Transfert du Diable rouge Malick Fofana : 2 jets privés affrétés par 2 clubs différents... mais privé de choix (édito)
2 jets privés posés dans le petit aéroport de Bron, à quelques kilomètres de Lyon, ce mardi 1er septembre 2026. L'un affrété par le club de Crystal Palace, l'autre par Sunderland. Le passager attendu ? Malick Fofana. Variable d'ajustement à pratiquement 40 millions d'euros, le Diable rouge doit partir. Peu importe où...

- Publié le 02-09-2026 à 17h22
- Mis à jour le 03-09-2026 à 13h03

L'image prête à sourire : 2 jets privés posés sur le petit aéroport de Bron, à quelques kilomètres de Lyon, mardi après-midi. L'un affrété par le club de Crystal Palace, l'autre par Sunderland. Le passager attendu ? Malick Fofana.
Le talentueux ailier belge est contraint de quitter son club, l'Olympique lyonnais, qui doit respecter son plan d'apurement dicté par la DNCG, le gendarme financier du football français. Variable d'ajustement à pratiquement 40 millions d'euros, Fofana doit partir. Peu importe où.
Fofana a-t-il vraiment opté pour Sunderland en âme et conscience ?
S'imaginant d'abord signer à Arsenal, le joueur a passé sa journée à errer, suspendu à des négociations et des rebondissements qui le dépassaient complètement : accord avec Sunderland en matinée, surenchère de Crystal Palace l'après-midi et revirement définitif pour Sunderland en soirée. Le tout, selon la presse française et britannique, après d'énièmes manigances de ses représentants et de son entourage familial, visiblement animés par d'autres intérêts que ceux de leur "protégé".
Fofana a-t-il vraiment opté pour Sunderland en âme et conscience ? On ne le jurerait pas. Un peu plus tôt, alors qu'il avait vidé son casier du vestiaire lyonnais dans un vulgaire sac-poubelle, le gamin de 21 ans, semblant subir les événements, s'était plié à la traditionnelle visite médicale… sans même savoir pour quel employeur.
Illustration extrême et brutale du business inhumain que peut être le mercato
Ce transfert a choqué la planète football – qui ne tourne décidément plus rond – et au-delà. Illustration extrême et brutale du business inhumain que peut être le mercato, dont les derniers chiffres flanquent le vertige. Le championnat anglais a encore battu un record cet été, dépensant à lui seul plus de 4 milliards d'euros en indemnités de transferts.
Bien sûr, Fofana en profitera un peu. Il empochera plusieurs millions (contrat de 5 ans), disputera l'attrayante Premier League et la Coupe d'Europe, et tutoiera la gloire. Mais à quel prix ? Sans verser dans la naïveté, l'argent et les privilèges ne soustraient pas le droit à la dignité, ni le besoin de consentir aux grandes décisions qui orientent une carrière et bouleversent une existence. Car si le dépaysement n'est déjà parfois pas simple à appréhender dans ce milieu impardonnable, il l'est d'autant moins quand on ne choisit pas sa destination. Même quand on vole en jet privé.
