Université d’Angers Année 2022-2023
L2 M-MA-ME Semestre 2 (P10)
Séries de Fourier
C OMPL ÉMENT D ’ INT ÉGRATION
Extension de l’intégrale aux fonctions à valeurs complexes. Soit [a, b] un intervalle de R.
Toute fonction à valeurs complexes f : [a, b] → C s’écrit de façon unique f = u + iv à l’aide
de deux fonctions à valeurs réelles u, v : [a, b] → R. Bien entendu u = Re( f ) et v = Im( f ).
On définit l’intégrale de la fonction f sur l’intervalle [a, b] en posant
Z b Z b Z b
f (x)dx = u(x)dx + i v(x)dx
a a a
dès que cela a un sens, c’est-à-dire dès que les intégrales des fonctions u et v ont un sens.
C’est le cas par exemple si les fonctions u et v sont continues par morceaux. Dans le cours sur
les séries de Fourier, on considèrera uniquement de telles fonctions, par conséquent, toutes
les fonctions rencontrées ici sont supposées être continues par morceaux sur le segment [a, b].
(On pourrait aussi considérer un intervalle non bornée, avec b = +∞ par exemple, et dans ce
cas l’intégrale serait définie à condition que les intégrales généralisées de u et v soient toutes
les deux convergentes.)
La propriété de linéarité de l’intégrale s’étend aux fonctions à valeurs complexes : pour tous
nombres complexes α et β ,
Z b Z b Z b
(α f + β g)(x)dx = α f (x)dx + β g(x)dx.
a a a
Pour le vérifier, il suffit d’écrire α, β , f , g sous forme algébrique et de tout développer (exer-
cice). Une autre propriété importante, mais un peu moins immédiate est la suivante :
Lemme 1. Pour toute fonction f : [a, b] → C, continue par morceaux, on a
Z b Z b
f (x)dx ≤ | f (x)|dx.
a a
Démonstration. Posons z = ab f (x)dx. C’est un nombre complexe et l’on peut trouver un θ
R
réel tel que zeiθ soit réel et positif. On a alors |z| = |zeiθ | = zeiθ . Et donc, par linéarité,
Z b Z b Z b
|z| = f (x)eiθ dx = Re( f (x)eiθ )dx + i Im( f (x)eiθ )dx.
a a a
Comme |z| est un nombre réel positif, la dernière intégrale est nécessairement nulle et l’on a
Z b Z b
|z| = Re( f (x)eiθ )dx ≤ Re( f (x)eiθ ) dx,
a a
où l’inégalité résulte de la majoration usuelle de la valeur absolue de l’intégrale d’une fonc-
tion réelle. Il ne reste plus qu’à noter que | Re( f (x)eiθ )| ≤ | f (x)eiθ | = | f (x)|.
1
2
Calcul effectif à l’aide de primitives. Si f = u +iv est une fonction d’une variable réelle, on
dit que f est dérivable sur un intervalle si u et v le sont et, dans ce cas, on pose f 0 = u0 +iv0 . Les
règles de calcul usuelles (dérivée d’une somme, d’un produit, etc) s’étendent sans difficulté.
On constate aussi que si f 0 est nulle sur un intervalle J, alors u0 et v0 le sont aussi, donc les
fonctions u et v sont constantes sur J et il en résulte que f est constante sur cet intervalle. On
dit que F est une primitive de f si F est dérivable et F 0 = f . Si F et G sont deux primitives
de f sur l’intervalle J, alors (F − G)0 = f − f = 0 et donc F et G différent par une constante
sur J.
Exemple 1. Soit λ = c + id avec c, d ∈ R. La fonction f (x) = eidx = cos(dx) + i sin(dx) a
pour dérivée
f 0 (x) = −d sin(dx) + id cos(dx) = id(i sin(dx) + cos(dx)) = ideidx ,
formule rassurante s’il en est. On en déduit que
0 0
e(c+id)x = ecx eidx = cecx eidx + ecx ideidx = (c + id)e(c+id)x ,
donc en définitive, la formule habituelle (eλ x )0 = λ eλ x est encore valable pour λ complexe.
Par conséquent, pour tout nombre complexe λ non nul, les primitives de eλ x sont les fonctions
eλ x
λ + K.
Les primitives permettent le calcul des intégrales, en vertu du théorème suivant :
Théorème 1. Soit f : [a, b] → C une fonction continue. Alors f admet des primitives sur [a, b]
et ab f (x)dx = [F(x)]ba = F(b) − F(a), où F est une primitive quelconque de f .
R
Démonstration. Écrivons f = u + iv. Comme u et v sont deux fonctions continues sur [a, b],
elles y admettent des primitives U et V et il est clair que F = U + iV est une primitive de f .
En outre, d’après le théorème fondamental du calcul intégral, on a ab u(x)dx = U(b) −U(a)
R
et ab v(x)dx = V (b) −V (a), donc par définition
R
Z b Z b Z b
f (x)dx = u(x)dx + i v(x)dx
a a a
= (U(b) −U(a)) + i(V (b) −V (a))
= F(b) − F(a).
On constate que tout se passe exactement comme pour les fonctions à valeurs réelles. Il
en résulte que les formules d’intégration par partie et de changement de variable sont aussi
valables.
Exemple 2. Soit κ un nombre complexe. D’après le Théorème 1, on a
Z T κx T
κx e eκT − 1
e dx = = .
0 κ 0 κ
Exemple 3. Soit κ un nombre complexe. Par IPP on a
Z T κx T Z T κx κx T κx T
κx xe e xe e TeκT eκT − 1
xe dx = − dx = − = − .
0 κ 0 0 κ κ 0 κ2 0 κ κ2