Au brame du cerf, la discrétion est de mise : voici nos conseils
Chaque automne, les forêts accueillent les visiteurs venus écouter les cerfs. Mais pour préserver ce moment, quelques règles s'imposent.
- Publié le 17-09-2026 à 06h00
- Mis à jour le 17-09-2026 à 09h25

Depuis quelques jours, les forêts résonnent à nouveau d'un son bien particulier: le brame du cerf. Pendant quelques semaines, les mâles quittent leurs habitudes pour rejoindre les places de brame et tenter de séduire les biches tout en éloignant leurs rivaux.
Un spectacle naturel qui attire chaque année de nombreux curieux mais qui nécessite quelques précautions. "C'est une connexion avec le sauvage, mais aussi avec quelque chose d'un peu magique, résume Thierry Petit, agent du Département Nature et Forêt (DNF) dans la région de Saint-Hubert. L'engouement s'explique aussi par la discrétion habituelle de l'animal. Pendant toute l'année, on ne le voit pas, on ne l'entend pas, c'est très compliqué. Durant cette période du brame, le cerf devient au contraire plus visible, plus exubérant". Le phénomène, qui s'étend généralement du 15 septembre au 10 octobre, marque aussi pour beaucoup le véritable passage vers l'automne. "Pour beaucoup, aller écouter le brame du cerf est un vrai rituel annuel, observe Thierry Petit. Cela marque la fin de l'été, le début de l'automne avec la chute des feuilles ou encore la saison des champignons".
Des règles pour préserver la quiétude
Mais pour entendre les cerfs, encore faut-il leur laisser suffisamment de tranquillité. Les animaux rejoignent chaque année les endroits auxquels ils sont habitués. "Ils sont très fidèles à leurs terres, explique Thierry Petit. Et c'est pour ça aussi que nous, on doit veiller à ce que ce soit respecté".
Dans certains secteurs de la forêt de Saint-Hubert, des mesures spécifiques sont donc appliquées: la circulation est interdite dans les périmètres concernés de 17 h 30 à 8h et la cueillette des champignons y est suspendue. Le public peut néanmoins profiter du spectacle dans des zones prévues à cet effet, notamment grâce aux points d'écoute et aux promenades encadrées par des guides qualifiés. Une organisation devenue nécessaire face à l'affluence. "On est clairement victime de l'engouement que les gens peuvent avoir", constate l'agent du DNF.
Portières qui claquent, visiteurs qui parlent fort, rires ou déplacements intempestifs peuvent en effet perturber les animaux et gêner ceux venus écouter dans le calme Le respect des périmètres fermés n'est d'ailleurs pas facultatif puisque les personnes qui ne respectent pas l'arrêté peuvent être sanctionnées.
Une nuit fraîche et dégagée, l'idéal pour les cerfs
Le brame ne se limite toutefois pas au fameux cri qui traverse les bois à la tombée de la nuit. Avant les éventuels combats, les mâles cherchent d'abord à impressionner leurs concurrents en exhibant leur taille et leurs bois. "Premièrement, les cerfs vont montrer de façon assez démonstrative la grandeur de leur bois pour essayer de dissuader les autres, détaille Thierry Petit. Ensuite, il y a le brame et, enfin, les combats. Ces derniers restent exceptionnels et peuvent être dangereux pour les animaux".
Les conditions météorologiques jouent également un rôle dans l'intensité du spectacle: une belle nuit bien dégagée et fraîche est idéale pour le brame tandis que le vent et la pluie sont moins favorables.
Pour le DNF, l'essentiel est donc de permettre au phénomène de se dérouler sans pression excessive. "On a beaucoup de chance d'avoir ça dans nos régions et il faut le préserver, rappelle Thierry Petit. Le meilleur moyen de profiter du brame reste finalement le plus simple: respecter les lieux, rester discret et accepter de ne pas tout voir. C'est un vrai cadeau et il faut pouvoir le préserver afin que les générations futures puissent encore profiter de ce magnifique spectacle".
Imiter le cerf, oui. mais pas dans les bois
Et si, au milieu de la forêt, le fameux brame que l'on vient écouter n'était en réalité que celui d'un imitateur particulièrement doué ? La question a de quoi faire sourire, notamment quand on sait que des concours d'imitation du brame du cerf existent.
Mais Thierry Petit, du Département Nature et Forêt (DNF), se veut rassurant: "Ce n'est pas connu, souligne-t-il. Pour autant, mieux vaut éviter de jouer les imitateurs au cœur de la forêt. Une imitation peut donc rester un jeu entre humains, mais certainement pas dans les bois puisque ce serait considéré comme une nuisance avec une amende à la clé. La musique, l'utilisation des appeaux ou chercher volontairement à provoquer les animaux en cette période est donc interdit".
