0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues38 pages

Droit Pénal 1

Le droit pénal est un ensemble de règles régissant la répression des comportements nuisibles à l'ordre social, impliquant une intervention judiciaire. Il se divise en droit pénal général, qui définit les infractions et les sanctions, et droit pénal spécial, qui traite des infractions spécifiques. Le droit pénal est également lié à d'autres disciplines comme la criminologie et la politique criminelle, tout en étant influencé par des sources institutionnelles et des principes constitutionnels.

Transféré par

orpheeskap
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues38 pages

Droit Pénal 1

Le droit pénal est un ensemble de règles régissant la répression des comportements nuisibles à l'ordre social, impliquant une intervention judiciaire. Il se divise en droit pénal général, qui définit les infractions et les sanctions, et droit pénal spécial, qui traite des infractions spécifiques. Le droit pénal est également lié à d'autres disciplines comme la criminologie et la politique criminelle, tout en étant influencé par des sources institutionnelles et des principes constitutionnels.

Transféré par

orpheeskap
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
Vous êtes sur la page 1/ 38

DROIT PENAL

INTRODUCTION GENERALE

1. NOTION DE DROIT PENAL :

L’origine du droit pénal c’est d’abord le délaissement


d’une vindicte abandonné à l’arbitraire du juge, aujourd’hui la
répression est organisée et contrôlée par l’Etat, l’expression
droit pénal désigne l’ensemble des règles ayants pour but la
répression par l’Etat des comportements de nature à créer
un trouble intolérable à l’ordre social, il vise à organiser la
réaction de la société face à la criminalité. Une telle définition
inclut dans le domaine de droit pénal à la fois les règles du
droit pénal général, du droit pénal général, du droit pénal de
fond et celles de la procédure pénale. Le droit pénal général
est l’ensemble des règles ayant pour objet le droit pénal de
déterminer les actes anti sociaux, de désigner les personnes
pouvant en être responsable et les sanctions qui sont
applicables. Quant à la procédure pénale elle a pour objet de
fixer des règles relatives à la recherche, à la poursuite et au
jugement des auteurs des infractions.

Une des particularités majeur du droit pénal est que sa


mise en œuvre suppose nécessairement une intervention
DROIT PENAL
judiciaire d’où le lien étroit entre le droit pénal général et la
procédure générale, c’est pourquoi la qualité d’une
législation pénale ne peut être appréciée indépendamment
de celle du système procédural. Qui en assure la mise en
œuvre.
Le droit pénal général qui a pour objet la définition
juridique des infractions doit être distingué d’autres
disciplines qui étudient l’infraction sous un angle politique,
sociologique ou scientifique, il s’agit de la politique criminelle,
de la criminologie et de la criminalistique.

 La politique criminelle :
Elle peut être définie comme l’ensemble des procédés
répressif par lesquels l’Etat réagie contre le crime. Cependant
la doctrine moderne s’accorde pour donner un sens plus large
à l’expression en intégrant non seulement les procédés de
lutte mais également les mesures préventives telles que
l’aménagement urbain, la lutte contre les fléaux sociaux, la
prise en charge éducative des enfants etc.
Le droit pénal constitue certes l’un de ces procédés mais il
n’est nullement exclusif de plus lorsque la politique criminelle
utilise le droit pénal, l’objectif n’est pas de définir
juridiquement les infractions mais d’inspirer les choix du
législateur en dégageant les lignes directrices de son action.
DROIT PENAL
_ Le droit pénal doit également être distingué de la
criminologie qui étudie les causes de la criminalité et dans
une acception élargit les divers modes de traitement du
délinquant et de prévention de la récidive.
_ Le droit pénal ne doit pas enfin être confondu avec la
criminalistique qui a pour objet l’étude de l’ensemble des
procédés scientifiques de recherche des infractions et de
leurs auteurs parmi ces procédés il y’a la médecine légale qui
étudie les causes du décès ou d’une agression par un examen
du corps humain ; la toxicologie ou science du poison qui vise
à savoir si le produit administré à la victime était ou non de
nature à donner la mort.
La toxicologie et la police scientifique qui s’attache aux
circonstances des infractions par un examen des traces
laissées par le délinquant.
Une distinction fondamentale doit être faite entre le droit
pénal général et le droit pénal spécial, mais aussi par rapport
au droit public et au droit privé. Le droit pénal général
comme son nom l’indique étudie l’ensemble des infractions
tant dis que le droit pénal spécial a pour objet de définir les
diverses infractions particulières en décrivant leur élément
constitutif les peines qui leur sont applicables et
éventuellement les règles spécifiques de fond ou de forme
auxquelles elles sont soumises par dérogation au principe du
droit pénal général et de la procédure pénal.
DROIT PENAL
Le droit pénal international prend aujourd’hui une
importance croissance. Constituées à la fois des règles de
fond et de forme, il a pour objet le règlement des conflits des
lois pénale dans l’espace et l’organisation de la coopération
inter étatique en matière pénale (extradition, effet
internationaux des jugements répressif etc.)
On distingue le droit pénal international du droit
international pénal qui organise la répression des infractions
dans l’ordre international. Celui-ci suppose l’existence
d’infraction internationale prévue et réprimée par des textes
internationaux et jugées par des juridictions internationales
comme la CPI de la Haie (il s’agit des crimes contre
l’humanité, génocide etc.).
Ce droit est traditionnellement divisé en deux grandes
familles : d’une part celle du droit public qui régit les rapports
du citoyen avec l’Etat. D’autre part celle du droit privé qui
régit les rapports entre les particuliers. La nature du droit
pénal interdit de le rattacher entièrement à l’une ou l’autre
de ces deux catégories dans la mesure où il entretient des
rapports étroits avec chacune d’entre elles.
_ Le droit pénal se rapproche du droit public en ce que l’Etat
détient le monopole du droit de punir qu’il exerce au nom de
la société. L’exercice de la répression est à la fois de la
responsabilité exclusive de l’Etat et la marque de sa
souveraineté, c’est ainsi que aucune personne publique à
DROIT PENAL
posteriori privée ne peut se substituer à l’Etat pour exercer la
répression, le droit pénal est alors lié à la souveraineté de
l’Etat. C’est ainsi que le juge pénal ne fait jamais application
de la loi pénale étrangère, même dans le cas où il connait une
infraction commise à l’Etranger par un étranger, par ailleurs
notre droit pénal demeure un « domaine national »
jalousement préservé des incursions du droit international.
_ Bien que l’application du droit pénal soit l’affaire exclusive
de l’Etat il se rattache par certains aspects au droit privé, il
en est ainsi parce que souvent l’infraction « le fait d’avoir
enfreint une prescription de la loi pénale » cause non
seulement un trouble social mais aussi un préjudice individuel
et que sa victime va demander réparation du dommage subit
au problème du droit public se superpose alors un règlement
entre particulier qui se déroule sur le terrain du droit privé. Il
arrive d’ailleurs fréquemment que le droit pénal soit
détourné de son objet pour servir des intérêts privés. Ainsi la
victime d’une infraction a la possibilité de porter son action
civile à la réparation du dommage devant les juges répressifs
en même temps que l’action publique exercée par le
ministère public au nom de la société contre le délinquant. En
outre certaines notions sont communes au droit privé et au
droit pénal ainsi la notion de faute qui est la base de la
responsabilité civile et de la responsabilité pénale. Il faut
noter cependant que le droit pénal occupe une place
originale dans notre ordre juridique en raison de son
DROIT PENAL
caractère mixte qui lui confère une véritable autonomie. Le
droit pénal comporte une construction juridique autonome
ayant d’un point de vue technique ses propres concepts et
d’un point de vue professionnel ses propres objectifs, ainsi les
principes de légalité des délits et des peines de la non-
rétroactivité de la loi pénale plus sévère de personnalité et
des peines ainsi que les notions de tentatives, de complicité,
de culpabilité, etc. Sont propres au droit pénal et ne doivent
rien au droit privé et au droit public de même il poursuit des
objectifs qui lui sont propres: fonction de répression, fonction
d’intimidation, fonction d’expression, fonction de protection
(conciliation de l’intérêt général et de l’intérêt individuel).
_ Les fondements du droit pénal
Alors que dans les temps anciens, l’évolution du droit pénal
était essentiellement instinctive, elle est devenue dans une
très large mesure à l’époque moderne une évolution
raisonnée qui dépasse des criminalistes eux-mêmes éclairés
par des philosophes.
De nombreuses écoles ont exercées une influence sur notre
droit pénal positif sans que le législateur ne se soit jamais
rangé sur l'un’ d’entre elles de façon absolue. Dans l’ordre
chronologique on distingue les écoles classiques
Qu’est ce qui justifie le droit de punir ?
DROIT PENAL
Selon la doctrine classique (1989) le fondement de la
répression réside dans la culpabilité de celui qui commet une
infraction, l’individu jouissant de son libre arbitre doit
assumer les conséquences de ses actes : c’est la
responsabilité pénale.
Le droit de punir c’est-à-dire celui de déterminer les actes
répréhensibles et de poursuivre leur auteur et selon certains
auteurs (Montesquieu, Rousseau, Beccaria) et confier par le
peuple à l’Etat en vertu du contrat social et au moyen de la
loi, expression de la volonté populaire. Les écoles classiques
ont exercé une influence considérable sur le droit
contemporain ont le droit des principes fondamentaux tel
que l’égalité (qui signifie que l’Etat ne peut exercer son droit
de punir sans un texte législatif ou réglementaire répriment
les faits. Elle est également à l’origine toujours vivace des
principes de proportionnalité et d’individualisation de la
peine), (le principe de proportionnalité signifie que la peine
doit être proportionnelle au trouble causé à l’ordre public
tant dis que le principe d’individualisation de la peine signifie
que la peine doit être adapté à la personnalité du délinquant
les écoles positivistes, elles sont nées à la fin du XIXe siècle.
Elles prétendent avoir une approche scientifique et non plus
juridique de la répression pénal.
Selon cette approche, l’individu relève du droit pénal non pas
parce qu'il a commis une faute, mais parce qu’il est
DROIT PENAL
dangereux. Cet état résulte selon les écoles des
prédispositions du délinquant soit en raison des gènes.
Les sources du droit pénal :

À côté des sources du droit pénal, il y’a les sources


institutionnelles concilier d’une part, par les sources écrites et
d'autres par la jurisprudence. S’agissant de la coutume (c’est
à dire un ensemble de comportement suivie de manière
habituelle et la conscience que ces comportements sont
obligatoire), conformément au principe de la légalité selon
lequel seul un texte de loi peut déterminer les infractions et
les peines qui leurs sont applicable ni la coutume ni les usages
ni les usages ne peuvent fonder des poursuites pénal.
Pour les sources écrites il y’a au sommet la constitution en ce
qu'il est une manifestation de la puissance publique
susceptibles de porter atteinte aux libertés individuelles
Le droit pénal s’enracine profondément dans le droit
constitutionnelle et le droit public, les principes
fondamentaux qui le régisse sont tous d’origine
constitutionnel : répartition des compétences entre la loi et le
règlement en matière pénal, Compétences du juge en la
matière qui est gardien des libertés individuelles, principes de
la légalité des délits et des pertes principes de la non
rétroactivité de loi pénal plus sévère, principe de la
DROIT PENAL
rétroactivité de la loi pénal plus douce etc. Les sources du
droit pénal en ce qui concerne les traités internationaux, par
rapport aux sources écrites, sont longtemps restés des
sources internes des États. Les États étant jaloux de leur
souveraineté en matière pénal. Aujourd’hui, les traités
internationaux constituent une source essentielle du droit
pénal contribuant tant au développement de l’entraide pénal
international qu’à la préservation des droits de l’homme. Il
fauter une fois que de plus en plus on assiste à l’émergence
d'un droit pénal communautaire mais le plus souvent, il y’a
un rôle exclusif du droit interne en matière de sanction
pénale, l'ordre communautaire ne créant que l’incrimination

La loi et le règlement subordonné à la constitution et aux


conventions internationales la loi et le règlement constitue la
source essentiel du droit pénal. Ainsi, trois codes sont publiés
depuis l’indépendance:
La loi 6561 du 21 juillet 65 ce texte ne concerne que les
crimes et les délits,
La loi 6561 du 21 juillet 65 portant code de procédure pénale.
Ce texte, comporte de nombreuse disposition relative à
l’exécution des peines qui intéressent directement le droit
pénal général.
DROIT PENAL
Le décret 65757 du 21juillet 65 portant code des
contraventions.
En dehors de ces textes On peut noter le code des douanes,
les codes forestiers etc.

La jurisprudence malgré le fait qu'en vertus du principe de


légalité seul un texte établit de droit pénal les décisions des
juridiction apportent énormément aux droits pénal la
jurisprudence apporte d'abord son interprétation, le juge
construit également dans le silence de la loi, le droit pénal,
parfois pour écarter l’application de la loi : les faits justificatifs
à savoir la légitime défense l'ordre de la loi et le
commandement de l’autorité légitime l’état de nécessité sont
tous d’origine jurisprudentielle. Enfin le rôle de la
jurisprudence ne saurai se résumé à ces exemple. En effet,
l’application même du droit pénal ne se conçoit pas sans
l’intervention d’un magistrat impartial et indépendant. En
cela, la jurisprudence apporte au droit pénal plus que
quelques règles : son effectivité. Le droit pénal général est
centré sur deux notions: l’infraction et la sanction. En effet la
responsabilité pénale exige une faute spécifique à savoir
l’infraction qui entraîne le prononcé d'une sanction ou d’une
sanction ou d'une peine à l’encontre de la personne contre
qui pèse cette responsabilité.
DROIT PENAL
Chapitre préliminaire :

En même temps qu’elle crée une infraction, la loi pénale la


classe dans une ou plusieurs catégories préalablement établi
par elle déterminant le régime qui lui sert applicable

Sur les différentes manières dont celles-ci peuvent être


commise

Section 1: la classification tripartite des infractions

On l'appelle aussi classification cardinale du code pénal. Une


distinction est faite entre trois catégories d’infractions: les
crimes, les délits et les contraventions.

Paragraphe 1: le critère de la classification

A) La présentation du critère
DROIT PENAL

Selon l'article premier du code pénal :<< l’infraction que les


lois punissent de peine de police est une contravention.
L’infraction que les lois punissent de peine correctionnelle est
un délit. L’infraction que les lois punissent d'une peine
afflictive ou infamante est crime. >> la peine de police est un
emprisonnement d'un jour, à un mois, et une amende de
200- à 20 mille francs. La peine délictuelle ou correctionnel
est un emprisonnement supérieur à un mois sans dépassé 10
ans et une amende supérieur à 20 mille francs. Les peines
afflictives sont constitué par des travaux forcés à temps (5-10,
10-20,30-40 etc.) et des travaux forcés à perpétuité mais
aussi de la détention criminelle (5-10 ans, 10-20 ans etc. ). Il
n’existe qu'une seule peine infamante c'est la dégradation
civique.

Ainsi la classification tripartite des infractions repose sur la


prise en considération de la gravité sociale des actes interdits
: les crimes sont des atteintes extrêmes gravitées, les délits,
sont des actes de gravité moyen et les contraventions sont
des actes de faible gravité. La classification légale des
infractions traduites donc les différents degrés que la société
attache aux valeurs sociales qu'elle entend protéger.
DROIT PENAL
B) L’application du critère
En principe, la classification ne pose aucun problème, il suffit
que la peine soit prévu par la loi pour savoir si on est en
présence de crime, de délit ou d'une contravention. Il faut
toutefois préciser que la classification s’effectue d’après les
peines encourues et non les peines prononcées par les juges.
Ensuite seul doivent être prise en considération les faits
principaux c’est à dire celle qui sont propre à chaque
catégorie d’infraction et qui sont prévu par le texte de
pénalité pour donner à la prescription légal ou réglementaire
sanctionné le caractère d'une incrimination pénale autrement
dit il ne faut pas se référer au peines alternatives ou
complémentaires qui ne sont prévu que pour remplacer ou
compléter les peines principales. Cependant, des difficultés
peuvent se poser dans le cadre l’application de ce critère. La
première difficulté, concernerait les peines hybrides c’est à
dire, des infractions dont les peines sont correctionnel par
leur maximum et contraventionnel par leur minimum. Dans
ce cas, on s’accorde pour reconnaître l’existence d’un délit,
en ne prenant en compte que le maximum encouru. En effet,
selon la jurisprudence, la qualification d'une infraction doit
être déterminée par rapport au maximum de la sanction
applicable.
La deuxième difficulté résulte du fait qu'une infraction
soit un délit par sa peine et une contravention par son
DROIT PENAL
régime. On considère que c'est un délit car la peine qui lui est
attaché est correctionnelle. Ex: les infractions de pêche, de
chasse, en matière fiscale.
La troisième difficulté, concerne l’hypothèse de
l’atténuation légale, ou de celle judiciaire de la peine
encourue. L’atténuation légale renvoie à l'excuse atténuante,
elle est prévue par la loi. Il s'agit de l'excuse de minorité, et
de l’excuse de provocation. En ce qui concerne l’atténuation
judiciaire, il faut savoir que le juge pénal, n’est jamais obligé
de prononcé la peine encouru. Il peut prononcer une sanction
inférieure au maximum légal, en fonction des circonstances
de l’infraction et de la personnalité du responsable, donc par
le jeu des circonstances atténuantes. La question est alors de
savoir, si l’infraction change de nature, lorsque la peine a été
modifiée, par l'effet d’une cause légale, ou judiciaire de
diminution. Selon la jurisprudence cette diminution de la
peine est sans effet sur la nature de l’infraction, dans la
mesure où seule la peine encourue détermine la nature de
l’infraction.
La quatrième difficulté, concerne le jeu des
circonstances aggravantes. Il faut faire la distinction entre les
circonstances aggravantes générale (la récidive) et la
circonstance aggravante spéciale (l’usage d’une arme, la
préméditation, la vulnérabilité de la victime etc.) les
circonstances aggravantes spéciales modifie la nature de
DROIT PENAL
l’infraction. Lorsque la peine résultant de l’aggravation est de
nature différente de celle initialement encouru. En revanche,
la cause d’aggravation générale à savoir, la récidive est sans
incidence sur la qualification de l’infraction.

Paragraphe II: les intérêts de la classification légale des


infractions

La classification présente de nombreuses conséquences, la


distinction détermine en effet l’application même des règles
constitutionnelles relative à la création des infractions ainsi
que plusieurs dispositions de droit pénal de fond et de forme.

A) Les intérêts en matière constitutionnelle :


La classification
Tripartite des infractions dépendent des autorités
compétentes pour éditer et modifié l’infraction. En vertus de
l'article 67 de la constitution le pouvoir législatif est
compétent pour définir les crimes et les délits. Quant au
pouvoir Exécutif il est compétent pour les contraventions.
Article 76
DROIT PENAL
B) Les intérêts en droit pénal de fond

Les intérêts sont nombreux. D'une part la distinction est riche


de conséquence s’agissant des conditions de mises en œuvre
de la responsabilité pénal. Ainsi la nature de la faute varie
suivant celle de l’infraction: les crimes supposent toujours
chez leurs auteurs, une faute intentionnelle. Tandis-que en
matière correctionnel la faute peut également consister en
une négligence, une imprudence et qu’en matière
contraventionnelle il n'est pas nécessaire en principe
d'apporter la preuve d’une quelconque faute. La tentative de
crime est toujours punissable, tandis-que la tentative de délit
ne l'est que dans les cas prévu par la loi, elle n’est jamais
réprimé, la complicité est incriminé de manière général en
matière criminel et délictuelle qu’en matière
contraventionnelle seul certaines forme de complicité sont
répréhensible. Ex: en matière de tapage nocturne. D’autres
part en ce qui concerne la sanction, le régime des peines
diffère sensiblement suivant la nature de l’infraction, alors
que les peines prononcé, pour des infractions en concours ne
peuvent en principe se cumuler entre elle de manière indéfini
une exception est prévu en ce qui concerne les peines
d’amandes prononcé pour des contraventions. De, les causes
légales d’atténuations des peines ne sont jamais admises en
matière constitutionnelle. L’aggravation de la peine liée à la
DROIT PENAL
récidive est la règle en matière criminel et correctionnel alors
qu’elle n’est encouru en matière contraventionnelle que si le
texte spécial d’incrimination le prévoit, et dans des conditions
restrictives. La possibilité d'ordonner l’exécution fractionnelle
de certaines peines, de même que la dispense de peine ne
sont possible qu'en matière correctionnel et
contraventionnelle. De même, sauf, disposition légal
contraire, le sursis ne peut être prononcé que pour les crimes
et les délits. Toutes les condamnations sont inscrites au
casier judiciaire, à l’exception des condamnations à l'amende.
Enfin, le délai de prescription de la peine (c’est-à-dire le délai
à l’expiration duquel une peine prononcé ne peut plus être
exécuté) et en principe de 20 ans pour les crimes de 5 ans
pour les délits, et de deux ans pour les contraventions.
C) Les intérêts en droit pénal de forme:

La qualification de l’infraction exerce une influence sur la


procédure applicable en déterminant les juridictions
compétentes et le déroulement du procès, c'est à dire les
règles de procédure.
Les juridictions compétentes sont fonctions de la nature de
l’infraction les crimes sont de la compétence du tribunal de
grande instance, ainsi que les délits. Cependant, la loi donne
compétence ai tribunal d’instance de connaître de certains
délits (loi 84-20 du 2 février 1984 45delits) donc le tribunal
DROIT PENAL
d’instance est compétent en matière contraventionnelle. De
la même manière les règles de procédure dépendent
largement de la nature de l’infraction concernée. Si
l’infraction, constitue un crime, elle doit faire l'objet d’une
instruction préalable. Si l’infraction constitue un délit,
l’instruction doit être prévue par un texte, en matière
contraventionnelle l’instruction est exceptionnelle. La citation
directe est utilisé en matière contraventionnelle et délictuelle
(lorsqu’une institution n'est pas nécessaire. Qu’en matière
criminel et délictuelle (lorsqu'une instruction est nécessaire)
c'est le réquisitoire introductif ou la plainte avec constitution
de partie civile qui est utilisé. L’enquête de flagrance, c’est à
dire en cas d'urgence lorsque l’infraction est flagrante ne
peut être utilisé que pour les crimes et les délits tandis que la
procédure de flagrant délit n’est possible que pour les délits.
Par ailleurs, le délai de prescription de l’action publique
(c’est-à-dire le délai à l’expiration duquel des poursuites ne
peuvent plus être engagé à l’encontre de l'auteur de
l’infraction) varie suivant la nature de l’infraction. Il est en
principe de dix ans pour les crimes, de 3 ans pour les délits, et
d'un an pour les contraventions.
En toute hypothèse la distinction tripartite des infractions est
importante car elle détermine la plus par des règles de droit
commun du droit pénal général et de la procédure pénal,
cependant il existe des infractions soumises à des règles
particulières dérogeant ainsi à ses principes généraux.
DROIT PENAL

Section 2: les infractions spéciales

S’il y’a bien une distinction entre les infractions de droit


commun et les infractions de droit spéciale, le contenu est
plus ou moins large. Ainsi en France contrairement au
Sénégal les crimes contre l’humanité par exemple les tortures
ou actes inhumains, les crimes terroristes sont considérés
comme des infractions spéciales. Au Sénégal les actes
terroristes ne sont pas considérés comme des infractions
spéciales, ils sont définis par les articles 279-1 alinéa 1,2 et 3
du code pénal issu de la loi 2007-01 du 12 Février 2007
modifiant le code pénal. Cependant, les actes terroristes
contiennent des règles spécifiques dérogeant aux règles du
droit commun. Ainsi sur le plan des règles de forme, les règles
de la garde à vue sont différentes, elles peuvent aller jusqu’à
12jours, ensuite les juridictions compétentes sont
exclusivement, le tribunal de grande instance de Dakar et la
cour d’appel de Dakar sont compétents exclusivement, de
même l’instruction est assurée par des huissiers de police
judiciaire. Les saisies et les perquisitions peuvent avoir lieu en
toute œuvre et sans le consentement de la personne
concernée, la prescription de l’action publique est de trente
ans. Par rapport aux règles de fonds, les crimes terroristes
DROIT PENAL
sont punis de travaux forcés à perpétuité, et les peines
prononcées se prescrivent pour quarante-ans.
En définitive en droit Sénégalais, il existe deux infractions,
dont on peut déceler, une volonté du législateur d’en faire
des infractions spéciales : il s’agit des infractions militaires et
des infractions politiques.

PARAGRAPHE 1 : Les infractions politiques

En l’absence de définition de l’infraction politique, la


jurisprudence s’est fondée sur la doctrine pour la
détermination des infractions politiques

A/ La notion d’infraction politique

Deux critères ont été proposés par la doctrine :

 Selon un critère objectif qui s’attache à la nature


même des faits doivent être considéré comme
politique, les infractions qui ont été créées par le
législateur pour protéger les droits politiques des
citoyens ainsi que l’existence, l’organisation, et le
fonctionnement de l’Etat. Il s’agit, d’infractions
DROIT PENAL
politiques par « nature » dont l’objet est de
modifier de détruire ou de troubler l’ordre
politique, il en est ainsi, des atteintes aux intérêts
fondamentaux de la nation c’est-à-dire à la sureté
de l’Etat (Trahison, espionnage, atteinte à l’intégrité
du territoire ou aux institutions de la république,
atteinte à la défense nationale etc.)
 Selon un critère subjectif, il faut s’attacher au mobil
du coupable au but final qu’il s’est proposé
d’atteindre. Les infractions politiques sont alors
appréciées en fonction du motif politique qui a
animé leurs auteurs. Elles seront politiques même
si par nature, elles appartiennent à la catégorie des
infractions de droit commun. C’est le cas des
infractions dites « complexes » qui sont des
infractions de droit commun commises sous
l’influence d’un motif politique. Exemple :
l’assassinat du Chef de L’Etat. C’est le cas
également des infractions dites « connexes » c’est-
à-dire des infractions de droit commun commis à
l’occasion d’évènement politique et qui ont avec
ses évènements une certainement relation causale.
Exemple : le pillage d’un magasin par des
manifestants à l’occasion d’une infraction politique
par nature.
DROIT PENAL
En droit français la jurisprudence a marqué nettement sa
préférence pour le critère objectif en considérant que l’acte
accompli a une signification politique tant dis que les mobiles
du coupable ne doit pas être pris en compte en vertu du
principe de l’indifférence des mobiles. Cependant, les
infractions connexes sont considérées en France comme des
infractions politiques.
Au Sénégal le législateur semble retenir les deux critères à la
fois. Le critère subjectif apparait dans certaines lois
d’amnisties puisque l’accent est mis sur la psychologie du
délinquant, en assimilant aux infractions politiques les
infractions connexes et les infractions complexes. Le critère
objectif quant à lui, apparait lorsque ces lois énumèrent les
crimes et délits contre la sureté de l’Etat en les définissants
comme les infractions dont l’objet est politique.

B/ Le régime des infractions politiques

L’insuffisance de la loi se traduit par un régime partiel, en


effet l’extradition n’est pas possible en matière d’infraction
politique en vertu du principe, de l’asile politique qui interdit
toute immixtion de l’Etat Sénégalais dans la politique des
autres Etats, immixtion inconciliable avec l’indépendance des
autres Etats, ce principe s’applique cependant sauf
DROIT PENAL
disposition contraire des traités. De même la procédure de
flagrant délit ne s’applique pas aux infractions politiques. Par
ailleurs le prisonnier politique n’est pas astreint au travail
pénal. Il existe une échelle des peines politiques spécifiques
en matière criminelle : c’est la détention criminelle et la
dégradation civique. Cependant rien a été prévu en matière
correctionnelle, à cela il faut ajouter pour montrer le
caractère partielle du régime que les infractions politiques
relèvent actuellement de la compétence des juridictions
ordinaires (sauf pour la haute cour de justice qui est
compétente en cas de haute trahison du chef de l’Etat)

Paragraphe 2 : Les infractions militaires

A/ La notion des infractions militaires

Le critère de l’infraction militaire est toujours aussi incertain


cela provient du fait que nombre d’infractions de droit
commun peuvent être réalisées par des critères et alors
qu’en même temps il existe des infractions qui sont
inconcevables en dehors de la vie militaire. Il existe ainsi des
infractions militaires par nature et des infractions de droit
commun commises par des militaires.
DROIT PENAL
Les infractions militaires par nature sont constituées par des
infractions tentant à soustraire leur auteur à ses obligations
militaires ou par des infractions contre la discipline militaire
qu’elles soient le fait des subordonnées ou des supérieurs
Exemple : désertion, complot militaire, outrage au drapeau
insoumission, rébellion, abus d’autorité etc. En raison de
leurs natures même ces infractions ne peuvent être
réprimées que si elles ont été commises par des militaires,
elles ont pour objet exclusif de réprimer les manquements au
devoir militaire, elles constituent à ce titre des infractions
disciplinaires rattachées au droit pénal par la nature
répressive de leurs sanctions.
A ces infractions militaires par nature, il faut rapprocher
certaines infractions qui sont militaires en temps de guerre et
politique en temps de paix, Exemple : trahison, espionnage et
autres atteintes à la défense nationale (article 672 du code de
procédure pénal), il y’a des infractions de droit commun
commises par des militaires, commises soit à l’intérieur, d’un
établissement militaire ou dans le service soit en dehors du
service Exemple : faux et usage de faux, abus de confiance,
vol, meurtre escroquerie etc.

B/ Le régime des infractions militaires


DROIT PENAL
En ce qui concerne les règles de fond, il existe à côté des
peines de droit commun, des peines spécifiquement militaire,
tel que la destitution et la perte de grade, c’est-à-dire des
sanctions disciplinaires.
En définitive, la spécificité du régime, se situe au niveau des
infractions purement militaires. Ainsi, la condamnation pour
infraction militaire par nature, ne fait pas perdre au
condamné le bénéfice du sursis, qui a été antérieurement
accordé pour ne infraction de droit commun. De même les
condamnations prononcées pour crime, pour délit purement
militaire, ne peuvent constituées le condamnée en
récidiviste. Enfin les infractions purement militaires ne
peuvent pas faire l’objet d’une mesure d’extradition.
S’agissant des règles de forme, les juridictions de droit
commun, sont compétentes, pour connaitre des infractions
militaires sur le territoire de la république, ainsi en matière
contraventionnelle et délictuelle, le tribunal de grande
instance de Dakar est compétent si l’auteur de l’infraction est
un Homme de troupe, un sous-officier, un officier jusqu’au
grade de commandant. La cour d’appel est compétente pour
juger les mêmes infractions si l’auteur a un grade qui se situe
entre lieutenant-colonel et officier général inclus. Lorsqu’il
s’agit d’un crime, il y’aura dans la composition de la
juridiction 4 assesseurs militaires, ayant le même grade que
l’accusé.
DROIT PENAL
Il faut noter que cette répartition de compétences est
possible en temps de paix. En temps de guerre, les tribunaux
territoriaux des forces armées seront compétents.
En vertu du principe de l’égalité, il appartient au législateur
d’établir seul l’élément matériel d’une infraction, ainsi une
grande variété de comportement sont incriminées, ce qui
permet d’opérer une classification des infractions en fonction
de leur mode d’exécution.

SECTION 3 : La classification fondée sur le mode d’exécution


des infractions.

Les différents modes d’exécution des infractions peuvent être


classés selon leur nature, selon leur durée.

A/ La classification fondée sur la nature des actes matériels


d’exécution

L’infraction pénal est un phénomène humain à ce titre son


étude sur le plan de son contenu matériel fait apparaitre de
nombreuses variations qui peuvent être regroupées selon
qu’elle s’attache aux formes ou au nombre des actes
DROIT PENAL
matérialisant l’infraction ou encore au degré de réalisation de
ces actes.

1. La forme des actes : les infractions de commission


et les infractions d’omission

L’infraction de commission appelé aussi infraction active est


la plus répandue en droit criminelle, elle résulte de ce que
l’action humaine qui en est la cause s’y manifeste par des
éléments extérieurs perceptibles. La loi pénal incrimine donc
un comportement actif, un acte de commission, qu’il s’agisse
d’un geste (Un coup de couteau), d’un écrit ou d’un dessein
(Une lettre contenant des menaces de mort) ou même d’une
parole (Les injures).
Dans certaines hypothèses le résultat qui est normalement
atteint par une action positive provient d’une simple
abstention, d’une simple omission.
Ainsi, la mort d’une personne généralement survenue à la
suite d’un coup de feu ou d’un coup de couteau peut
également survenir à la suite d’une abstention. Exemple : ne
pas secourir un accidenté qui ensuite meurt. Ou encore
laisser la victime se noyer sans lui porter secours parce qu’on
désire sa mort.
DROIT PENAL
2. Le nombre des actes : acte unique ou acte multiple

Quel que soit la forme des actes d’exécution ces derniers


peuvent consister soit en un acte unique soit une pluralité
d’acte dont la réunion est indispensable à la constitution de
l’infraction.

1. La distinction entre les infractions simples, complexes et


d’habitudes
Certaines infractions sont constituées d’un seul élément
matériel, un acte unique suffit pour violer la loi pénale.
Exemple : La soustraction frauduleuse de la chose d’autrui
pour qu’il y’ait vol. De même il suffit de presser sur la détente
d’un pistolet pour commettre le meurtre.
On parle alors d’infraction simple.
En revanche d’autres infractions nécessitent plusieurs actes
matériels, on les appelle les infractions à élément matériel
multiple qui peuvent être des infractions complexes ou des
infractions ou des infractions d’habitudes. Lorsque les actes
dont l’accomplissement est nécessaire sont de nature
différente il s’agit d’infraction complexe, exemple :
l’escroquerie consiste en l’utilisation de moyens frauduleux
(soit l’usage d’un faux nom ou de fausses qualités) etc. Pour
DROIT PENAL
se faire remettre ensuite des fonds de valeur ou bien
quelconque. Ces deux actes moyen frauduleux et remise sont
nécessaires à l’existence de l’infraction.
Lorsque l’infraction nécessite plusieurs actes identiques ou de
même nature on parle d’infraction d’habitude. L’infraction
d’habitude est la réalisation de plusieurs actes de même
nature dont chacun prit isolément n’est pas punissable. D’une
manière générale la jurisprudence considère que deux actes
suffisent à caractériser l’habitude. Exemple : L’exercice illégal
de la médecine, la corruption de personnes, le délit
d’incitation de mineur à la débauche etc.

2. Les intérêts de la distinction


Les intérêts de la distinction sont essentiellement d’ordre
procédural, ainsi, s’agissant de la compétence territoriale,
chacun des tribunaux dans le ressort des quels ont été
accompli, les actes matériels de l’infraction complexe ou
d’habitude et compétent, chacun des tribunaux. Alors que
pour l’infraction simple, un seul tribunal est compétent, celui
du lieu de réalisation de l’acte matériel constitutif de
l’infraction.
S’agissant de la prescription de l’action publique, elle court
pour l’infraction simple à compter du jour de la réalisation du
fait matériel constitutif de l’infraction. En revanche pour
DROIT PENAL
l’infraction complexe ou d’habitude, la prescription
recommence à courir qu’à partir du dernier acte quel que soit
la date à laquelle ont été commis les actes précédents.
Enfin lorsque l’infraction est simple, la loi nouvelle ne peut
s’appliquer que si le fait matériel constitutif de l’infraction
s’est réalisé sous son empire sauf si la loi nouvelle est plus
douce. Par contre dans une infraction d’habitude ou
complexe, la loi nouvelle s’applique dès lors qu’un acte a été
commis sous son empire peu importe que cette loi soit plus
sévère.
Les infractions formelles et les infractions matérielles :
Le plus souvent les textes répressifs n’envisagent l’existence
d’une infraction que si l’action de l’agent a produit le résultat
qu’il a désiré atteindre et qui est spécifié parmi les éléments
constitutifs du fait incriminé : on parle d’infraction matérielle.
Exemple : le meurtre, le vol, l’escroquerie etc.
Il en est autrement des infractions formelles dans lesquelles
la loi en incriminant une forme particulière d’action
d’omission, un procédé ou un moyen dangereux, les réputes
consommées indépendamment de quelconque résultat.
Autrement dit, l’infraction formelle est l’infraction qui est
consommée indépendamment de son résultat. Exemple :
l’empoisonnement, la corruption de fonctionnaire, le refus
d’assistance à une personne en danger.
DROIT PENAL
Comme les infractions formelles, les infractions obstacles
s’analysent en un comportement dangereux susceptible de
produire un résultat et ce comportement est incriminé à titre
principal indépendamment de la réalisation de ce résultat.
Les infractions obstacles diffèrent cependant des infractions
formelles par le fait que le résultat, s’il se produit caractérise
une autre infraction. Il s’agit en définitive des attitudes ou des
actions dangereuses incriminées en dehors de tous résultats
(Exemple : la conduite en état d’ivresse, le port d’arme sans
autorisation etc.). Mais qui permettent de faire obstacle à de
très nombreuses infractions (exemple : violence volontaire
commise avec l’usage de l’arme prohibée, l’atteinte
involontaire à la vie ou à l’intégrité de la personne résultant
de l’utilisation d’un véhicule en état d’ivresse).
L’intérêt de la distinction entre infraction formelle et
infraction matérielle réside dans le moment où l’infraction est
consommée qui commande le point de départ de la
prescription de l’action publique et l’efficacité d’un
désistement volontaire de l’auteur.

B : La classification fondée sur la durée materielle des


exécutions
DROIT PENAL
1. La distinction entre infraction instantanée continue et
continuée

L’acte matériel de certaines infractions s’accomplit en un trait


de temps et d’une manière générale de la majorité des crimes
et des délits qui sont alors qualifiés d’infractions
instantanées. Exemple : le vol suppose une soustraction
frauduleuse de la chose d’autrui et l’escroquerie, une remise
de la chose à l’aide de moyen frauduleux, ces infractions
s’accomplissent instantanément peu importe le temps
nécessaire pour parvenir à réaliser la soustraction ou à
obtenir la remise. La doctrine à créer à côté de ce type
d’infraction, infraction instantanée les infractions dites
permanente, elles sont définies comme celles dont l’acte
matériel s’exécute en un trait de temps mais dont les effets
demeurent sans aucunes interventions de l’auteur des faits
initiaux. Exemple le délit de construction d’un immeuble sans
permis ou le délit d’affichage à un endroit interdit.
En définitive il ne s’agit pas d’infraction permanente mais
d’infraction instantanée ayant des effets permanents comme
le voleur qui ne restitue pas le bien volé, l’évadé qui ne
réintègre pas la prison, le constructeur d’une maison sans
permis qui ne démolit pas ce qu’il a illicitement construit.
C’est pourquoi les infractions permanentes sont des
DROIT PENAL
infractions instantanées et ont donc le même régime
juridique.

La durée de la transformation peut influer sur la construction


de certaines infractions, cela se vérifie lorsque l’élément
matériel consistant dans un acte unique ou plusieurs actes se
prolongent dans le temps. On est alors en présence d’une
infraction continue appelée aussi infraction successive.
L’infraction continue est donc une seule et même infraction
qui se prolonge dans le temps en raison de la persistance
coupable. Ex : l’enlèvement, la séquestration, le port illégal
de décoration.
Il faut remarquer toute fois que la durée intervient aussi
lorsque l’élément matériel, consiste en une pluralité
d’infractions de même nature reliées entre elles par une
même intention. Il s’agit d’une construction doctrinale qui
pour des raisons pratiques, a permis de créer ce que l’on
appelle les infractions continuées. Selon la doctrine qui a
tentée de cerner, les critères de définition de l’infraction
continuée, le premier élément nécessaire se situe sur un plan
matériel. L’infraction continuée, est rattachée à une pluralité,
d’infractions de même nature. C’est-à-dire, une pluralité
d’infractions instantanées ou continues. Le deuxième
élément nécessaire caractéristique de l’infraction continuée a
été recherché par la doctrine dans le particularisme suggestif,
DROIT PENAL
des agissements du responsable de cette infraction : c’est
l’existence d’une unité psychologique de l’infraction
continuée, il s’agit d’une unité de buts, de desseins criminels.
Le dessein criminel serait alors : un plan conçu par l’agent
comme l’élaboration intellectuelle d’un programme à réaliser
en plusieurs épisodes. C’est pourquoi la jurisprudence
considère, l’infraction continuée comme une seule et unique
infraction ayant le même régime juridique que l’infraction
continue. Exemple : en matière de vol, lorsqu’un cambrioleur
ne pouvant pas emporté tous les objets à la fois effectue
plusieurs voyages.
Lorsqu’un employé de banque dérobe chaque jour une
somme d’argent dans sa caisse.

2/ Les intérêts de la distinction

Sur le plan des règles de fonds l’infraction continue ou


l’infraction continuée est soumises à la loi nouvelle quand
bien même cette infraction aurait commencé avant son
entrée en vigueur peu importe que la loi nouvelle soit plus
sévère que l’ancienne, du moment que l’infraction s’est
poursuivie dans tous ses éléments constitutifs sous l’empire
de cette nouvelle loi.
DROIT PENAL
En revanche l’infraction instantanée est soumise à la loi en
vigueur au moment de sa consommation. De plus une loi
d’amnistie, ne s’applique pas aux infractions continues ou
continuées qui se sont prolongées après l’entrée en vigueur
de cette loi. Sur le plan des règles de procédure, le point de
départ du délai de la prescription de l’action publique est
fixée au moment où l’infraction continue ou continuée a
cessé, alors qu’en cas d’infraction instantanée ou
permanente, le point de départ de la prescription se situe au
jour de la commission de l’infraction, même si les effets
demeurent après cette acte. Exemple : trois ans après la
construction réalisée sans permis, l’infraction est prescrite
bien que l’immeuble n’ait pas été détruit. Au regard de la
compétence territoriale, une seule juridiction peut connaitre
une infraction instantanée alors que chaque tribunal, dans le
ressort duquel, une des infractions réitérées a été accomplies
ou l’infraction continue aura persisté. Peut-être compétent
pour l’ensemble des violations de la loi pénale incluse dans
l’infraction continue ou continuée. Enfin si l’infraction
continue persiste après une première poursuite et après une
première sanction, rien ne s’oppose à une nouvelle poursuite
et à une nouvelle sanction.

PARAGRAPHE 2 : La classification fondée sur le mode


d’exécution psychologique des infractions
DROIT PENAL

C’est une classification fondée sur l’élément moral, deux


hypothèses sont à distinguer : celles où l’intention de l’auteur
détermine l’existence de l‘infraction et celles où une telle
intention n’est pas nécessaire.

A : Les infractions intentionnelles

Selon la doctrine, l’intention « est la volonté d’accomplir un


acte que l’on sait interdit par la loi pénale (homicide ou vol)
ou de s’abstenir d’un acte que l’on sait ordonnée par la loi,
non-assistance en personne en péril (non dénonciation) »

Les composants juridiques et l’intention du coupable peuvent


donc être établis à partir d’une relation existante entre d’une
part l’acte, et d’autre part la volonté et la connaissance. Il
faut donc que la volonté soit tendu vers l’infraction pour
qu’on puisse parler d’infraction intentionnelle, l’acte voulu
doit être réalisé en sachant qu’il était interdit par la loi
pénale. L’intention coupable est un élément constitutif de
tous crimes, de certains délits et de quelques contraventions.

B : Les infractions non intentionnelles


DROIT PENAL

A la différence des infractions intentionnelles, les infractions


non intentionnelles sont constituées même si l’auteur de
l’acte n’a pas recherché la violation de la loi. Les infractions
non intentionnelles sont constituées par des délits sur
précision expresse du législateur, et par les contraventions,
les crimes en revanche ne sont jamais des infractions non
intentionnelles. Les infractions non intentionnelles requiert
en matière délictuelle des fautes non intentionnelle,
Exemple : faute d’imprudence, négligence, maladresse etc.
Autrement dit, l’infraction est constituée en tous ces
éléments est donc consommé, faute d’avoir pris les
précautions nécessaires à éviter la commission de l’infraction
Quant à la définition de la faute contraventionnelle, elle est
plus large encore que celle de la faute délictuelle puisque la
seule commission de l’infraction suffit à l’établir.
Il existe cependant des délits dits matériels, qui consistent en
la violation d’une faute contraventionnelle. A l’image des
contraventions ces délits se caractérisent par une
automaticité de la répression sans rechercher s’il y’a eu ou
non négligence de l’agent.

CHAPITRE 1 : L’INFRACTION
DROIT PENAL
La commission d’une infraction est le fait générateur de la
responsabilité pénale. Elle consiste dans un acte que la loi
défini et interdit sous peine de sanction pénale. L’infraction
est alors réalisée lorsque sont réunis ces éléments
constitutifs. En d’autres termes, l’absence de l’un d’entre eux,
implique son inexistence.

SOUS-CHAPITRE : LES CONDITIONS D’EXISTENCE DE


L’INFRACTION

Vous aimerez peut-être aussi