de rendement
Application :
Quel est le salaire que percevra monsieur Amougou gagnant 1500F/heure pour la semaine ou il a
effectué 54 Heures.
3- Les heures d'équivalence
Elles sont admises dans certaines professions pour combler les moments d'inactivité c'est à dire
qu'elles correspondent aux heures normales.
4- Les heures de prolongation
Elles sont autorisées en cas de :
- Contrainte : c'est à dire en cas de travaux préparatoire ou complémentaire non susceptible d'être
effectués dans le cadre de l'horaire établie.
- Force majeure : opération technique ne pouvant s'arrêter à volonté
- Travaux urgents : les heures de prolongation sont des heures effectuées au-delà de la limite des
heures normale de travail sans toutefois être considérées ni rémunérées comme des heures
supplémentaires. Elles restent donc rémunérer au taux normal et il faut noter qu'aucune
prolongation ne peut excéder 1Heure/jour.
5- Les heures de récupérations
Les heures perdues sont récupérables exclusivement en cas de force majeures (intempérie, sinistre,
pénurie de matière première, accident survenue au matériel). Les heures perdues par suite de grève
ne sont pas récupérable, la récupération se fait les jours ouvrables en respectant le repos du
travailleur.
Les heures d'équivalence/prolongation/récupération sont payées au taux normal.
6- Les primes et commissions
6.1- Commissions
Outre les éléments basés sur la durée de présence ou de travail, la rémunération directe peut
comprendre les éléments assis sur le résultat obtenus ou supposé obtenus par les salariés dans
l'exercice de ces fonctions. Si la prime est destiné à récompenser la part prise par le salarié dans la
vente d'un bien ou service, elle est appelée commission.
6.2- La prime
Le salarié en plus de son salaire de base peut bénéficier des accessoires attaché à son salaire tel
que :
- Les primes et autres avantages en espèces : Ce sont des compléments de rémunération consentis
pour diverses raisons à savoir prime d'ancienneté, prime de rendement, prime de bilan etc .
- Les remboursements de frais : Ce sont des indemnités destinés à compenser ou à rembourser les
frais supporté par les salariés à l'occasion de l'exercice de leur fonction.
Exemple : Indemnité de transport, Indemnité de salissure, Indemnité d'habillement
- Les avantages en nature : Ce sont des concessions gratuites aux salariés d'un service ou d'un bien
dont l'entreprise est propriétaire ou locataire.
6.2.1- La prime réglementé : prime d'ancienneté
La prime d'ancienneté a pour but de permettre à l'employé au travailleur de faire carrière dans
l'entreprise elle fidélise l'employé. L'ancienneté est le temps de service effectif passé par le
travailleur de manière continuelle dans les différents établissements de l'entreprise ou de ces
filiales. Les taux de la prime d'ancienneté sont les suivants :
- 4 % après deux ans d'ancienneté
- 2 % par année de service supplémentaire au-delà de la deuxième année, sans plafond.
7-Calcul des différents types de salaires
7.1- Le salaire brut
On désigne sous ce terme les sommes qui font l'objet d'un paiement effectif. On distingue :
- Le salaire des heures normales et des heures supplémentaire
- Les primes ayant caractère de complément de salaire (assiduité,ancienneté,technicité,rendement...)
- Les salaires exceptionnel (gratification,13èmemois,prime de bilan)
- Les primes ayant caractère de remboursements de frais (prime de déplacement,de
représentation…)
- Les indemnités en espèces représentative des avantages en nature (logement,voiture)
- Les allocations familiales (pour s'occuper de la famille mais tous les employés n'ont pas le même
niveau d'allocation)
7.2- Le salaire taxable
Il sert de base de calcul des retenues fiscales sur salaire.
7.3- Le salaire cotisable
C'est le salaire qui sert de base de calcul des retenues sociales.
Le schéma suivant permet de déterminer les différents types de salaires :
Salaire de base
+ Salaire des heures supplémentaires
+ Primes
+ Indemnités
+ Allocation familiale
+ Salaire exceptionnels
= Salaire brut (SB)
- Indemnité de déplacement
- Indemnité de représentation
- Indemnité en espèces représentatives des avantages en nature
- Indemnité liées à la fonction
= Salaire taxable intermédiaire (STI)
+ Avantages en nature évalués
= Salaire brut taxable (SBT)
Section 2 : Les charges salariales ou retenues sur salaires
Elles diminuent le montant du salaire brut pour donner lieu au salaire net ou encore net à
percevoir. On retrouve :
- les retenues à caractère fiscal et parafiscal
- les retenues à caractère social
- les autres retenues (Avance sur salaire,Acompte sur salaire, Opposition ou saisie-arrêt,…)
- cotisation syndicale
Les retenues sont faites à la source par l'employeur qui les reversent aux ayant droits (impôts,
CNPS, syndicats , autres tiers)
1- Les retenues à caractère fiscal et parafiscal
On peut citer entre autres :
- L'IRPP : voir barème de calcul
- CAC (Centimes Additionnels Communaux) : 10 % de l'IRPP
- TDL/TC ( taxe de développement local Taxe Communale)
- RAV (Redevance Audiovisuelle) : versée à la CRTV
- CFC (Crédit Foncier du Cameroun)
2- Charges salariales sociales
Il s'agit essentiellement de :
- la pension vieillesse
- la pension d'invalidité
- la pension de décès son taux en vigueur est de 4,2 % du salaire cotisable plafonné à 750.000
F/mois.
3- Les autres retenues
Il s'agit entre autres :
- cotisation syndicale 1 % du salaire de base
- opposition ou saisie arrêt retenue opérée sur le salaire d'un travailleur et reversée à un tiers
- Avance sur salaire : est payée pour un travail non encore commencé
- Acompte sur salaire : correspond à la rémunération d'un travail commencé mais non encore
achevé.
Section 3 : les charges patronales
Elles sont supportées par le parton mais calculées sur les salaires versés aux travailleurs. On peut
citer :
- Les charges patronales fiscales ou parafiscales qui sont :
* les Crédit Foncier du Cameroun, part patronale (avec pour base de calcul 1,5 % du salaire brut
taxable avec avantage en nature réel)
* Fonds National de l’Emploi (1 % du salaire brut taxable avec avantage en nature réel)
- Les charges patronales sociales
Éléments Taux Base de calcul
Allocations familiale Régime général Salaire cotisable CNPS plafond
Régime agricole
Régime Enseignement
Pension 4,2 % du salaire cotisable Salaire cotisable CNPS plafond
vieillesse/Invalidité/Décès
Accident de travail et Maladie Risques moyen, élevé, faible Salaire cotisable CNPS sans
professionnelle plafond
Section 4 : La comptabilisation des salaires et des charges patronales
1- Comptabilisation du bulletin de paie
Grâce au DIPE (Document Information sur le Personnel employé) ou au livre de paie (de nos jours,
les DIPE sont magnétiques et non manuels et on parle de la télé déclaration), on procède à la
comptabilisation de tous les bulletins de paie du mois. Ce qui permet de passer les écritures
suivantes :
Date
661 SB
422 SB
Suivant DIPE
(constatation du
Salaire Brut)
Date
422 PVID
431 Sécurité sociale PVID
433 Syndicat Cotisation
sindicale
suivant DIPE
Date
422
421 Acompte/Avance AC/AV
423 Saisie arrêt Opposition/saisie
A
447 État Impôts
2- Comptabilisation des charges patronales
Date
641 FNE + CFC
664 PVID + ATMP +
AF
431 PVID + ATMP +
AF
447 FNE + CFC
Suivant DIPE
3- Comptabilisation de la paie
Date
422 Net à percevoir
5… Net à percevoir
4- Comptabilisation du paiement des charges salariales et patronales
Date
423 Opposition/saisie
431 Charge sociale
433 Cotisation
syndicale
447 Charge fiscale
5… Sommes
opposition,charge
sociales,cotisation
syndicale,charge
fiscale